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Note moyenne 3.91 /5 (sur 223 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Germain de Joux , le 1er nov. 1903
Mort(e) le : 27 janvier 1995
Biographie :

Il a travaillé aux Musées Nationaux, puis chez Hachette et, après la guerre, à la Radiodiffusion française. Traducteur de Goethe et de Hölderlin, il reçoit le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres en 1986.Difficilement classable, poète avant tout et surtout, il écrit aussi pour le théâtre (Théâtre de chambre) et travaille à la radio pendant une vingtaine d'années (Club d'essai [2]).
Il remet en jeu les conventions des genres et tente des expériences à propos du langage poétique et de sa relation avec le langage de tous les jours.

Son livre On vient chercher Monsieur Jean (Gallimard, NRF) retrace de façon vagabonde des souvenirs en relation avec sa vocation d'écrivain, dont les signes avant-coureurs se perçoivent dès l'enfance. Il est une bonne introduction à l'univers de l'auteur, à la fois par l'évocation de son environnement spatial (Paris, essentiellement) et temporel, par celui de ses rencontres significatives, et par ses réflexions très fines sur sa démarche personnelle de création.

C’est à Gerberoy que l’on pouvait le croiser dans le courant des années 1980 à 1995.
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Source : Wikipedia
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Rencontres avec Jean Tardieu par Christian Cottet-Emard juillet 1988 et juin 1991 (LE BLOG LITTÉRAIRE de Christian Cottet-Emard)

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Citations et extraits (207) Voir plus Ajouter une citation
Jean Tardieu
Pecosa   10 juin 2020
Jean Tardieu
Le 10 juin 1944, Massacre d’Oradour-sur-Glane.



Oradour

Oradour n’a plus de femmes

Oradour n’a plus un homme

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus de pierres

Oradour n’a plus d’église

Oradour n’a plus d’enfants

Plus de fumée plus de rires

Plus de toits plus de greniers

Plus de meules plus d’amour

Plus de vin plus de chansons.

Oradour, j’ai peur d’entendre

Oradour, je n’ose pas

approcher de tes blessures

de ton sang de tes ruines,

je ne peux je ne peux pas

voir ni entendre ton nom.

Oradour je crie et hurle

chaque fois qu’un coeur éclate

sous les coups des assassins

une tête épouvantée

deux yeux larges deux yeux rouges

deux yeux graves deux yeux grands

comme la nuit la folie

deux yeux de petits enfants :

ils ne me quitteront pas.

Oradour je n’ose plus

Lire ou prononcer ton nom.

Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos coeurs ne s’apaiseront

que par la pire vengeance

Haine et honte pour toujours.

Oradour n’a plus de forme

Oradour femmes ni hommes

Oradour n’a plus d’enfants

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus d’église

plus de fumées plus de filles

plus de soirs ni de matins

plus de pleurs ni de chansons.

Oradour n’est plus qu’un cri

et c’est bien la pire offense

au village qui vivait

et c’est bien la pire honte

que de n’être plus qu’un cri,

nom de la haine des hommes

nom de la honte des hommes

le nom de notre vengeance

qu’à travers toutes nos terres

on écoute en frissonnant,

une bouche sans personne,

qui hurle pour tous les temps.

Jean Tardieu, Les Dieux étouffés (1944)
+ Lire la suite
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Jean Tardieu
genou   05 janvier 2017
Jean Tardieu
Oradour



Oradour n'a plus de femmes

Oradour n'a plus un homme

Oradour n'a plus de feuilles

Oradour n'a pas plus de pierres

Oradour n'a plus d'église

Oradour n'a plus d'enfants.



plus de fumée plus de rires

plus de toits plus de greniers

plus de meules plus d'amour

plus de vin plus de chansons.



Oradour j'ai peur d'entendre

Oradour je n'ose pas

approcher de tes blessures

de ton sang de tes ruines,

je ne peux, je ne peux pas

voir ni entendre ton nom



Oradour je crie et hurle

chaque fois qu'un cœur éclate

sous les coups des assassins

une tête épouvantée

deux yeux larges deux yeux rouges

deux yeux graves deux yeux grands

comme la nuit la folie

deux yeux de petit enfant :

ils ne me quitteront pas.

Oradour je n'ose plus

Lire ou prononcer ton nom



Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos cœurs ne s'apaiseront

que par la pire vengeance

haine et honte pour toujours.



Oradour n'a plus de forme

Oradour femmes ni hommes

Oradour n'a plus d'enfants

Oradour n'a plus de feuilles

Oradour n'a plus d'église

plus de fumées plus de filles

plus de soir ni de matins

plus de pleurs ni de chansons.



Oradour n'est plus qu'un cri

et c'est la bien la pire offense

au village qui vivait

et c'est bien la pire honte

que de n'être plus qu'un cri

nom de la honte des hommes

le nom de notre vengeance

qu'à travers toutes nos terres

on écoute en frissonnant

une bouche sans personne,

qui hurle pour tous les temps.
+ Lire la suite
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Jean Tardieu
sagesse66   23 octobre 2019
Jean Tardieu
Conversation



Comment ça va sur la terre ?

- Ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?

- Mon dieu oui merci bien.

Et les nuages ?

- Ça flotte.

Et les volcans ?

- Ça mijote.

Et les fleuves ?

- Ça s’écoule.

Et le temps ?

- Ça se déroule.

Et votre âme ?

- Elle est malade

Le printemps était trop vert

Elle a mangé trop de salade.
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Jean Tardieu
Piatka   06 juillet 2017
Jean Tardieu
Oh ! Que j’ai envie de prendre racine

et de n’être plus qu’une respiration immobile

entourée du vent des montagnes.

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Jean Tardieu
michfred   05 août 2015
Jean Tardieu
La môme néant





Quoi qu'a dit ? - A dit rin.

Quoi qu'a fait ? - A fait rin.

A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.



Pourquoi qu'a dit rin ?

Pourquoi qu'a fait rin ?

Pourquoi qu'a pense à rin ?



- A' xiste pas.
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Jean Tardieu
Piatka   19 janvier 2014
Jean Tardieu
Ah ? : marque l'étonnement, exige une explication ou signifie l'incrédulité.

Ex : "C'est Corneille, vous savez, qui a écrit les pièces de Molière."

Réponse : "Ah ?"



Un mot pour un autre
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BazaR   26 janvier 2016
La comédie du langage de Jean Tardieu
[Le Préposé] Entrez!



[Le Client] Pardon, monsieur... C'est bien ici... le bureau des renseignements?



[Le Préposé] Ouin.



[Le Client] Ah! bon! Très bien. Très bien... Précisément, je venais...



[Le Préposé] C'est pour des renseignements?



[Le Client] Oui! oui! Précisément, précisément. Je venais...



[Le Préposé] Alors, attendez!



[Le Client] Pardon, attendre quoi?



[Le Préposé] Attendez votre tour, attendez qu'on vous appelle!



[Le Client] Mais... je suis seul!



[Le Préposé] C'est faux! Nous sommes deux! Tenez! (il lui donne un jeton) Voici votre numéro d'appel!



[Le Client] Numéro 3640? (Après un coup d’œil à la salle vide) Mais... je suis seul!



[Le Préposé] Vous vous figurez que vous êtes le seul client de la journée, non?... Allez vous asseoir et attendez que je vous appelle.



(La Triple Mort du Client - Le Guichet)
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Tandarica   10 décembre 2019
L'accent grave et l'accent aigu de Jean Tardieu
Le prestidigitateur



Je ne crois à rien à personne

sinon au petit magicien des bals d'enfants d'autrefois

le prestidigitateur miteux et blême

au visage ridé sous le fard.



Son haut-de-forme posé à l'envers sur un guéridon

il le recouvre d'un foulard rouge

et soudain

il le retire et voyez ce qu'il sort du chapeau :

un œuf un lapin un drapeau

un oiseau ma vie et la vôtre et les

morts il les cache dans la coulisse

pour un piètre

SALAIRE.



(p. 131)
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Jean Tardieu
Piatka   02 décembre 2013
Jean Tardieu
CONVERSATION



(Sur le pas de la porte, avec bonhomie)



Comment ça va sur la terre ?

- Ça va ça va, ça va bien.



Les petits chiens sont-ils prospères ?

- Mon Dieu oui merci bien.



Et les nuages?

- Ça flotte.



Et les volcans?

- Ça mijote.



Et les fleuves?

- Ça s’écoule.



Et le temps?

- Ça se déroule.



Et votre âme?

- Elle est malade

le printemps était trop vert

elle a mangé trop de salade.



Monsieur Monsieur - 1951
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BazaR   23 janvier 2016
La comédie du langage de Jean Tardieu
IRMA (annonçant): Madame la Comtesse de Perleminouze!



MADAME (fermant le piano et allant au-devant de son amie): Chère, très chère peluche! Depuis combien de trous, depuis combien de galets n'avais-je pas eu le mitron de vous sucrer!



MADAME DE PERLEMINOUZE (très affectée): Hélas! Chère! J'étais moi-même très, très vitreuse! Mes trois plus jeunes tourteaux ont eu la citronnade, l'un après l'autre. Pendant tout le début du corsaire, je n'ai fait que nicher des moulins, courir chez le ludion ou chez le tabouret, j'ai passé des puits à surveiller leur carbure, à leur donner des pinces et des moussons; Bref, je n'ai pas eu une minette à moi.



MADAME: Pauvre chère! Et moi qui ne me grattais de rien!



MADAME DE PERLEMINOUZE: Tant mieux! Je m'en recuis! Vous avez bien mérité de vous tartiner, après les gommes que vous avez brûlés!



(La Comédie du Langage - Un mot pour un autre)
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