Etre chrétien au Moyen Age, de Jean Verdon
Vers 1400 à Paris, le prix moyen d'un livre représente sept jours de "gages et bourses" d'un notaire et secrétaire du roi. Heureusement, les universités possèdent des bibliothèques.
Les lois barbares, dès le VIe siècle, montrent l'intérêt accordé à la femme enceinte. La loi salique impose une amende de 600 sous à celui qui tue une jeune femme libre en âge de procréer, de 700 sous si elle attend un enfant, alors que le meurtre d'une femme ménopausée n'entraîne qu'un versement de 200 sous.
Musique est une science
Qui veut qu'on rie et chante et danse :
Elle n'a cure de mélancolie...
Partout où elle est, elle apporte la joie,
Elle réconforte les malheureux,
Et il suffit seulement de l'entendre
Pour que les gens se réjouissent.

Les épidémies meurtrières touchent avant tout les enfants et les jeunes adultes. A la date de 1418, on lit dans le Journal d’un bourgeois de Paris : « Cette épidémie de peste était au dire des vieilles gens la plus cruelle qui eût sévi depuis trois siècles... Sur quatre ou cinq cents morts, il n’y avait pas douze vieillards, ce n’était pour ainsi dire que des enfants et des jeunes gens. » Il s’ensuit qu’un déséquilibre se manifeste alors entre les classes d’âge au bénéfice de la vieillesse. A Périgueux, après 1350 et surtout après 1400, sur 465 personnes dont l’âge au décès est connu, 217 soit 46 % ont plus de soixante ans, et l’âge indiqué est sous-estimé de cinq ans environ.
Pour survivre, les familles se regroupent, ce qui favorise les personnes âgées qui antérieurement restaient seules en raison de la prépondérance de la famille conjugale. Toutefois, certaines femmes connaissent une situation tragique, telles ces pauvres veuves de marins de Perros-Guirec dont les époux ont péri en mer en 1451. Et, plus que l’affection qui unit, la présence de parents âgés chez leurs enfants développe les conflits de génération.
La vieille femme est dénigrée. Rappelons que pour Eustache Deschamps la vieillesse commence à trente ans chez la femme, alors qu’elle ne débute qu’à cinquante ans chez l’homme. Philippe de Novare stigmatise la « mauvaise vieille » qui se pare, amplastre ses chairs et teint ses cheveux ; elle ne veut pas reconnaître son âge.
"Les femmes participent à de nombreux travaux agricoles, à la tonte des moussons au printemps ou au début de l'été, à la fenaison en juin, à la moisson fin juillet, à la vendange en septembre, à la surveillance des animaux."
Les plaisirs amoureux ne proviennent pas du seul coït. Ce dernier est l'aboutissement d'une longue préparation. La forteresse ne se rend qu'après un siège en règle!
À la différence des troubadours prônant le pur amour, les trouvères du nord démontrent que l'amour courtois n'a souvent rien de platonique.
Les historiens présentaient autrefois la cuisine médiévale comme grasse, lourde et indigeste. Cette vision est inexacte à en juger par les sauces. Celles-ci n'utilisent aucun corps gras, comme huile ou beurre. De la mie de pain, des amandes ou des noix pilées permettent de les épaissir. Ces sauces contiennent comme élément principal une substance + ou moins acide, telle que verjus -suc extrait du raisin cueilli vert-, vinaigre, parfois jus d'orange amère ou de citron. S'y ajoutent des épices, de sorte que la saveur acide-épicée est prédominante et permet d'éveiller le palais.
En ce qui concerne le rythme de travail annuel, on est frappé par le nombre important des fêtes célébrées qui constituent autant de jours chômés, soit environ quatre-vingt-dix jours, en comptant les dimanches.
Si l'on en croit André le Chapelain, la recherche du plaisir ne saurait concerner véritablement les paysans: ils sont, dit-il, tout naturellement conduis à accomplir les oeuvres de Vénus comme le cheval et le mulet, suivant l'instinct de nature. Les travaux de la terre et les plaisirs du labour et du binage leur suffisent.
Le noble, lui, a le droit de jouir: si l'amour d'une paysanne l'attire, qu'il n'hésite pas à la posséder de force (...)