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Note moyenne 3.48 /5 (sur 26 notes)

Nationalité : Cuba
Né(e) à : La Havane , le 19-12-1910
Mort(e) à : La Havane , le 09-08-1976
Biographie :

José Lezama Lima est un écrivain cubain, romancier, poète et essayiste.

De père militaire, il participa aux manifestations étudiantes contre la dictature de Gerardo Machado. Il obtint une licence en droit. A partir de 1929 et jusqu'à sa mort, il vécut dans une maison des vieux quartiers de la ville de La Havane, d'abord avec sa mère puis à la mort de celle-ci avec María Luisa Bautista, sa secrétaire, qu'il épousa bien qu'il fût homosexuel.

Il fonda plusieurs revues successives : Verbum en 1937, Espuela de Plata, de 1939 à 1941 et Nadie Parecía (1941). Il se fait connaître pour sa poésie précieuse et hermétique, proche de celle de Luis de Góngora ou de Stéphane Mallarmé.

Il fonda avec José Rodríguez Feo la revue Orígenes, un des périodiques les plus importants des années 1940. Il y publia les cinq premiers chapitres de son œuvre majeure, Paradiso.

Il reçut en 1972 le Prix Maldoror de poésie de Madrid, et en Italie le prix de la meilleure œuvre hispanoaméricaine traduite en italien, pour le roman Paradiso. Il ne quitta cependant Cuba que pour de brefs voyages au Mexique et à la Jamaïque, les autorités cubaines lui interdisant de quitter l'île pour des destinations lointaines.

Lezama Lima eut une grande influence sur les écrivains de langue espagnole, en particulier les Cubains Guillermo Cabrera Infante, Severo Sarduy et Reinaldo Arenas, mais aussi Octavio Paz, Julio Cortázar et Mario Vargas Llosa. Le pouvoir castriste, en revanche, condamna une œuvre dont l'esthétique n'avait aucune valeur politique pour le peuple, lors du Congrès sur l'instruction et la culture en 1971.

Lezama Lima mourut des complications de l'asthme dont il souffrait depuis l'enfance.
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Source : wikipédia
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Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'"Autoportrait de Paris avec chat", Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ». Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. de Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.

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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Woland   24 juin 2018
Paradiso de José Lezama Lima
[...] ... "Grand-mère, je me rends mieux compte chaque jour combien Maman se met à vous ressembler. Vous avez toutes deux ce que j'appellerais volontiers le même rythme interprété de la nature. Ces derniers temps, la plupart des gens me donnent l'impression d'être enfermés, sans issue. Mais vous deux semblaient dictées, comme si vous donniez suite à des paroles reçues à l'oreille. Vous n'avez qu'à entendre, à suivre un son ... Vous n'avez pas d'interruptions ; quand vous parlez, vous n'avez pas l'air de chercher vos mots mais de suivre un point qui éclaire tout. C'est comme si vous obéissiez, comme si vous aviez prêté serment que la quantité de lumière dans le monde ne diminuerait pas ; on sait que vous avez fait un sacrifice, que vous avez renoncé à de très vastes régions, à la vie même, oserais-je dire, si une vie merveilleuse n'apparaissait en vous, à tel point que nous autres, en comparaison, ne savons ni pourquoi nous existons, ni comment nous conduisons notre existence, car on dirait que nous nous sommes seulement détachés de la sphère supérieure dont parlent les mystiques, sans avoir encore trouvé l'île où bondissent les faons et les sens.



- Mais Cemí, mon petit-fils chéri, si tu observes tout cela chez ta mère et chez moi, c'est parce qu'il t'est donné de capter ce rythme de croissance chez la nature. Une lenteur fort peu fréquente, la lenteur de la nature, face à laquelle tu places une lenteur d'observation, qui est aussi nature. Grâce à Dieu, cette lenteur à donner à l'observation une fabuleuse extension s'accompagne d'une mémoire hyperbolique. Parmi bien des gestes, bien des mots, bien des sons, après les avoir observés entre songe et veille, tu sais ceux qui vont séculairement accompagner la mémoire. La visite de nos impressions est d'une insaisissable rapidité, mais ton don d'observation attend comme à un théâtre où elles doivent passer, reparaître, se laisser caresser ou se montrer farouches, ces impressions qui deviennent ensuite légères comme des larves, mais alors ta mémoire leur donne une substance pareille au limon des commencements, ou à une pierre qui recueillerait l'image du poisson. Tu parles du rythme de croissance de la nature, mais il faut beaucoup d'humilité pour pouvoir l'observer, le suivre et le révérer. Je remarque moi aussi qu'en cela tu es de notre famille ; la plupart des gens interrompent, favorisent le vide, émettent des exclamations, de gauches exigences ou déclament des arias fantomatiques, mais toi, tu observes ce rythme qui fait l'accomplissement, l'accomplissement de ce que nous ignorons mais qui, comme tu le dis, nous a été dicté pour signe principal de notre existence. Nous avons été dictés, c'est-à-dire que nous étions nécessaires pour que l'accomplissement d'une voix supérieure prît pied sur la rive, se sentît en terrain sûr. L'interprétation rythmique de la voix supérieure, pratiquement sans intervention de la volonté, c'est-à-dire avec une volonté qui nous venait elle-même enveloppée d'un destin supérieur, nous faisait bénéficier d'une impulsion qui était en même temps un éclaircissement." ... [...]
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SophieChalandre   09 novembre 2016
Paradiso de José Lezama Lima
Seules les mères savent regarder, ont la science du regard, ne regardent pas pour suivre les vicissitudes d'une silhouette dans le temps, les déplacements du mobile dans les ornières du mouvement, mais pour voir la naissance et la mort, quelque chose qui est l'union d'une grande souffrance avec l'épiphanie de la créature.
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SophieChalandre   09 novembre 2016
Paradiso de José Lezama Lima
Le geste de secouer la branche à glands pour les porcs a la même arrogance que celui d'un roi prêtant serment pour son intronisation. Ce porcher est dans la grande tradition classique : en distribuant les glands, il a la même joie qu'Eumée, le divin porcher, en reconnaissant Ulysse avant que celui-ci n'ait fourni ces terribles preuves dans la salle des prétendants. Eumée n'offre pas une romance mais commence par présenter à Ulysse un large filet du porc à blanche denture. Chez tous ces porchers il y a la joie d'une fidélité théophonique. Ils sont toujours dans l'attente d'un dieu.
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PhilippeSAINTMARTIN   01 février 2017
Paradiso de José Lezama Lima
A veces lo invisible, que tiene una pesada gravitación, y en eso se diferencia de lo irreal, que tiende más bien a levitar, se muestra limitado, reiterado, con lamentable tendencia al lugar común. Me dormí con un sueño ocupado y hojoso hasta la medianoche. Así que me desperté con una mitad del cuerpo muy descansado, aunque no podría precisar cual era esa mitad. Aunque la medianoche es muy propensa a las barrabasadas con lo invisible, no me desperté sobresaltado. Casi despertándome en esa media noche, noté un ruido que venía del sitio donde se mostraba el sillón. Lancé lentamente la mirada, todavía me quedaba un residuo indeciso del sueño, hacia ese sitio del ruido. El sillón y el ruido no se me mostraron en una sola acabada sensación hasta que encendí la lámpara. Pero entonces pude notar con cortante precisión que el sillón se movía sin impulsarse, se movía sobre sí mismo pudiéramos decir. Desde el primer momento tuve la seguridad de que no había sido el roce de algún ladrón, ni tampoco un enojoso tropiezo con el gato en persecusión de su enemigo. La movilidad del sillón tenía tal sencillez, aun en el marco feérico de la media noche, que pude volver a dormirme. Al despertarme sentí que la otra mitad de mi cuerpo se había añadido a la otra mitad desconocida, que al despertarme en la medianoche ya lucía descansada y plena dentro de una melodiosa circulación que se había remansado a la sombra húmeda.
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Woland   24 juin 2018
Paradiso de José Lezama Lima
[...] ... Le diplomate, qui se remettait lentement de sa surprise, énonça : "Si d'autres yeux nous accompagnent devant l'idole, elle s'imagine entourée de vers luisants et nous expédie un coup de papyrus." Il avait essayé d'émettre un son ironique et s'y replia, se réduisit momentanément à la taille d'une miniature ; on n'y distinguait plus ni lui, ni sa montre. Le couvercle d'or presque transparent s'emboîta dans son cercle de fermeture et l'occulte fulguration quitta les mains du Mexicain ... En d'autres circonstances, en entrant dans l'église que Cortes avait fait édifier à Cuernavaca, le Colonel vit un aveugle assis qui répétait : "Pour l'amour de Dieu, pour l'amour de Dieu," sans se douter d'une présence étrangère. Qu'il passât ou non quelqu'un devant lui, il répétait la même phrase. En entrant dans l'église, le Colonel s'aperçut avec étonnement que tantôt la prière coïncidait avec le passage de la personne à qui elle était censée s'adresser, et tantôt non. Cet aveugle semblait assis là pour mesurer selon un rythme différent le temps d'une autre éternité.



Il se rendit à Taxco, pour obéir à des instructions secrètes et, au café Berta, vit la collection de masques. C'était là qu'on les gardait, mais aux jours de grandes festivités et commémorations, le peuple en proie à ses démons accourait chercher ses masques ; chacun se dirigeait vers le sien comme s'il lui était destiné depuis des siècles. Masques de veaux furieux balafrés de cicatrices aux couleurs agressives ; ou de bœufs, d'un sienne homogène et somnolent, hauts comme des tours pour figurer par leur hochement une lassitude indéchiffrable ; de vulturidés, au bec d'un vert-de-gris sale, inspirant une très agaçante nausée féodale et dont le martèlement sur la charogne imitait une répétitive curiosité égyptienne ; et aussi des coyotes dont on aurait dit que, brusquement en arrêt, la nuit leur irritait le poil comme s'il y poussait des paires d'yeux. Le Colonel, assis à une petite table avec sa femme et ses deux enfants, absorbait le rafraîchissement dénommé Berta comme le café, où la poudre du tequila était humidifiée par la compagnie de la mangue verte. "Cette boisson devrait s'appeler perruchette," dit-il. La place de Taxco se remplissait de masques qui coupaient d'interjections leurs labyrinthes verbaux, et d'autres fois, poignardaient férocement de leurs petits couteaux l'air très sec, comme si d'innombrables nez étaient venus souffler dans une jarre, concentrant en une pâte unique toutes les haleines. L'un des masques s'approcha de la table du Colonel, on l'avait déguisé en cochon d'Inde ; des traits noirs faisaient ressortir la nervosité accumulée de l'animal. Après avoir essuyé un premier refus, il insista en montrant un groupe formé soudain autour d'un masque de coyote ; il ânonnait craintivement, comme s'il sentait toute la distance qu'il y avait du Colonel à lui. Le Chef faisait des signes de tête pour écarter les importuns ; et cependant il essayait, sans lui attribuer trop d'importance, de distinguer cette voix qui lui semblait cubaine et déjà connue. Le coyote sifflait des allusions conspiratrices mal bâties, on aurait dit un faux comploteur, ou que la mission qu'il s'était donnée le faisait trembler. Il semblait avoir été désigné pour la relation qu'il était supposé avoir avec le Colonel. Celui-ci lui intima l'ordre de retirer son masque, aussi durement que s'il s'était agi d'un "Repos !" réglementaire. Les mains tremblaient, ce qui fit que le masque fut ôté avec lenteur - ce n'était point qu'il solennisât un acte de l'importance duquel il eût été convaincu. Le Coyote, c'était Vivo. Le Colonel l'observa avec une perplexité amusée et Vivo rétrograda jusqu'à l'entrée d'une bijouterie où le rideau qui faisait office de porte l'enleva et le déroba aux regards. ... [...]
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MarieElmo   19 août 2017
Paradiso de José Lezama Lima
"C'était si agréable, dit Mela à Andrès, si réconfortant -elle entrait dans la conversation sur un ton de très lente tendresse lorsqu'elle cachait ses plus redoutables méchancetés - quand, à Jacksonville, tu partageais le bon fumet de nos soupières avec ces chants. Pourquoi n'essaies-tu pas de recommencer? C'était une coutume qu'on n'aurait pas dû perdre. " Elle parlait des chants de guerre contenant de méprisantes allusions aux Espagnols, qu'on entonnait dans les foyers d'immigrés.

Don Andrès sourit, dans l'intention de détourner l'orage qui se rapprochait dans un ciel encore quotidien, bien que le cri guerrier de l'albatros réussit déjà à montrer la moitié de son profil derrière un bambou. Voyant que Mela ne le perdait pas de vue, telle une Circé se ressouvenant d'anciennes vengeances, de serments réitérés, il dit : " Nous les avons si souvent chantés - son visage se changea en un masque de mauvais augure- que nous pouvons être facilement excusés de ne pas les chanter maintenant." Il savait que l'insistance de sa mère avait valeur de roulement de tambour et c'est pourquoi il tentait de l'interrompre par l'émission d'une flèche aiguë, légère mais tranchante ; sans réplique, tout en lui réservant affectueusement une retraite facile.

Mais les résolutions de Mela progressaient comme un escadron d'Achéens qui montent en hululant sur des nefs à proue de cuivre.
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Elouan00   21 juillet 2017
Paradiso de José Lezama Lima
La plus proche amie de Rialta, cette Paulita Nuvias que nous avons vue chez elle, dans sa salle de bal, saluant le premier président de la république cubaine, était la fille de très riches marchands de tabac unis d'amitié aux Olaya pour des raisons de voisinages ; elle tenait à la main la tintante solution. Serré entre le pouce et l'index, le passe-lacet d'argent montrait l'impassible avidité de son hameçon. La perplexité qui se marquait sur le visage de Victoria rétrograda, fendue en deux par un éclair de joie. Lorsque plusieurs jours auparavant, parmi les préparatifs du trousseau nuptial, Mme Augusta, Rialgta et Paulita étaient allées acheter des bottines, elles avaient ri de leur petitesse et des invraisemblables faux pas qu'elles pourraient causer à la fin de la soirée des solennités, quand la corne d'abondance des choses à réaliser tend à se renverser sur l'étroite strangulation de l'instant.
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steka   01 septembre 2019
Le jeu des décapitations de José Lezama Lima
Ainsi parvenait-il et à conduire une existence viable à coté de ses dons et à ne pas courir le risque de perdre, dans une inhumaine distance, l'exercice quotidien de ses instincts.
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oliviersavignat   28 juin 2020
Le jeu des décapitations de José Lezama Lima
Tandis que la lumière peu à peu la dessinait, le forgeron et son fils n'apercevaient plus la promenade du crabe sur sa nuque ou sur sa poitrine, (...). Le crabe sentait qu'on lui avait arraché ce corps qu'il mordait cruellement et dont il s'était cru le maître. On lui avait enlevé ce corps dont il avait besoin à ses fins propres, pareil à ce raffinement morbide avec lequel les tapis réclament nos pieds.



Crabes, hirondelles
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