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4.24/5 (sur 83 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Taufkirchen (Vils), Allemagne , le 11 mars 1901
Mort(e) à : Dorfen, Allemagne , le 15 mars 1970
Biographie :

L’auteur, Josef Martin Bauer, est un écrivain et auteur de pièces radiophoniques, qui aida un évadé d’un camp du Goulag, en Sibérie, a écrire le récit de son évasion. Celui-ci traversa l'URSS d'Est en Ouest, en passant par l'Iran pour enfin regagner l'Allemagne (certains contestent la véracité du récit).

Source : https://de.wikipedia.org/wiki/Josef_Martin_Bauer
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Trailer du film " So weit die Füssen tragen - as far as my feet will carry" (2001) ( en allemand - sou-titrage anglais)


Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Ceux qui ont reçu en partage, pour dissimuler leur êtres profonds, des manières brusques et un air maussade ne peuvent guère y recourir quand ils sont seuls.
C'est pourquoi Danhorn s'accorde de temps à autre une heure de franche gaitté où il se parle à lui même, quand ses compagnons de chambre sont endormis.
De toutes façon, les temps qui s'annoncent seront sombres.
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La plainte de la parturiente se réduit d'abord à de brefs grognements presque irrités, comme si la douleur la mettait en colère. Puis elle se fait plus forte, avec des intervalles plus rapprochés. Les hommes arrêtent de parler, tandis que les deux matrones débordent de volubilité, jusqu'au moment où, tout émues et ne maîtrisant plus leur admiration, elles annoncent à voix haute, pour elles-mêmes autant que pour les autres, que l'enfant est déjà là, sur la peau de renne. C'est un garçon. Non contentes de le proclamer, elles le montrent d'un geste touchant, et les hommes, conscients de la supériorité masculine, se montrent à présent sous leur jour le plus niais.
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Depuis qu'il a un tesson de bouteille bien tranchant sous sa couverture, il n'a plus peur de se rendre au fond de la mine pour le travail. Ses mains blessées guérissent lorsqu'il appris à trouver de la pointe de sa pioche les points de roche qui promettent de se détacher sans peine. Il apprend à répartir sa force de sorte qu'elle ne soit pas épuisée à trois heures. C'est en rentrant du lieu de travail que l'angoisse le prend. L'angoisse devant la nuit qui vient. Il a encore peine à dormir. Suivant qu'elle est de bonne ou de mauvaise humeur, la sentinelle ouvre pour une heure la porte qui ferme l'entrée de la grotte. Alors au bout de dix minutes il pénètre un peu d'ait frais. Les bannis du cercle polaire se réjouissent comme des enfants du froid que le vent apporte à travers la porte ouverte.
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Si Leibrecht a eu vent de son évasion, il n'en soufflera mot tant que la rumeur, qui traverse même la roche, n'aura pas encore filtré jusque dans la caverne. Après une tentative de ce genre, il faut laisser passer une semaine avant de pouvoir se dire que le fugitif a quitté le territoire des recherches, à moins qu'il ne gise mort dans la neige, disparu sans laisser de traces. Dans l'arithmétique sibérienne de la vie, la mort est la solution la plus simple.
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Le mondes des grands n'a que faire de cet homme qui passe en tirant derrière lui un petit traîneau qu'il s'est confectionné pour son paquetage. Il est sans importance, insignifiant. Et il en joue pour se sortir sans dommage de situations périlleuses. On ne veut plus de lui. Sa valeur est si minime qu'on ne lui demande plus de faire la preuve de son droit à l'existence.
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C'est le thème, l'idée directrice qui fait que quelqu'un doit réussir. Un rêveur qui ne vit que de nostalgie en général n'a aucune chance. Un amoureux en a peut-être un peu plus, mais quelqu'un qui est animé par la haine réussira très vraisemblablement.
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La peur et la haine ont mis dans ses yeux profondément enfoncés dans son visage jaune une flamme inquiète. On peut simuler l'imbécillité une fois mais pas deux. Les trains se trouvaient côte à côte. Forell a lu la pancarte et a changé de train. Assis dans le dernier coin du wagon avec son chien serré contre lui, il a attendu qu'une équipe de contrôle monte en cours de route. Feindre une innocente stupidité n'était plus pensable. C'était quitte ou double. Il n'eut pas conscience, durant ces quelques jours de voyage, de l'altération dans laquelle il était tombé. Devant son mutisme buté, les autres voyageurs gardaient une distance prudente. Et il n'y eut pas de contrôle. Si un inspecteur lui avait demandé son propousk, Forell se serait jeté sur lui et lui aurait enfoncé son long couteau dans le cou, jusqu'aux vertèbres cervicales. Il ne sait plus ce qu'il fait ni ce qu'il dit et cela tient à ce que des jours durant il a joué l'imbecillité. Non, cela tient à la carte du secteur dans le poste de garde du MVD de la gare d'Oulan-Oude. Non, c'est la crainte. Ce sont ses nerfs rongés par l'angoisse. C'est sa vigueur déjà réduite en poussière, l'épouvante de voir sa mémoire le quitter, l'hystérie dont il est saisi à l'idée qu'un détail aille le faire trébucher au moment où il est si près de la frontière. C'est l'animalité en lui qui fait que soudain toutes les épreuves subies au nom de la liberté se transforment en une haine incoercible.
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La seule chose qui lui soit restée, ce sont les cicatrices du corps et de l'âme, les signes du plomb, et, en dehors de ces signes, cette peur que trois années durant il a tenté de nier à ses propres yeux.
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Quand la sentinelle est de bonne humeur et disposée à l'humanité, elle ouvre pour une heure la porte située là-bas, près de l'accès au puits de mine; au bout de dix minutes environ, de l'air frais pénètre dans la caverne. Les bannis du cercle polaire sont friands de ce froid qui leur parvient avec le vent qui entre par la porte ouverte. Tant que cette grâce de la porte ouverte leur est accordée, leurs poumons empoussiérés respirent à fond. Mais si le soldat a mal au dos, ou s'il est simplement de mauvaise humeur, la porte reste close.
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Et le médecin espère que la lueur qui brille dans ces yeux d'oiseau de proie tiendra quelques semaines, cette flamme jaune et méchante qui ne se nourrit plus d'intelligence mais de l'instinct de la bête. La permanence de ses réserves, la froideur de ses refus n'avaient d'autre but que de souffler sur les braises pour en faire jaillir un crépitement fou, à la lumière duquel toute chose devrait prendre une forme nouvelle.
Il est parvenu à ses fins. Forell a abandonné ses doutes; son unique pensée est celle d'un animal qui ne voit que la vie, la nourriture, la liberté, une pensée toute de nature, et qui n'a de logique que de préférer végéter misérablement de l'autre côté des barreaux plutôt que de dépérir lentement, indolemment, à l'intérieur de la cage. Le médecin sait que le fugitif ne fera pas cent verstes s'il se contente d'être raisonnable et de réfléchir. C'est l'instinct de l'animal échappé vers la liberté qui trouvera le chemin le plus court, le meilleur et le moins dangereux, en tout cas durant le temps nécessaire pour s'éloigner de la zone la plus périlleuse. Et puis son rôle sera terminé.
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