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Jean Gaudon (Autre)
EAN : 9782070324415
288 pages
Éditeur : Gallimard (01/10/1987)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 55 notes)
Résumé :
« Nocturne en plein jour »

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux
Dans l’univers obscur qui forme notre corps,
Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes
Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.
Des oiseaux teints de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
vincentf
  01 juillet 2010
Une poésie étonnamment simple, loin de la suspension du sens que cherchent la plupart de ses contemporains, voilà sans doute ce qui fait la particularité de Supervielle. Il y a dans ses vers, souvent classiques, une limpidité qui ramène à des époques anciennes, la genèse du monde ou l'enfance, peut-être. Il y a aussi, et c'est ce qui touche profondément à la lecture de sa poésie, cette volonté de décrire l'expérience humaine dans ce qu'elle a de plus fondamental et de plus mystérieux, sans pour autant que le mystère ne vienne troubler la lucidité du poète qui pense à son monde intérieur, à ses nerfs, à ses organes qui répondent un par un aux astres du ciel, réveillant ainsi la veille théorie du microcosme et du macrocosme et jouant cette partition harmonique que l'on croyait perdue depuis belle lurette. Cette expérience de l'infini du dedans de l'homme s'élargit même à celle, plus mystérieuse et plus simple encore, du dedans de Dieu, qui se voit créer le monde et qui s'étonne de se sentir devenir arbre ou homme, comme si la création n'était que duplication infinie faisant de chaque parcelle de l'univers entier à chaque fois un fragment complet (étrange expression…) de Dieu. le poète est Dieu, puisqu'il parle pour lui et puisque comme lui, il sent en lui un monde qui lui échappe alors qu'il constitue sa plus sûre identité. Rien de religieux dans tout ça, juste le sentiment vrai d'être tout. Dieu, c'est le poète au carré, l'infini multiplié par l'infini.
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OhOceane
  22 mars 2017
De Jules Supervielle, je ne connaissais au début que ses nouvelles presque surréalistes. Je me rappelle comme si c'était hier (et c'est loin d'être le cas…), de la première fois où j'ai lu L'Enfant de la Haute Mer, en classe de primaire, suite à une dictée ou quelque exercice de ce genre. Par la suite j'avais emprunté le recueil de nouvelles au CDI, et bien plus tard j'ai découvert ses poèmes.
Contrairement aux nouvelles, la poésie de Supervielle ne s'inscrit pas dans le Surréalisme. On y retrouve la fragilité, la douceur, une élégance de chevalier d'un autre temps. Est-ce de n'avoir pas connu ses parents, morts dans sa très jeune enfance ; est-ce d'être de deux patries, et donc du monde, la poésie de Supervielle est de celle qui trace un chemin vers le coeur, discrètement mais pour longtemps.
De manière tout à fait personnelle, et peut-être à cause de L'Enfant de la Haute Mer, Jules Supervielle est pour moi le poète de l'océan, des rivages et des voyages imaginaires. Mais ce serait vain et réducteur de vouloir l'assigner quelque part. Supervielle est un poète, et comme tous les poètes : le messager universel de la beauté et des sentiments humains.
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LouSayahazar
  24 mars 2014
C'est la création du monde, des animaux, de l'arbre, de l'homme...
Tour à tour dans la peau de chacun, intérieur extérieur, détail et grand évènement, le poète nous raconte l'apparition de la vie toute entière. Les sens en éveil, il dévoile des émotions tout en gardant la part de mystère qui habite cette histoire.
Nous sommes là, au plus près de la vie, dans ce qu'elle a de plus simple et de poétique. C'est un vrai bonheur de vivre ces mots, le temps de la lecture.
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frandj
  25 octobre 2017
Elu peu avant sa mort "prince de poètes", Jules Supervielle (1884-1960) a partagé sa vie entre l'Uruguay où il est né) et la France. Il a laissé une oeuvre importante, notamment dans le domaine poétique. J'ai choisi un peu au hasard ce recueil. Il débute par une première partie: "La fable du monde", qui évoque la création divine et dont certaines pièces m'ont beaucoup plu. D'une manière générale, j'ai été assez sensible à cette poésie souvent très simple et éloignée de la "grammaire" surréaliste. J'ai une prédilection pour les pièces courtes. Par exemple: "C'est la couleuvre du silence" (que j'ai mis en citation) ou "Lettre à l'étoile".
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valdemosa38
  14 décembre 2011
mon poème préféré: Dans l'oubli de mon corps ...un petit bijou ....
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   23 août 2012
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j'ai de nocturne,
D'étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.
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aleatoirealeatoire   16 mars 2017
Visage des animaux
Si bien modelés du dedans à cause de tous les mots que vous n'avez pas su dire,
Tant de propositions, tant d'exclamations, de surprise bien contenue,
Et tant de secrets gardés et tant d'aveux sans formule,
Tout cela devenu poil et naseaux bien à leur place,
Et humidité de l'oeil,
Visages toujours sans précédent tant ils occupent l'air hardiment !
Qui dira les mots non sortis des vaches, des limaçons, des serpents,
Et les pronoms relatifs des petits, des grands éléphants.
Mais avez-vous besoin des mots, visages non bourdonnants,
Et n'est-ce pas le silence qui vous donne votre sereine profondeur,
Et ces espaces intérieurs qui font qu'il y a des vaches sacrées et des tigres sacrés.
Oh ! je sais que vous aboyez, vous beuglez et vous mugissez.
Mais vous gardez pour vous vos nuances et la source de votre espérance
Sans laquelle vous ne sauriez faire un seul pas, ni respirer.
Oreilles des chevaux, mes compagnons, oreilles en cornets
Vous que j'allais oublier,
Qui paraissez si bien faites pour recevoir nos confidences
Et les mener en lieu sûr,
Par votre chaud entonnoir qui bouge à droite et à gauche...
Pourquoi ne peut-on dire des vers à l'oreille de son cheval
Sans voir s'ouvrir devant soi les portes de l'hôpital.
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patrick75patrick75   28 août 2014
L'ENFANT ET LES ESCALIERS

Toi que j'entends courir dans les escaliers de la maison
Et qui me cache ton visage et même le reste du corps,
Lorsque je me montre à la rampe,
N'es-tu pas mon enfance qui fréquente les lieux de ma préférence,
Toi qui t'éloigne difficilement de ton ancien locataire.
Je te devine à ta façon pour ainsi dire invisible
De rôder autour de moi lorsque nul ne nous regarde
Et de t'enfuir comme quelqu'un qu'on ne doit pas voir avec un autre.
Fort bien, je ne dirai pas que j'ai pu te reconnaître,
Mais garde aussi notre secret, rumeur cent fois familière
De petits pas anciens dans les escaliers d'à présent.
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coco4649coco4649   04 janvier 2016
OUBLIEUSE MÉMOIRE (EXTRAITS)


Mais avec tant d'oubli comment faire une rose,
Avec tant de départs comment faire un retour,
Mille oiseaux qui s'enfuient n'en font un qui se pose
Et tant d'obscurité simule mal le jour.

Écoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue,
Sans crainte libérez l'aile de votre cœur
Et que dans l'ombre enfin notre mémoire joue,
Nous redonnant le monde aux actives couleurs.

Le chêne redevient arbre et les ombres, plaine,
Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis ?
Que jusqu'à l'horizon la terre se souvienne
Et renaisse pour ceux qui s'en croyaient bannis !

Mémoire, sœur obscure et que je vois de face
Autant que le permet une image qui passe...

p.140-141
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JunieJunie   20 mars 2013
O DIEU TRES ATTENUE

ô Dieu très atténué
Des bouts de bois et des feuilles
Dieu petit et séparé,
On te piétine, on te cueille
Avec les herbes des prés.
Dieu des légères fumées
Dieu des portes mal fermées
On les ouvrit tan de fois
Que l'air traverse le bois.
Et toi, dans l'humaine écorce,
Dieu de qui n'a plus la force
D'avoir un Dieu résistant
Comme celui qu'abandonne
Par ses blessures le sang.
Dieu qui ne remplis sa chose
Qu'à moitié, comme à regret,
Dieu sur le point de quitter
Le coeur d'un homme qui n'ose
Le retenir, le goûter,
Tu t'absentes, tu reviens,
Tu es toujours en voyage.
Heureux celui qui retient
Un bon Dieu comme un bon vin
Qui prend avec lui de l'âge.
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Oloron-Sainte-Marie, Jules Supervielle lu par Jules Supervielle
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