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ISBN : 2070302660
Éditeur : Gallimard (21/02/1969)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Les chevaux du temps

Quand les chevaux du Temps s'arrêtent à ma porte
J'hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m'emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu'une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu'il me faut soudain refaire en m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  23 janvier 2015
Après les Gravitations considéré à juste titre comme son recueil poétique d'excellence, le recueil suivant publié par Jules Supervielle est celui du Forçat innocent.

Quelques charmants poèmes ne répondent toutefois pas à la question légitime suivante : était-il utile de publier ce nouveau recueil alors que le précédent constituait à la fois un chef d'oeuvre et le point culminant d'un art poétique ? Au-delà de la réconciliation avec soi-même et avec l'univers, dans la transparence et la pureté littéraires les plus déliées, peut-on continuer à écrire des poèmes ? C'est une tentation qui fait prendre le risque de diminuer la puissance conclusive des poèmes des Gravitations.

Avec le Forçat innocent, Jules Supervielle reste fidèle à lui-même. Cinq ans après sa dernière publication poétique, cette ressemblance est problématique : Jules Supervielle a-t-il voulu s'imiter ou n'arrive-t-il plus à se renouveler ? Les poèmes de ce recueil abordent les thématiques et utilisent les images poétiques des Gravitations comme si Supervielle regrettait déjà de moins les reconnaître, et essayait malgré tout de se les réapproprier. Il faut peut-être lire les poèmes de ce recueil avant de découvrir ceux plus puissants des Gravitations.
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Philippe67
  18 août 2012
J'ai commencé à lire ces poèmes il y a environ 30 ans et je ne me lasse toujours pas de les re re re ...relire.
Il y a de la magie dans ces textes où l'on trouve tous les thèmes de prédilection de l'auteur : la vie, l'amour, la mort, la vie après la mort, les moments où le temps s'arrête et bien sur la création artistique avec les magnifique poèmes "le pommier" et "les chevaux du temps".
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Wozniaksandy
  23 septembre 2017
Dans le le Forçat innocent, Jules Supervielle revient creuser l'intime culpabilité. Il ne console plus la douleur de son bercement mélodique, comme dans les tous premiers recueils, mais cherche l'articulation simple d'une voix familière. Cette nouvelle figuration du poète en « forçat innocent » fait de l'être désireux d'infini un condamné à la finitude à perpétuité. C'est précisément de cette condamnation que le poète tire sa force. Après avoir tout d'abord protesté contre elle en faisant du langage le lieu où s'exaspérait l'expression de sa solitude, il se trouve peu à peu conduit à reconnaître que la finitude est ce qu'il partage avec ses semblables. D'abord poète de la déchirure, puis de la coexistence et de la co-appartenance, Supervielle devient au fil de ses recueils, poète de la relation et de l'échange. Supervielle tend à inscrire dans une langue de plus en plus simple et transparente la connaissance qu'il a acquise de la contradiction et du défaut. Une fabuleuse leçon de l'être avec le monde extérieur !
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Cielvariable
  16 mai 2018
J'aime bien le style de cet auteur, j'ai trouvé ma lecture très agréable.
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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
MllePeregrineMllePeregrine   27 janvier 2013
L'ENFANT NEE DEPUIS PEU

Elle pense:

"Si sévères et si grandes
Ces personnes qui regardent
Et leurs figures dressées
Comme de hautes montagnes.
Suis-je un lac, une rivière,
Suis-je un miroir enchanté?
Pourquoi me regardent-ils?
Je n'ai rien à leur donner.
Qu'ils s'en aillent, qu'ils s'en aillent
Au pays de leurs yeux froids,
Au pays de leurs sourcils
Qui ne savent rien de moi.
J'ai encore fort affaire
Dessous mes closes paupières.
Il me faut prendre congé
De couleurs à oublier,
De millions de lumières
Et de plus d'obscurité
Qui sont de l'autre côté.
Il me faut mettre de l'ordre
Parmi toutes ces étoiles
Que je vais abandonner.
Au fond d'un sommeil sans bornes,
Il me faut me dépêcher."
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OrpheaOrphea   06 juin 2013
Et voici la muraille, elle use le désir,
On ne sait où la prendre, elle est sans souvenirs,
Elle regarde ailleurs, et, lisse, sans pensées,
C'est un front sans visage, à l'écart des années.
Prisonniers de nos bras, de nos tristes genoux,
Et, le regard tondu, nous sommes devant nous
Comme l'eau d'un bidon qui coule dans le sable
Et qui dans un instant ne sera plus que sable.
Déjà nous ne pouvons regarder ni songer,
Tant notre âme est d'un poids qui nous est étranger
Nos cœurs toujours visés par une carabine
Ne sauraient plus sans elle habiter nos poitrines.
Il leur faut ce trou noir, précis de plus en plus,
C'est l’œil d'un domestique attentif, aux pieds nus.
Œil plein de prévenance et profond, sans paupière
A l'aise dans le noir et l'excès de lumière.
Si nous dormons il sait nous voir de part en part,
Vendange notre rêve, avant nous veut sa part.
Nous ne saurions lever le regard de la terre
Sans que l'arme de bronze arrive la première,
Notre sang a besoin de son consentement,
Ne peut faire sans elle un petit mouvement,
Elle est un nez qui flaire et nous suit à la piste,
Une bouche aspirant l'espoir dès qu'il existe,
C'est le meilleur de nous, ce qui nous a quittés,
La force des beaux jours et notre liberté.
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   28 mai 2013
Ecoute, apprendras-tu à m'écouter de loin,
Il s'agit de pencher le coeur plus que l'oreille,
Tu trouveras en toi des ponts et des chemins
Pour venir jusqu'à moi qui regarde et qui veille.

Qu'importe en sa longueur l'Océan Atlantique,
Les champs , les bois, les monts qui sont entre nous deux ?

L'un après l'autre un jour il faudra qu'ils abdiquent
Lorsque de ce côté tu tourneras les yeux.
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JcequejelisJcequejelis   16 septembre 2014
Un poète

Je ne vais pas toujours seul au fond de moi-même
Et j'entraîne avec moi plus d'un être vivant.
Ceux qui seront entrés dans mes froides cavernes
Sont-ils sûrs d'en sortir même pour un moment ?
J'entasse dans ma nuit, comme un vaisseau qui sombre,
Pèle-mêle, les passagers et les marins,
Et j'éteins la lumière aux yeux, dans les cabines,
Je me fais des amis des grandes profondeurs.

1990 - [Poésie/Gallimard n° 41, p. 173]
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patrick75patrick75   10 février 2014
ALTER EGO

Une souris s'échappe
( Ce n'en était pas une )
Une femme s'éveille
( Comment le savez-vous ? )
Et la porte qui grince
( On l'huila ce matin )
Près du mur de clôture
( Le mur n'existe plus )
Ah ! je ne puis rien dire
( Eh bien, vous vous tairez ! )
Je ne puis pas bouger
( Vous marchez sur la route )
Où allons nous ainsi ?
( C'est moi qui le demande )
Je suis seul sur la terre
( Je suis là près de vous )
Peut-on être si seul
( Je le suis plus que vous,
Je vois votre visage
Nul ne m'a jamais vu ).
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Oloron-Sainte-Marie, Jules Supervielle lu par Jules Supervielle
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