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Note moyenne 4.13 /5 (sur 55 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) : 1978
Biographie :

C'est une artiste belgo-congolaise, qui a fini des études de romane et qui a travaillé en tant qu'enseignante.
Elle a aussi créé des ateliers d'écriture et de slam qui l'ont fait voyager dans de nombreux pays.
Elle a déjà écrit plusieurs livres, seule ou collectif.
Elle est militante pour les droites des femmes et est membre fondatrice du collectif L-SLAM.


Source : wikipédia
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Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif. ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTALClaude BEAUSOLEILTahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANUCarole BIJOUAlexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVAJulien BOUTREUXNicole BROSSARDTom BURONTristan Cabral – CALI – Rémi ChecchettoWilliam CLIFFFrançois de CORNIÈRECécile COULONCharlélie COUTURELaetitia CUVELIERSeyhmus DAGTEKINJacques DARRASMichel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUSRenaud EGOMichèle FINCKBrigitte FONTAINEAlbane GELLÉGuy GOFFETTECécile GUIVARCHCécile A. HOLDBANPhilippe JAFFEUXMaud JOIRETCharles JULIETVénus KHOURY-GHATAAnise KOLTZPetr KrÁLAbdellatif LAÂBIHélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAULisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIESophie MARTINJean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –

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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDE   31 octobre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Qu'elle me revienne

même nue, même rampante.

La serrer tout contre moi

même dans un sac, même dans une boîte.

Qu'elle sache qu'elle avait raison

pour l'inépuisable beauté du monde

pour l'humanité qui ne renonce en personne

pour l'amour, pour la révolte

pour la magie et pour l'exil.

La serrer tout contre moi

même dans un sac, même dans une boîte.

Et lui demander, lui murmurer, lui chuchoter :

Pardon.
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mimouski   29 mars 2021
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Mon fils est gay



Mon fils est gay.

Ce matin, il portait une raie de côté, un pull cintré, un jean serré.

Coquet, guindé, endimanché.

Imaginez sa toute dernière nouveauté, après le tatoo, le piercing dans le nez : une cravate pailletée.



Mon fils est gai.

Il aime les posters de pompiers, les sauces sucrées salées, son moniteur d'athlé.

La vie. La poésie.

De celle qui fait vibrer, de celle qui fait trembler nos arrière-cours d'humanité.

Et notre routine désaxée en une danse opiacée.

Et le Grevisse contorsionné en petits avions de papier.

La vie. La poésie.



Mon fils est gay.

Il a appris que, dès le collège et au lycée,

le meneurs d'ombres, les suiveurs nombres adorent

traquer le petit gibier.

Les roux qui puent, les pauvres qui schlinguent, les grosses qui suintent et les baltringues.

Les fiottes sucées, les folles tentées, les p'tits pédés coquets, guidés, endimanchés.

C'est le swing des charniers :

Etre tabassé, être humilié, être harcelé, sans se confier !

Jamais, jamais, jamais, jamais !

Etre tabassé, être humilié, être harcelé, sans balancer !

Jamais, jamais, jamais, jamais !



Mon fils est gay.

Et ce matin, exténué,

malgré, malgré, malgré, malgré,

il n'a plus pu y retourner.

Et ce matin, dans le grenier,

perdu, pendu,

mon fils portait une raie de côté, une veste cintrée, un jean serré.

Coquet, guindé, endimanché,

Imaginez sa toute dernière nouveauté, après le tatoo, le piercing dans le nez,

comme une ultime volonté :

une cravate pailletée.

Une cravate pailletée qui je crois bien m'appartenait.



Une cravate pailletée très bien nouée, trop bien serrée,

autour du cou, entortillée.

Une cravate pailletée,

de celle qui fait vibrer,

de celle qui fait trembler

nos arrière-cours d'humanité.
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Charybde2   04 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Petit personnel



Ils disent qu’un jour le monde s’arrêtera de courir aussi brutalement que vous vous êtes effondrés.

Ils disent qu’ils vous comprennent, que vous n’avez plus besoin de faire semblant.



Ils connaissent les boîtes qui se déguisent en famille parce qu’il est plus pratique de laver son linge sale en famille que dans une boîte.



Ils connaissent la loyauté du petit personnel envers les maîtres de maison.



Ils connaissent les haltes entre les lignes, les pauses entre les pages, les plages dans les histoires de neige et de carnage.



Ils connaissent les trous, les tranchées dans les curriculum vitae, les papelards tendus devant les visages creusés, les tentatives de découper le ciel en morceaux neufs, les ruses pour habiller le train-train, les mehins, le cahin-caha,

de cuir et de satin.



Ils connaissent les cadastres informels,

les champs de coton urbains,

la combustion des corps dans les champs de coton urbains

et le défilé ininterrompu des civières invisibles

et le début, pour qui s’écroule, gueule en terre, des justifications, des justificatifs, de la paperasserie, du charabia administratif et de la balle crevée qui ricoche entre les services.

Ils connaissent les réponses à assener pour vous protéger.



Aussi longtemps que

votre peau donnera

au plus insignifiant des tocards

le droit de vous balancer une injure à la gueule

quand bon lui chante !

Aussi longtemps que

vous habiterez un corps

que l’on peut siffler dans la rue

comme un vieux clébard !

Aussi longtemps que

des camarades termineront leurs mois,

termineront leurs jours,

en caviar

pour les cochons.



Ils répètent qu’un jour le monde s’arrêtera de courir aussi brutalement que vous vous êtes effondrés.



Ils répètent qu’un jour on aura à nouveau besoin de vous.

Pour faire de bruit.

Pour que les regards restent complexes.

Pour que les mômes de demain grandissent en un seul morceau,

ne se pendent plus,

ne se flinguent plus,

de tristesse ou de honte.



Ils parlent de silence, de spasmes, de derniers soubresauts.

Ils parlent d’ombres, de fantômes, de déposer

draps et masques.

Ils parlent du retour de l’été.

De savates d’or et de poussière noble.
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nathavh   12 avril 2020
Venus poetica de Lisette Lombé
Tu brûles plus pour le centimètre qui sépare ton corps du corps de cet homme, dans le noir de cette salle de cinéma, que pour cet homme lui-même. Tu es amoureuse du moment, de l'idée de baise, amoureuse des interstices dans lesquels ton désir tourne fou. Tu as besoin de ce centimètre, besoin de ce vertige, de cette douleur, de cette incertitude. Ton écriture aussi en a besoin. Surtout ton écriture.
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martineden74   20 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
NGAKA CHERCHE POÉTESSE

Tu imagines un face-à-face entre ton personnage

et un animal fantastique qui surgirait des profondeurs marines. Tu plantes le décor. Eau sombre, morceau de banquise. Tu tournes autour de la bête. Aileron gigantesque, miroitement de la peau qui rappelle ce que le Black est au Noir et le Noir est au Nègre. Tu zoomes sur la jeune femme. Son regard, la peur dans son regard. Arrêt sur image, temps mort, instant suspendu avant de la culbuter dans la neige et d’écarter ses cuisses. Grelottement. Craquements de glace. Tu observes, à travers sa culotte fendue, tu observes la vulve presque imberbe et les plis rosâtres de l’anus.



Rien ne presse.



Tu dois accepter ces films muets comme vestibule de l’écriture. Si tu reviens trop vite au papier, vite à la rime, à la ligne, à la note, à la norme, tu perdras tout.



Rien ne presse.



Tu multiplies les angles de vue, tu progresses par essais  et erreurs. Travelling avant, travelling arrière. Tu déroules l’interminable langue de l’épaulard vers le sexe de  la jeune femme. Tu accélères, tu ralentis, mouvements  de la langue, dedans, dehors, bouche de la jeune femme, cul de la jeune femme, tu rembobines, tu fais rejouer  et rejouer la scène, cul, langue, bouche, tu te repasses  le scénario en boucle.



Rien ne presse.



Te distancier du descriptif, du narratif. Oublier la langue  et le sexe. Ne conserver que les émotions nées  du clapotis de la rencontre, les sensations, le râpeux,  le trouble. Garder l’eau, le motif, l’idée de l’eau. Garder le sens figuré, l’évocation, l’allégorie. Garder le déluge,  la déglingue, la corrosion des idéaux et le naufrage de l’innocence.



Tendre l’oreille en poétesse.

Glaner les premiers mots.

Garder les premiers mots.



La fillette mordit l’ombre de son père

qui déjeunait dans le silence

des mille et un viols

de sa candeur

arctique.
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martineden74   21 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
BRÛLER



En retard, en retard,

en retard, tu es en retard.



Tu pédales, tu cavales.

Tes perles brinquebalent sur tes secrets.

Tu pédales, tu cavales.

Culotte trempée, lèvres gonflées.

Tu pédales, tu cavales.

Brûler, brûler, brûler, brûler.

Tu pédales, tu cavales.

Brûler la liste du padre.

Des interdits multipliés

distribués à la volée

comme des claques qui carillonnent

au chevet de tes égarements.

Interdit de te maquiller.

De rire à gorge déployée.

Interdit de te décolleter

de raccourcir tes ourlets.



Interdit de déambuler.

Flâner toute seule dans le quartier.

Interdit de noctambuler.

Interdit de boire, de chavirer !

Interdit de danser, vibrer !

Interdit de salir ta robe.

L’honneur, le nom et la lignée.



Interdit, interdit, interdit !

Mais toi, là, maintenant,

arc-boutée sur ton vélo,

le cœur tendu, amoureuse,

tu n’en as que faire de tous ces interdits !

Tu pédales, tu cavales.

Brûler la liste du padre.

Tu pédales, tu cavales.



Tes perles brinquebalent sur tes secrets.

Tu pédales, tu cavales.

Culotte trempée, lèvres gonflées.

Interdit d’interdire d’aimer,

de désirer, de fantasmer,

de s’attacher, de s’enticher,

de se sentir surexister,

toucher, goûter, se délecter,

te caresser, culotte trempée,

te caresser, lèvres gonflées,

Danser, danser, vibrer, vibrer,

Brûler, brûler, brûler…
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Charybde2   04 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Cycloparade



De là où je parle, de là où je suis, je sens.

Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux, je n’ai pas besoin de porter le front à l’horizon.

Sous mes paupières, je sens.



Je sens l’odeur tenace de la javel sur les paumes de celles qui n’ont pu débarquer dans ce cortège, aujourd’hui, qu’à condition d’avoir bien fait blinquer la baraque et bien préparé le repas de leur gaillard.

Je sens la goutte de transpiration qui roule sous l’aisselle de celles qui ne possédaient pas de vélo, et qui, comme on esquive un resto entre amies lorsqu’on est fauchée, ont bien failli ne pas oser se pointer sur cette place aujourd’hui.



Je sens l’épine du calcul de celles qui doivent se compter et se recompter pour pouvoir exister dans cette masse – basanées, voilées, handicapées, sans-papiers, putes, tox, trans, gouines – toutes celles dont on défend les droits sans jamais entendre le timbre de leurs voix.

Je sens le jasmin du thé siroté par les boycotteuses, celles qui en ont eu ras le cul de sempiternellement devoir jouer aux invitées surprises et qui trinquent en coulisses du joli after movie.

Je sens des radicalités qui se frottent, s’affrontent et parfois, même, qui se décausent et se débectent autour d’une robe noire à paillettes.

Je sens la solitude des féministes fiancées, le célibat, les miettes de sexe, les miettes d’amour, le fossé, les ronces dans le fossé.



Je sens la fatigue des bénévoles et des travailleuses pressées comme des citrons à peu de frais et qui portent des slogans autour du cou comme des Sisyphe ou des mulets. Celles qui rechargent leurs batteries de sens aux dates symboliques pour tenir le reste de l’année académique, celles à une étincelle du cramage intégral et à qui on peut déjà dire au revoir, là, cette après-midi.

Je sens l’hôpital, l’hôpital qui se fout de la charité et de la solidarité,

je sens le couloir d’hôpital, je sens l’éther dans le couloir d’hôpital,

l’éther frotte avec frénésie sur la peau de nos différences,

l’éther frotte pour anesthésier,

le temps d’une Cycloparade,

nos petites et nos profondes divergences.



Tout ça, d’où je parle, d’où je suis, sous mes paupières, je le sens.

Mais si j’ouvrais les yeux, si je portais le front à l’horizon, je pourrais voir, devant moi, ce magnifique peuple de guerrières.

Et je ne m’excuserais pas du mot « guerrières » car c’est exactement ce que je verrais.

Des casques, des scaphandres, de la limaille, des cuirasses, des cuissardes, de la riposte en ordre de bataille, des sabres, des kamikazes, des commandos et des épaulettes en ferrailles précieuses.

Voilà ce que je verrais : un majestueux animal collectif !

Un gigantesque poisson aux écailles métalliques avec chaque écaille-femme, chaque écaille-fille, chaque écaille-mère armée à sa manière pour riposter contre la violence du système.



Et c’est le même système qui te demande d’être violée sans faire de vagues, le même système qui te demande de te serrer la ceinture sans faire tout un ramdam autour de ta précarité, le même système qui te demande de gerber, de vieillir, de crever sans salir la moquette, le même système qui te débaptise un tunnel Léopold II par-ci et rebaptise une place Lumumba par-là pour que tu fermes un peu ta gueule et c’est le même système qui s’accommode parfaitement des centres fermés, des jungles, des bidonvilles sous le périph et des enfants qui grelottent dans la boue et des hommes nus à ses frontières.

Alors, oui, d’accord, on écrit de beaux poèmes pour le 8 mars mais so what ?

Oui, oui d’accord, on se casse !

Mais pour aller où ?
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martineden74   21 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
De là où je parle, de là où je suis, je sens.

Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux, je n’ai pas besoin

de porter le front à l’horizon.

Sous mes paupières, je sens.



Je sens l’odeur tenace de la javel sur les paumes de celles qui n’ont pu débarquer dans ce cortège, aujourd’hui, qu’à condition d’avoir bien fait blinquer la baraque et bien préparé le repas de leur gaillard.

Je sens la goutte de transpiration qui roule sous l’aisselle de celles qui ne possédaient pas de vélo, et qui, comme on esquive un resto entre amies lorsque l’on est fauchée, ont bien failli ne pas oser se pointer sur cette place aujourd’hui.

Je sens l’épine du calcul de celles qui doivent se compter et se recompter pour pouvoir exister dans cette masse – basanées, voilées, handicapées, sans-papiers, putes, tox, trans, gouines – toutes celles dont on défend les droits sans jamais entendre le timbre de leur voix.

Je sens le jasmin du thé siroté par les boycotteuses, celles qui en ont eu ras le cul de sempiternellement devoir jouer aux invitées surprises et qui trinquent en coulisses du joli after movie.

Je sens des radicalités qui se frottent, s’affrontent et parfois, même, qui se décausent et se débectent autour d’une robe noire à paillettes.

Je sens la solitude des féministes fiancées, le célibat, les miettes de sexe, les miettes d’amour, le fossé, les ronces dans le fossé.

Je sens la fatigue des bénévoles et des travailleuses pressées comme des citrons à peu de frais et qui portent des slogans autour du cou comme des Sisyphe ou des mulets. Celles qui rechargent leurs batteries de sens aux dates symboliques pour tenir le reste de l’année académique, celles à une étincelle du cramage intégral et à qui on peut déjà dire au revoir, là, cette après-midi.

Je sens l’hôpital, l’hôpital qui se fout de la charité et de la solidarité,

je sens le couloir d’hôpital, je sens l’éther dans le couloir d’hôpital,

l’éther frotte avec frénésie sur la peau de nos différences,

l’éther frotte pour anesthésier,

le temps d’une Cycloparade,

nos petites et nos profondes divergences.



Tout ça, d’où je parle, d’où je suis, sous mes paupières, je le sens.

Mais si j’ouvrais les yeux, si je portais le front à l’horizon, je pourrais voir, devant moi, ce magnifique peuple de guerrières.

Et je ne m’excuserais pas du mot « guerrières » car c’est exactement ce que je verrais.

Des casques, des scaphandres, de la limaille, des cuirasses, des cuissardes, de la riposte en ordre de bataille, des sabres, des kamikazes, des commandos et des épaulettes en ferrailles précieuses.

Voilà ce que je verrais : un majestueux animal collectif !

Un gigantesque poisson aux écailles métalliques avec chaque écaille-femme, chaque écaille-fille, chaque écaille-mère armée à sa manière pour riposter contre la violence du système.



Et c’est le même système qui te demande d’être violée sans faire de vagues, le même système qui te demande de te serrer la ceinture sans faire tout un ramdam autour de ta précarité, le même système qui te demande de gerber, de vieillir, de crever sans salir la moquette, le même système qui te débaptise un tunnel Léopold II par-ci et rebaptise une place Lumumba par-là pour que tu fermes un peu ta gueule et c’est le même système qui s’accommode parfaitement des centres fermés, des jungles, des bidonvilles sous le périph et des enfants qui grelottent dans la boue et des hommes nus à ses frontières.

Alors, oui, d’accord, on écrit de beaux poèmes pour les 8mars mais so what ?

Oui, oui d’accord, on se casse !

Mais pour aller où ?
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Fanou87   24 novembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Tu demandes combien de femmes dans cette famille?

Tu demandes combien de mères,

combien de vagins empuantis?

Tu demandes combien de tantines, combien de cousines

pour un seul de ces mecs resté impuni?

Pour chaque Weinstein, pour chaque Epstein du

dimanche, chaque pseudo DSK, pseudo Woody, pseudo

Cosby, pseudo R.Kelly, pseudo Koffi, pseudo Polanski,

tu demandes combien?
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martineden74   21 décembre 2020
Brûler brûler brûler de Lisette Lombé
Parfois, à la fin de certaines journées, une forme de lassitude, terrible, nous submerge.

Parfois, c’est dès le matin que la bête nous attaque.

C’est comme une énorme vague qui s’abat sur nos tronches, une énorme vague chargée de toutes les crasses du vieux monde,

une déferlante,

une déferlante charriant toute la pourriture raciste des journaux et des réseaux sociaux,

une déferlante, marée coupante, nausée plombante,

une agression plus une agression plus une agression plus une agression plus une agression…

Ces jours-là, on se dit que nos réunions et nos mobilisations ne servent à rien,

on se dit que personne ne peut terrasser le désert,

on se dit que personne ne peut venir à bout des dragons àcrête blanche.



On sait pourtant.

On sait que ce n’est pas pour nous les fruits de la lutte,

on sait que ce n’est pas pour demain,

on le sait et on lutte et on lutte.

On le sait mais ces jours-là, jours de brèche, jours de gerbe, jours de giclée apocalyptique,

on se dit que, peut-être, même nos enfants n’en verront pas la fin

de cet interminable tunnel.

Ces jours-là, y a pas à dire, ça craint vraiment !

Ça pue la régression à dix mille kilomètres à la ronde, ça pue les types qui jouent des coudes et de la crotte, ça pue le rance, prisonnier dans les replis, ça pue,

ça pue l’à-rebours féroce, ça pue les nanas comme nous,

les nanas qu’on sort comme des tapisseries du dimanche pour colorer les assemblées, colorer les livres, colorer les rangs et se dédouaner de tout le reste et de tous les autres, ça pue la menace de tout, menace, menace de remplacement, de fin, fin de race, fin de vie, fin du temps béni des colonies, fin de fermer sa gueule, ça pue, ça pue jusque sous le sel de la mer,

ça pue le dératiseur pour hommes, toi Homme noir, toi Homme rom, toi Homme arabe,

ça pue, caves humides, cerveaux vides, multiplication des frontières et des décrets et des arrêtés royaux, ça pue les troupeaux morts, ça pue les fronts bas, ça pue les sauterelles, ça pue les ténèbres, les pantoufles, monnaies de singe et comptes d’apothicaire, ça pue !



Alors on relit nos anciens textes, on relit nos anciens poèmes, on relit, on relit, on les relit, pour ne pas se décomposer, pour ne pas capituler, pour tenir, tenir debout, tenir fierté, tenir justice, tenir.

On relit nos anciens textes, on relit nos anciens poèmes, nos premiers, nos naïfs, nos sans-artifices, textes des débuts, textes des aurores, car eux seuls peuvent nous crier que nous ne sommes pas zinzins, pas ouin ouin, que nous ne sommes pas paranos, pas hystériques, que nous ne sommes pas folles.



Tenir.
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