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EAN : 9782378801670
Éditeur : L' Iconoclaste (07/10/2020)
4.12/5   66 notes
Résumé :
« Te faire douter.
Te faire avoir peur.
Te faire avoir honte
De ta couleur.
Qui oubliera ?
Qu’à un noir,
On disait tu… »

Antiracistes, féministes, politiques, les mots de Lisette Lombé font battre le pavé et le cœur. Le poing levé, à coups de mots et de collages, elle dénonce les injustices et poursuit le combat de ses aînées, d’Angela Davis à Toni Morrison.
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
4,12

sur 66 notes
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JIEMDE
  31 octobre 2020
Brûler, brûler, brûler
Brûler mes lectures, les enchaîner les unes après les autres, comme un mort de faim ; comme un mort de livres ; comme un mort de mots. Penser à la suivante sitôt la précédente entamée. Brûler mes lectures, pour réchauffer la vie.
Explorer, explorer, explorer
Explorer ce monde inconnu de la poésie : angoisse, faiblesse et fragilité assumée devant ce que l'on ne maîtrise pas, ce que l'on ne comprend pas, ce que l'on « n'entend » pas. Et s'inscrire à un Vleel. Pour Cécile, qui rend accessible ce monde qui l'est si peu.
Percuté, percuté, percuté
Percuté par la voix de Lisette Lombé qui s'élève soudain à l'invitation d'un renard. Elle lit, elle déclame ; non elle crie, elle hurle, elle vit, elle exulte son texte. Silence. Plus un mot. Juste de l'émotion. Impression d'avoir enfin « entendu » quelque chose ; de grand, de fort.
Envouté, envouté, envouté
Envouté par ce livre qu'il me faut. Vite. Absolument. Tiens, dans des effluves de tapioca, le voilà qui voyage. Je prends ! le lis, le relis, et le relis une 3e fois. Et je prends mon temps. C'est toujours aussi fort, toujours aussi grand. Et tellement puissant.
Chroniquer, chroniquer, chroniquer
Chroniquer ce livre mieux qu'un autre. Chercher les mots. Ne pas les trouver. Existent-ils ? S'en sortir par une pirouette en forme d'hommage. Pas mieux. Et juste témoigner, Lisette, que vous m'avez touché.
Lisez, lisez, lisez
Lisez Brûler, brûler, brûler de Lisette Lombé, d'une insoutenable actualité ces jours-ci, d'une absolue nécessité ces jours-ci. Et faites-le circuler, faites-le voyager, faites-le résonner partout où les obscurantismes tentent de s'imposer. Et merci Lisette, Cécile et Alexandre…
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Stelphique
  01 novembre 2020
Ce n'est pas encore une chronique
En fait, j'ai demandé au précipice
Comment on fait pour Être.
Le décor est planté entre matière
Lignes, sensualité et combats
🔥Brûler Brûler Brûler🔥
J'invoque J'invoque J'invoque
Par trois fois, pour laisser une trace
Des crépitements, un peu de bruit
Espérons qu'on agrippe quelques coeurs
➖Et tout presse➖
Je leur ai fait des confidences
Dans le noir. Dans le noir. Dans le noir.
A la poésie, au slam, aux pages blanches
Je les ai déjà entendu ces injures
J'ai aussi entendu tous les Tu, les Tues!
Et j'ai cogné contre ces mots
J'ai cogné à une contre une
En robe rouge et pieds déchaussés
Une. Une. Une.
Une femme. Une féminité. Une sororité.
🔥Et j'ai brûlé. Brûler. Brûler.🔥
Ce n'est pas encore un poème
Mais ça brûle de tellement fort
De tellement loin, loin, loin
Que ça s'accroche aux corps
Aux langues, à nos mains fatiguées
C'est forcing et caresses
C'est Noir et Blanc, blancs et noirs
C'est rage et urgence
➖Tout presse➖
Et à une contre une, ça cogne sur moi
Parce que Vous êtes exceptionnelle
Lisette Lombé
Vous Vous Vous
Honorable Vous Lisette
Et je me joins à vous
🔥Pour brûler brûler brûler🔥
Je ne veux plus les miettes
Je ne veux pas la fatigue
Je veux, voeux , veux
Brûler brûler brûler
Je veux nos deux coeurs libres
L'une contre l'une
Nos sourires complices
À regarder les oiseaux s'envoler.
Ce n'est pas vraiment une chronique
Ce n'est pas tout à fait un poème
C'est juste un cri d'amour enflammé
Allez viens, on se casse maintenant
On va faire nos prières au bord du précipice
Lancer des sorts, des rimes, des mots
Vous en dites quoi si on allait
Balancer dans le feu
Leurs injures, leurs Tu et leurs bêtises?
➖Tout presse au-dehors➖
Et en-dedans, forcément
Ça brûle, brûle, brûle…
🔥🔥🔥
.
✨Stelphique✨
Lien : https://fairystelphique.word..
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MadameTapioca
  07 octobre 2020
« Passeuse de feu, semeuse de graines, voix des sans-voix » : Lisette Lombé balance, sur la condition de la femme, sur le racisme ; Lisette revendique, le droit à la différence, le droit au respect pour tous.
Avec des mots durs et des mots doux, elle nous dit la violence (institutionnelle, économique, sociétale), elle nous redit le sexisme, le patriarcat, le capitalisme.
Lisette Lombé est slameuse et ses compositions portent en elles tout l'art du rythme, toute la puissance propre à cette forme d'expression, tout le souffle si particulier de l'écriture-slam.
Des textes militants, des textes qui tabassent, des textes forts à lire à haute voix, à lire cent fois, sans fin.
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cathulu
  29 novembre 2020
Voilà longtemps que je n'avais pas été autant emportée par un tel torrent poétique !
Ardeur de l'écriture qui prend à bras le corps tout ce qui fait la vie de ceux que l'on a relégués "aux derniers rangs" : toutes les formes de violence (harcèlements, homophobie, pauvreté, racisme...), qui dit la solidarité, le découragement, la sororité,  l'amour maternel dans une langue qui brûle, dans une langue qui claque dans l'urgence de vivre, dans l'urgence de dire.
Elle décrit au plus près l'envie de liberté, le désir d'une très jeune femme qui se rebelle contre l'autorité du père et file à bicyclette rejoindre celui qu'elle aime, mais aussi celle qui martyrise son corps pour conserver l'homme infidèle, et ces figure de femmes se rejoignent dans ce cortège de guerrières hétéroclites, fatiguées,  captées dans le plus petit détail révélateur, qui formeraient "...un majestueux animal collectif !
Un gigantesque poisson aux écailles métalliques avec
chaque écaille-femme, chaque écaille-fille,chaque écaille-mère armée à sa manière pour riposter contre la violence du système."
Un texte qui emporte , transporte, revigore et nous prouve que ,malgré ce qu'on en dit, la poésie est toujours vivante. Un putain de coup de coeur qui file sur l'étagère des indispensables et devient d'emblée un compagnon de route
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Nath_ocean
  30 mai 2021
J'ai lu les critiques précédentes et c'est avec mon coeur mais avec bien moins de poésie que j'ai envie de livrer mes sentiments sur ce recueil qui est à couper le souffle.
Lisette Lombé est une découverte. Cet ouvrage, je l'ai pris au hasard dans ma librairie lors d'une envie de lire de la poésie et bien merci le hasard d'avoir mis ses textes sur ma route.
Percutant, haletant, rythmé, dur, engagé, incisif, brutal, cru, vrai, il n'y a pas assez de qualificatifs pour décrire l'étendue de son style. Ses textes, tellement actuels, nous obligent à sentir, ressentir et tourner notre regard vers ce que l'on ne veut pas voir au quotidien. Tous nos sens sont dans l'action, odeurs, toucher, vision, parole, écoute, les mots s'enchainent, s'entrainent, déploient leurs effets charnels et émotionnels, leur vérité qui devient la nôtre.
Lire Lisette Lombé, c'est se prendre un uppercut dans le visage, c'est à un moment se faire envelopper par ses mots puis l'instant d'après se faire secouer et maltraiter par d'autres, c'est se faire happer et plonger entièrement nu dans ses flots, flow, pour ressortir ce que l'on a au plus profond de nos trippes. Rage, colère, malaise, tristesse, prise de conscience, larmes qui coulent sans contrôle, noeud à l'estomac, flot d'émotions incontrôlables qui me submergent.
Alors oui, coup de coeur, j'en redemande, je le relis, relis, relis, et je vais de ce pas aller découvir ses autres livres.
Lisez, lisez, lisez Lisette Lombé.
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critiques presse (2)
FocusLeVif   12 janvier 2021
Une déflagration poétique.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
LaLibreBelgique   08 janvier 2021
Lisette Lombé, poétesse, slameuse, performeuse, remporte le Prix littéraire des Grenades, premier du nom, pour son recueil "Brûler, brûler, brûler".

Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mimouskimimouski   29 mars 2021
Mon fils est gay

Mon fils est gay.
Ce matin, il portait une raie de côté, un pull cintré, un jean serré.
Coquet, guindé, endimanché.
Imaginez sa toute dernière nouveauté, après le tatoo, le piercing dans le nez : une cravate pailletée.

Mon fils est gai.
Il aime les posters de pompiers, les sauces sucrées salées, son moniteur d'athlé.
La vie. La poésie.
De celle qui fait vibrer, de celle qui fait trembler nos arrière-cours d'humanité.
Et notre routine désaxée en une danse opiacée.
Et le Grevisse contorsionné en petits avions de papier.
La vie. La poésie.

Mon fils est gay.
Il a appris que, dès le collège et au lycée,
le meneurs d'ombres, les suiveurs nombres adorent
traquer le petit gibier.
Les roux qui puent, les pauvres qui schlinguent, les grosses qui suintent et les baltringues.
Les fiottes sucées, les folles tentées, les p'tits pédés coquets, guidés, endimanchés.
C'est le swing des charniers :
Etre tabassé, être humilié, être harcelé, sans se confier !
Jamais, jamais, jamais, jamais !
Etre tabassé, être humilié, être harcelé, sans balancer !
Jamais, jamais, jamais, jamais !

Mon fils est gay.
Et ce matin, exténué,
malgré, malgré, malgré, malgré,
il n'a plus pu y retourner.
Et ce matin, dans le grenier,
perdu, pendu,
mon fils portait une raie de côté, une veste cintrée, un jean serré.
Coquet, guindé, endimanché,
Imaginez sa toute dernière nouveauté, après le tatoo, le piercing dans le nez,
comme une ultime volonté :
une cravate pailletée.
Une cravate pailletée qui je crois bien m'appartenait.

Une cravate pailletée très bien nouée, trop bien serrée,
autour du cou, entortillée.
Une cravate pailletée,
de celle qui fait vibrer,
de celle qui fait trembler
nos arrière-cours d'humanité.
+ Lire la suite
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Charybde2Charybde2   04 décembre 2020
Petit personnel

Ils disent qu’un jour le monde s’arrêtera de courir aussi brutalement que vous vous êtes effondrés.
Ils disent qu’ils vous comprennent, que vous n’avez plus besoin de faire semblant.

Ils connaissent les boîtes qui se déguisent en famille parce qu’il est plus pratique de laver son linge sale en famille que dans une boîte.

Ils connaissent la loyauté du petit personnel envers les maîtres de maison.

Ils connaissent les haltes entre les lignes, les pauses entre les pages, les plages dans les histoires de neige et de carnage.

Ils connaissent les trous, les tranchées dans les curriculum vitae, les papelards tendus devant les visages creusés, les tentatives de découper le ciel en morceaux neufs, les ruses pour habiller le train-train, les mehins, le cahin-caha,
de cuir et de satin.

Ils connaissent les cadastres informels,
les champs de coton urbains,
la combustion des corps dans les champs de coton urbains
et le défilé ininterrompu des civières invisibles
et le début, pour qui s’écroule, gueule en terre, des justifications, des justificatifs, de la paperasserie, du charabia administratif et de la balle crevée qui ricoche entre les services.
Ils connaissent les réponses à assener pour vous protéger.

Aussi longtemps que
votre peau donnera
au plus insignifiant des tocards
le droit de vous balancer une injure à la gueule
quand bon lui chante !
Aussi longtemps que
vous habiterez un corps
que l’on peut siffler dans la rue
comme un vieux clébard !
Aussi longtemps que
des camarades termineront leurs mois,
termineront leurs jours,
en caviar
pour les cochons.

Ils répètent qu’un jour le monde s’arrêtera de courir aussi brutalement que vous vous êtes effondrés.

Ils répètent qu’un jour on aura à nouveau besoin de vous.
Pour faire de bruit.
Pour que les regards restent complexes.
Pour que les mômes de demain grandissent en un seul morceau,
ne se pendent plus,
ne se flinguent plus,
de tristesse ou de honte.

Ils parlent de silence, de spasmes, de derniers soubresauts.
Ils parlent d’ombres, de fantômes, de déposer
draps et masques.
Ils parlent du retour de l’été.
De savates d’or et de poussière noble.
+ Lire la suite
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JIEMDEJIEMDE   31 octobre 2020
Qu'elle me revienne
même nue, même rampante.
La serrer tout contre moi
même dans un sac, même dans une boîte.
Qu'elle sache qu'elle avait raison
pour l'inépuisable beauté du monde
pour l'humanité qui ne renonce en personne
pour l'amour, pour la révolte
pour la magie et pour l'exil.
La serrer tout contre moi
même dans un sac, même dans une boîte.
Et lui demander, lui murmurer, lui chuchoter :
Pardon.
+ Lire la suite
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martineden74martineden74   20 décembre 2020
NGAKA CHERCHE POÉTESSE
Tu imagines un face-à-face entre ton personnage
et un animal fantastique qui surgirait des profondeurs marines. Tu plantes le décor. Eau sombre, morceau de banquise. Tu tournes autour de la bête. Aileron gigantesque, miroitement de la peau qui rappelle ce que le Black est au Noir et le Noir est au Nègre. Tu zoomes sur la jeune femme. Son regard, la peur dans son regard. Arrêt sur image, temps mort, instant suspendu avant de la culbuter dans la neige et d’écarter ses cuisses. Grelottement. Craquements de glace. Tu observes, à travers sa culotte fendue, tu observes la vulve presque imberbe et les plis rosâtres de l’anus.

Rien ne presse.

Tu dois accepter ces films muets comme vestibule de l’écriture. Si tu reviens trop vite au papier, vite à la rime, à la ligne, à la note, à la norme, tu perdras tout.

Rien ne presse.

Tu multiplies les angles de vue, tu progresses par essais  et erreurs. Travelling avant, travelling arrière. Tu déroules l’interminable langue de l’épaulard vers le sexe de  la jeune femme. Tu accélères, tu ralentis, mouvements  de la langue, dedans, dehors, bouche de la jeune femme, cul de la jeune femme, tu rembobines, tu fais rejouer  et rejouer la scène, cul, langue, bouche, tu te repasses  le scénario en boucle.

Rien ne presse.

Te distancier du descriptif, du narratif. Oublier la langue  et le sexe. Ne conserver que les émotions nées  du clapotis de la rencontre, les sensations, le râpeux,  le trouble. Garder l’eau, le motif, l’idée de l’eau. Garder le sens figuré, l’évocation, l’allégorie. Garder le déluge,  la déglingue, la corrosion des idéaux et le naufrage de l’innocence.

Tendre l’oreille en poétesse.
Glaner les premiers mots.
Garder les premiers mots.

La fillette mordit l’ombre de son père
qui déjeunait dans le silence
des mille et un viols
de sa candeur
arctique.
+ Lire la suite
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Charybde2Charybde2   04 décembre 2020
Cycloparade

De là où je parle, de là où je suis, je sens.
Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux, je n’ai pas besoin de porter le front à l’horizon.
Sous mes paupières, je sens.

Je sens l’odeur tenace de la javel sur les paumes de celles qui n’ont pu débarquer dans ce cortège, aujourd’hui, qu’à condition d’avoir bien fait blinquer la baraque et bien préparé le repas de leur gaillard.
Je sens la goutte de transpiration qui roule sous l’aisselle de celles qui ne possédaient pas de vélo, et qui, comme on esquive un resto entre amies lorsqu’on est fauchée, ont bien failli ne pas oser se pointer sur cette place aujourd’hui.

Je sens l’épine du calcul de celles qui doivent se compter et se recompter pour pouvoir exister dans cette masse – basanées, voilées, handicapées, sans-papiers, putes, tox, trans, gouines – toutes celles dont on défend les droits sans jamais entendre le timbre de leurs voix.
Je sens le jasmin du thé siroté par les boycotteuses, celles qui en ont eu ras le cul de sempiternellement devoir jouer aux invitées surprises et qui trinquent en coulisses du joli after movie.
Je sens des radicalités qui se frottent, s’affrontent et parfois, même, qui se décausent et se débectent autour d’une robe noire à paillettes.
Je sens la solitude des féministes fiancées, le célibat, les miettes de sexe, les miettes d’amour, le fossé, les ronces dans le fossé.

Je sens la fatigue des bénévoles et des travailleuses pressées comme des citrons à peu de frais et qui portent des slogans autour du cou comme des Sisyphe ou des mulets. Celles qui rechargent leurs batteries de sens aux dates symboliques pour tenir le reste de l’année académique, celles à une étincelle du cramage intégral et à qui on peut déjà dire au revoir, là, cette après-midi.
Je sens l’hôpital, l’hôpital qui se fout de la charité et de la solidarité,
je sens le couloir d’hôpital, je sens l’éther dans le couloir d’hôpital,
l’éther frotte avec frénésie sur la peau de nos différences,
l’éther frotte pour anesthésier,
le temps d’une Cycloparade,
nos petites et nos profondes divergences.

Tout ça, d’où je parle, d’où je suis, sous mes paupières, je le sens.
Mais si j’ouvrais les yeux, si je portais le front à l’horizon, je pourrais voir, devant moi, ce magnifique peuple de guerrières.
Et je ne m’excuserais pas du mot « guerrières » car c’est exactement ce que je verrais.
Des casques, des scaphandres, de la limaille, des cuirasses, des cuissardes, de la riposte en ordre de bataille, des sabres, des kamikazes, des commandos et des épaulettes en ferrailles précieuses.
Voilà ce que je verrais : un majestueux animal collectif !
Un gigantesque poisson aux écailles métalliques avec chaque écaille-femme, chaque écaille-fille, chaque écaille-mère armée à sa manière pour riposter contre la violence du système.

Et c’est le même système qui te demande d’être violée sans faire de vagues, le même système qui te demande de te serrer la ceinture sans faire tout un ramdam autour de ta précarité, le même système qui te demande de gerber, de vieillir, de crever sans salir la moquette, le même système qui te débaptise un tunnel Léopold II par-ci et rebaptise une place Lumumba par-là pour que tu fermes un peu ta gueule et c’est le même système qui s’accommode parfaitement des centres fermés, des jungles, des bidonvilles sous le périph et des enfants qui grelottent dans la boue et des hommes nus à ses frontières.
Alors, oui, d’accord, on écrit de beaux poèmes pour le 8 mars mais so what ?
Oui, oui d’accord, on se casse !
Mais pour aller où ?
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Vidéo de Lisette Lombé
« CONTRE LA POÉSIE, LA POÉSIE » Avec Michèle Métail, Laure Gauthier, Lisette Lombé, Pierre Vinclair & Jacques Demarcq
Haine de la poésie, poésie contre, post-poésie, antipoètes… souvent, la poésie vient au monde dans la contradiction et l'obstacle. Elle n'a de cesse de rompre, prendre ses distances, sortir. Pour s'émanciper d'une histoire trop lourde. Explorer de nouvelles formes, de nouveaux medium. Reposer la question de sa définition. Pour se libérer d'un canon dominant.
Cinq poètes invité.es du colloque « Contre la poésie, la poésie » viennent, chacun.e à leur manière, faire vivre leur poésie corrosive sur les planches de la Maison de la Poésie, l'espace d'une soirée. Pour réinterroger ensemble ce désir récurrent des poètes de se positionner contre la poésie – tout contre elle.
Dans le cadre du colloque « Contre la poésie, la poésie ». Découvrez le programme complet
À lire – Michèle Métail, le cours du Danube – en 2888 kilomètres/vers… l'infini, Les Presses du réel, 2018 – Laure Gauthier, Je neige. Entre les mots de Villon, LansKine, 2018 – Lisette Lombé, Brûler, brûler, brûler, L'iconopop, 2020 – Pierre Vinclair, Prise de vers. À quoi sert la poésie ?, La rumeur libre, 2019 – Jacques Demarcq, Les Zozios, éditions Nous, 2008.
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