AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.67 /5 (sur 86 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Responsable de l’Unité d’Archéozoologie du Laboratoire de Préhistoire du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris et responsable des collections ostéologiques (faune) de l'Institut de Paléontologie Humaine.

Vice-présidente de la Commission des Spécialistes (N°20, Sciences de l'Homme) du Muséum.
Spécialité : Préhistoire, Archéozoologie

Dans «Mangeurs de viande» (Perrin), elle raconte comment l'homme, successivement cannibale, charognard, chasseur, s'est progressivement détaché de la nature pour devenir un être de société.


Source : http://www.mnhn.fr
Ajouter des informations
Bibliographie de Marylène Patou-Mathis   (17)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 94 de l'émission Dialogues littéraires de septembre 2018, filmée à l'abbaye de Daoulas à l'occasion de l'exposition "Hairstyle". L'émission est produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : dans le cadre du programme de conférences de l'été les Éclaireurs, Edwy Plenel, Gauthier Chapelle, Rebecca Amsellem et Marylène Patou-Mathis suivi de la chronique d'Élise sur la rentrée littéraire au rayon Littérature. Présentation : Delphine le Borgne. Interviews par Charles Kermarec, Laurence Bellon et Contance Lecat. Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues

+ Lire la suite
Podcasts (2) Voir tous


Citations et extraits (6) Ajouter une citation
finitysend   29 décembre 2016
Neanderthal : Une autre humanité de Marylène Patou-Mathis
Tous les passés n'ont pas eu d'avenir .
Commenter  J’apprécie          534
Marylène Patou-Mathis
Ziliz   26 janvier 2021
Marylène Patou-Mathis
■ Sciences et Avenir : Comment expliquer l'invisibilité des femmes préhistoriques ?

- Marylène Patou-Mathis : Tout simplement parce que durant des décennies, on a reconstitué la vie au paléolithique avec un regard masculin ! Pour mémoire, la préhistoire en tant que discipline se développe en Europe vers les années 1860, dans une société patriarcale. Dans les laboratoires, les scientifiques s'attachent à mesurer les humains, à les classer en "races" et les hiérarchiser. Ils comparent les mesures prises sur les aborigènes d'Australie, les Hottentotes d'Afrique australe, les Africains… et les Blancs, à celles obtenues sur les grands singes. En fonction de leur plus ou moins grande proximité, ils élaborent des catégories inférieures et supérieures. Ils affirment que le cerveau des femmes est plus petit et en concluent qu'elles sont moins intelligentes. Résultat, elles sont considérées comme inférieures, quelle que soit la "race" considérée. Il est donc selon eux impensable que les femmes aient été capables d'inventer le feu et les outils, de chasser ou de réaliser des peintures…

Cette vision ne repose sur aucune preuve archéologique, et nous en sommes pourtant encore imprégnés ! (...)



■ Prenons la question de la division du travail. Était-elle sexuée ?

- C'est ce que pensent la majorité des préhistoriens. Ils prennent pour modèle les modes de vie des dernières sociétés de chasseurs-cueilleurs chez qui, pour la plupart, le travail est réparti en fonction du sexe. Mais prétendre que les traditions, les structures sociales de ces sociétés n'ont pas évolué durant plus de 10.000 ans, que ce sont des humains préhistoriques "fossilisés", c'est leur enlever la capacité de changer, les inférioriser. La femme n'est pas génétiquement programmée pour faire la cueillette et s’occuper du foyer ! On ne peut appliquer aux sociétés préhistoriques les cultures de celles connues aujourd'hui.



■ Une découverte récente montre l'existence de chasseuses il y a 9.000 ans au Pérou. Sur le continent américain, elles auraient représenté 30 à 50 % des chasseurs de gros gibier. Et en Europe ?

- La chasse exclusivement masculine, c'est encore un présupposé. Je pense que les femmes y participaient activement, et donnaient même la mort. Par exemple, chez les Néandertaliens, les femmes étaient extrêmement robustes : on a découvert des insertions musculaires très développées et des marques sur les os au niveau du coude, indiquant une pratique régulière du lancer. À la fin du paléolithique, ces lésions spécifiques sont observées uniquement sur les squelettes masculins. Mais les données sont encore très parcellaires. Non seulement on a attribué certaines tâches aux femmes, mais celles-ci ont été souvent considérées comme moins importantes, ce qui a conduit à minimiser le rôle économique des femmes. Mais en quoi la chasse serait-elle plus "noble" que la cueillette ?

(...)



■ Pensez-vous qu'il ait existé des sociétés matriarcales ?

- Le matriarcat suppose une domination féminine. Rien ne le prouve… mais rien n'indique non plus une domination masculine au paléolithique. Je pense plutôt qu'il a existé des sociétés matrilinéaires, dans lesquelles le système de parenté repose sur la filiation par la mère, car le lien biologique est évident. Dans ce système, les femmes assurent la pérennité du clan et la transmission des savoirs. Alors que les pères n'étaient pas formellement identifiés. On ignore quand le rapport entre la conception et l'accouchement neuf mois plus tard a été établi.

La cellule familiale telle qu'on la connaît aujourd'hui n'existait probablement pas. L'étude ADN de douze individus néandertaliens découverts sur le site d'El Sidrón, en Espagne, atteste de l'existence d'un degré de consanguinité relativement élevé : neveux/nièces-tantes/oncles, en prenant les termes d'aujourd'hui. Ce site a également révélé une société patrilocale : les femmes quittaient leur groupe de naissance pour rejoindre un autre clan auquel elles apportaient leurs savoirs et leurs traditions.



■ À quelle époque observe-t-on des sociétés patriarcales ?

- Les sépultures du paléolithique ne présentent pas de différences de traitement entre les hommes et les femmes quant au mobilier funéraire ou aux parures. Le patriarcat s'instaure selon moi au cours du néolithique. En Europe, vers 6.000 ans avant notre ère, l'abondance de nourriture et l'expansion de la sédentarisation entraînent une explosion démographique locale.

Les populations accumulent des biens, champs, bétail, réserves de nourriture… qu'il faut protéger. La société se hiérarchise, des élites et des castes apparaissent, notamment celle des guerriers. Les rapports entre les deux sexes se modifient, ce que l'on constate dans les sépultures : le mobilier funéraire est plus diversifié dans les tombes des hommes, par exemple. Les femmes présentent davantage de pathologies, peut-être dues à des grossesses répétées, mais également à une alimentation moins riche, moins protéinée. Les caries, plus fréquentes chez elles, indiquent qu'elles mangeaient davantage de féculents et de végétaux. Enfin, dans les représentations artistiques, l'image de la femme s'estompe et, à partir de 2200 avant notre ère, les divinités deviennent essentiellement masculines.

(...)



------



• INTERVIEW. "L'homme préhistorique est aussi une femme".

Par Sylvie Briet le 24.01.2021 'Sciences et Avenir'

Pour en savoir plus : Marylène Patou-Mathis, L'homme préhistorique est aussi une femme. Une histoire de l'invisibilité des femmes, Allary Éditions, octobre 2020
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          94
zenzibar   04 août 2015
Neanderthal : Une autre humanité de Marylène Patou-Mathis
Il n'y a pas d'histoire « brute » indépendante de ce que nous sommes aujourd'hui,



Notre propre histoire et le contexte social dans lequel nous vivons influencent, voire orientent, nos interprétations, La question qui se pose à nous est : comment accepter une humanité plurielle?



Peut-être ne pouvons-nous pas interpréter les témoins laissés par Neanderthal parce que nos sociétés modernes ne sont plus capables désormais d'imaginer un autre mode de vie, une autre conception du monde que les nôtres,



Contrairement aux peuples traditionnels, nous n'aspirons qu'à dominer les êtres et les choses qui nous entourent.



Nous ne sommes plus en symbiose avec la nature, nous sommes, comme l'a écrit Vercors, « des animaux dénaturés », Pour être cap ab le de connaître le

mode de fonctionnement des sociétés passées, il faut accepter de comprendre comment les choses se font.



Malheureusement, la perte, et ici plutôt l' absence, de la connaissance et du ressenti des pratiques symboliques, qui n'ont laissé aucune trace matérielle, entraîne la perte du sens,
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
PATissot   12 août 2015
Neanderthal : Une autre humanité de Marylène Patou-Mathis
Sit tibi terra levis.

" Que la terre te soit légère ".



Epitaphe romaine à des êtres chers.



Durant près de trois cent mille ans, en Europe et au Proche-Orient, Neanderthal a évolué dans différents biotopes et sous différents climats. Au fil du temps, grâce à son anatomie, son métabolisme, mais aussi et surtout ses aptitudes comportementales, il a su parfaitement s'adapter à des environnements parfois hostiles et aux changements climatiques, même de forte intensité.

L'ancêtre de Neanderthal se situe parmi des migrants venus d'Afrique, des descendants d'Homo ergaster, il y a 700 000 ou 500 000 ans. C'est à partir de cette population ancestrale qu'au fil des générations les caractères propres aux Néanderthaliens se sont développés, peut-être à cause de cet isolat géographique que représente la partie occidentale de l'Europe. Aux alentours de 300 000 ans, seuls les Pré-Néanderthaliens vivent en Europe ; ils continueront d'évoluer et donneront naissance aux Néanderthaliens classiques.

[ . . . ]

. . . la disparition de Neanderthal il y a environ 29 000 ans . . .

Leur disparition semble coïncider avec l'arrivée en Europe de groupes d'hommes modernes, il y a environ 45 000 ans.

Ils ont " cohabités " pendant environ 12 000 ans.

[ . . . ]

Les Néanderthaliens n'ont pas tous disparu en même temps et au même endroit. Leur disparition résulte d'un processus relativement long et de la conjonction de plusieurs facteurs. L'hypothèse d'une démographie insuffisante paraît la plus convaincante ; ses conséquences ont été plus ou moins rapides selon les régions. Des raisons d'ordre social ou culturel peuvent également avoir eu une influence. L'arrivée d'une espèce qui lui ressemble a probablement bouleversé la conception qu'avait Neanderthal du monde qui l'entourait ; c'est le choc. Pour les hommes modernes, il en allait différemment : ils connaissaient, eux, au moins par transmission orale de génération en génération, l'existence d'autres hommes, notamment les Néanderthaliens du Proche-Orient. Comment Neanderthal a-t-il réagit ? Il a évité le conflit ! Or, lui étant plus fort et les premiers hommes modernes ni nombreux ni mieux armés, il aurait pu facilement chasser ces intrus de son territoire. Il a préféré s'éloigner, peut-être pour des raisons spirituelles - le meurtre étant, en liaison avec ses mythes, tabou. A-t-il parfois voulu ressembler aux " autres ", en adoptant leurs comportements techniques et sociaux ? Ou bien encore le stress, provoquant une mortalité plus élevée, a-t-il accéléré une baisse démographique qui lui fut fatale ? Cependant, les Néanderthaliens du Proche-Orient ont également disparu. Alors ? Neanderthal, comme d'autres espèces avant lui, était-il arrivé au terme de son évolution biologique ?

[ . . . ]

Puis le 7 mai 2010, une nouvelle extraordinaire est tombée. Une équipe internationale de chercheurs, menée par Svante Pääbo de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste ( Leipzig, Allemagne ) et Richard Green, professeur à l'université de Californie, a mis en évidence l'existence de croisements entre des Néanderthaliens et des premiers Hommes anatomiquement modernes. Ils ont montré que génétiquement, leur génome était à 99,7 % identique, comme celui de l'homme actuel l'est à 98,8 % de celui du chimpanzé. Cette découverte signifie que certains d'entre nous possèdent quelques gênes néanderthaliens, en moyenne moins de 4 % du génome. Mais seuls les Européens et les Asiatiques sont concernés, ce qui signifie que ce croisement a eu lieu hors d'Afrique, probablement au Proche-Orient, il y a entre 50 000 et 80 000 ans.

Cette découverte est une vraie révolution, [ . . . ]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Malachite   07 avril 2019
Préhistoire de la violence et de la guerre de Marylène Patou-Mathis
Si la guerre apparaît tardive, l'usage de la violence semble plus ancien, comme l'attestent les marques observées sur des restes humains du Paléolithique. En effet, dans plusieurs sites préhistoriques, des marques de désarticulation, de décharnement, de fracturation et de calcination ont été observée sur des ossements humains. Mais ces témoins de l'action d'un Homme sur le corps d'un autre Homme suscitent de nombreuses questions. Sont-ils les restes de repas cannibaliques, les témoins de rites sacrificiels ou bien encore ceux de la pratique de rites funéraires particuliers, comme le pensaient les premiers préhistoriens français de la fin du XIXe siècle ?



p.33
Commenter  J’apprécie          20
Louise1200   23 juin 2021
L'homme préhistorique est aussi une femme : Une histoire de l'invisibilité des femmes de Marylène Patou-Mathis
Non ! Les femmes préhistoriques ne passaient pas leur temps à balayer la grotte ! Et si elles aussi avaient peint Lascaux, chassé les bisons, taillé des outils, et été à l'origine d'innovations et d'avancées sociales ? Les nouvelles technique d'analyse de vestiges archéologiques, les récentes découvertes de fossiles humains et le développement de l'archéologie du genre ont remis en question nombre d'idées reçues et de clichés.
Commenter  J’apprécie          21

Acheter les livres de cet auteur sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

Dix titres de théâtre, une esquisse

Henry de Montherlant

La Dame de chez Maxim
Phèdre
La Reine Morte

10 questions
133 lecteurs ont répondu
Thèmes : titres , compositionCréer un quiz sur cet auteur