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ISBN : 6065624438
Éditeur : Aius (01/01/2014)

Note moyenne : 5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Les début littéraires de Max Blecher furent poétiques et marqués par le surréalisme. Pour s'en convaincre, voici la traduction, en édition bilingue, de son premier recueil de poèmes publié en 1934 et inédit en français.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tandarica
  28 octobre 2017
À l'époque où j'étais étudiante et croyais comme une midinette (m'en suis-je guérie ?) en l'amour à vie, j'ai travaillé, assez longtemps, dans une boutique de luxe. Il m'est donc arrivé, plus d'une fois de vanter les qualités d'un lot de bagages unique (que je trouvais sublime), confectionné en peau de veau mort-né. Je taisais sa fragilité, mais tentais de la suggérer en évoquant l'aspect translucide, presque transparent de cette douceur. Ce qui ici est sincère jusqu'à la l'indicible transparence est la douleur d'aimer la vie et sa cruauté. Dans mon discours sur le tannage, ce que j'évoquais comme étant une matière exceptionnelle était en réalité le déchet d'un avorton. Il en est de même de ce fin (mais pas squelettique) opus que j'ai traduit d'une seule traite, la mort de mon propre amour physique au ventre. Bien que des universitaires travaillent (dans le plus grand et regrettable secret) pour réunir l'ensemble des écrits de Max Blecher, j'ignore presque tout de la genèse de cette oeuvre. Un bref éclairage m'a néanmoins été proposé par le film de Radu Jude, Coeurs cicatrisés, inspiré librement de la vie de l'auteur : Blecher a vécu des amours non partagées, comme nous tous diraient d'aucuns. Alors je lève ma traduction (maladroite sans doute, mais promesse tenue), tel un calice de bonheur à tous les amours perdus : « L'Amour est mort ! Vive l'amour ! »
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Tandarica
  08 juillet 2017
L'éditeur roumain a choisi de joindre à la plaquette publiée pour la première fois en 1934 en introduction la reproduction d'un dessin de 1935 signé M. Blecher et intitulé "Mon prince"; un addenda qui réunit des textes de Geo Bogza, ainsi que trois poèmes qualifiés d'inédits (Fugue, Instant diurne, Poème), une fiche biographique, ainsi que l'incontournable (en Roumanie) cahier critique qui contient des extraits des principaux (Dieu qu'ils sont nombreux!) exégètes de l'oeuvre de Blecher, dont on peut citer ici Nicolae Manolescu, Doris Mironescu ou Ada Brăvescu. En citation un poème dédié au Français Pierre Minet.
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JimmyCz
  16 décembre 2018
Très court ouvrage poétique et surréaliste décrivant avec amour et fort érotisme de la relation à l'aimée.
C'est assez poignant et terriblement bien écrit. L'auteur ne fait pas preuve de sentimentalisme mais on sent une passion assez forte et une certaine fièvre dans l'écrit.
C'est finalement un poème assez français et j'ai ressenti l'inspiration d'un Breton par exemple dans le récit. Ce fut en tout cas très plaisant et je lirais volontiers d'autres oeuvres de cet auteur.
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Francharb3
  25 juillet 2017
Comme beaucoup d'écrivains roumains, Max Blecher, ici en édition bilingue et traduit par Gabrielle Danoux, était francophone et francophile. le titre déjà, qui n'est séparé de sa traduction française que par une “s”, puis la dédicace d'une de ses oeuvres à Pierre Minet le démontrent. L'auteur est toujours allergique au sentimentalisme mais fait preuve d'un érotisme assez directe, étayé par le champ lexical de la nature en général, plus particulièrement le vocabulaire animal: l'amour devient cheval ou phalène. L'influence du surréalisme a marqué l'auteur, pas jusqu'à l'opacité cependant. Les figures de style se conjuguent en répétitions (anaphores, épiphores, voire quasi-symploques) comparaisons, nombreuses, métaphores, métonymies. Une facette de l'écrivain à découvrir autant que ses romans.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   28 octobre 2017
Amour : phalène
à Geo Bogza
Amour, des noirs ports la phalène
Lumière parfumée des vastes tropiques
Pensée longue et douce de rayon, martyrisant comme la mer
Et l’horizon enflammé, piège hermétique

Amour urbain d’ombres dans des rues à réverbères
Aux secrètes paroles dans la mort ensevelies
Aux pages lentement tournées dans d’inutiles albums
Amour d’après-midi dans de vagues pièces closes

Amour à l’âpre odeur de glaise et de semence sous l’herbe haute
Comme un cheval, de la saison estivale engrossée par les graines
Amour dans des mouchoirs pleuré ou lent, qu’on rit au soleil
À la fine peau blanche ou aux mains vieillies

Amour, réseau du monde dans lequel les gens pris
Dansent : pantins sérieux et fous.
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TandaricaTandarica   20 juillet 2017
Amour, des noirs ports la phalène
Lumière parfumée des vastes tropiques
Pensée longue et douce de rayon, martyrisant comme la mer
Et l’horizon enflammé, piège hermétique

Amour urbain d’ombres dans des rues à réverbères
Aux secrètes paroles dans la mort ensevelies
Aux pages lentement tournées dans d’inutiles albums
Amour d’après-midi dans de vagues pièces closes

Amour à l’âpre odeur de glaise et de semence sous l’herbe haute
Comme un cheval, de la saison estivale engrossée par les graines
Amour dans des mouchoirs pleuré ou lent, qu’on rit au soleil
À la fine peau blanche ou aux mains vieillies

Amour, réseau du monde dans lequel les gens pris
Dansent : pantins sérieux et fous.

(Amour : phalène, à Geo Bogza)
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TandaricaTandarica   08 juillet 2017
Errance
(à Pierre Minet)

Toujours allant de l’avant les ombres de mes pas meurent
Comme la trajectoire d’une comète d’obscurité
Et derrière moi l’asphalte supprime
Ensemble ce que je fus et ce que j’ai songé
Comme un prestidigitateur
Censé escamoter ma vie.
Un correct alignement de maisons
Sur cette route qui pourtant
Doit bien signifier quelque chose
C’est un ciel incolore inodore décharné
Par dessus mes pas insignifiants
Les yeux clos j’explore une boîte noire
Les yeux ouverts j’explore une boîte blanche
Et j’ai beau m’escrimer à comprendre quelque chose
De pesants marteaux dans ma tête brisent toute pensée.
[Pășind mereu înainte umbrele pașilor mei mor
Ca traiectoria unei comete de-ntuneric
Și asfaltul în urma mea mă suprimă
Cu tot ce-am fost și tot ce-am gândit
Ca un prestidigitator
Menit să-mi escamoteze viața.
E o înșirare corectă de case
Pe drumul ăsta care totuși
Trebuie să însemne ceva
E un cer fără culoare fără miros fără carne
Peste pașii mei fără importanță
Cu ochii închiși umblu într-o cutie neagră
Cu ochii deschiși umblu într-o cutie albă
Și oricât m-aș căzni să înțeleg ceva
Ciocane grele-n cap îmi sparg orice gând.]
(Umblet, lui Pierre Minet)
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TandaricaTandarica   07 juin 2017
Pensée

Tes mains sur le piano tels deux chevaux
Aux sabots de marbre
Tes mains sur les vertèbres tels deux chevaux
Aux sabots de roses
Tes mains dans l'azur comme deux oiseaux
Aux ailes de soie
Tes mains sur ma tête
Telles deux pierres pour une seule tombe...

[Gând

Mâinile tale pe piano ca doi cai
Cu copita de marmură
Mâinile tale pe vertebre ca doi cai
Cu copita de trandafiri
Mâinile tale în azur ca două păsări
Cu aripi de mătase
Mâinile tale pe capul meu
Ca două pietre pe un singur mormânt...]
p. 22
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TandaricaTandarica   22 juillet 2017
Valse ancienne : voilages poussiéreux de la morte mariée
Grappes de filles blanches en robes telle l’écume
Endeuillées, des valets de pique ici les font frétiller
Dans l’air leur vague parfum on hume

Sur la lune le cimetière, les acacias des ombres les empereurs
En invités de marque : assistent et bruissent
Dans de mystérieux caveaux des amants aux sombres cœurs
Par des gestes endormis des amours ils établissent.

Valse ancienne : des couples dansent s’élèvent, aériens
Et dans le salon nocturne vertigineusement comme de cire
Des choses trop normales m’entourent et je crains
Doucement le vent frémit et la valse délire

Ce sont les noces de celle qui jadis en vie
Lors de son mariage vivante mourut dans des fleurs de sang
Des frissons de spectres sursautent sur son visage blanchi
Quand la lente valse tourne, quand la valse pleure quasiment.

(Valse ancienne, p. 41)
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