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Note moyenne 4.06 /5 (sur 195 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Armentières, Nord , le 04/04/1907
Mort(e) à : Cambo-les-Bains, Pyrénées-Atlantiques , le 01/05/1956
Biographie :

Paul Gadenne est un écrivain français.

Il fait ses études à Paris à partir de 1918. Après avoir suivi les classes d'hypokhâgne et khâgne au lycée Louis-le-Grand, où il est notamment condisciple de Thierry Maulnier, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, Paul Gadenne obtient à la faculté des lettres de l'Université de Paris la licence ès lettres et le diplôme d'études supérieures, consacré à Proust. Il occupe un premier poste de professeur en 1932 à Elbeuf en Normandie.

La tuberculose le contraint en 1933 à interrompre sa carrière d’enseignant. Il passe alors de longs mois au sanatorium de Praz-Coutant situé près de Sallanches en Haute-Savoie.

Son premier roman, "Siloé" (1941), est en partie autobiographique et traite de ses séjours en sanatorium et de la réflexion qu’ils lui inspirent. Puis il tente de saisir, dans "La Rue profonde" (1948) et "L'Avenue" (1949), le mystère de la création artistique à travers un personnage de poète.

"La Plage de Scheveningen" (1952) est l’un des de livres plus réussis de Gadenne, avec "Les Hauts-Quartiers", œuvre posthume publiée seulement en 1973, et qui a grandement contribué à sa reconnaissance.

Il a écrit des nouvelles, désormais rassemblées sous le titre de "Scènes dans le château" (posthume, 1986), un recueil de "Poèmes" (posthumes, 1983) et des réflexions sur l’art d’écrire et le métier de romancier : "À propos du roman".

La maladie l'emporte après une longue agonie à l'âge de 49 ans.
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Vidéo de
Marie, photographe, lit "Baleine" de Paul Gadenne (Éditions Actes Sud, 2005) Dans le cadre de "A vous de lire !" © Des auteurs aux lecteurs, 2010
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
Piatka   29 décembre 2015
Baleine de Paul Gadenne
La pureté du site nous exaltait. La côte, sur une longue distance, était plate, et nous circulions dans une parfaite solitude, entre deux ou trois lignes simples, ou notre oeil n'aurait pu déceler le plus léger accident : la ligne noire de la forêt, à notre droite ; une ligne dorée, devant nous, à la frontière du sable et de l'écume : et à gauche, un horizon liquide, dur et gonflé. Toutes ces lignes couraient se rejoindre sous nos yeux, en un point éloigné vers lequel nous entraînait leur convergence, et qui fuyait toujours.
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wowie   28 mai 2020
L'invitation chez les Stirl de Paul Gadenne
En attendant, le voyageur piaffait d'impatience devant une grille qui refusait de s'ouvrir. En vain avait-il cherché, en examinant les piliers, quelque moyen d'appel. Il avait seulement réussi à découvrir, sous un effondrement de lierre, une inscription où les insectes pondaient leurs oeufs dans les lettres gravées qui composaient le glorieux nom des Stirl. Quelques sons de trompe, arrachés à l'inertie du chauffeur, n'avaient pas donné plus de résultat. Il était aussi vain naturellement de questionner le chauffeur qu'il l'eût été de crier le nom des Stirl, à cent mètres d'une façade qui n'offrait aucun signe de vie. L'homme - un autochtone, porteur d'un béret inamovible, écrasé sur le haut du crâne comme une bouse - avait même affecté de ne pas connaître ce nom étranger au pays. Au reste, bien décidé à en faire le moins possible, il déposa bientôt la valise de son client sur le bas-côté de la route; et Olivier resta seul, dans le silence, sous la chaleur qui montait, devant cette porte qui ne s'ouvrait pas.
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Annette55   08 juin 2014
Baleine de Paul Gadenne
Ce blanc aurait pu être celui de certaines pierres, dont l'effort vers la transparence s'est heurté à trop d'opacité, et dont toute la lumiére est tournée vers l'intérieur. Mais on distinguait, par endroits, des tâches d'un vert fondant et, prés de la tête, des serpentements mauves ou bleu ciel, fort subtils, qui disaient bien leur appartenance. Les teintes de la mort sont exquises: parfois nous croyions voir s'entrouvrir une rose. Devant cette chose qui ressemblait plus à un catafalque qu'à une bête morte, devant ce monument orné de signes délicats, qui viraient ça et là au colchique ou à la violette fanée, nous étions pris d'un doute- à quoi s'ajoutaient par moments, d'une façon bien inattendue, la sorte d'inquiétude qu'on ressent au chevet d'une personne malade.
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jovidalens   01 mai 2016
Les Hauts-Quartiers de Paul Gadenne
Didier la regardait à la dérobée et vit une mince larme sur son visage. Il savait ce qu'elle pensait : tant d'injustice ! Être chassé par les Allemands, cela devait lui paraître régulier, presque juste : la guerre, c'est cela même et, sans parler des revanches toujours possibles, où le chasseur est chassé à son tour, on peut se consoler en pensant que l'ennemi n'agit pas au nom de la loi, qu'il ne peut pas avoir l'ordre du monde et la musique des planètes à son service, comme le croyait à l'évidence ce propriétaire au visage bouffi, qui mâchonnait son cigare. [...]

Il peut paraître puéril d'être troublé, en pleine guerre, par un incident aussi bête. Mais Didier avait vu sa mère humiliée et ce souvenir devait creuser une ride sur sa mémoire. Peu importe la taille de l'incident qui vous apporte la révélation. Celui-ci était risible, assurément ; mais peut-on rire de ce qui vous enseigne la haine, et bouleverse votre conception du monde ?
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Wilkinson   02 juillet 2013
Siloé de Paul Gadenne
"Le bonheur, c'est quand on n'attend plus, quand l'espoir ni l'anxiété n'ont plus de sens, quand il n'y a rien de ce qui pourrait être qui soit supérieur à ce qui est. Et ce bonheur-là contenait plus que le bonheur : car il ne faisait que rentrer dans cette paix qui vient du sentiment d'un accord intime avec le monde."
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nadejda   17 juin 2011
Baleine, suivi de L'intellectuel dans le jardin et de Bal à espelette de Paul Gadenne
Baleine Incipit

Nous étions plusieurs à nous être réfugiés là, dans ce petit coin où nous pensions pouvoir être oubliés, et nous restions écroulés sur le velours, dans un luxe bizarre de cristaux et d'appliques, nous protégeant, derrière une tenture à emblèmes -- elle-même détachée de ses embrasses et à peu près effondrée --, d'un excès de fumée et de mauvais disques, espérant l'incident qui nous donnerait la force de nous éloigner, ou attendant peut-être, qu'on nous annonçât une lueur sur la mer.
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SINCLAIRE   05 février 2016
Siloé de Paul Gadenne
....et si le Bonheur n'existait pas on serait peut être plus heurux
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Hebephrenie   05 août 2012
Baleine de Paul Gadenne
Et qu'étions-nous, nous qui regardions cela, êtres de hasard, imperceptibles, en proie aux astres, échoués sur les plages d'une Nature sans événements?...
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Bjornoya   05 novembre 2015
Siloé de Paul Gadenne
Alors, au milieu de ce silence, sous le rayonnement du soleil qui, dès le début de l'après-midi, commençait à décliner, venaient des heures d'une vertu inespérée où la terre émettait autant de lumière que le ciel. Les rayons émanant de ces deux sources divergentes se croisaient autour de chaque objet et Simon, la tête renversée sur ses coussins, pouvait suivre sur le plafond les changements qui s'accomplissaient dans le scintillement du sol. Il croyait avoir changé le monde. Car non seulement les objets mais ses pensées même, répondant à cette exigence de lucidité qui voulait que toute ombre fut en même temps rayon, et qui faisait s'évanouir les antinomies les plus familières, s'érigeaient dans une pureté glaciale au milieu de ce désert de clarté, sous les feux conjugués de deux soleils ; et à la faveur de cette clarté presque miraculeuse, Simon ne se lassait plus de regarder en lui, car les visions qui se levaient sur les coudes translucides de l'âme avaient la noblesse qui devait rayonner autour des créatures premières.
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Caligari   19 juin 2011
L'avenue de Paul Gadenne
Faire le bonheur de tous, en faisant son propre bonheur. Le devoir de l’artiste s’inscrivait dans cette limite : il était d’abord devoir envers soi ; il était honnêteté, – honneur. On reconnaîtrait toujours dans la pierre, dans le plâtre, la marque d’un esprit ennemi de toute concession, exempt de toute vulgarité. Antoine n’avait pas d’autre souci : être lui-même. C’était à cela qu’il travaillait, et à rien d’autre, persuadé que l’art suffit, que l’artiste n’a pas à signifier autre chose, et que son rôle est moins de fournir des illustrations à son temps, que de l’installer dans une permanence, de lui ouvrir un débouché sur l’éternel. Faire une statue qui soit comme un caillou usé par le temps, mais sur lequel le temps glisse, faute de prise
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