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Mariana Sora (Traducteur)Georgeta Horodinca (Traducteur)Hélène Fleury (Traducteur)
ISBN : 2862310859
Éditeur : Maurice Nadeau (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Fasciné et terrorisé par le quotidien, le héros de ces aventures traque la réalité supérieure des cabinets de cire, des passages urbains ou souterrains, des coulisses de théâtre, comme autant de lieux offrant une trouée dans les apparences. Mais il ressent aussi ces déchirements du réel comme des chutes dans le vide. Comme Hardellet, Blecher, qui disait vouloir transposer la « démence à froid » de la peinture de Dali, fait ressentir la force de ces seuils où le sent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tandarica
  09 juin 2018
Ce livre paru en 1989, aux éditions Maurice Nadeau, réunit le roman "Aventures dans l'irréalité immédiate" (pour lequel j'ai déjà écrit quelques lignes sous l'édition de 2015), ainsi que le récit "La Tanière éclairée, journal de sanatorium" qui commence ainsi :"Tout ce que j'écris a jadis été vraie vie."
Je consacre donc ce bref billet à "La Tanière éclairée". Ici, les images se rapportent exclusivement au corps, tant et si bien que l'âme semble mise entre parenthèses. La tanière n'est autre qu'une intériorité corporelle, telle que précisé dans ces lignes des premières pages : "Quand je m'assois l'après-midi dans le jardin, au soleil, quand je suis seul et que je ferme les yeux, ou bien quand en plein milieu d'une conversation je passe ma main sur la joue et que je serre les paupières, je retrouve toujours la même obscurité hésitante, la même caverne intime et familière, la même tanière tiède et éclairée par des taches et des images floues, qu'est l'intérieur de mon corps, le contenu de ma personne en deçà de ma peau."
Le corps devient un poste d'observation du monde extérieur. Si chez Anton Holban n'est réel que ce qui est vécu subjectivement, ici, plus rien n'est avec certitude réel. La frontière entre rêves est réalité n'est plus étanche, de sorte que le monde réel n'est pas intériorisé psychologiquement, mais exploité poétiquement. Une place bien connue de Bucarest est "vue" par le narrateur, tantôt dans une lumière blanche, tantôt entièrement rouge : une image surréaliste et onirique, comme Max Blecher les affectionne.
Combattre la mort qui rôde dans les sanatoriums (Berck entre autres) c'est vivre intensément l'instant présent dans ce monde peuplé d'images.
Un bémol pour moi : ces deux premières traductions ne sont pas très fidèles à l'original.
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ileana
  29 décembre 2013
Ce récit évoque le vertige du vide ; dans la préface on le compare à La Nausée de Sartre.
Un extrait de la préface signée G. Horodinca :
« le vertige du vide que ressent l'enfant en s'apercevant qu'il n'y a rien derrière le décor, est, comme la nausée de Roquetin, l'expression organique d'une découverte fondamentale : dans son imperfection, le monde va jusqu'à manquer de sens ».
Un extrait de l'oeuvre (est-ce un témoignage ?) « Si jamais je ressentais le besoin d'un but dans la vie, et si cette tendance devait se rattacher à quelque chose en moi de vraiment profond, essentiel, irrémédiable, alors mon corps deviendrait une figure de cire dans un cabinet de curiosités et ma vie une contemplation sans fin des vitrines de ce panorama de foire. »
Ou alors « Tous mes désespoirs hurlaient de nouveau douloureusement en moi ».
Tropismes, émotions minuscules qui laissent un arrière-goût amer à la bouche … je n'ai pas accroché : le registre plutôt monocorde et le témoignage du vide et de la solitude me posent un problème. Mise en appétit par un des babéliens qui avait placé ce texte en tête de sa liste , j'attendais autre chose ... plus romanesque peut-être.
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Elouan00
  29 juillet 2017
Il est des écrivains aux motifs rapidement discernables. Pour Max Blecher, la dissolution de la réalité dans la fumée des fantasmes et des rêveries étranges, entre charnellement au contact d'une acuité des sens très forte, presque sensuel. Mais il ne s'agit pas non plus d'un récit entièrement onirique. le sanatorium – lieu que Max Blecher a lui-même fréquenté, atteint d'une maladie qui mettra rapidement fin à ses jours – dans lequel le personnage confie des impressions et des expériences, est très finement réalisé dans l'imagination du lecteur. Max Blecher raconte beaucoup, en digne observateur, l'histoire des gens qui l'entourent. Il dépeint aussi finement la joie de vivre que la morbidité, quoique avec moins d'élégance que Robert Walser duquel il se rapproche. Max Blecher parle de la réalité comme de quelque chose qui nous échappe, considérant cela sans gravité, même avec une sorte de sérénité : celle du retrait.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TandaricaTandarica   09 juin 2018
Moins qu'une suite d'histoires, le récit de mes souvenirs devrait être une enfilade de chambres différemment éclairées, le plus souvent tristes et nostalgiques, baignant dans la lumière d'un jour pluvieux, où je gisais les yeux grands ouverts et la conscience assombrie–la vie qui m'abandonnait laissait mon corps mou et inerte, j'éprouvais nettement la sensation de me perdre.
De cette longue file de chambres d'hôpital, la plus triste, la plus dramatique est peut-être celle que j'ai occupée pendant quelques mois à mon retour de l'étranger, au bord de la mer Noire.
(p. 259, in La Tanière élairée)
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Elouan00Elouan00   29 juillet 2017
"Je crois que la vie se condense parfois dans certains faits mineurs et qu’elle devient alors cent fois, mille fois plus lourde et plus intense que d’habitude, pareille à ces noyaux de matière stellaire, qui flottent dans les espaces astraux et dont on nous dit qu’ils sont formés par une substance mille fois plus dense que celle de notre planète. Et je crois aussi qu’un tel sentiment de condensation, que je n’ai plus éprouvé depuis que deux ou trois fois dans ma vie, m’a envahi au moment où j’ai porté la carafe dans ma bouche.
Il existe des choses très simples qu’on ne peut exprimer par des mots, et la sensation que j’ai éprouvée en avalant la première gorgée d’eau est certainement parmi elles. Je voudrais trouver le mot juste et je n’en trouve qu’un : c’était dément. C’est ça : une sensation démentielle, capable de me faire tourner la tête, de me faire rire, ou pleurer ou grimacer ou proférer des obscénités comme un fou. J’avais envie, non pas de boire de l’eau, mais de l’embrasser. Je me rappelle très bien comme j’ai essayé d’embrasser l’eau, en serrant mes lèvres et en retenant le liquide dans la bouche. Je crois que si ma main avait été armée, j’aurais tiré sans hésitation, avec soif et volupté, sur quiconque aurait voulu m’empêcher de boire, et avec le même acharnement que j’avais mis pour vider à moitié la bouteille."
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TandaricaTandarica   14 mars 2015
Les effluves de la pourriture atteignaient mon odorat de façon contradictoire. Je percevais dans le même instant l'odeur gélatineuse des graines en décomposition et leur parfum agréable, chaud et familier, de noisettes grillées.
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