AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 4.31 /5 (sur 39 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 25/08/1968
Biographie :

Né le 25 Aout 1968 dans le sud-ouest de la France où il vit toujours, Roger Raynal est d'abord un scientifique. Il a obtenu un doctorat de l'Université de Toulouse. Spécialiste, entre autre, d'exobiologie il est professeur de biologie, auteur de manuels de SVT "libres et gratuits" accessibles sur son blog "exobiologie.info", à destination des élèves de Collège et de Lycée ainsi que de leurs professeurs. Il traduit par ailleurs les œuvres complètes de Charles Darwin aux éditions Slatkine. Grand admirateur de la culture japonaise classique, il a toujours été attiré par l’écriture. Et il neigeait sur le Japon est son premier roman, qui a obtenu le prix du lions club PACA 2019.
Il écrit aussi des nouvelles, certaines ayant été publiées dans le recueil "Félin", ed. YBY ; l'anthologie "le temps revisité", ed. arkuiris ; et, en anglais, par le London Magazine (Beloved, 2018).
+ Voir plus
Ajouter des informations
Bibliographie de Roger Raynal   (8)Voir plus

étiquettes

Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
nelly76   02 juillet 2022
Les belles de Kyoto de Roger Raynal
1-Brouillard du soir



Il faut que je prenne des notes .Chaque instant me semble naître du néant,et rien ne subsiste nettement dans ma mémoire de l'enchevêtrement des causes et des conséquences qui m'ont conduit dans cet avion.( Page 11).
Commenter  J’apprécie          40
Osmanthe   01 novembre 2021
Komorebi de Roger Raynal
Je revois les brisures de soleil filtrant à travers l'arbre et courant sur ta peau, et ton pas si léger que l'herbe ne semblait y céder qu'à regret. Trop d'attente déjà, trop d'espérances éteintes, et le désir pourtant de connaître l'étreinte. T'en souviens-tu ? Et les fruits rouges éclatant dans nos bouches, le sucre tachant nos lèvres, cette lumière végétale, ton regard qui scintille, l'envie de mordre un autre fruit, une autre chair sucrée sous sa surface luisante.

Nos paroles ne disaient rien, proximité des coeurs, pudeur des sentiments. Nos gestes parlaient-ils ? J'ai oublié, j'en ai peur, les causes et les conséquences, mais tu montas dans l'arbre, et pour t'aider, je connus la douceur de ta peau. Cela, je m'en souviens. Glissement au ralenti d'épidermes en connivence, tes jambes au-dessus de moi pour taquiner les fruits, et mes yeux qui hésitent. Cela, c'était avant, mais y eut-il un après ?



Extrait de "Lettre à l'absente"
Commenter  J’apprécie          90
Osmanthe   01 novembre 2021
Komorebi de Roger Raynal
D'habitude, lorsqu'une femme me faisait connaître son désir, je me jetais sur elle, mais là, j'étais comme paralysé, embarrassé de respect, et je la laissai faire. Nous étions, de tous côtés, environnés par la brume d'automne. « Vos mains sont froides et rugueuses », me dit-elle, « je vais les amollir ». Et lentement, elle porta chacun de mes doigts à sa bouche, les embrassant avec un art si maîtrisé que je crus défaillir. Pour me ramener à moi, à elle, elle me mordit, de ses fines dents, le bout de l'index, jusqu'au sang. La brève douleur réveilla ma conscience, et je basculai sur elle. Elle se dégagea comme un animal souple et fauve et ôta son dernier vêtement alors que je me séparais des miens. Dans cette clarté entrecoupée de brume, de sa peau nue semblait sourdre une lumière laiteuse, quasi lunaire, et je me fondis, comme la luciole soumise à une fatale attraction, dans cette lueur vaporeuse.

Je ne saurais vous dire combien de temps dura cette union. Je sortis de mon corps, cette nuit-là, à plusieurs reprises, et il me sembla que mon esprit errait dans les brumes, courant à la surface des eaux huileuses à la recherche de mon corps uni au sien. J'entendais, je participais des mille volontés de la vie autour de nous. J'étais ce poisson à l'affût dans la vase, et ce ver qui rongeait le roseau, et ce hibou qui cherchait sa pitance, et cette souris, encore, qu'il terrorisait, blottie entre les herbes...J'étais tout cela, et tout cela était en moi. J'eus l'illusion de voir Itako, loin au-dessous de moi, cernée de lacs et de rivières, et le grand rivage qui marque l'océan. Loin, très loin au-dessous de nous. Puis, je chutais, je revenais dans ma barque, avant de reprendre de la hauteur, dans un va-et-vient qui semblait appartenir à une autre réalité. Je vis, dans ce rêve partagé, disparaître la ville sous les nuées et, vers le sud, je crus même discerner les neiges du Fuji, scintillantes sous le manteau céleste gavé d'étoiles qui m'accueillaient en leur sein. Et toujours cette odeur lourde, suave, presque sucrée, cet au-delà du désir et du plaisir qui me portait, abandonné, sans volonté, comme nous porte le temps sur les flots tempétueux de notre destinée. J'avais dépassé le stade des sensations, j'étais apaisé, libéré de toute nécessité, je tutoyais les dieux...et j'ouvris les yeux alors que ma déesse refermait, d'un mouvement fort et exquis, les pans de son dernier vêtement.

J'étais étendu, nu, faible et trempé, comme pour une seconde naissance, sur le rude plancher de ma barque. « Nous pouvons, à présent, terminer notre course ».



Extrait de "Le doigt"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
nelly76   01 décembre 2021
Et il neigeait sur le Japon de Roger Raynal
Nous n'étions pas sitôt installés que des verres de thé vert fumants nous furent servis,ainsi que des serviettes chaudes.Attablé en face d'elle,je compris quelle était l'origine du trouble qui m'envahissait en sa présence.Je ressentais Satoko en elle,je la retrouvais dans les traits de son visage,dans sa façon de marcher ,dans sa manière de poser ses mains en geste lents et étudiés sur les objets qui lui tenaient à coeur,comme le foulard qu'elle avait dénoué avant de le faire lentement glisser sur ses épaules.C'était comme si j'avais devant moi un clone de Satoko,déplacé d'une trentaine d'années dans le futur ,qui me souriait.( Page 125).
Commenter  J’apprécie          40
nelly76   02 décembre 2021
Et il neigeait sur le Japon de Roger Raynal
Par le hublot,une trouée dans les nuages me fit entrevoir la mer,le rivage,et des traces blanchâtre et pommelées s'étirant entre les deux.Nuages où vagues?Ces petites traces prirent dans mon esprit la forme des pétales de fleurs de cerisier qui s'envolaient dans le vent il y a quelques jours il y a une éternité, devant nos pas à Kyoto.

J'entendis la voix de Satoko me récitant les poèmes qu'elle aimait《 Ces chrysanthèmes blancs sur la plage de Fukiage, sont -ce vraiment des fleurs ou les vagues qui approchent?》

C'était l'hiver dans mon coeur et il neigeait sur le Japon.( Page 248).
Commenter  J’apprécie          40
Osmanthe   01 novembre 2021
Komorebi de Roger Raynal
Ce n'est pas ma première expédition dans le pays blanc. Cela commence toujours par de brèves incursions, de fausses aventures en terrain balisé, sur de courtes distances. Une exploration sous conditions et sous surveillance, d'où le risque est absent. On peut à la rigueur se perdre, mais pas s'y perdre, et encore moins s'y abîmer. Pourtant, ce pays est dangereux. Certains de ses plus grands explorateurs y ont laissé la vie ; dévorés, abattus, parfois si marqués par ce qu'ils y ont découvert qu'après leur périple ils ont mis, d'eux-mêmes, un terme à leur existence. Il y a de la folie dans cette vision de la vie qui nous pousse à accomplir, malgré les risques, ce voyage. Le plus grand de ces risques, le plus contagieux aussi, c'est l'ennui. Il peut vous saisir à n'importe quel moment, vous stopper dans votre élan, vous pétrifier pour longtemps, statue de sel soudain indiscernable dans ce pays blanc, coupable d'avoir voulu se retourner sur ses traces plutôt que d'avancer. Il faut continuer, malgré tout. Je n'ai d'autres repères que mes propres traces, mais si elles peuvent me dire d'où je viens, elles ne me sont d'aucun secours pour m'indiquer la direction à prendre. Je dois me fier à mon inconstante boussole intérieure. A chaque pas je construis mon histoire, c'est la seule chose que j'apporte dans cette immensité.



Extrait de "Le pays blanc"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
nelly76   03 février 2022
Komorebi de Roger Raynal
Des nuages venus du Nord crevèrent,et,à l'abri de la véranda, je regardai toutes choses au travers du voile de la pluie,du fin rideau de l'existence.Mon ami félin était assis près de moi,et ma main caressait son échine douce et souple.Il suivait d'un œil curieux les gouttes qui se détachaient une à une du toit.Une goutte reflète le monde qui l'entoure.J'étais la goutte,et le monde se reflétait en moi.J'entrevoyais chacun de ses points,chacune de ses lumières. J'étais envahi d'une grande paix,une sérénité liquide.Sous mes caresses prenait naissance la douce et féline mélopée marquant le bonheur d'un instant,et je ressentais presque physiquement peser sur moi le regard de mon petit compagnon,ce regard doré qui renfermant dans son orbe le reflet chatoyant de notre monde sensible.( Page 73).

Extrait du récit : La joueuse de Shamisen.
Commenter  J’apprécie          30
Osmanthe   01 novembre 2021
Komorebi de Roger Raynal
Des nuages venus du nord crevèrent, et, à l'abri de la véranda, je regardai toutes choses au travers du voile de la pluie, du fin rideau de l'existence. Mon ami félin était assis près de moi, et ma main caressait son échine douce et souple. Il suivait d'un oeil curieux les gouttes qui se détachaient une à une du toit. Une goutte reflète le monde qui l'entoure. J'étais la goutte, et le monde se reflétait en moi. J'entrevoyais chacun de ses points, chacune de ses lumières. J'étais envahi d'une grande paix, une sérénité liquide. Sous mes caresses prenait naissance la douce et féline mélopée marquant le bonheur d'un instant, et je ressentais presque physiquement peser sur moi le regard de mon petit compagnon, ce regard doré qui refermait dans son orbe le reflet chatoyant de notre monde sensible.



Extrait de "La joueuse de shamisen"
Commenter  J’apprécie          30
nelly76   03 février 2022
Komorebi de Roger Raynal
J'entrevois la fin,et déjà je suis dans l'après ,dans la prochaine expédition. Je ne sais pas où j'irai,mais je repartirai, maintenant que le dénouement est proche.Voici la traversée touche à sa fin,et pourtant j'hésite ,je m'arrête, et j'ose me retourner pour contempler le chemin parcouru .Je le puis à présent, avec ce goût étrange d'inachevé en bouche,et je ralentir la course de mes mains tout en me demandant si le lecteur m'a compris,cheminant en ma compagnie au travers du pays blanc des pages......( Page 125).
Commenter  J’apprécie          30
Pilly   17 avril 2021
Komorebi de Roger Raynal
Sous la caresse, affadie par les nuages épais, de la clarté lunaire, l'eau prenait une allure spectrale, légèrement terreuse, comme une prairie sur laquelle nous aurions glissé sans effort. Cette étendue n'avait plus de bords, et son épaisseur presque palpable répondait à la bassesse d'un ciel qui tamisait tout éclat, fondant les choses et les gens dans un long crépuscule. Tout était mouillé, l'air lui-même avait une odeur de champignon, comme au commencement d'un monde.
Commenter  J’apprécie          30

Auteur membre de Babelio voir son profil
Acheter les livres de cet auteur sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura



Quiz Voir plus

T ou TT ? 🤔🤔

rondelet

rondelette
rondelète

11 questions
3 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , orthographeCréer un quiz sur cet auteur