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Note moyenne 4.23 /5 (sur 213 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 09/10/1953
Biographie :

Sophie Calle est une artiste plasticienne, photographe, femme de lettres et réalisatrice.

Elle est la fille de Robert Calle, cancérologue, ancien directeur de l'Institut Curie et collectionneur à l'origine du Carré d'art, le musée d'art contemporain de la ville de Nîmes.

Après avoir voyagé sept ans à travers le monde, Sophie Calle rentre à Paris. En 1979, "par jeu", elle demande à différents inconnus (ou amis et entourage) de venir passer un certain nombre d'heures dans son lit afin que celui-ci soit occupé sans discontinuer huit jours durant, en acceptant d'être photographiés et de répondre à quelques questions. Elle prend des clichés des dormeurs et note consciencieusement les détails éléments importants de ces brèves rencontres.

Il s’avère que l’une des personnes qu’elle avait observait se trouvait être la femme d’un critique d’art, Bernard Lamarche-Vadel. Ce dernier fut intrigué. C’est à partir de cette rencontre que ces deux projets obtinrent le statut d’œuvre : "Suite vénitienne" (1980) et "Dormeurs" (1979) ; un nouveau mode de présentation, sous forme de photographies et de textes est envisagé.
Bernard Lamarche-Vadel l'invite à la Biennale de Paris en 1980.

Dès lors, le travail de Sophie Calle cherche à créer des passerelles entre l'art et la vie. Ses photographies ont valeur de pièces à conviction à travers lesquelles elle raconte des histoires à la fois ordinaires et un peu inquiétantes, dont le matériau premier est sa propre vie, ses propres expériences reconstruites entre réalité et fiction : suivre quelqu’un dans ses moindres déplacements ; s’approprier un carnet trouvé pour remonter le cours d’une vie inconnue ("Le Carnet d'adresses", chronique d’un chassé-croisé avec le propriétaire d’un carnet trouvé-parue dans "Libération" pendant l’été 1983). L’œuvre de l’artiste cultive à la fois la fiction et le secret, le voyeurisme et l’exhibitionnisme.

Sophie Calle choisit ses révélations pour donner à sa vie plus d’intensité, y soigner les blessures. L’art, pour elle, a une fonction thérapeutique. Le film ''No sex last night'' (1992) et l’installation ''Douleur exquise'' (1984-2003) sont fondés sur des amours déçus.

Elle a reçu en 2010 le Prix international de la Fondation Hasselblad qui récompense depuis 1980 le travail d'un photographe.
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Source : http://www.actuphoto.com
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"Que faites-vous de vos morts ?" Dans un nouvel ouvrage, la photographe, plasticienne, réalisatrice, auteure, Sophie Calle interroge des inconnus sur leur rapport à leurs morts et se confie sur son propre rapport à ses morts : ses parents, ses amis, son chat. Elle en parle à notre micro. Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/sophie-calle-la-tombeuse-lartiste-et-la-mort Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Alice_   04 mars 2015
Des histoires vraies de Sophie Calle
La visite médicale

J'ai passé une visite médicale. Il m'a fallu remplir un questionnaire de six pages, près de trois cent questions. A toutes, sauf une, j'ai répondu NON. Avais-je déjà contracté la rubéole, la variole, la varicelle, le choléra, le tétanos, la tuberculose, la fièvre jaune, la scarlatine, ou le typhus... Etais-je sujette aux vertiges, avais-je du cholestérol, du diabète, de la tension, des maux de tête, de cœur, de ventre, des enfants, des allergies, des calculs, des palpitations, des bouffées de chaleur, des problèmes cardiaques, dentaires, auditifs, des crises de tétanie, d'épilepsie, des douleurs lombaires, des étourdissements, des évanouissements, des éblouissements, des embarras gastriques, des désordres intestinaux, des troubles visuels? Et soudain, comme si de rien n'était, perdue dans le flot, cette interrogation : "Êtes-vous triste?"
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Musardise   08 mai 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
C'était il y a vingt-cinq ans, en 1962, un après-midi de septembre. Dans une maison de vacances sur le bassin d'Arcachon. Je portais une chemisette en nylon blanc, des boxer-shorts bleu marine. J'avais triché au Nain Jaune, et c'était écrit, à la main, sur un morceau de carton que ma mère m'avait accroché dans le dos.
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Musardise   23 juin 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
J'ai passé un été entier, assis sur une chaise, chez moi, à Paris, en 1972. Une douleur sans motif apparent. Trois mois sur cette chaise, à ne rien faire. Raide, immobile, les yeux ouverts, les mains sur les genoux, je demeurais dix heures par jour dans cette position. Je n'ai aucun souvenir des nuits. La seule visite dont je me souviens est celle de la lumière qui pénétrait dans la pièce - délabrée, d'environ quarante mètres carrés - vers midi trente et la quittait vers dix-neuf heures. Le téléphone était coupé. Il n'y avait pas de musique. La chaise était inconfortable. Pourquoi cette chaise ? Parce qu'elle impliquait une certaine tenue du corps. Sur un lit, je serais mort.
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wellibus2   01 août 2015
Sophie Calle, m'as-tu vue de Sophie Calle
J'ai reçu une lettre de Californie :

"4 juin 1999. Chère Mme Calle, je suis un Américain de vingt-sept ans. J'ai vécu une longue idylle qui s'est récemment dénouée. J'aimerais passer le reliquat de cette période de deuil, d'affliction, dans votre lit..."

Accepter se révélait délicat
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Musardise   08 mai 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
La souffrance a duré cinq heures et quinze minutes. C'est tout. J'avais vingt-trois ans. J'étais enceinte de mon premier enfant. La scène s'est déroulée à la clinique Saint-Roch, à Montpellier. Le 6 août 1966. Entre douze heures et dix-sept heures quinze. La sage-femme a posé son stéthoscope sur mon ventre et m'a dit qu'elle n'entendait pas les battements de son cœur. Elle était formelle : "Il est mort-né, nous allons provoquer les contractions." Cinq heures et quinze minutes à me tordre de douleur, à ne penser qu'à ce bébé qui allait sortir tout raide. Je me disais : "S'il ne vit pas, je me tue." La chambre était jaune. Il faisait très beau, très chaud. Je portais une chemise de nuit de ma grand-mère. Je ne pensais qu'à nos deux morts. L'accoucheuse était une grosse femme avec des cheveux blancs, un visage rouge, des pommettes hautes, un petit nez en trompette, la cinquantaine. A dix-sept heures quinze, heure de la délivrance, il a poussé un cri. J'ai foudroyé d'un regard assassin le stéthoscope. J'ai pleuré de joie. Elle a dit : "Calmez-vous."
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soukee   31 mars 2010
Prenez soin de vous (1DVD) de Sophie Calle
J'ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre.

C'était comme s'il ne m'était pas destiné.

Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.

J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre.

J'ai demandé à 107 femmes - dont une à plumes

et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent,

d'interpréter la lettre sous un angle professionnel.

L'analyse, la commenter, la jouer, la danser, la chanter.

La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi.

Parler à ma place.

Une façon de prendre le temps de rompre.

A mon rythme.

Prendre soin de moi.
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Musardise   23 juin 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
Il y a 31 jours, l'homme que j'aime m'a quittée.

Le 25 janvier 1985, à deux heures du matin, dans la chambre 261 de l'hôtel Impérial, à New Delhi. C'est de ma faute, je suis partie trois mois au Japon, alors qu'il m'avait prévenue qu'il ne patienterait pas aussi longtemps. Je n'ai pas voulu le croire. J'ai été punie, ce voyage fut un cauchemar, je comptais les jours qui me séparaient de nos retrouvailles. Car il fallait qu'il m'attende. J'ai presque gagné. Il m'a fixé un rendez-vous en Inde au terme de mon périple. C'est lui qui a décidé de la date et du lieu, lui qui m'a entraînée là-bas. Nous nous étions parlé la veille, tout était réglé, nous arrivions de conserve à l'aéroport de New Delhi. A l'embarquement, on m'a transmis un message. Il était question d'une subite hospitalisation, je devais appeler mon père. Plus tard, j'ai appris qu'il s'était bien rendu à l'hôpital, mais pour un panaris. Moi qui imaginais qu'il avait eu un accident sur le chemin d'Orly, qu'il était gravement blessé. Il avait simplement rencontré une autre femme. C'est bien fait pour moi. J'ai voulu cette histoire d'amour, il s'est laissé faire. J'aurais pu éviter cette souffrance. Comme mon amie D., qui ne s'intéresse qu'aux hommes déjà épris d'elle. La prochaine fois, j'en prendrai un qui m'aime.
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Musardise   08 mai 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
Mars 1984. Paris 14e. Je venais de perdre ma compagne, mon travail, et Skip, ma chienne. Avant, j'avais un chien malade, un travail malade, un amour malade. Maintenant, ils avaient disparu tous les trois. La mort de Skip, le 30 janvier, un samedi matin, à midi. Le départ de ma femme, un samedi également, début mars. Entre les deux, le licenciement. Ma détresse, longtemps pressentie, sursitaire, aggravée par ces trois coups de butoir successifs, était intolérable. Un soir, un mardi, j'ai complètement dévissé. Une explosion de folie. Ensuite, je en me souviens plus. Trois jours plus tard, le vendredi, j'ai vu la concierge entrer chez moi, avec deux agents de police. J'étais nu, agrippé à mon polochon et j'ai demandé : "Messieurs, avez-vous un mandat ?" Mais la souffrance à son zénith, c'est le lundi, alors que j'étais encore normal, dans cet appartement où je vivais cloîtré et que je ne voyais plus, assis à mon bureau, à noircir des papiers d'idées fumeuses, une lampe éclairant mes mains qui tremblaient. Pas de musique, elle m'écorchait les oreilles. Les bruits de la nuit, celui du métro qui passait régulièrement. Et toujours : le travail, la femme, la chienne...
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Musardise   08 mai 2015
Douleur exquise de Sophie Calle
Cela se passait en Afrique, dans la brousse. Au début du mois de janvier 1980. Je me tapais la tête contre un mur en hurlant : "Je te tuerai, Budin, je te tuerai !" Budin, c'est mon dentiste, et il m'avait assuré de la bonne fin du traitement. Un peu vulgaire comme douleur, mais au moins, ce jour-là, j'avais des raisons objectives pour souffrir. Le reste ne se dit pas.
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Chrys   16 septembre 2010
Prenez soin de vous (1DVD) de Sophie Calle
Sophie,

Cela fait un moment que je veux vous écrire et répondre à votre dernier mail. En même temps, il me semblait préférable de vous parler et de dire ce que j'ai à vous dire de vive voix. mais du moins cela sera-t-il écrit.

Comme vous l'avez vu, j'allais mal tous ces derniers temps. Comme si je ne me retrouvais plus dans ma propre existence. Une sorte d'angoisse terrible, contre laquelle je ne peux pas grand chose, sinon aller de l'avant pour tenter de la prendre de vitesse, comme j'ai toujours fait. Lorsque nous nous sommes rencontrés, vous aviez posé une condition: ne pas devenir la "quatrième". J'ai tenu cet engagement: cela fait des mois que j'ai cessé de voir les "autres", ne trouvant évidemment aucun moyen de les voir sans faire de vous l'une d'elles.

Je croyais que cela suffirait, je croyais que vous aimer et que votre amour suffiraient pour que l'angoisse qui me pousse toujours à aller voir ailleurs et m'empêche à jamais d'être tranquille et sans doute simplement heureux et "généreux" se calmerait à votre contact et dans la certitude que l'amour que vous me portez était le plus bénéfique pour moi, le plus bénéfique que j'ai jamais connu, vous le savez. J'ai cru que l'écriture serait un remède, min "intranquillité" s'y dissolvant pour vous retrouver. Mais non. C'est même devenu encore pire, je ne peux même pas vous dire dans quel état je me sens en moi-même. Alors, cette semaine, j'ai commencé à rappeler les "autres". Et je sais ce que cela veut dire pour moi et dans quel cycle cela va m'entraîner.

Je ne vous ai jamais menti et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer.

Il y avait une autre règle que vous aviez posée au début de notre histoire: le jour où nous cesserions d'être amants, me voir ne serait plus envisageable pour vous. Vous savez comme cette contrainte ne peut que me paraître désastreuse, injuste (alors que vous voyez tours B., R., ...) et compréhensible (évidemment); ainsi je ne pourrais jamais devenir votre ami.

Mais aujourd'hui, vous pouvez mesurer l'importance de ma décision au fait que je sois prêt à me plier à votre volonté, alors que ne plus vous voir ni vous parler ni saisir votre regard sur les choses et les êtres et votre douceur sur moi me manqueront infiniment.

Quoi qu'il arrive, sachez que je ne cesserai de vous aimer de cette manière qui fut la mienne dès que je vous ai connue et qui se prolongera en moi et, je le sais, ne mourra pas.

Mais aujourd'hui, ce serait la pire des mascarades que de maintenir une situation que vous savez aussi bien que moi devenue irrémédiable au regard même de cet amour que je vous porte et de celui que vous me portez et qui m'oblige encore à cette franchise envers vous, comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique.

J'aurais aimé que les choses tournent autrement.



Prenez soin de vous.



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