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Note moyenne 3.74 /5 (sur 85 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 25/02/1955
Biographie :

Stéphane Audoin-Rouzeau est un historien français.

Il est le fils de Philippe Audoin (1924-1985), écrivain surréaliste proche d'André Breton et le frère de Frédérique Audoin-Rouzeau alias Fred Vargas (1957), archéozoologue et romancière, ainsi que de l'artiste peintre Joëlle Audoin-Rouzeau alias Jo Vargas (1957).

En 1984, il soutint sa thèse de doctorat sur "Les Soldats français pendant la Guerre de 1914-1918 d'après les journaux de tranchées : une étude des mentalités".

Il enseigna l'histoire contemporaine à l'Université de Clermont-Ferrand puis à l'Université de Picardie Jules-Verne (UPJV) à Amiens. Depuis 2004, il est directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il est président du Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme.

Depuis 2007, Stéphane Audoin-Rouzeau a développé ses recherches principalement selon quatre axes. Il a prolongé un travail entrepris de longue date sur la Première Guerre mondiale en centrant celui-ci sur les objets de guerre, dans une perspective nettement anthropologique, et a tiré de cette recherche un ouvrage paru chez Armand Colin en 2009.
Parallèlement, ses recherches se sont orientées en direction d’une anthropologie du combat dans la guerre moderne, sujet qui est l’objet de son séminaire principal à l’EHESS et dont il a tiré un ouvrage paru au Seuil en 2008.

Ses recherches se sont également centrées sur la question du génocide des Tutsi au Rwanda (1994) à partir de deux terrains effectués sur place en 2008 et 2009 : de ce travail, il a tiré plusieurs articles et la direction d’un numéro de la revue Esprit paru en 2010.
Enfin, dans le cadre de son séminaire principal, son travail s’est orienté plus particulièrement sur la question du "corps guerrier" dans la conflictualité contemporaine.

Il a inspiré le personnage de Lucien Devernois à sa sœur romancière dans "Debout les morts" (1995).

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Source : Wikipedia
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La bataille de la Somme (1916) | 2000 ans d’histoire | France Inter
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
Diabolo44   30 juin 2020
C'est la guerre de Stéphane Audoin-Rouzeau
Au moment où s'achève [un travail de 40 ans] touchant nécessairement à son terme, je dois confesser que c'est le maniement des échelles "micro" qui m'a apporté mes plus grandes satisfactions d'historien. Le temps court (...), l'incident (...), la lettre isolée, l'objet ou l'image unique (...) : voilà ce que j'ai le plus aimé, voilà ce qui m'a le plus appris (...). Et je ne saurais exactement m'expliquer pourquoi je tiens tant à cet infiniment petit. Peut-être parce que l'activité guerrière constitue un sujet d'une telle ampleur, d'une telle richesse, d'une telle capacité de transformation que mieux vaut peut-être renoncer à la saisir tout entière pour ne s'attacher (...) qu'à quelques-unes de ses anfractuosités. Peut-être l'exploration de celles-ci permet-elle d'atteindre sinon au cœur du phénomène guerrier, du moins d'en approcher un peu.
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Diabolo44   30 juin 2020
C'est la guerre de Stéphane Audoin-Rouzeau
La bataille de St Quentin, que suivront de peu la capitulation de Paris et la signature de l'armistice, clôt en fait le XIXè siècle militaire. Elle le clôt en France : la défaite contribue à ruiner l'efficace guerrière du mythe de Valmy, jusque-là si vivante dans la mouvance républicaine. La route est libre, désormais, pour une forme de conscription universelle sur le mode prussien, jusqu’ici refusée par toutes les familles de l'échiquier politique. La première étape s'inscrit en 1872 et permet la mise sur pied de cette armée de masse qui avait tant fait défaut en 1870.
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Ecureuil   15 octobre 2010
Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIX-XXIe siècle) de Stéphane Audoin-Rouzeau
[Richard Tawney, 1914 :] "La guerre n'est pas le renversement des habitudes et des idéaux que nous cultivons en temps de paix. Elle est leur concentration par une nation entière avec toutes les ressources disponibles orientées vers un but auquel une nation peut adhérer. Aussi longtemps que l'espèce humaine croira que l'ordre social normal doit être celui où le fort conquiert le pouvoir au détriment du faible, on ne trouvera rien de fondamentalement odieux dans l'intensification de cette lutte jusqu'au point où la "paix" cesse et où la "guerre" commence. Si nous voulons en finir avec les horreurs de la guerre, nous devons d'abord en finir avec l'horreur en temps de paix".



(p108)
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Ecureuil   27 octobre 2010
Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIX-XXIe siècle) de Stéphane Audoin-Rouzeau
Ce jugement d'Alain Corbin [...] que nous transposons ici : "Le chercheur, du fait de cette cécité imposée par le sentiment d'horreur, se prive de l'analyse de ce qui se dit dans le paroxysme et qui ne se dit pas, ou ne peut pas se dire, à un autre moment [...]. Ce refus de la confrontation avec l'indicible, ce haut-le-cœur ont induit [...] une histoire universitaire édulcorée, prompte à se réfugier dans l'héroïsation ou à s'en tenir à quelques épisodes symboliques."



(p203)
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Gaoulette   22 février 2017
Yashka. Journal d'une femme combattante en Russie, 1914-1917 de Stéphane Audoin-Rouzeau
Nous étions au mois d'août 1914, et les rumeurs de la Grande Guerre pénétraient jusqu'aux provinces les plus lointaines de la Sibérie. L'ordre de mobilisation venait d'arriver, et l'excitation était immense, même dans les mortels campements du Nord, et toute cette terre du monotonie tressaillait d'une vie nouvelle.
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Ecureuil   09 novembre 2010
Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIX-XXIe siècle) de Stéphane Audoin-Rouzeau
Table des matières

1. Le combat comme objet ("Êtes vous seulement chercheur ?" / Élision, refoulement ou déni ? Le cas Norbert Elias)

2. Expériences de combat et sciences sociales au XXe siècle (Robert Hertz, Marcel Mauss / Trois historiens : Pierre Renouvin, Richard Tawney, Marc Bloch / 1939-1945 : Edward Evans-Pritchard, Edmund Leach, et à nouveau Marc Bloch)

3. La "leçon anthropologique" est-elle possible ? Lectures historiennes (Que faire de la "guerre primitive" ? / Retour aux historiens / Guerre et anthropologie du contemporain / Difficultés d'une interlocution)

4. Combat et physicalité : accéder aux corps ? (L'entour du corps : les champs de bataille / Prolongement des corps : les objets / Corps combattant, corps animal / Dans l'œil mécanique, les techniques du corps ? / Système ? / Le corps des civils)
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Ecureuil   09 novembre 2010
Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIX-XXIe siècle) de Stéphane Audoin-Rouzeau
Avant la mise en œuvre de l'armement moderne, les soldats occidentaux combattaient "corps redressé" sur le champ de bataille. Cette posture leur était dictée par leur arme, le fusil à poudre, dont le rechargement ne pouvait s'effectuer que debout. [...] Cette position verticale était certes imposée au soldat par les conditions technologiques du combat, mais elle était aussi hautement valorisée et valorisante aux yeux des acteurs eux-mêmes. [...] Car dans le danger extrême du champ de bataille, on se tenait droit. Physiquement bien sûr, mais aussi moralement.

Un siècle plus tard, pris sous le feu, les soldats se jettent au sol et souvent meurent de ne l'avoir pas fait à temps. [...] Les soldats ne sont pas seulement couchés ; ils organisent leur corps pour l'exposer le moins possible aux impacts [...].



(p275)
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Gaoulette   22 février 2017
Yashka. Journal d'une femme combattante en Russie, 1914-1917 de Stéphane Audoin-Rouzeau
Le général Walter ne s'attendait évidemment pas à nous voir franchir la première ligne allemande, contre laquelle tant de vagues étaient venues se briser avec des pertes énormes. Il devenait évident pour nous tous que ce criminel n'avait d'autre dessein que de faire périr le plus de soldats russes qu'il pouvait.
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Gaoulette   22 février 2017
Yashka. Journal d'une femme combattante en Russie, 1914-1917 de Stéphane Audoin-Rouzeau
Je souffrais peu et je tentai à plusieurs reprises de me lever pour regagner nos lignes, mais toujours sans succès. J'étais trop faible, et je restai donc, dans l'obscurité de la nuit, à quelques pas de ce qui était vingt-quatre heures plus tôt la tranchée ennemie, dans l'attente du secours et de l'aurore.
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MurielT   22 octobre 2015
Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) de Stéphane Audoin-Rouzeau
Le devoir, pour les combattants, ne se discutait pas. On les aurait beaucoup surpris en leur disant qu'ils étaient des victimes : eux-mêmes se voyaient comme des acteurs et en effet ils ne cessaient d'agir, ne serait-ce que pour tenter de s'exposer un peu moins. De la guerre, ils souhaitaient que la fin arrive au plus vite, mais pas au prix d'une défaite de leur propre pays : tous ou presque on souhaité la victoire.
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