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Note moyenne 3.98 /5 (sur 822 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 28/12/1955
Mort(e) :
Biographie :

Jean-Pierre Guéno est écrivain, directeur d'éditions, homme de radio.

Il est le filleul d’André Frossard, journaliste à "L'Aurore" avant d'entrer au "Figaro".

Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, et de l'École nationale supérieure des postes et télécommunications, il est passionné d’Histoire.

Carrière :
•1984-1986 : Responsable du développement commercial des nouveaux moyens de paiement à la Direction générale des postes au ministère des PTT.
•1986-1989 : Responsable de la presse et des systèmes d’information de la Poste au ministère des P.T.T.
•1989-1994 : Directeur de la communication et de la valorisation de la Bibliothèque Nationale .
•1991-1992 : Président de l’Union des journaux et journalistes d’entreprise de France (UJJEF)
•1995-1997 : Vice-président de l’UJJEF
•1994-1996 : Directeur adjoint de la communication de La Poste
•1996-1997 : Directeur du développement du timbre et de la philatélie à La Poste.
•1997-2008 : Directeur des Éditions de Radio France

Directeur des éditions de Radio France, il créé et lance la collection "Paroles de…", avec un premier opus "Paroles de Poilus" (1998).
Il publie "La Vie en toutes lettres" (Plon) et "Les Diamants de l’histoire" (Jacob-Duvernet) en 2010. En 2012 sort "Lili Marleen" (Librio).

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Source : /blog.marcop.f et http://www.arenes.fr et Catalogue de la BNF
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Villoteau   25 janvier 2013
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Mes chers parents,



Je suis encore vivant et en bonne santé, pas même blessé, alors que tous mes camarades sont tombés morts ou blessés aux mains des Boches qui nous ont fait souffrir les mille horreurs, liquides enflammés, gaz asphyxiants, attaques […].



Ah ! Grand Dieu, ici seulement, c’est la guerre. Je suis redescendu de la première ligne (ligne la plus proche du front) ce matin. Je ne suis qu’un bloc de boue et j’ai dû faire racler mes vêtements avec un couteau car je ne pouvais plus me traîner, la boue collant à mes pans de capote après mes jambes […]. J’ai eu soif, j’ai connu l’horreur de l’attente de la mort sous un tir de barrage inouï.



Je tombe de fatigue, voilà dix nuits que je passe en première ligne. Je vais me coucher, au repos dans un village à l’arrière où cela cogne cependant. J’ai sommeil, je suis plein de poux, je pue la charogne des macchabées. Je vous écrirai dès que je vais pouvoir.
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mandarine43   17 juillet 2011
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Ma bien chère Lucie,



Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi :

Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m'ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi. Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu'il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l'âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l'embarras dans lequel je vais te mettre... Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l'instant, et espère te revoir dans un monde meilleur.

Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore fa vie sauve. C'est la fatalité. Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout.



Henry FLOCH
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genou   17 avril 2020
Paroles de l'ombre : Lettres, carnets et récits des français sous l'Occupation 1939-1945 de Jean-Pierre Guéno
"Je survole donc des routes noires de l'interminable sirop qui n'en finit plus de couler. On évacue, dit-on, les populations. Ce n'est déjà plus vrai. Elles s'évacuent d'elles-mêmes. Il est une contagion démente dans cet exode. Car où vont-ils ces vagabonds ?"

Antoine de Saint-Exupéry
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Pixie-Flore   17 août 2012
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant c'est le pays de la mort, tous ses champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brulées ou en ruine et une autre végétation est née: ce sont les petits monticules surmontés d'une croix ou simplement d'une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là.
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araucaria   11 novembre 2016
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Lyon, le 23 septembre 1914

Je lègue à mon fils André Gélibert quand il aura 20 ans

ma bague

ma montre

ma chaîne

mes fusils

mes briquets

à ma fille Huguette

mon épingle perle

ma bourse en argent

Je leur laisse à tous deux le souvenir d'un père qui les a beaucoup aimés qui s'est fait tuer en brave pour la patrie.

Je te laisse à toi le souvenir de neuf belles années passées ensemble et tous les baisers que je t'ai envoyés au dernier moment.

Georges Gélibert

(tué le 13 juillet 1915 à l'âge de 33 ans)
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araucaria   14 septembre 2014
Paroles d'Algérie : Lettres de torturés (1954-1962) de Jean-Pierre Guéno
Que l'histoire ait fait d'eux des victimes, des témoins ou des bourreaux, ceux qui ont vécu la guerre d'Algérie ont tous à transmettre aujourd'hui des "Paroles de torturés". Qu'ils aient subi des sévices corporels, des sévices psychologiques ou des spoliations, qu'ils en aient été les auteurs, prenant des initiatives ou obéissant aux ordres, qu'ils en aient été les simples témoins, qu'ils aient oeuvré dans le camp du FLN, de l'armée, de la police française, ou de l'OAS, qu'ils aient été juifs, pieds-noirs, ou plus généralement rapatriés d'Algérie, tous ont été marqués de façon indélébile, et garderont en eux jusqu'à la fin de leur vie les séquelles de la tragédie dont ils ont été les acteurs actifs ou passifs.
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Jcequejelis   04 janvier 2013
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Gustave Berthier

28 décembre 1914 : Nos quatre jours de tranchées ont été pénibles à cause du froid et il a gelé dur, mais les Boches nous ont laissés tranquilles. Le jour de Noël, ils nous ont fait signe et nous ont fait savoir qu'ils voulaient nous parler. C'est moi qui me suis rendu à trois ou quatre mètres de leur tranchée d'où ils étaient sortis au nombre de trois ou quatre...

Je résume la conversation que j'ai dû répéter peut-être deux cents fois depuis à tous les curieux. C'était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu'on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit, eux-mêmes affirmant qu'ils ne tireraient pas un seul coup. Il étaient fatigués de faire la guerre, disaient-ils, étaient mariés comme moi (ils avaient vu ma bague), n'en voulaient pas aux Français, mais aux Anglais. Ils me passèrent un paquet de cigares, une boite de cigarettes à bouts dorés, je leur glissai Le Petit Parisien en échange d'un journal allemand et je rentrai dans la tranchée française...



711 - [Librio n°245, p. 82]
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Bellisa55   14 janvier 2015
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
La moisson sera meurtrière et la vendange sanglante ; beaucoup ne survivraient pas à ce premier été : ils tomberaient sous les balles des mitrailleuses ennemies ; ils finiraient crucifiés dans le piège carnivore des fils de fer barbelés ; ils seraient pulvérisés par des tapis d'obus.
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Villoteau   30 décembre 2012
Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre de Jean-Pierre Guéno
Mercredi 5 mai 1915.



Chérie,



Voilà le baptême du feu, c'est chose tout à fait agréable, tu peux le croire, mais je préférerais être bien loin d'ici plutôt que de vivre dans un vacarme pareil. C'est un véritable enfer. L'air est sillonné d'obus, on n'en a pas peur pourtant : nous arrivons dans un petit village, où se fait le ravitaillement; là, on trouve dans des casemates enfoncés dans la terre les gros canons de 155; il faudrait que tu les entendes cracher, ceux-là; ils sont à cinq kilomètres des lignes, ils tirent à 115 sur l'artillerie "boche".



On sort du village à l'abri d'une petite crête, là commencent les boyaux de communication; ce sont de grands fossés de 1 mètre de large et de deux mètres de profondeur ; nous faisons trois kilomètres dans ces fossés, après on arrive aux tranchées qui sont assez confortables. De temps en temps, on entend siffler quelques balles, les "boches" nous envoient quelques

bombes peu redoutables; nous sommes à deux cents mètres des "boches", ils ne sont pas trop méchants.

Je me suis promené à huit cents mètres sur une route, à peine si j'en ai

entendu deux siffler; nous avons affaire à des Bavarois qui doivent en avoir assez de la guerre, ça va changer d'ici quelques jours.

Nous faisons des préparatifs formidables en vue des prochaines attaques. Que se passera-t-il alors, je n'en sais rien, mais ce sera terrible car à tout ce que nous faisons nous prévoyons une chaude affaire. J'ai le coeur gros mais j'attends toujours confiant; nous prévoyons le coup prévu avant dimanche. Si tu n'avais pas de mes nouvelles après ce jour, c'est qu'il me sera arrivé quelque chose, d'ailleurs tu en seras avertie par un de mes camarades. Il ne faut pas se le dissimuler, nous sommes en danger et on peut prévoir la catastrophe; sois toujours confiante malgré cela parce que tous n'y restent pas.

Alphonse.



Neuf jours après avoir écrit cette lettre, l’auteur a été tué par un obus.
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raynald66   27 juin 2014
Paroles du jour J de Jean-Pierre Guéno
Combien de noms, de prénoms, de dates de naissance, gravés dans la pierre des tombes ou tatoués sur le bois des croix...

Combien de corps déracinés, enfouis dans une terre étrangère, si loin de leur pays natal



(page 73)
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