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Note moyenne 3.7 /5 (sur 27 notes)

Né(e) : 1977
Biographie :

Maître 
de conférences 
à l’université Paris-VIII Vincennes Saint-Denis, où il enseigne la littérature américaine 
et la traduction.

Auteur d’un essai consacré à l’œuvre de l’auteur américain Robert Coover, paru aux États-Unis chez Dalkey Archive Press en 2013, il se lance dans l’écriture fictionnelle en 2011. Il vit à Arras.

"Charøgnards" est son premier roman.

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
Charybde2   31 août 2015
Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe
Le lectans, dọnc, ne perde pas évisiọn que le textuel qu’il a sous les yeux a fait une munitieuse décompositiọn l’object ÷ c’est dọnc en sørte ce ..journal.. le dénégatif même que nous proposọns à la lectance aujourd’hui – les multiples lacunes-siennes, les béances, les blanches poches que nous avọns introductées dans les pages de suite témoignent d’un reste irréductile ε cọntrastent førtement avec l’orduratiọn visuelle de l’object øriginel telle que surmentionnée ε endurée pår son ..auteur.. Pour des ergonoraisọns, nous avọns pris cependans la décésure de ne pas détraver la lectance, en soi déjà périlleuse, pår des notes l’ajouxte. S’ils ne sọnt pas explicitement saignés, il nous a néanmoins fallu décéder certains choix – omissiọns pårfois, décritures à d’autres endroits – lørsque nous cọnfrọntiọns à des mots ou passages illectibles, soit pår le piætre étact dans quel se trouvait l’homanuscrit, soit à cause d’une écriture nọn-rechiffrable – ce ..journal.., déprécisiọn sans doute infructile tant elle påraĭct avide, mais l’avidence filtrée pår la distance hystørique parfois nous échårpe, fut édicté à la main, dans une graphie étrangære de plusieurs cycles vieillie -, soit encøre pår plusieurs procédés au cours de quoi l’homme avait ressemble-t-il attenté d’amender, encoder ou dissimuler sa cọnflictiọn certains élémens, ainsi qu’il s’en explique à plusieurs déprises.
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Charybde2   31 août 2015
Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe
Un peu comme dans ces films où le héros piégé clame son innocence, prétend n’être que le jouet d’une intrigue ourdie depuis la marge, qui le dépasse mais en tous points l’accuse. Les conventions du genre font que je finirai bien par être blanchi – ce que je me dis.

Il y a toutefois dans tous ces « événements », avérés ou non, ceux d’hier et les autres, ce que jusqu’ici j’ai vu, fait cru, tu au gré de mes saillies, et dans le reste aussi, quelque chose qui d’emblée résiste au récit que j’en pourrais faire ; quelque chose qui plongerait presque la langue dans l’embarras (et quelque chose me dit que l’énigme tout entière se joue à mi-chemin de ce « presque » et du conditionnel), ferait trembler l’armature qui la guinde si elle n’apprivoisait la violence qu’elle invite et assourdit en son sein.

Je me rassure en me disant que tout ça n’a pas de sens.

Je me raisonne en me disant que je préfère encore le silence, l’injustice du non-dit au non-lieu.

L’imagination fait le reste, qui se nourrit de tout, même d’un rien.
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Charybde2   30 septembre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
Pelisse sur le dos, elle arrive sous une pluie battante qui noie sur son visage les quelques traces d’émotion qu’on pourrait y trouver en d’autres circonstances. Quelque chose – un mauvais rêve ? un souvenir ? une info à la radio peut-être ? la météo ? – semble la préoccuper. Elle s’engouffre dans les allées qu’elle dévale les unes après les autres, son pas aussi décidé que jamais, mais la petite moue à coup sûr caractéristique figée sur ses lèvres témoigne d’une certaine distance aujourd’hui. Elle est là sans être là, on dirait, à l’instar de ces figurants qu’on emploie pour combler à l’arrière-plan les lacunes dans une histoire qui n’est pas la leur : s’ils s’efforcent de jouer leur rôle, puisqu’on le leur demande, ils aspirent néanmoins à d’autres récits écrits sans ambages à leur intention ; des récits non empruntés, peuplés de personnages sur mesure, comme taillés pour eux, qui leur ressemblent et qu’ils comprendraient. Dirigée par la rumeur, Léona mettra toutefois autant de cœur à l’ouvrage que s’il s’agissait de sa propre histoire – c’est une pro, qui en douterait ? Tandis qu’elle avance d’un pas précis dans les allées du cimetière, un chat réfugié quelque part à l’abri d’une stèle ou d’une autre, effrayé probablement par la résolution de ses mouvements et l’eau qui gicle à l’occasion sous l’air comprimé de ses semelles, soudain prend la fuite.
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Charybde2   31 août 2015
Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe
Ils sont trois ou quatre, peut-être plus. À becqueter, déchiqueter – à broyer ces restes propitiatoires d’un reste éviscéré de, bientôt incrustés dans l’asphalte.

Ce spectacle n’a rien d’exceptionnel en soi. Ils s’en donnent à cœur joie, chacun leur tour dans leur patience docile de communiants. L’un d’eux, c’est l’image que j’en garde, relève la tête et me voit. Foncer sur lui, droit, sur eux. Je crois –

Il est posé légèrement en travers de la route au milieu de ses congénères. Deux yeux noirs cinglants qui sur une tête à ressort s’effacent derrière la dague, sur moi pointée, autour de laquelle s’entortille un lambeau sanguinolent.

J’y lis une interrogation. Une invite. Un soupçon.

Dans ce silence un oracle.
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Charybde2   30 septembre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
elle hésite -, tend l’oreille ? oui, un air, un petit air s’esquisse ou se dérobe, quelques harmoniques décousues comme soudain exhumées et portées par une lointaine rumeur. Qui approche, sourde et sereine, tournoie et s’enroule autour d’elle, bientôt s’en empare. On l’appelle Solange ou Lénore, Rosa ou Angèle, Anne ou Agnès, peu importe car dans les marges –

on hésite -, mais elle s’immisce dans quelques imaginaires désœuvrés où aussitôt au rythme des conjectures, des hypothèses et des fantasmes, d’une marge à l’autre elle va et vient comme d’autres arpentent une scène ou battent le pavé. Docile et envoûtante. On l’aurait, dit-on, aperçue une première fois aux abords du cimetière. C’est là qu’on fait tout commencer. Il semblerait qu’elle s’y rende fréquemment, jusqu’à deux fois par jour à ce qu’on raconte, et on en raconte au sujet de cette dame en apparence ordinaire malgré son accoutrement. Et tandis qu’on l’imagine à l’orée de son cimetière, qu’on l’observe là, qu’on la scrute à une distance hasardeuse, elle, oublieuse, paraît se languir comme à l’entame d’une histoire tout en ellipse, tout en raccord, ballottée à la marge de pensées apocryphes qu’agitent et aiguisent toujours plus la rumeur et les cancans tournaillant dans l’air, quand – (…)

elle hésite -, puis dans une ritournelle sans fond se laisse déporter d’une marge à l’autre au gré des visions, fait tourner les têtes et valser les ombres.
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Etsisite   10 décembre 2016
Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe
Mais demain pour l’heure est encore une fiction, comme hier au demeurant, pour moi qui suis désormais condamné à ce présent capricieux dicté par l’écriture. Demain ou le jour d’après ne sera jamais rien d’autre qu’une entrée vide dans ce journal, une ultime page vierge pour un temps différée et provisoirement biffée par des mots impuissants, un futur grammatical sans contenu. Pour le reste, on verra demain – précisément
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Charybde2   30 septembre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
– Gendarmerie nationale, vous permettez ? ça ne prendra que quelques minutes. Merci bien – madame… ? Très bien, comme ça se prononce, j’imagine ? (Notez adjudant : ) S-P-O-G-? pardon, S-P-O-E-G-, c’est ça ? E dans l’O, d’accord, G-L-E-R, parfait !… Charmant, chez vous, dites-moi, madame Spœgler. Ça fait longtemps que vous habitez dans le quartier ? Ah, je vois. Bien, laissez-moi me présenter : je suis nouveau dans le coin, je viens d’être nommé, mutation, et on m’a dépêché pour prendre en charge cette affaire du cimetière, comme on l’appelle déjà à ce qu’il paraît, et nous enquêtons dans votre quartier ; vous en avez peut-être entendu parler. La presse, à ce qu’on m’a dit, s’en est fait l’écho ces derniers temps et l’affaire, que je découvre moi-même, un truc assez sordide pour ce que j’en comprends, c’est-à-dire à ce stade pas grand-chose, je vous l’accorde, serait sur toutes les lèvres… Non ? Vraiment ? Bon, sinon, je, euh…, oui, voulais vous demander : n’avez-vous rien remarqué d’étrange ces derniers temps dans le quartier ou aux abords du cimetière ?
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Charybde2   30 septembre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
Une pluie fine et continue orchestre une mélodie monotone en marbre majeur, étouffant au loin les quelques rythmiques au tempo libre et flottant des pieds qu’on traîne dans le gravier. Elle est fidèle à son poste, comme chaque jour à la même heure, arborant à présent un fichu plastique sur son couvre-chef – une cagoule noire, qu’on prend pour le vestige d’un passé incertain, lui recouvre entièrement le visage ; seule une paire de lunettes aux verres étoilés par la pluie (à moins qu’il ne s’agisse d’un accident, qui sait ?) est posée en équilibre sur le bout de son nez. De sorte qu’au fond il pourrait très bien s’agir de quelqu’un d’autre – Rosa, si c’est bien elle, a toujours su se fondre dans la masse ; se faire oublier, elle qui n’oublie pas, voilà sans doute ce qu’elle sait faire de mieux dorénavant. Se dit-on. Malgré les apparences – ses baskets, ses baskets ! -, elle tire toutes les ficelles de l’incognitude.
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Etsisite   07 octobre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
L’être est un verbe déclinable à souhait qui copule à tous les modes, à tous les temps, à tous les airs ; c’est à s’y perdre, et on s’y perd, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi dans l’affection et les bruits usés qui parviennent déformés.
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Etsisite   07 octobre 2017
A tous les airs de Stéphane Vanderhaeghe
La réalité, la vérité n’a que faire de la vraisemblance, c’est là même, si vous voyez ce que je veux dire, sa propre définition. Car le jour où la vérité s’encombrera du vraisemblable, on pourra alors dire, comme disait l’autre pour justifier ses foutus mensonges, que la vie est songe.
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