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Note moyenne 3.9 /5 (sur 41 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1951
Biographie :

Thierry Wolton, journaliste de formation (Liberation, Radio France Internationale, Le Point), est un essayiste, philosophe et écrivain français .

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages d'actualité consacrés aux relations internationales, à l'histoire et à la politique française. Il enseigne l'histoire de la guerre froide à l'École Supérieure de Commerce de Paris. Il est l’auteur, entre autres, de La France sous influence (Grasset, 1997), L’Histoire interdite (Lattès, 1998) et Le Grand Bluff chinois (Laffont, 2007).

Il commente régulièrement l'actualité sur Europe 1 dans le cadre du Grand Débat (émission de Jean-Marc Morandini).

Il a également été, de 1991 à 2005, responsable de la rubrique gastronomique du magazine ELLE sous le pseudonyme de Léo Fourneau.
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Source : Wikipédia
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Thierry Wolton Prix Jan Michalski 2017 nous parle d'«Une histoire mondiale du communisme»


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Unvola   28 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 357) :

La plupart des exécutions se déroulaient néanmoins en plein air, toujours dans la plus grande discrétion. Des dizaines de charniers avec leurs milliers de cadavres ont été découverts sur l'ensemble du territoire de l'ex-Union soviétique après la chute du communisme.

(...) La forêt servait le plus souvent de chambre de torture et d'abattoir. Après la chute de Pol Pot, 198 prisons politiques ont été dénombrées avec leurs 348 "annexes", totalisant 20 000 fosses communes. A S-21, les exécutions se déroulaient également dans le plus grand secret. Les futurs condamnés à mort devaient ignorer le sort qui les attendait pour continuer de croire que les aveux les sauveraient.
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 343) :

La torture a accompagné la marche vers le pouvoir de Mao. Dans la base rouge de Yan'an où le Grand Timonier s'était mis en tête de purifier le parti au début des années 1940, la police politique (déjà en action), emmenée par Kang Sheng, a fait montre d'une inventivité diabolique en la matière : "la coupe de bambou" (pointes de bambou insérées sous les ongles), "passer un poil de cheval dans l'oeil" (un poil de la crinière de l'animal est introduit dans le méat du pénis), "traverser une femme" (jet d'eau à haute pression introduit dans le vagin), "donner à boire à l'invité" (faire avaler du vinaigre), "la poulie radieuse" (suspendre le supplicié et le fouetter avec des lanières de cuir), etc..

Mao a cautionné ces pratiques, il les a même recommandées : "Il n'est pas bon de l'atténuer [la torture] trop tôt ni trop tard, décrète-t-il en août 1943. Trop tôt (...) la campagne ne pourra se développer convenablement ; et trop tard (...) les dommages [subis parles victimes] seront trop profonds. Le principe doit donc être d'observer méticuleusement et de corriger au moment voulu."

Une fois le pouvoir conquis, en 1949, la torture est devenue systématique, avec des spécialités selon les maisons d'arrêt.
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 352) :

Dans sa souffrance le supplicié est réduit à ses instincts primaires de survie, il perd toute intelligence pour se concentrer sur sa douleur. L'animalité chez lui prend le dessus, ce que recherche le tortionnaire pour continuer à le martyriser sans remords. "Il n'y avait pas de mal à torturer, explique Khân, gardien-bourreau de S-21, parce que après un mois les prisonniers n'étaient pas des hommes, ni des cadavres, mais des animaux sans âme ni conscience."

Dans les innombrables salles de torture des polices politiques communistes, on ne se posait pas la question de savoir si c'est un homme qu'on suppliciait, les bourreaux y dressaient des bêtes.

(...) La torture est dans la logique totalitaire de dépersonnalisation complète de l'individu. L'aveu est l'aboutissement du processus de destruction du moi ; en reconnaissant ses fautes, la victime abdique son ultime humanité. S'il doit survivre, il lui faudra supporter la honte d'avoir cédé ; s'il meurt, il lui faut partir avec le désespoir de s'être trahi, et souvent les siens avec lui.
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Pages 332 et 333) :

Le Chinois Hu Ping parlera lui aussi de force d'attraction du système, même pour le martyr :

"Beaucoup de gens pensent que la persécution entraîne la résistance ou la révolte de la victime, écrit-il, mais peu ont conscience du fait que la persécution peut au contraire renforcer la loyauté. Pour prouver son innocence, la victime fera souvent montre d'une loyauté exceptionnelle. Le pouvoir d'attraction du totalitarisme est très fort, et quelle que soit la distance entre vous et lui, si vous n'êtes pas sorti de son champ d'attraction, il aura toujours la force de vous attirer à nouveau".

L'aveu peut paraître un acte de soumission salutaire en régime totalitaire, quelles que soient les conséquences pour celui qui avoue. L'aveu est surtout un espoir, pour que cessent les souffrances.
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 334) :

La torture, cette barbarie humaine apparue depuis que l'individu s'est organisé en société, a même trouvé, grâce aux régimes communistes, des justifications idéologiques - la défense de la juste cause, le bien de tous - qui donnent aux bourreaux bonne conscience pour martyriser leurs prochains sans remords. "A S-21, vos hommes ont-ils parfois été cruels ? méchants ?" demande le cinéaste Rithy Panh à Duch, le responsable de cette prison-extermination, dans une "confession" filmée. "Non, jamais, répond Duch. Ni méchants ni cruels. Méchanceté et cruauté ne font pas partie de l'idéologie. C'est l'idéologie qui commande. Mes hommes ont pratiqué l'idéologie."
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Unvola   25 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 78) :

Le leader bolchevique avait précisé auparavant sa pensée dans un texte, "Comment organiser l'émulation ?" [*ci-joint], de décembre 1917. Dans celui-ci, il développait la thématique de "l'épuration de la terre russe" qu'il fallait débarrasser de tous ses "parasites". La nature de la justice dispensée par le parti-Etat, ses méthodes de fonctionnement, chargées de "purifier" la société de ses "contagions bourgeoises", sont codifiées puis régulièrement renouvelées afin de déterminer les conditions de cette lutte des classes. Des instructions sont données par Félix Dzerjinski à la Tchéka sur la manière d'établir l'appartenance du détenu à telle ou telle catégorie sociale ; la classification doit être effectuée sur la base de trois critères principaux : l'origine sociale de la famille de l'accusé, son appartenance de classe actuelle et son passé politique. "Dans ceci résident la signification de l'essence de la Terreur rouge", précise le tchékiste en chef. Dans les prisons de la police politique, un slogan est inscrit : "Mort à la bourgeoisie !" ; dans les camps qui s'ouvrent, Dzerjinski propose de "prendre des mesures visant à isoler les ouvriers et les paysans des bourgeois qui les entourent, de créer des camps de concentration spéciaux pour la bourgeoisie".



[*Naissance du bolchevisme éliminationniste.



« Le recensement et le contrôle, indispensables pour passer au socialisme, ne peuvent être que l’oeuvre des masses. Seule la participation bénévole et consciencieuse de la masse des ouvriers et des paysans, dans l’enthousiasme révolutionnaire, au recensement et au contrôle sur les riches, les filous, les parasites et les voyous, peut vaincre ces survivances de la maudite société capitaliste, ces déchets de l’humanité, ces membres irrémédiablement pourris et gangrenés, cette infection, cette peste, cette plaie que le capitalisme a légués au socialisme. (…).



Pas de quartier pour ces ennemis du peuple, ces ennemis du socialisme, ces ennemis des travailleurs. Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous. Les uns et les autres sont frères jumeaux, la progéniture du capitalisme, les rejetons de la société des seigneurs et des bourgeois, où une poignée d’individus spoliait et bafouait le peuple, société ou l’indigence et la misère poussaient des milliers et des milliers d’hommes dans la voie de la canaillerie, de la vénalité, de la filouterie, de l’oubli de la dignité humaine, société qui inculquait nécessairement aux travailleurs le désir d’échapper à l’exploitation, fût-ce par un subterfuge, de se tirer d’affaire, de se débarrasser, ne serait-ce que pour une minute, d’un travail rebutant…



Les riches et les filous sont les deux faces d’une même médaille ; ce sont les deux catégories principales de parasites nourris par le capitalisme ; ce sont les principaux ennemis du socialisme, des ennemis qu’il faut placer sous la surveillance particulière de toute la population, et contre qui il faut sévir implacablement à la moindre infraction aux règles et aux lois de la société socialiste. Toute faiblesse, toute hésitation, toute sentimentalité à cet égard seraient le plus grand des crimes envers le socialisme. (…).



Des milliers de formes et de procédés pratiques de recensement et de contrôle visant les riches, les filous et les parasites doivent être mis au point et éprouvés pratiquement par les communes elles-mêmes, par les petites cellules à la campagne et à la ville. La diversité est ainsi un gage de vitalité, une promesse de succès dans la poursuite d’un même but unique : débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces (les filous), des punaises (les riches) et ainsi de suite. Ici, on mettra en prison une dizaine de riches, une douzaine de filous, une demi-douzaine d’ouvriers qui tirent au flanc (à la manière de voyous, comme le font de nombreux typographes à Petrograd, surtout dans les imprimeries, des partis). Là, on les enverra nettoyer les latrines. Ailleurs, on les munira, au sortir du cachot, d’une carte jaune afin que le peuple entier puisse surveiller ces gens malfaisants jusqu’à ce qu’ils se soient corrigés. Ou encore, on fusillera sur place un individu sur dix coupables de parasitisme. Enfin, on imaginera des combinaisons de divers moyens et, par exemple, à l’aide de la libération conditionnelle, on obtiendra le prompt amendement des éléments parmi les riches, les intellectuels bourgeois, les filous et les voyous susceptibles de s’amender. Plus l’expérience générale sera variée, meilleure et plus riche elle sera ; et plus les progrès du socialisme seront sûrs et rapides, plus facilement la pratique – car elle seule peut le faire – élaborera les meilleurs procédés et moyens de lutte. »



Source : V. Lénine, « Comment organiser l’émulation ? » (24-27 décembre 1917) dans Oeuvres, tome 26. »]
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Pages 345 et 346) :

Mao est l'inventeur de la "réforme de la pensée", autrement dit le lavage de cerveau, une avancée dans la pratique des tortures communistes. Il ne s'agit plus de faire avouer le coupable, il faut qu'il intègre ses fautes, qu'il reconnaisse s'être trompé et surtout qu'il fasse un travail sur lui-même pour mériter de nouveau la confiance du parti-Etat.

(...) Son but n'est pas de liquider le coupable, mais de le transformer. Il n'y a de la part des bourreaux chinois aucune humanité : à la destruction physique ils préfèrent la destruction morale, ce n'est pas seulement le corps qu'ils martyrisent mais l'esprit ; la "réforme de la pensée" n'exclut pas la violence physique, elle la complète.

(...) La matière première est la biographie que chaque personne arrêtée doit rédiger dès son incarcération. Il faut que cette biographie s'achève sur une "autoaccusation", ébauche de l'aveu à venir.

(...) La route de l'aveu est ensuite pavée de nombreuses autocritiques que le prisonnier doit renouveler sans cesse. L'autocritique est la gymnastique de la soumission. L'immense majorité des personnes arrêtées avouent pour abréger leurs souffrances, pour que cesse l'insupportable, la succession des interrogatoires nocturnes (torture physique) et des meetings de lutte (torture psychologique). Passé ce moment de l'aveu, le prisonnier peut emprunter "la voie lumineuse de la réforme", il lui faut continuer à peaufiner sa confession pour se "guérir" des fautes avouées.
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Unvola   26 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 232) :

En Mongolie, un prétendu Parti du Peuple sert à justifier les purges. Ce parti a effectivement existé avant l'instauration de la République populaire, il fut même allié au PCC pendant la guerre civile contre le Guomindang avant de se dissoudre pour rejoindre les forces maoïstes. La police politique le ressuscite à l'occasion de la Révolution culturelle pour justifier la liquidation des prétendus traîtres qui en auraient été membres. Les arrestations sont massives, les tortures systématiques, chaque "suspect" doit avouer au moins deux complices, ce qui produit un effet démultiplicateur. Avouer appartenir au Parti du Peuple n'est qu'un début, il faut ensuite rendre compte par le menu de ses activités contre-révolutionnaires. Les archives de l'époque répertorient 36 méthodes de torture : "la réflexion à froid" (obliger les prisonniers à coucher dans la neige), "l'aide chaleureuse" (les griller sur un four), "sauter les lamelles de viande" (brûler à l'aide d'un tisonnier), "suspendre au four" (attacher au cou du prisonnier une chaufferette brûlante à l'aide d'un fil métallique), "pêcher le poisson avec un hameçon doré" (percer un trou dans la cloison nasale), "tordre un tortillon frit" (pendre le prisonnier par les bras, le battre en le faisant tournoyer)...

Le peuple mongol tout entier devient la victime des tortionnaires.
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Unvola   27 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Pages 348 et 349) :

"Pendant la bastonnade ou l'électrochoc, il est interdit de crier". En entrant à S-21, la prison-extermination des Khmers rouges installée dans le quartier de Tuol Sleng à Phnom Penh, les prisonniers savent à quoi s'en tenir. Cette interdiction figure en toutes lettres dans le règlement en dix points affiché dans les cellules-dortoirs. A la différence de la plupart des régimes tortionnaires connus, les bourreaux cambodgiens n'ont jamais éprouvé le besoin d'équiper les lieux d'un dispositif de dissimulation, comme l'insonorisation des salles de torture. L'idée ne leur est même pas venue à l'esprit, ils n'avaient rien à cacher, au contraire.

(...) La confession recueillie auprès du détenu permettait à la fiction de sa culpabilité de prendre forme et de devenir réalité. "On inventait une activité de sabotage, raconte Khân, on inventait des preuves pour pouvoir exécuter un individu. Il n'y avait pas de tribunal pour juger. Quand le document était terminé, on l'emmenait à la mort. Chaque homme a sa mémoire, chacun à son histoire. Il s'agissait de démonter toute leur mémoire et d'en faire une activité de trahison. Les amis et les familles devenaient des réseaux dans cette activité de trahison. Du coup, on avait les preuves. Puis on arrêtait les gens de ces réseaux et on les emprisonnait."
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Unvola   28 octobre 2020
Histoire mondiale du communisme. Tome 2 : Les victimes de Thierry Wolton
(Page 355) :

En Corée du Nord, des camionnettes munies de haut-parleurs sillonnent toujours les rues pour annoncer quarante-huit heures à l'avance le lieu des exécutions. Les écoliers conviés au spectacle font parfois collection des balles récupérées. A la pison La Cabana de La Havane, dirigée par Guevara après la prise du pouvoir par les castristes, les exécutions se faisaient en présence des proches du condamné, parfois il leur était demandé d'être "volontaire" pour le peloton.
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