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Note moyenne 4.03 /5 (sur 18 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Détroit , le 09/07/1953
Biographie :

Écrivain américain, d'inspiration gothique, producteur d'une importante œuvre d'épouvante, d'horreur philosophique, dans l'esprit de H. P. Lovecraft, et qui commence à être traduit en français en 2014.

Site de l'auteur : http://www.ligotti.net/

Source : Wikipedia
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
Davjo   04 novembre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Dans les ténèbres, au-dessus de lui, se dessine alors un long rectangle, pareil à la guérite d'un guichetier de manège. La partie inférieure est de bois, surmontée d'une vitre. L'intérieur du rectangle est envahi par une lumière vive, d'un rouge huileux. Dans cette cahute, se trouve un mannequin élégamment vêtu, tassé sur la chaise, comme endormi. Il porte une veste et un gilet noirs très seyants, aux boutons d'argents scintillant, une chemise blanche à col dur, des boutons de manchette en argent et une ample cravate ornée de motifs astronomiques, lunes et étoiles. Vu la position de sa tête, la physionomie de ce mannequin est réduite à l'éclat noir de sa chevelure peinte.

Veech s'approche de la guérite d'un pas assez prudent. Il semble s'intéresser de près à la créature qui s'y trouve. Veech glisse la main dans une ouverture semi-circulaire pratiquée dans la vitre: manifestement, il voudrait serrer la main du pantin. Mais avant qu'il ait pu réellement progresser vers ce but, plusieurs événements se succèdent: la créature lève machinalement la tête, ouvre les yeux...elle tend sa main de bois et la pose sur celle vivante de Veech...sa mâchoire inférieure s'ouvre, en sort un rire mécanique - yah-ha-ha-ah-ah, yah-ha-ha-ha-ha.
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Dès que Mr Gray s’attache à décrire ces lieux, un charme soudain anime son écriture – sinistre ensorcellement que génère une présence profondément mauvaise, laquelle se tient à une distance de nous telle que nous ressentons en une seule et unique émotion l’amour et la peur qu’elle nous inspire. Trop proches, et nous nous souviendrions peut-être de l’omniprésence du mal en ce monde des vivants ; le risque serait grand de voir notre sens assoupi de la perdition se réveiller, nous revenir en pleine santé. Trop loin, et nous voilà encore moins curieux, plus complaisants que nous les sommes d’ordinaire ; nous finissons même par nous irriter de ce que le mal imaginaire est si piètrement représenté qu’il échoue à nous transmettre le moindre écho de sa contrepartie du monde réel, bien présent, lui. Naturellement, toutes sortes de lieux peuvent servir de scène à la révélation de vérités menaçantes ; le mal, tant aimé, si dangereux – peut se montrer en tout lieu ; il peut être suscité aussi bien par un éclat de soleil et les fleurs que par l’obscurité et les feuilles mortes. Néanmoins, un caprice du sort foncièrement intime permet parfois à la quintessence de l’horreur de l’existence de n’être excitée qu’en des lieux tels que l’île solitaire de Nethescurial, où le réel et l’irréel tourbillonnent, libres et fous, dans le même brouillard. (« Nethescurial »)
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Davjo   04 novembre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Le coucher du soleil était inhabituel. Étant resté toute la journée derrière d'opaques tentures, je ne m'étais pas rendu compte que l'orage menaçait; une grande partie du ciel avait revêtu la couleur exacte de vieilles armures que l'on voit dans les musées. Simultanément, des taches éclatantes livraient bataille pour un fragment de ciel avec l'onyx imminent de la tempête. En-dessous, au-dessus, la lumière et l'obscurité se mélangeaient d'étranges façons. Les ombres et les rayons entraient en fusion, éclaboussant le paysage d'un croquis irréel de ténèbres et de brillances. Nuées éclatantes et noires se pénétraient les unes les autres dans un no man's land céleste. Les arbres d'automne avaient pris l'aspect de sculptures fabriquées en rêve, troncs et branches couleur de plomb et feuilles rouges fer prises dans un moment infini, dont le temps était surnaturellement aboli. Le lac gris, lentement, se hérissait et retombait dans un sommeil de mort, lapant, imbécile, sa jetée de pierres engourdies. Une vision contradictoire et ambivalente, une vapeur tragicomique recouvrant toute chose. Une contrée de parfait crépuscule. p.88 L'art perdu du crépuscule.
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Oui, je nous ai épargné un épisode délicat avec ce flic. Mais je vous ai bien entendue marmonner « C’est quoi ces âneries » concernant ma conversation avec cet individu ? J’ose espérer que vous faisiez allusion à l’essai que j’ai rédigé à douze ans sur le peintre Cézanne. Ceci est mon dernier avertissement sur votre odieux vocabulaire, Rosie. Maintenant, veuillez baisser la vitre, que ces vilains mots prennent l’air pendant que nous roulons. Est-ce que j’ai menti à ce remarquable agent ? Non, pas vraiment. Exact, je ne suis pas gestionnaire de portefeuille. Lorsque je vous ai expliqué que j’étais dans les produits chimiques, c’était la pure vérité. Même chose lorsque j’ai conseillé à ce patrouilleur à l’œil de taupe d’investir dans les Laboratoires Lochmyer : nous sommes en effet sur le point de commercialiser un nouveau médicament de l’esprit qui devrait mettre nos investisseurs dans l’état où se trouve un drogué aux amphétamines après une nuit dans un café qui ne ferme jamais. Comment savais-je qu’il avait des actions ? C’est curieux, hein ? Ah, je crois que j’ai eu de la chance, c’est tout. C’est ma nuit – et la vôtre aussi. (« Le Chymiste »)
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
En dépit de la banalité des quartiers qui encombrent les confins de ces villes, il émane souvent de certains de leurs recoins, de certaines de leurs bâtisses, une curieuse atmosphère. La plupart du temps, les habitants des lieux ne font pas mention de cette qualité singulière. Par exemple, l’on trouvera une maison qui ne se situe pas le long de l’une de ces voies étroites mais à son extrémité. Il se peut même que cette maison soit plus ou moins différente des autres. Elle peut être plus élevée que les autres ou s’orner d’une girouette qui tourne dans le vent des tempêtes. Sa seule qualité distinctive peut être qu’elle est inhabitée depuis longtemps, la rendant disponible, réceptacle vide dans lequel une bonne partie de cette désolation magique des rues étroites, des maisons en forme de cercueil s’installe et se distille comme une essence des anciens alchimistes. Cela semble faire partie d’un dessein – de quelque immense inévitabilité -, le fait que cette maison doive subsister parmi les autres, toutes groupées aux frontières d’une ville squelette. Et la conscience de ce dessein supérieur, omniprésent, surgit de fait parmi les étiques citoyens de la zone lorsqu’un jour, inopinément, survient un homme roux qui a la clé de cette maison-là. (« Le Tsalal »)
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Veech, qui s’est aventuré dans la pénombre, est soudain stoppé par un bras de métal doté d’une poignée molle et noire. Il recule et poursuit sa progression, broyant sous ses semelles de la sciure, du sable, des étoiles pulvérisées peut-être. Des membres arrachés à des poupées et à des marionnettes sont disséminés alentour. De même, des affiches, des pancartes, des tableaux, des programmes variés, étalés comme des cartes à jouer, leurs mots en lettres vives mélangés jusqu’à l’absurde. Et d’autres objets en grand nombre, des ustensiles, des bricoles diverses sont entassés dans la pièce, trop nombreux pour qu’on les distingue tous. Ils sont semblables, d’une manière ou d’une autre, à ceux que l’on vient de décrire. Par conséquent, on ne peut que se demander comment ils peuvent finir par produire une telle atmosphère de… le mot n’est-il pas repos ? Oui, mais un repos d’une certaine sorte : celui des ruines.

– Bonjour, s’écrie Veech. Docteur, vous êtes là ? (« Dr Voke et Mr Veech »)
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
C’était donc mercredi dernier – si tu t’en souviens, une journée parfaitement catastrophique sur le plan météorologique (splendide détail qui pour moi cependant ne compte pas au nombre des coïncidences qui émaillent mon aventure, toutes orchestrées de ta main). Le matin avait été sombre et lugubre ; en fin d’après-midi, le crépuscule était si prématurément apparu qu’on avait l’impression déjà de voir des étoiles au ciel. L’orage menaçait et l’air était, comme il se doit, électrifié par une sensation pré-diluvienne. Les vitrines luisaient d’un éclat doux ; sur mon passage, une bijouterie a scintillé dans la pénombre menaçante. Mais est-il besoin de décrire plus en détail l’atmosphère de la journée, mon cher amour ? Je voulais simplement te montrer à quel point j’étais sensible à cette sorte bien distincte de prémonition dont je sais que tu es avide – à quel point, de même, j’étais mûr pour la comédie qui allait suivre. (« Rêve d’un mannequin »)
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Charybde2   23 octobre 2014
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
David sentit ses propres paroles flotter dans le salon, souillant la sérénité des lieux. Jusqu’ici, cette demeure avait constitué un havre, une île hors de portée des miasmes de la prison, énorme bâtiment érigé au-delà des limites de la ville. Désormais l’empreinte psychique de la maison d’arrêt faisait fi de l’éloignement matériel. La distance intérieure se rétractait et David avait l’impression que les épaisses murailles de la prison pesaient de toute leur ombre sur les rues paisibles du quartier. (« Petits jeux »)
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benleb   28 juin 2015
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Oui, ils pouvaient rester dans la maison. (Faim.)

Oui, je pouvais faire en sorte d'expliquer la disparition de tante T. et des domestiques, car je suis un homme riche et sais ce que l'argent autorise. (Oh, pitié, chère famille. Je meurs de faim.)

Oui, ils pourraient trouver refuge chez moi aussi longtemps qu'ils le voudraient, ce qui sans doute dire longtemps. (Pitié, j'ai faim jusqu'aux tréfonds de mon être.)

Oui, oui, oui. J'opinai à tout. Tout serait arrangé. (Aux tréfonds !)
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benleb   07 juillet 2015
Chants du Cauchemar et de la Nuit de Thomas Ligotti
Je ne suis pas en train de mourir en cauchemar.
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