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EAN : 9781091146136
Éditeur : Dystopia (15/10/2014)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Recueil de nouvelles choisies, présentées et traduites par Anne-Sylvie Homassel.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
celindanae
  17 octobre 2019
Thomas Ligotti est un écrivain américain spécialisé dans les registres de l'épouvante et de l'horreur psychologique. Il est beaucoup moins connu en France puisque jusqu'à 2014 aucune de ses oeuvres n'avaient été traduites. Les éditions Dystopia et la traductrice Anne-Sylvie Homassel ont réparé cet oubli avec Chants du cauchemar et de la nuit, un recueil de nouvelles choisies. Des nouvelles de l'auteur étaient parues dans des anthologies, mais c'est le premier recueil exclusivement consacré à Thomas Ligotti. En juin 2020, les éditions Dystopia fêteront leur 10 ans, et à cette occasion organisent une opération spéciale depuis plusieurs mois afin de pouvoir remettre en avant leur catalogue : 10 SP pour les 10 ans de Dystopia le 10 du mois. Ce recueil faisait partie de cette opération.
Chants du cauchemar et de la nuit contient 11 nouvelles issues de divers ouvrages VO ainsi qu'une préface de la traductrice Anne-Sylvie Homassel. Voici le sommaire de ce recueil:
Petits jeux, 1982
Rêve d'un mannequin, 1982
le Chymiste, 1981
L'Art perdu du crépuscule, 1986
Dr Voke et Mr Veech, 1983
Vastarien, 1987
Nethescurial, 1990
Miss Plarr, 1990
L'Ombre au fond du monde, 1990
Conversations dans une langue morte, 1989
le Tsalal, 1994
Ces nouvelles appartiennent toutes au même registre, mais sont assez différentes au niveau thématique et permettent ainsi de se faire un bon aperçu des écrits de Thomas Ligotti. L'auteur est souvent comparé à Poe ou à Lovecraft. On ne trouve pas de tentacules ou de monstres cosmiques chez Thomas Ligotti, cependant il y a le même aspect nihiliste où l'homme est vu comme complètement insignifiant, sans importance par rapport à l'univers. Il y a aussi un aspect gothique que l'on pouvait retrouver chez Edgar Poe. Pourtant, Thomas Ligotti développe une horreur bien à lui, avec une part de rêves et de cauchemars, de cruauté, de souffrance. L'illusion et le sens caché des choses (un sens caché et monstrueux) sont au coeur de ses nouvelles. Les humains ne sont rien de plus que des marionnettes confrontées à l'horreur de la réalité. le savoir apparaît alors comme dangereux.
Toutes les nouvelles sont marquées par la noirceur. On rencontre un psychologue confronté à un tueur en série, un chimiste rencontrant une jeune femme dans un bar dans un but étrange et qui n'a rien à voir avec la séduction, un récit de la vie d'un vampire, un mannequin, une ombre menaçant un village…L'angoisse et le malaise apparaissent souvent à la lecture de ces textes. Certains textes sont également plus faciles d'accès que d'autres. Cela est dû à une narration parfois trop abrupte, un départ un peu confus qui fait que l'on peut facilement décrocher d'un texte. Thomas Ligotti n'est pas un auteur facile d'accès, même si c'est un créateur d'univers, d'atmosphères très particulières. Certaines nouvelles sont vraiment très réussies dans le genre de l'épouvante et arrivent à vous glacer le sang comme Conversations dans une langue morte, Petits jeux, L'Ombre au fond du monde, L'Art perdu du crépuscule ou le Tsalal.
Chants du cauchemar et de la nuit est donc un recueil qui porte très bien son titre. L'horreur fantastique déployée par l'auteur n'est pas toujours facile d'accès. La noirceur, les rêves et cauchemars, la folie sont au centre de son univers et prennent vie dans le quotidien. Un auteur à découvrir pour les amateurs du genre.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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malecturotheque
  28 octobre 2015
Il y a un total de onze nouvelles, mais de quoi parlent-elles ? de choses diverses et variées, avec toujours des sujets assez sombres, tel qu'un kidnappeur meurtrier, des cauchemars (cela revient beaucoup, comme l'on peut s'en douter avec le titre du recueil), d'une divinité ou d'un lieu des plus terrifiants…
Voici les onze nouvelles présentées :
• Petits jeux, 1982
• Rêve d'un mannequin, 1982
• le Chymiste, 1981
• L'art perdu du crépuscule, 1986
• Dr Voke et Mr Veech, 1983
• Vastarien, 1987
• Nethescurial, 1990
• Miss Plarr, 1990
• L'Ombre au fond du monde, 1990
• Conversation dans une langue morte, 1989
• le Tsalal, 1994
Si chacune des nouvelles a des thèmes assez similaires aux autres – horreur, cauchemar – elles n'en sont pas moins très différentes les unes des autres. Commençons déjà par le narrateur : tantôt omniscient ou non, tantôt interne ou externe au récit, il change sans cesse, ce qui est plaisant car donnant aux nouvelles un rapport au lecteur assez différent des unes aux autres. Par exemple, dans Petits jeux, le narrateur est omniscient et externe à l'histoire ; c'est à la troisième personne, et il y a des dialogues entre les protagonistes. En revanche, dans Rêve d'un mannequin, Ligotti a pris le parti de raconter l'histoire à la première personne, sous une forme épistolaire : la nouvelle est une longue lettre d'un psychiatre (vraisemblablement) à une femme, consoeur.
Ensuite, comme je l'ai dit plus haut, en introduction, on retrouve dans cet ouvrage une histoire basée sur un meurtrier, mais aussi un récit autour d'un mannequin, un autre sur un vampire (que j'ai beaucoup aimé), un marionnettiste, etc. Les personnages sont très variés, et il en va de même pour chaque nouvelle, bien qu'il y ait toujours une unité, que l'on retrouve dans le titre de l'ouvrage.
J'ai vraiment apprécié la plume de Thomas Ligotti. En revanche, on m'a vendu ce livre comme un mélange entre Poe et Lovecraft, que si j'aimais ces auteurs, alors j'aimerais Chants du cauchemar et le nuit. La vérité est que, dans la préface, Anne-Sylvie Homassel écrit que si Poe et Lovecraft ont des lecteurs en France, alors il devrait en être de même pour Ligotti – je ne sais pas si elle veut dire par là que c'est aussi bien, ou un mélange des deux premiers auteurs, ou autre chose. Or, si j'ai apprécié certaines des nouvelles de Ligotti présentes dans ce recueil, j'ai tout de même trouvé que certaines auraient mérité d'être prolongées : je me suis retrouvée face à des fins insatisfaisantes car je trouvais qu'il manquait quelque chose, mais aussi parfois qui m'ont déplu, tout simplement. Et puis je n'ai pas aimé d'autres des textes de Ligotti, et il y en a même qui m'ont laissée dans une indifférence la plus totale.
A noter que le Tsalal conclut très bien cet ouvrage.
Une très belle plume et de bonnes idées ne suffisent pas, et certaines de ces nouvelles auraient méritées plus d'approfondissement, ou une autre fin. Cette lecture a été pour moi en demi-teinte et pour cette raison j'ai mis plus d'une semaine à finir Chants du cauchemar et de la nuit.
Un point très positif en revanche, c'est la qualité du livre en tant qu'objet : il est superbe ! La couverture, de Stéphane Perger, est magnifique, la qualité du papier est vraiment bonne.
Lien : https://malecturotheque.word..
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Davjo
  04 novembre 2014
Monde suffocant par son vocabulaire qui donne vie aux choses inertes, aux paysages, à la météo (saisons en éruption) aux cieux (ciel kaléidoscopique, irisations spectrales), décors foisonnant surchargés de détails, d'architectures souvent branlantes, aux formes bizarres, un monde de fin du jour, aux limites brouillées, une existence crépusculaire.
Avouons-le, on s'engage presque avec réticence dans chaque nouvelle. Et pourtant, il se produit ensuite ce phénomène dans l'esprit du lecteur: l'envie de relire.
Pourquoi ? Par sa puissante alchimie sémantique,il crée des mondes étranges qu'on a envie de décoder. On a une vision dans la tête (un seuil de maison et les enfants d'Halloween les ombres dans la rue, une chambre sombre et la campagne dans le brouillard alentour, un gouffre dans un champs d'où vient une chose invisible qui réclame son tribut...) et on veut savoir comment il a fait pour nous l'implanter...
Un fantastique intemporel, qui semble mélanger Lovecraft, Borgès, et Poe.
Cette tonalité sourde, ce battement de coeur dans la gorge, Ligotti invente sa manière, qu'on appellera désormais "inquiétude ligottienne", si nous y sommes confrontés, dans la vraie vie...
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Charybde2
  23 octobre 2014
Un grand maître secret du fantastique radical enfin disponible en français. Choc philosophique et technique.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/10/23/note-de-lecture-chants-du-cauchemar-et-de-la-nuit-thomas-ligotti/
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EtienneF
  13 septembre 2019
Ce recueil est un bijou d'horreur fantastique d'un auteur trop méconnu en France. Thomas Ligotti Parvient à créer un monde d'une voluptueuse noirceur, où nos rêves et cauchemars prennent doucement forme... où la folie nous attend au fond d'une ruelle impossible, dans les recoins d'un château aux pièces inconnues ou lors d'un rituel sombre et fanatique.Retour ligne automatique
A l'écriture sublimée par la très belle traduction d'Anne-Sylvie Homassel, nous dégustons ces nouvelles avec un plaisir certes coupable, mais enivrant et savoureux.Retour ligne automatique
Un grand recueil, un grand auteur !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
DavjoDavjo   04 novembre 2014
Dans les ténèbres, au-dessus de lui, se dessine alors un long rectangle, pareil à la guérite d'un guichetier de manège. La partie inférieure est de bois, surmontée d'une vitre. L'intérieur du rectangle est envahi par une lumière vive, d'un rouge huileux. Dans cette cahute, se trouve un mannequin élégamment vêtu, tassé sur la chaise, comme endormi. Il porte une veste et un gilet noirs très seyants, aux boutons d'argents scintillant, une chemise blanche à col dur, des boutons de manchette en argent et une ample cravate ornée de motifs astronomiques, lunes et étoiles. Vu la position de sa tête, la physionomie de ce mannequin est réduite à l'éclat noir de sa chevelure peinte.
Veech s'approche de la guérite d'un pas assez prudent. Il semble s'intéresser de près à la créature qui s'y trouve. Veech glisse la main dans une ouverture semi-circulaire pratiquée dans la vitre: manifestement, il voudrait serrer la main du pantin. Mais avant qu'il ait pu réellement progresser vers ce but, plusieurs événements se succèdent: la créature lève machinalement la tête, ouvre les yeux...elle tend sa main de bois et la pose sur celle vivante de Veech...sa mâchoire inférieure s'ouvre, en sort un rire mécanique - yah-ha-ha-ah-ah, yah-ha-ha-ha-ha.
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Charybde2Charybde2   23 octobre 2014
Dès que Mr Gray s’attache à décrire ces lieux, un charme soudain anime son écriture – sinistre ensorcellement que génère une présence profondément mauvaise, laquelle se tient à une distance de nous telle que nous ressentons en une seule et unique émotion l’amour et la peur qu’elle nous inspire. Trop proches, et nous nous souviendrions peut-être de l’omniprésence du mal en ce monde des vivants ; le risque serait grand de voir notre sens assoupi de la perdition se réveiller, nous revenir en pleine santé. Trop loin, et nous voilà encore moins curieux, plus complaisants que nous les sommes d’ordinaire ; nous finissons même par nous irriter de ce que le mal imaginaire est si piètrement représenté qu’il échoue à nous transmettre le moindre écho de sa contrepartie du monde réel, bien présent, lui. Naturellement, toutes sortes de lieux peuvent servir de scène à la révélation de vérités menaçantes ; le mal, tant aimé, si dangereux – peut se montrer en tout lieu ; il peut être suscité aussi bien par un éclat de soleil et les fleurs que par l’obscurité et les feuilles mortes. Néanmoins, un caprice du sort foncièrement intime permet parfois à la quintessence de l’horreur de l’existence de n’être excitée qu’en des lieux tels que l’île solitaire de Nethescurial, où le réel et l’irréel tourbillonnent, libres et fous, dans le même brouillard. (« Nethescurial »)
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DavjoDavjo   04 novembre 2014
Le coucher du soleil était inhabituel. Étant resté toute la journée derrière d'opaques tentures, je ne m'étais pas rendu compte que l'orage menaçait; une grande partie du ciel avait revêtu la couleur exacte de vieilles armures que l'on voit dans les musées. Simultanément, des taches éclatantes livraient bataille pour un fragment de ciel avec l'onyx imminent de la tempête. En-dessous, au-dessus, la lumière et l'obscurité se mélangeaient d'étranges façons. Les ombres et les rayons entraient en fusion, éclaboussant le paysage d'un croquis irréel de ténèbres et de brillances. Nuées éclatantes et noires se pénétraient les unes les autres dans un no man's land céleste. Les arbres d'automne avaient pris l'aspect de sculptures fabriquées en rêve, troncs et branches couleur de plomb et feuilles rouges fer prises dans un moment infini, dont le temps était surnaturellement aboli. Le lac gris, lentement, se hérissait et retombait dans un sommeil de mort, lapant, imbécile, sa jetée de pierres engourdies. Une vision contradictoire et ambivalente, une vapeur tragicomique recouvrant toute chose. Une contrée de parfait crépuscule. p.88 L'art perdu du crépuscule.
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Charybde2Charybde2   23 octobre 2014
Oui, je nous ai épargné un épisode délicat avec ce flic. Mais je vous ai bien entendue marmonner « C’est quoi ces âneries » concernant ma conversation avec cet individu ? J’ose espérer que vous faisiez allusion à l’essai que j’ai rédigé à douze ans sur le peintre Cézanne. Ceci est mon dernier avertissement sur votre odieux vocabulaire, Rosie. Maintenant, veuillez baisser la vitre, que ces vilains mots prennent l’air pendant que nous roulons. Est-ce que j’ai menti à ce remarquable agent ? Non, pas vraiment. Exact, je ne suis pas gestionnaire de portefeuille. Lorsque je vous ai expliqué que j’étais dans les produits chimiques, c’était la pure vérité. Même chose lorsque j’ai conseillé à ce patrouilleur à l’œil de taupe d’investir dans les Laboratoires Lochmyer : nous sommes en effet sur le point de commercialiser un nouveau médicament de l’esprit qui devrait mettre nos investisseurs dans l’état où se trouve un drogué aux amphétamines après une nuit dans un café qui ne ferme jamais. Comment savais-je qu’il avait des actions ? C’est curieux, hein ? Ah, je crois que j’ai eu de la chance, c’est tout. C’est ma nuit – et la vôtre aussi. (« Le Chymiste »)
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Charybde2Charybde2   23 octobre 2014
En dépit de la banalité des quartiers qui encombrent les confins de ces villes, il émane souvent de certains de leurs recoins, de certaines de leurs bâtisses, une curieuse atmosphère. La plupart du temps, les habitants des lieux ne font pas mention de cette qualité singulière. Par exemple, l’on trouvera une maison qui ne se situe pas le long de l’une de ces voies étroites mais à son extrémité. Il se peut même que cette maison soit plus ou moins différente des autres. Elle peut être plus élevée que les autres ou s’orner d’une girouette qui tourne dans le vent des tempêtes. Sa seule qualité distinctive peut être qu’elle est inhabitée depuis longtemps, la rendant disponible, réceptacle vide dans lequel une bonne partie de cette désolation magique des rues étroites, des maisons en forme de cercueil s’installe et se distille comme une essence des anciens alchimistes. Cela semble faire partie d’un dessein – de quelque immense inévitabilité -, le fait que cette maison doive subsister parmi les autres, toutes groupées aux frontières d’une ville squelette. Et la conscience de ce dessein supérieur, omniprésent, surgit de fait parmi les étiques citoyens de la zone lorsqu’un jour, inopinément, survient un homme roux qui a la clé de cette maison-là. (« Le Tsalal »)
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