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Note moyenne 3.43 /5 (sur 1209 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Rennes , le 23/09/1967
Biographie :

Fils de militaire, Yannick Haenel fait ses études au Prytanée national militaire de La Flèche.

À partir de 1997, il codirige la revue "Ligne de risque". Professeur de français jusqu'en 2005, il a publié plusieurs romans, dont "Introduction à la mort française" (2001) et "Évoluer parmi les avalanches" (2003), un essai sur les tapisseries de La Dame à la licorne : "À mon seul désir" (2005).

En 2005, il a codirigé deux volumes d’entretiens : "Ligne de risque" et "Poker", entretiens avec Philippe Sollers.

En 2007, Yannick Haenel a publié dans la collection "L'infini", dirigée par Philippe Sollers, "Cercle" (éd. Gallimard), roman, qui a reçu le prix Décembre et le prix Roger Nimier.

En 2009, il reçoit le prix Interallié et le prix du roman Fnac pour "Jan Karski".

Yannick Haenel est chroniqueur pour le magazine de littérature et de cinéma "Transfuge" depuis 2010 et à "Charlie Hebdo" depuis la reprise de la publication après les attentats de janvier 2015.

En 2017, il publie le roman "Tiens ferme ta couronne", qui est finaliste du Prix Goncourt et qui reçoit le Prix Médicis.

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Source : Wikipédia
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Présenté par Raphael Zagury-Orly, philosophe, membre fondateur Avec Paul Audi, philosophe Sarah Chiche, écrivain, psychanalyste et psychologue clinicienne Yannick Haenel, écrivain On sait bien qu'en effeuillant la marguerite, un peu, beaucoup, passionnément, on arrive à la folie. Que serait un amour « raisonnable » qui à la façon d'un horloger serait capable d'observer ses propres microscopiques engrenages et qui, en comptable tatillon, soupèserait les raisons d'aimer toujours plus et celles de ne point aimer davantage ou d'aimer avec modération ? L'amour n'a pas de raison: au sens où nul motif jamais n'explique que l'on aime, sauf l'être même de l'aimé(e), et où la raison, quand l'amour est là, vacille, s'aveugle ou s'anesthésie. L'on n'aime pas « parce que », ni « pour un temps », ni « plus ou moins », ni « à certaines conditions » – pas même celle d'être aimé(e) en retour. La seule mesure de l'amour, c'est la démesure. Il n'a même pas de langage propre pour se dire, se fie aux milliers de métaphores, pleines de flammes, de coeurs et d'ardeurs, ou se réfugie tantôt dans le silence tantôt dans le chant ou le cri. Sans doute la littérature est-elle assez puissante pour le faire «sentir», cet amour fou, absolu, taciturne ou lyrique. Mais la philosophie ? Elle n'a pas cessé certes d'interroger l'amour – mais a-t-elle des concepts assez puissants, ou assez fluides, pour rendre raison de ce qui n'a pas de raison, l'amour fou ? #philomonaco

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Yannick Haenel

Les enseignants, en France, vont-ils devoir arrêter d'expliquer ? Vont-ils devoir se censurer, et donc se taire ? L'école doit-elle s'arrêter ? La France n'en finit plus de découvrir que le crime est par nature obscurantiste, et que l'obscurantisme ne cherche qu'à tuer la lumière et à nier l'esprit. Nous sommes tous des enseignants : nous expliquons, nous pensons, nous parlons avec les autres. Cela s'appelle vivre et être libre.

CHARLIE Hebdo n° 1474 du 21 octobre 2020.

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Yannick Haenel

Je pense à la solitude des professeurs, abandonnés de tous, à la connerie ambiante qui rend possible qu'ils soient devenus des cibles, et à l'infamie qui fait de leur monde un enfer, car désormais il y aura toujours devant eux, en classe, un élève, décervelé par les réseaux sociaux, qui pense que la mort de Samuel Paty était "méritée" car il aurait "offensé l'islam".

Alors j'ouvre un petit livre de 90 pages qui me fait du bien. C'est la plaidoirie passionnée, passionnante que Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, a prononcée en décembre dernier lors du procès des attentats de janvier 2015. Ça s'appelle Le Droit d'emmerder Dieu (éd. Grasset).

CHARLIE Hebdo n°1525 du 13 octobre 2021 (Qu'avez-vous vu, monsieur Haenel ?)

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Dans la règle de 1221, François écrit :

"Nous ne devons pas accorder plus d’utilité à l’argent et aux pièces de monnaie qu’à des cailloux"

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Yannick Haenel

L'interruption est pour nous l'unique chance de retrouver une liberté qui ne s'abrite pas derrière notre subjectivité. L'interruption dévoile, comme un moment d'apocalypse, l'emprise qu'a sur nos vies le marché, qui est le vrai virus planétaire. Délivrons-nous de ce virus qu'est le capitalisme intégré. Faisons de notre néant actuel une nette victoire, ne revenons pas en arrière.

CHARLIE Hebdo n°1445 du 1er avril 2020. (Qu'avez-vous vu monsieur Haenel ?)

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Yannick Haenel

■ La solitude des professeurs.

J’ai été professeur pendant plus de quinze ans. Ça a commencé au début des années 1990. J’étais fou de littérature, mon enthousiasme débordait, j’avais la vocation. À 21 ans, j’ai passé le Capes et l’agrégation de lettres modernes ; j’ai eu les deux. Je me suis retrouvé, un mois et demi plus tard, sans préparation, face à une classe d’un lycée d’Orvault, dans la banlieue nantaise. Les élèves avaient 17 ans, quatre ans à peine nous séparaient, mon enthousiasme était contagieux. Puis, après cette année de stage, j’ai été muté en banlieue parisienne où j’ai enseigné dans des collèges, en ZEP (zone d’éducation prioritaire), à Villiers-le-Bel, Argenteuil, Louvres et dans bien d’autres villes encore du Val-d’Oise, ainsi qu’à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines.

Je prenais le RER D à Châtelet (la ligne qui était toujours en grève) ou le train à Saint-Lazare, celui de 6 h 40, pour arriver à temps dans la cité du Val-Fourré, où j’enseignais à 8 heures du matin le français, c’est-à-dire la grammaire, la conjugaison, la poésie, le roman, le conte, tout quoi, à des enfants de 12 à 15 ans, dont les conditions de vie étaient le plus souvent violentes, parfois misérables. On apprenait des poèmes par cœur, on allait au Louvre voir des tableaux « en vrai » (époque bénie d’avant les protocoles de sécurité) ; je me souviens que je leur demandais de regarder des films de Clint Eastwood qui passaient à la télé, parce que la scène de l’arrestation dans L’Inspecteur Harry me permettait de leur faire étudier l’air de rien la première page du Procès de Kafka. Un jour, un petit de 5e B : « Monsieur, on fait Kafka aujourd’hui ? » (Émotion d’entendre ce nom dans un couloir de collège du Val-d’Oise.)

Aucun inspecteur n’est venu en seize années dans aucune des banlieues où j’ai travaillé : les pédagogues officiels ne s’aventuraient pas jusqu’à ces quartiers qu’on commençait à dire « perdus pour la République ». Mais, perdus, ils ne l’étaient pas : il y avait nous, les professeurs.

(...)

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• in CHARLIE HEBDO - Mis en ligne le 6 janvier 2021 · Paru dans l'édition 1485 du 6 janvier 2021

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Certains soirs, le velours glisse entre les voix comme si les étoiles s'allumaient dans nos gorges.

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On a laissé faire l'extermination des Juifs. Personne n'a essayé de l'arrêter, personne n'a voulu essayer. Lorsque j'ai transmis le message du ghetto de Varsovie à Londres, puis à Washington, on ne m'a pas cru. Personne ne m'a cru parce que personne ne voulait me croire. Je revois le visage de tous ceux à qui j'ai parlé ; je me souviens parfaitement de leur gêne. C'était à partir de 1942. Étaient-ils aussi gênés, trois ans plus tard, lorsque les camps d'extermination ont été découverts ? Ça ne les gênait pas de se proclamer les vainqueurs, ni de faire de cette victoire celle du "monde libre". Comment un monde qui a laissé faire l'extermination des Juifs peut-il se prétendre libre ? Comment peut-il prétendre avoir gagné quoi que ce soit ? Il n'y a pas eu de vainqueurs en 1945, il n'y a eu que des complices et des menteurs.

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J'ignorais à l'époque que le meilleur moyen de faire taire quelqu'un est de le laisser parler.

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L'époque appelle une nouvelle solitude : une solitude qui ne relève pas du repli - mais d'un écart critique. Une solitude qui réplique au sourire fou de l'époque.

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J’aime que mes journées soient complètement vides. Même si je ne fais rien, il faut qu’elles restent à disposition ; il faut que le matin, l’après-midi, le soir restent ouverts. Lorsque j’ai un rendez-vous, le désir d’annuler devient d’heure en heure irrésistible ; car alors la journée entière tend vers ce point qui la comprime, les angles se resserrent ; il n’est plus possible de penser à autre chose, on n’a plus de solitude, on étouffe.

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