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Perrin

Les Éditions Perrin, maison d`édition française, ont été fondées en 1843, et sont spécialisées dans l`histoire. Les publications sont diverses et regroupent des biographies de référence, des ouvrages novateurs par le thème, ou encore la collection Tempus, au format poche.

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ABEDFranck
  22 janvier 2020
Le Comte de Chambord de Jean-François Chiappe
Ce livre intitulé le Comte de Chambord et son mystère, rappelle à dessein que Henri d’Artois fut le dernier prince de la Maison de France - à ce jour - qui aurait pu rétablir la royauté. Pourtant, sa vie à peine entamée commença mal, très mal. Son père, le duc de Berry fut assassiné par un bonapartiste nommé Louis-Pierre Louvel. Ce dernier désirait « détruire la souche des Bourbons ». Le tueur déclara à son procès : « Tout Français qui a porté un jour les armes contre sa patrie perd à jamais sa qualité de citoyen français ; les Bourbons n'ont pas le droit de rentrer en France, et surtout d'y vouloir régner. Louis XVI a été exécuté légalement et justement de l'aveu de la Nation entière ; la Nation serait déshonorée si elle se laissait gouverner par cette race de traîtres. » Propos au demeurant excessifs, mais qui témoignent parfaitement du caractère fanatique de ce révolutionnaire. Comme l’écrivit Chateaubriand : « La fortune refusa à Monseigneur le Duc de Berry la mort de Charrette et celle d’Enghien, pour lui réserver celle d’Henri IV : elle voulait le traiter en Roi ». Maigre consolation offerte par les voies impénétrables de la Providence… Durant son agonie très chrétienne, au cours de laquelle il demanda à Louis XVIII la grâce pour son meurtrier, le duc de Berry dit à sa femme, Marie-Caroline des Deux-Siciles, de se ménager pour l’enfant qu’elle portait. Sept mois plus tard l’enfant du miracle, surnom donné par le poète Lamartine, naissait. Sa mère, lors de l’accouchement, conscient du trésor qu’elle portait dans ses entrailles déclara au praticien : « Souvenez-vous qu’entre les deux, vous ne devez pas hésiter. Ma vie n’est rien, la sienne est tout. »



Il fut prénommé Henri en l’honneur du premier des Bourbons. Aimé voire adulé, il reçut en cadeau, grâce à une souscription nationale, le domaine de Chambord. Pour autant, Henri n’eut pas la joie de connaître son père, ni d’avoir d’enfants. Il faut peut-être voir dans ce phénomène rare mais non pas unique, ce voile de mystère qui entoure encore ce petit-fils de France. En effet, comme l’écrit Chiappe : « Ce prince privé de fils n’en est pas moins animé de sentiments paternels à l’égard de son peuple. C’est bien le motif pour lequel il ne montera jamais sur le trône ; il inspire la peur aux grands capitalistes – les plus intelligents – et aux petits – les plus bêtes. C’est ainsi que la gauche et l’extrême gauche seront liguées contre une restauration au sens plein du mot. » Certains, aussi étonnant que cela puisse paraître, voyaient dans cet homme l’arbitraire même. Laissons Charles X leur répondre : « On pilerait tous les princes de Bourbon dans un mortier qu’on n’y trouerait pas un grain de despotisme. » Il n’y a rien de pire que la méconnaissance et l’ignorance. Chiappe nous permet de découvrir la jeunesse de l’enfant royal, et nous le suivons, malheureusement, sur les routes de l’exil. Même hors de son pays, le Duc de Bordeaux, titre que lui donna Louis XVIII en hommage à la première ville qui se rallia aux Bourbons en 1814, se souciait de cette France, travaillée par les factions orléanistes, bonapartistes, républicaines voire pré-marxistes. Parfaitement lucide sur les affaires de son temps comme le démontre l’auteur : « Le prince voit fort bien la situation d’une Europe déchirée entre le capitalisme grossissant et le prolétariat furieux de maigrir », le Comte ne reste pas silencieux face aux différents problèmes nationaux et internationaux de son époque. Alors que le régime de Louis-Philippe, malgré quelques réussites économiques et politiques, rencontre des difficultés, des hommes politiques - de toutes tendances confondues - soucieux de l’avenir de la France contactent le Prince. S’en suivront des réunions, des débats, des comités, des lettres, des publications, qui malheureusement ne ramèneront pas Henri sur le trône de ses aïeux. Il est intéressant de noter que déjà, la liberté d’enseignement constituait un des points non négociables de la doctrine légitimiste. Le Comte de Chambord, au moment des palabres politiciennes, avait écrit la chose suivante : « Je m’associe à la lutte persévérante et courageuse des catholiques de tous les partis en faveur de la liberté de l’enseignement qui ne devrait avoir d’autres limites que l’autorité tutélaire d’un sage gouvernement. » De plus, certaines de ses idées portent un accent terriblement moderne, car elles condamnent : « les lois injustes qui privent le plus grand nombre des contribuables de la participation légitime au vote de l’impôt. » Et dire qu’ils menèrent la révolution pour soi-disant abattre les privilèges… Ceci étant dit, il nous semble toujours difficile de comprendre un pays quand on n’y réside pas. Nonobstant la distance, l’éloignement et le concert de louanges qu’il reçoit, Henri se montre méfiant à l’endroit des adresses de sympathie et bien plus, que ces proches lui lisent le soir près du feu. Comment faire confiance aux Français en général, et à l’administration en particulier ? Chiappe résume ainsi : « Il est divertissant de consulter la liste des conseillers municipaux de l’époque. On retrouve les mêmes noms trempant à toutes les sauces : le Consulat, l’Empire, la Restauration, l’Acte additionnel, la deuxième Restauration, la monarchie de Juillet, la deuxième République, et bientôt, le second Empire ». En définitive le Français se montre bien plus légaliste que légitimiste… Après les échecs des différentes tentatives de restauration, beaucoup critiqueront Chambord pour son intransigeance envers les trois couleurs. Dans celles-ci, Henri d’Artois pouvait bien accepter - en dépit de quelques réserves - d’y voir Jemmapes et Austerlitz, mais non pas le tricolore de 1830, synonyme à ses yeux de trahison et d’usurpation. Les textes exprimant sa position sur ce sujet sont connus, et nous ne les citerons pas ici. Pour autant, il ne faut jamais oublier qu’il existe une différence notable entre le pays légal et réel. D’aucuns disent : « avec une majorité assez confortable à la Chambre, Chambord fut incapable de prendre le pouvoir ». Le vicomte de Meaux, bon historien et brillant analyse avait écrit : « l’Assemblée était royaliste mais le pays ne l’était pas ». Plus de 40 ans après l’imposture orléaniste qui avait scellé l’exil de la branche ainée de la famille de France, sans oublier que la France avait connu différents régimes, monarchie constitutionnelle, la deuxième République, le deuxième Empire, les Français dans leur grande majorité n’avaient-ils pas oublié les fleurs de lys ? Vaste question à laquelle il est difficile de répondre avec certitude. Malheureusement les accusateurs, qui reprochent à Chambord son inefficacité, oublient une donnée essentielle que lui-même répétait constamment : « Ma personne n’est rien, mon principe est tout » et il poursuivait en toute modestie : « Si je n'étais pas l'Aîné des Bourbons, je ne serais qu'un gros homme boiteux. » Son grand-père Charles X avait déclaré : « Je préfère être jardinier que de régner comme mon cousin le roi d’Angleterre. » Tout était dit, tout était consommé. Henri voulait être réellement et pleinement le roi de France, et non pas être l’otage d’un parti ou pire d’une coterie. Il n’entendait pas renier son statut et être réduit à un vulgaire candidat républicain…



Chiappe nous livre une biographie intéressante et intrigante qui nous plonge dans un siècle troublé pour la France tout en tentant de percer, non pas le mystère mais selon nous, l’énigme Chambord. Nous voyons les comités royalistes se mettre en place, les républicains manœuvrer habilement, la famille royale divisée. Nous découvrons également la montée en puissance de Thiers ainsi que sa chute, et notre loyalisme se heurte à la duplicité de Mac-Mahon et de certains parlementaires… Les Français, jeunes et moins jeunes, doivent lire ce livre pour se rappeler que la royauté incarnée ne repose pas sur une pauvre chimère sentimentaliste mais sur un principe transcendant qui nous unit et nous dépasse tous. Nous n’emporterons peut-être pas votre conviction, mais vive le Roi à tout jamais.







Franck ABED



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ABEDFranck
  22 janvier 2020
Les grandes figures catholiques de France de François Huguenin
Le catholicisme est l’ADN de la France. Il s’agit même à mon sens d’un fait incontestable. Pourtant des hommes politiques tentent de minimiser ce fondement civilisationnel, au point de s’étouffer quand nous parlons des racines chrétiennes de l’Europe… A l’heure où l’école de la République immerge les jeunes et moins jeunes dans une amnésie dévastatrice, ce livre brosse le portrait de figures catholiques qui nous permet de (re)dédouvrir l’histoire de notre pays. Effectivement la France ne naquit pas en 1905 ou en 1968 pas plus qu’en 1789, mais lors du baptême de Clovis en 496.



François Huguenin, historien et essayiste, qui a commis entre autres L’Histoire intellectuelle des droites et Les Voix de la foi, nous propose un ouvrage non pas religieux mais historique. Il a ainsi retenu 15 figures dans notre longue histoire nationale et certains choix pourront étonner. En effet, de Gaulle figure dans cette liste alors que Louis XIII, le Roi qui consacra le royaume de France à la Vierge Marie, est absent. Il expliquera sa position dans Famille Chrétienne de la manière suivante : « Je ne sous-estime pas la foi de Louis XIII, ni la beauté de la consécration de la France à Notre-Dame. Mais je consacre déjà un chapitre à Richelieu, qui est une extraordinaire figure catholique. » D’une manière générale choisir revient à écarter. De fait le choix comporte, qu’on le veuille ou non, une dose de subjectivité. Cependant lorsque l’auteur évoque les grandes figures catholiques qu’il a retenues, il est historien. A ce titre il restitue, avec faits objectifs et arguments circonstanciés le contexte historique - sans lequel il est impossible de bien comprendre tous les tenants et les aboutissants - avec lequel évoluèrent ces héros. Sans jamais tomber dans les légendes dorées ou noires, François Huguenin dresse le portrait d’hommes et de femmes qui furent guidés par une foi commune – bien qu’elle s’exprima différemment – et une certaine idée de la France. Tous ne furent pas saints et nombreux sont ceux qui commirent des erreurs. A dire vrai, nonobstant leur grandeur, leur mérite voire leur influence, cela les rend humains, donc proches de nous.



D’une manière générale, les pédagogues modernistes lui reprocheront peut-être sa volonté de suivre une chronologie dans l’espace et le temps, mais comment faire de l’histoire sérieusement sans chronologie ? Ce livre redonnera, c’est le moins que nous puissions espérer, le goût à nos contemporains pour l’histoire. Cette discipline reste constamment martyrisée par les différents ministres de l’Education Nationale. D’une manière générale, il est impossible de rester de marbre - quand on est Français – à l’évocation de Clovis, Jeanne d’Arc, Richelieu et Saint-Vincent de Paul. De même pour savoir où aller, encore faut-il savoir d’où l’on vient. Ainsi dès les premières pages, le directeur de la Procure rappelle des vérités que nous aimerions entendre plus souvent de la part des hommes politiques et d’Eglise : « La France est tout simplement, depuis son ébauche que l’on datera de Clovis et sa création qui est le fait des capétiens, un pays catholique, qui l’est resté par-delà la crise de la Réforme. » La France, contrairement à ce que pensent les adeptes de la table rase, n’est pas un vulgaire terrain vague ou un désert vide de fondements religieux, philosophiques et politiques. Frédéric Huguenin poursuit : « Ma conviction est que le catholicisme constitue un apport singulier et plus nécessaire que jamais dans une France sécularisée où triomphent le relativisme et le consumérisme. »



Alors que toute l’infrastructure politico-médiatique tourne le dos à notre passé en le caricaturant, en le dénigrant ou même en l’occultant, il demeure vital de transmettre aux générations futures la vérité profonde de la France, à savoir qu’elle est catholique. Cette dernière idée en choquera plus d’un, mais à bien y réfléchir Jeanne d’Arc n’avait-elle pas déjà choqué ses tortionnaires à son inique procès, au cours de cet échange célèbre : « Jeanne, croyez-vous être en état de grâce ? — Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre ; si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir… » Il vaut mieux choquer autrui que de passer pour un ectoplasme. Dans une société française sans cesse tiraillée et attaquée par la dictature du relativisme et de l’athéisme, ce livre rappelle avec force que notre pays est lié de manière consubstantielle au catholicisme. Certains rappels sont salutaires, nul doute que celui-ci en fasse partie.







Franck ABED
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ABEDFranck
  22 janvier 2020
Auguste de Pierre Cosme
Qui ne connaît pas la formule célèbre d’Auguste, rapportée par Suetone, déclarant : « avoir trouvé une Rome de briques, et laissé une Rome de marbre » ? Il y a du vrai dans cette citation tant l’empreinte du premier César restera gravée dans la roche pour l’éternité. Malheureusement et bizarrement, Auguste porte la contradiction d’être à la fois l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité, tout en étant très méconnu. Pierre Cosme dans sa biographie renouvelle le genre, et lui rend justice. Cet ouvrage est le fruit de quatre années de travail. Il retrace le parcours personnel et politique d’Octavien, ainsi que la mort de la République et la genèse de l’Empire Romain. Ce livre nous permet également de comprendre l’homme privé, l’homme public et les ressorts qui l’animèrent toute sa vie. Pour rappel, l’auteur est un universitaire et historien français dont la spécialité est la Rome antique.



Disons-le d’emblée, il est triste pour l’intelligence et la connaissance historique qu’Auguste ne soit réduit qu’à des clichés recouvrant une partie de sa vie : héritier de Jules César, adversaire de Marc Antoine et de Cléopâtre, premier empereur etc. Or le fondateur de l’Empire Romain bâtit un système qui lui perdura cinq siècles, à tel point qu’il sera considéré comme un modèle et une référence absolus par ses lointains successeurs en esprit. Ainsi Charles Perrault écrira, à l’époque du Grand siècle - c’est dire l’aura et l’influence d’Octave - les vers suivants : « Et l’on peut comparer, sans craindre d’Être injuste, Le siècle de Louis au beau siècle d’Auguste » (1). A dire vrai, les historiens ne se sont guère trompés en évoquant le Siècle d’Auguste. Effectivement, rares sont les personnalités historiques à pouvoir prétendre à une telle renommée intemporelle. Octavien a littéralement conçu des outils qui lui permirent d’étendre les conquêtes romaines aux limites du monde connu d’alors. Il sut mettre en place une administration efficace, débarrassée de la vile corruption, tout en imposant la pax romana aux peuples les plus divers qui composaient ce vaste édifice. Bâtisseur infatigable, et soucieux de porter la civilisation à son degré de perfection le plus élevé, il réussit, par une habile stratégie mêlant guerres, mariages, diplomatie, manœuvres politiques voire politiciennes, à s’imposer aux Romains et aux barbares comme le maître.



Pierre Cosme retrace dans le détail le parcours d’Octave, fils d’Atia, nièce de Jules César. Rien ne prédisposait cet homme, issue d’une famille respectable mais modeste à devenir le numéro un. Toutefois les affres de la guerre civile, comme souvent dans les périodes d’instabilité, redistribuèrent les cartes. Jules César, le conquérant de la Gaule, se mit à dos une partie de l’élite romaine qui restait profondément républicaine. Son histoire est connue : conquête de la Gaule, passage du Rubicon, déclaration de guerre, guerre civile contre Pompée, pouvoir, complots et assassinat aux Ides de Mars… Alors qu’il résidait à Apollonie, afin de poursuivre sa formation, Octavien apprit la mort de son immense grand-oncle. En dépit des conseils de sa mère qui lui recommandait de ne pas accepter le testament de Jules, il prit le parti d’assumer son héritage. Manœuvrant habilement entre les différents groupes Césaricides emmenés par Brutus et Cassius, les sénateurs républicains, l’oligarchie romaine et l’ancien bras droit de César Marc Antoine, il éteignit les feux de la guerre civile avec brio pour imposer un âge d’or. Nous en avons déjà parlé, mais en plus de combattre la décadence et l’incurie administratives, Octave protégea les paysans des grands propriétaires terriens, bâtit une armée de métier défendant les frontières de l’Empire avec succès et promulgua des lois pour protéger les bonnes mœurs (2). Il établit une meilleure répartition de l’impôt dans un souci d’équité et de justice. Il réduisit le nombre des sénateurs pour gagner en efficacité, tout en visant le renouvèlement des élites romaines par différents procédés législatifs parfaitement décrits par l’auteur. Sous l’impulsion de son ami Mécène, les plus brillants poètes et écrivains de l’époque prirent leur envol comme Virgile, Horace, Tite-Live ou le plus controversé Ovide (3). Ces derniers contribueront à la gloire du régime par leur prose et leur poésie quasi indépassable. Difficile ne pas parler d’Agrippa, son vieux compagnon de route, qui resta toujours fidèle. Son parcours empli d’humilité dans les pas d’Auguste et son souci constant d’améliorer le sort des plus faibles devrait inspirer nombre de nos politiques modernes. Auguste fut soucieux de préserver les traditions romaines, de les incarner et de les vivre dans chaque acte publique et politique, là où son père adoptif se montrait dédaigneux des coutumes d’antan. Autre différence fondamentale avec son grand-oncle que l’histoire révéla, fut la manière d’Auguste de considérer les sénateurs. Il fonda un système politique conservant les apparences du régime républicain tout en imposant un pouvoir personnel… L’héritage d’Auguste se montra tellement immense que même l’Eglise Catholique par la voix d’un Pape voulut en capter une partie. Ainsi Grégoire VII identifia l’Eglise Catholique Romaine à la Res publica romana en affirmant : « A ceux qu’a commandés Auguste, le Christ commande ». Le Souverain Pontife entendait dire à tous qu’il se trouvait à la tête d’un nouvel empire romain... Auguste influença également Charlemagne, Louis XIV, Napoléon et bien d’autres.



Le livre de Pierre Cosme nous présente Auguste, comme un homme doté d’une intelligence exceptionnelle, servi par un réel charisme. Entouré de brillants collaborateurs, il œuvra avec efficacité dans de nombreux domaines (justice, armée, urbanisme, réformes politiques etc). Il se montra impitoyable envers ses ennemis et manifesta un amour débordant à sa femme et à ses différents descendants. Il agit aussi parfois avec clémence suite aux conseils de Livia, notamment à l’endroit de Cinna (4) - petit-fils du Grand Pompée - qui avait projeté de le tuer. Derrière l’Empereur divinisé, nous voyons un Auguste qui eut toujours la volonté de se former intellectuellement et de donner le meilleur de lui-même aux Romains. De santé fragile, souffrant d’un léger handicap à la jambe gauche, insomniaque au point d’avoir des difficultés à dormir seul, il vécut de manière très simple dans sa maison du Mont Palatin refusant les excès de chairs et de boissons. Quand il mourut dans les bras de sa tendre épouse, il renouvela son amour impérissable en lui demandant de se souvenir de leur union. Même à la fin de sa vie, il gardait cette volonté de maîtriser son être en bon romain qu’il fut. Cependant l’émotion pouvait le submerger. En effet, quand un sénateur vint, au nom du Sénat et du Peuple de Rome, lui décerner le titre de Père de la Patrie, il se mit à pleurer devant les sénateurs. De même lorsque Arminius (5) piégea et massacra trois légions romaines en l'an 9 de notre ère dans la forêt de Teutoburg, Suétone nous décrit l’Empereur en ces termes : « Il en éprouva, dit-on, un tel désespoir, qu'il laissa croître sa barbe et ses cheveux pendant plusieurs mois, et qu'il se frappait parfois la tête contre les murs, en s'écriant : « Quinctilius Varus, rends-moi mes légions ». Les anniversaires de ce désastre furent toujours pour lui des jours de tristesse et de deuil. » Tout divinisé qu’il fut par tout un peuple à qui il avait donné la concorde et la paix civile, il restait un homme.



Ce livre présente un travail de fond d’une très grande rigueur intellectuelle et d’une réelle profondeur historique. Auguste répétait souvent cette citation « hâte toi lentement », car il pensait, à juste titre, que la prudence valait mieux que l’audace. Je conclue en disant : hâtez-vous lentement de lire ce livre…







Franck ABED







(1) Le Siècle de Louis Le Grand par Charles Perrault, 1687.



(2) Interdiction de l’avortement, condamnation de l’adultère encouragement aux mariages, encadrement très strict des divorces.



(3) Il connut la disgrâce à cause de vers jugés indécents pour la morale.



(4) Il finit même par accéder au Consulat… comme quoi Auguste ne fut pas rancunier.



(5) Arminius fut un chef de guerre de la tribu germanique des Chérusques, fils du chef de guerre Segimerus. En sa qualité de fils de chef, il devint otage et fut élevé à Rome comme un citoyen romain, devenant membre de l'ordre équestre. De retour en Germanie, il gagna de confiance du gouverneur Varus tout en organisant en sous main une rébellion. Il finit par être assassiné par des Germains, qui craignaient son pouvoir devenu trop important et autoritaire.
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