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Marish Papaya (Illustrateur)
EAN : 9782764451632
106 pages
Québec Amérique (25/09/2023)
4/5   1 notes
Résumé :
Éloïse change d’école, mais pour elle qui est en fauteuil roulant, passer d’une école spécialisée à une école de quartier n’est pas si simple. Puisqu’elle peut se déplacer, manger, s’habiller et apprendre aussi bien que les autres élèves, ce n’est pas ça qui présente un réel défi ; c’est l’attitude de ceux qui veulent tout faire à sa place, pour que ce soit plus facile pour elle. Éloïse devra prouver qu’elle aussi, elle peut!
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Incontournable Octobre 2023


Un autre petit roman pour l'autrice qui nous a donné "Roselionne" et "Noah-pas-le-droit", que j'avais beaucoup aimé pour leur pertinence et leur traitement. "Reste assise, Éloïse" l'est tout autant et met en lumière la petite soeur de Roseline ( alias "Roselionne").


Éloïse a "le syndrome de la banane dansante", un nom alternatif au nom médical complexe qui qualifie la raison derrière ses jambes maigres, un peu croches et en manque de tonus. Éloïse a donc un fauteuil roulant, mais ce n'est qu'un détail. C'est une artiste doué en dessin, une jeune fille débrouillarde et curieuse, qui aime bien se montrer autonome. Face à ses habiletés et ses forces, les intervenants et profs de son école spécialisée sont d'avis qu'Éloïse aurait avantage à poursuivre sa scolarité en cursus régulier. Il y a une école qui est prête à l'accueillir. Il n'est pas facile pour le jeune fille de changer ainsi de milieu. Il lui faut quitter un milieu connu, une atmosphère harmonieuse et des gens qu'elle apprécie et qu'elle connait, sa meilleure amie la première. Éloïse vit donc un enthousiasme très moyen face à ce changement et un élément en particulier vient troubler son intégration dans sa nouvelle école. Elle semble avoir un professeur très amusant, la classe d'art est fabuleuse et sa propre classe chaleureuse. Non, le soucis n'est pas là. C'est plutôt de l'ordre des perception face à son handicap que le mât blesse.


Attention, divulgâches en vue!


L'assistante de la classe, Dorianne, pleine de bonnes intentions, prend beaucoup d'initiatives pour "faciliter la vie" d'Éloïse, comme rouler son fauteuil, sortir sa boîte lunch, écrire ses notes et même couper son muffin en morceaux. Pour sa part, Moana, élève de la classe, se met à parler très fort à son intention, pensant qu'Éloïse entend mal. Un concierge prend l'initiative de la déplacer dans l'école, quitte à l'empêcher elle-même de rouler son fauteuil et à la récréation, on l'isole dans une salle "triste", pensant que la neige lui posera problème si elle sort. Personne n'entend ses protestations et tout le monde veut bien faire. Mais comme on dit souvent "l'enfer est pavé de bonnes intentions". Dans les faits, on infantilise Éloïse et on la prive de l'opportunité d'être autonome. On la pense inapte à certaines choses pourtant totalement indépendantes de son handicap physique et on se permet de faire des choses à sa place en ce sens. Ce que je vois, c'est que les gens ont des perceptions erronées de la situations d'Éloïse et leurs comportements répondent à ces perceptions sans chercher à valider la situation avec la principale concernée. Vouloir bien faire, c'est bien, encore faut-il "bien faire le bien".


En outre, si on restreint de beaucoup son autonomie, on atteint également son estime et on mine sa confiance envers elle, mais aussi envers les autres. Éloïse est nouvelle, elle ne connait encore personne. Il est donc naturellement important pour elle se connaitre des victoires dans son milieu, d'être placée sur un bien d'égalité et de sentir qu'elle peut s'épanouir dans ce nouveau milieu. Aucun enfant n'a envie d'être "le différent" du groupe, alors sentir que les autres nous traite différemment et ce en nivelant vers le bas nos capacités, c'est préjudiciable. Ça mine l'intégration et ça donne l'impression pour Éloïse d'être déjà casé dans un rôle qui ne lui sied absolument pas. C'est d'autant plus vrai qu'on a changé d'école la jeune fille pour justement favoriser son développement plus encore. C'est donc totalement illogique qu'elle soit encore moins autonome que dans son ancienne école.


Monsieur Louis est un amour. Quel personnage lumineux et surprenant! S'introduire avec une casquette de pilote, simuler une voiture avec la chaise roulante d'Éloïse, sortir une grosse loupe pour la chercher quand celle-ci s'est aventurée dans les corridors après la récréation sont des exemples du grain de folie joyeuse de monsieur Louis. Pour les profs d'europe, sachez qu'au Québec, on emploi les prénoms des profs à l'école primaire, ça n'a donc rien d'extraordinaire que Monsieur Louis s'intitule ainsi. Ah, si tous les profs pouvaient être de la trempe de Monsieur Louis, on aurait du fun d'aller à l'école. C'est un monsieur accueillant, chaleureux, agrémenté de petites idées simples et pertinentes, avec son style d'humour personnel et son tempérament posé. le genre qui sait attiré l'attention, mais aussi capable d'écouter activement ( pas juste entendre sans comprendre).


Quand monsieur Louis retrouve Éloïse, laissée dans un local pour lui éviter la cours de récréation ( dangereux la neige, à ce qu'il parait- La bonne blague!), il reçoit sa peine. Elle n'a pas L,impression de pouvoir faire autant de choses que dans son ancienne école. C'est alors qu'il a une idée.Il lui fait découvrir le local des arts plastiques ( Un véritable paradis). C'est d'ailleurs là qu'Éloïse verra un étudiant de sixième année (10-11ans) en fauteuil roulant lui aussi, qui n'est nullement entravé par quelque "aide" que ce soit, libre de faire son dessin par lui-même.


Éloïse a alors elle aussi une idée, qu'elle élabore avec Monsieur Louis. Avec le talent de dessinatrice d'Éloïse, ils concoctent un atelier de compétences, un "contrôle des capacités en six points". Chaque badge produit par ses soins sera associé à une capacité et il faudra la réussir pour l'obtenir. Ça permet de démontrer hors de tout doute qu'Éloïse a les mêmes compétences que ses pairs. Madame Dorianne le comprend à la fin et s'excuse: "Je veux tellement t'aider que j'oublie que tu sais faire plein de choses toute seule. À partir de maintenant, je vais te demander comment je peux t'aider". Excellent retours, madame Dorianne.


Aussi, mention spéciale à Roseline, l'héroïne de "Roselionne", qui a toujours ses beaux cheveux fauves et qui est une bonne alliée de sa soeur. Son idée à elle pour aider Éloïse à affronter sa journée? Des chaussettes dépareillées! Une de sa paire à elle et une de la paire d'Éloïse. Ainsi, les deux soeurs sont un peu l'une avec l'autre, y a qu'à regarder leurs pieds en cas de doutes. C'est vraiment mignon. Les deux soeurs ont une belle complicité.


C'est donc une fois encore ravie de tant d'idées constructives, de sujets pertinents, de personnages humains et de situations en rapport avec le quotidien des enfants d'âges primaire que je clos cette lecture. J'ai déjà hâte au prochain...parce que j'espère qu'il y aura un prochain!


Pour un lectorat intermédiaire à partir du 2e cycle primaire, 8-9 ans+.
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