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EAN : 9782848103075
120 pages
Éditeur : Emmanuel Proust (04/11/2010)
4.29/5   14 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur
À Paris, en 1971, quelques jours avant la mort de l'icône rock : Jim Morrison. Jim a 27 ans mais il est brisé, dépressif, alcoolique. Il a quitté son pays, fuyant la justice et la célébrité. L'accompagne dans sa fuite Pam, l'amour de sa vie. Alors Morrison se souvient de son enfance, des Doors, de ses excès et de la gloire...
Ce biopic sans complaisance est réalisé par deux auteurs fans du personnage et de sa musique, ils revi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LiliGalipette
  27 avril 2011
Roman graphique de Frédéric Bertocchini (scénario) et Jef (dessin).
Extrait de l'avant-propos de Frédéric Bertocchini : « Bien que construit sur des faits réels, ce récit n'est pas historique. Jim Morrison n'aurait pas aimé être cloisonné ainsi dans une réalité, ou bien appartenir à quelqu'un. Il s'agit simplement d'une perception... Celle de deux auteurs fans de sa musique et de son univers mystérieux que nous vous invitons à partager. » Fidèle mais audacieuse, cette oeuvre est une réussite.
Nous sommes à Paris en 1971. Loin des Doors et de l'Amérique, Jim Morrison traîne sa solitude et son mal de vivre dans les bars et les rues de la capitale. Sa compagne, Pamela Courson, ne sait comment le retenir, le faire parler ou lui rendre la foi dans son talent créateur. Au gré de va-et-vient dans ses souvenirs, Jim retrace son parcours : son adolescence, les débuts du groupe, l'exaltation de la scène, les studios d'enregistrement, le succès et ses démons. Les auteurs donnent la parole au chanteur-poète : sous leurs plumes, Jim Morrison se livre comme dans une autobiographie désabusée. "J'ai toujours dit que je n'étais qu'un pitre... mais un pitre de qualité."(p. 40) Jim Morrison, un pitre ? Rien dans cette oeuvre ne montre un guignol. Chaque planche dresse le portrait d'un homme rongé de souffrances, réfugié dans un alcool qui devient un ennemi, fasciné par la mort. "J'ai visité le Père-Lachaise aussi... Fascinant cimetière..." (p. 31) Phrase prophétique quand on sait que c'est là qu'il repose. Mais si la mort est au coeur de son existence, il ne cherche pas à s'en emparer. Flirter avec elle et l'éprouver au quotidien lui suffit: "La simple idée du néant me maintenait en vie." (p. 25)
Jim Morrison ne concevait la vie qu'en mouvement et sensation. Devant des émeutes parisiennes, il répond à Pam : "Ce qui m'intéresse n'est pas la cause, mais l'action. Je crois que la rébellion intérieure est une façon de parvenir à la liberté intérieure. le mental à travers le physique." (p. 104) Chaque chose inextricablement liée à une autre, il avance dans le monde comme on entre en guerre. "J'ai alors appris à aimer. Et à souffrir aussi... de toute façon, l'un ne va pas sans l'autre..." (p. 24)
L'épisode originel de la rencontre avec l'Indien mort sur le bord de la route préfigure tout le récit : "Ce fut, sans conteste, le moment le plus important de ma vie. C'est là, sans doute... que l'âme du chaman a bondi dans la mienne... Je n'étais plus tout à fait moi-même, tout en l'étant davantage. Non... ce n'était pas un rêve... Non... Ce n'était pas un putain de rêve." (p. 12 & 13) L'album se referme sur cette même communion avec l'esprit du chaman. La conclusion n'est pas la mort, mais la découverte de la plénitude et la reconnaissance de soi-même au sein du monde.
L'album se décline en noir et blanc. Pas de gris. Juste la lumière et le néant. La masse de noir est parfois si opaque, si concentrée qu'il faut prendre un vrai recul par rapport à la page, éloigner le livre pour comprendre l'image. La finesse des portraits est telle qu'un simple trait suffit à suggérer la beauté animale de Jim Morrison. Certaines planches ou images m'ont profondément rappelé l'oeuvre d'Oliver Stone, The Doors, comme des négatifs du film. Hommage ? Plagiat ? Il me semble plutôt que l'univers morrisonien se prête à la reproduction de mêmes scènes légendaires. Les choses ne peuvent pas avoir été autrement sur cette plage ou dans ce studio. L'histoire se déploie sur des pleines ou doubles pages où le noir et blanc s'affrontent sans cesse : comme Jim Morrison sans cesse sur le fil, entre ombre et lumière, l'image livre un combat. La seule couleur est celle de la couverture : psychédélique, fluo, stroboscopique pour le texte en quatrième, elle n'est pas de tout repos et c'est avec soulagement qu'on se réfugie dans la monochromie intérieure. La vie du poète a suffisamment explosé de toute part : l'usage du N&B offre un dérisoire et ultime apaisement.
Loin d'être une biographie de ce "poète du chaos", l'album offre une version très humaine de cet homme. On est loin du show-business ou de la folie des groupies. On trouve ça et là des extraits des chansons, mais ce n'est pas non plus l'essentiel. Les excès sont montrés, mais ils ne font pas la une. Ce qu'on voit surtout, c'est un homme seul aux prises avec ses souffrances. Les 120 pages défilent comme les meilleurs des albums des Doors. Et c'est sans relâche qu'on peut relancer la platine.
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colimasson
  06 juillet 2011
Cet album est destiné à ceux qui aiment les Doors, mais aussi à ceux qui ne les aiment pas. A ceux qui aiment les Doors, il les leur fera aimer encore davantage. A ceux qui ne les aiment pas, il leur donnera envie de considérer leur musique sous un autre angle, et puisqu'il n'est pas question uniquement de musique, il leur fera surtout découvrir les différents aspects de la personnalité de Jim Morrison.
Je craignais que le livre ne s'emballe dans un éloge adressé à la gloire de Jim Morrison, ou plus généralement adressé aux actes de provocation et de révolte contre l'autorité dont il a pu être l'auteur à diverses reprises. Evidemment, ces passages ne sont pas occultés, mais ils n'occupent pas une trop grande partie de l'ouvrage et savent trouver un écho avec l'intimité de Jim Morrison, son passé, ses pensées et ses convictions. Il n'apparaît pas comme un héros venu sur Terre pour renverser l'ordre établi, mais comme un homme qui s'est abreuvé à diverses sources (William Blake, Jack Kerouac, les romantiques allemands, les surréalistes…) pour construire une pensée qu'il a essayé d'appliquer à la réalité.
Loin des débordements provoqués par le succès de The Doors, on découvre Jim Morrison comme un individu quelconque, un peu paumé, mais qui essaie de donner du sens à sa vie. Quelques petites anecdotes intéressantes concernant la formation du groupe sont également éparpillées au fil des pages, et on apprendra par exemple l'origine des paroles de certaines chansons ou l'origine du nom du groupe :
« Les Doors… Les portes de la perception… C'était une référence directe à William Blake : « Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est, infime. » On avait la prétention de tout savoir et d'incarner l'Amérique nouvelle. On voulait tout foutre en l'air et inventer un monde nouveau. »
Enfin, le dessin, qui met en valeur l'univers sombre qui était celui de Jim Morrison, est un régal pour les yeux.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Martin1972
  21 mai 2016
‘Je voulais ressembler aux poètes maudits français... Baudelaire, Rimbaud, Verlaine ou encore poursuivre l'oeuvre des surréalistes.'
‘J'étais un poète. Oui, mais un poète perdu.'
Paris, 1971 … quelques jours avant sa mort,
Jim Morrisson, déprimé et brisé se souvient de son enfance, des Doors, de ses excès et de la gloire.
Jim Morrison, poète du chaos est un sublime roman graphique de deux fans de cette comète. Frédéric Bertocchini aux commandes du scénario et Jef à celles du dessin signent un album très poignant sur cette étoile filante.
Une lecture rock'n'roll de la vie de Jim Morrisson que je recommande.
Une pépite !!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   06 juillet 2011
Les Doors… Les portes de la perception… C’était une référence directe à William Blake : « Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infime. » On avait la prétention de tout savoir et d’incarner l’Amérique nouvelle. On voulait tout foutre en l’air et inventer un monde nouveau.
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LiliGalipetteLiliGalipette   27 avril 2011
Extrait de l'avant-propos de Frédéric Bertocchini : « Bien que construit sur des faits réels, ce récit n'est pas historique. Jim Morrison n'aurait pas aimé être cloisonné ainsi dans une réalité, ou bien appartenir à quelqu'un. Il s'agit simplement d'une perception... Celle de deux auteurs fans de sa musique et de son univers mystérieux que nous vous invitons à partager. »
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colimassoncolimasson   06 juillet 2011
En réalité, j’étais perdu. Je voulais fuir, loin. Très loin. J’aurais voulu passer mes jours à boire, à lire, et à exploser la tête des puritains à coups de pompe ! Alors que je devenais homme, l’alcool devenait mon meilleur ami… Ma muse.
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LiliGalipetteLiliGalipette   27 avril 2011
"Je voulais ressembler aux poètes maudits français... Baudelaire, Rimbaud, Verlaine ou encore poursuivre l'oeuvre des surréalistes. L'écriture automatique, c'était ça mon truc." (p. 85)
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colimassoncolimasson   06 juillet 2011
J’étais un poète. Oui, mais un poète perdu. J’avais si ardemment désiré cette souffrance inspiratrice, que je me trouvais pris à mon propre piège.
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Vidéo de Frédéric Bertocchini
Bande annonce de la BD Sampiero Corso (tome 1 - Le Colonel). Scénario : Frédéric Bertocchini Dessins : Eric Rückstühl Couleurs : Rémy Langlois Editions : DCL
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