AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,83

sur 1075 notes
Avant de parler de « Quand j'avais cinq ans… », quelques mots au sujet d'Howard Buten. Howard Buten que j'ai découvert, pour ma part dans les années 80, non pas en tant qu'écrivain, mais en tant que psychologue clinicien spécialiste des enfants autistes ; et créateur du clown Buffo pour distraire les enfants malades…Une démarche qui, depuis à fait école.
Gil, huit ans, est interné dans une résidence spécialisée car il s'est « mal comporté » avec Jessica.
« Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué » est le récit, non pas de l'internement d'un enfant autiste, mais d'un gigantesque malentendu enfant/adultes : les actes d'un enfant jugés avec la grille de lecture des adultes… Il s'agirait d'histoire, on parlerait d'anachronisme…

Comme dans la peinture naïve, le style d'Howard Buten peut paraître un peu caricatural. Las, c'est ce qui fait qu'on s'identifie d'autant mieux à Gil, et qu'on prend son parti pour le tirer des griffes des adultes bien nantis en matière de grandes théories…

Un livre qui m'a marqué dans le courant des années quatre-vingt… D'autant plus que la naissance de ma première fille a fini de me convaincre de ce que j'avais vaguement conscientisé - et corroboré avec des souvenirs personnels - à la lecture de ce « petit » chef d'oeuvre : il n'est pas facile d'être enfant …
Depuis, j'en ai gardé un principe : les grandes théories et les grands principes, c'est pour avant … mais « lorsque l'enfant paraît », on fait au mieux…
Commenter  J’apprécie          820
Voici un livre dont le titre m'interrogeait depuis longtemps.
Un titre étrange, et annonciateur d'un récit poignant.
Cette histoire, racontée par un enfant qu'on a enfermé, m'a rappelé ma lointaine lecture de la cicatrice, de Bruce Lowery par son côté américain.
Bien sûr, Howard Buten va plus loin, plus fort, plus profond.
Qu'a donc pu faire Gil de si grave qu'on l'ait mis aux Home des pâquerettes?
Le lecteur ne le saura qu'à la fin du bouquin...Astucieux de la part de l'auteur qui nous dit: "Entendons l'enfant d'abord" et qui renforce ainsi l'intérêt de ce parcours.
En attendant, Gilbert déroule sa jeune histoire d'avant les Pâquerettes...
Histoire emplie de cet humour subtil et involontaire et emprunt de poésie de son langage d'enfant.
Histoire qu'il entrecoupe de son récit de réclusion entre les mains des thérapeutes: Celui qui ne comprend pas le langage de Gil et celui qui parle enfant. Celui qui est confit dans sa science-certitude, et l'autre qui cherche et secoue.
Certaines scènes des Pâquerettes m'ont rappelées Vol au-dessus d'un nid de coucous, de Ken Kesey.
J'ai le coeur un peu serré en quittant Gilbert Rambrant après la dernière lettre du livre... Mais ce livre m'a fait du bien en me ramenant à une période lointaine mais sur laquelle toute vie se construit. Cette enfance, si sujette aux malentendus qui peuvent tourner aux drames.
Merci à Howard Buten, clown pénétré et bienveillant, dont je vais poursuivre la lecture de son oeuvre. Merci aussi, bien sûr, au traducteur du livre sans qui je n'aurais pas lu Quand j'avais cinq ans je m'ai tué.
Commenter  J’apprécie          753
Il y a un certain temps déjà que j'avais envie de découvrir ce livre vu que toutes les critiques sur Babelio me semblaient plus ou moins élogieuses et je vois que j'ai bien fait !

Ce livre nous narre l'histoire d'un jeune garçon, Gilbert Rembrandt, surnommé Gil, qui est un garçon extrêmement sensible à toutes les atrocités qui se passent dans le monde, et particulièrement à la mort, monde qu'il découvre à l'âge de 5 ans au J.T.
De religion juive, Gil ne comprend pas certaines choses, et, de par sa naïveté extrêmement touchante, il peut arriver à choquer certains adultes alors que ses questions sont les plus innocentes qui soient. Aimé de ses parents et de son frère aîné Jeffrey, Gil mène une vie normale, allant à l'école avec son meilleur copain Shrubs et celle qui deviendra "l'élue de son coeur" à l'âge d'à peine 8 ans, Jessica Renton. C'est suite à une scène plus perturbante pour la mère que pour la fille d'ailleurs que Gil sera interné à la Résidence Home d'enfants Les Pâquerettes (sorte d'asile pour enfants) où il sera suivi par le Dr Nevele. Mais ce n'est pas parce que l'on est médecin que l'on peut forcément détecter la folie chez un enfant où le juger comme enfant psychologiquement dérangé, ce qui n'est d'ailleurs pas le cas pour Gil mais le seul à s'en rendre compte est un médecin pour jeunes autistes, Rudyard Walton, qui sera le seul à le comprendre mais que personne n'écoutera jamais...

Une histoire vraiment très touchante, avec une écriture assez particulière puisque se basant sur les propos d'un enfant de 8 ans, avec des phrases mal tournées, des mots employés à mauvais escient mais qui nous font que rendre le personnage de Gil plus attachant. Quant à la terrible histoire qui a conduit ce dernier dans cette maison de repos, le lecteur en ignore tout jusqu'aux dernières pages du livre, s'imaginant parfois le pire alors qu'il n'en est rien et c'est là le plus dramatique de ce livre si je puis dire car l'on se rend compte que la bêtise humaine peut aller très loin !
Commenter  J’apprécie          600
C"est au cinéma que j'ai découvert quand j'avais cinq ans, je m'ai tué, j'avoue que le film ne m'avait pas accroché, surtout que je n'adressais aucune attention aux narrations de Gil, je le prenais pour un gosse simplement, j'étais un peu distraite certainement. C'est en lisant le livre que l'histoire de Gil m'a paru comme un enfer pour l'enfance ce que les adultes ignorent complètement...tous leurs agissements ne tendent qu'à aggraver les traumatisme de l'enfance... on croit connaitre ce qu'il leur faut, aux enfants, sans demander leur avis, ni essayer de les comprendre dans leurs connaissances bien que limitées, dans leurs désirs bien que naïfs parfois précoces, et surtout on se refuse de pénétrer leur moi individuel...

C'est comme Gil par une faute commise avec sa copine Jessica, il se retrouve interné chez Les Pâquerettes, un centre psychiatrique pour enfants où il est considéré comme un demi fou, il manifeste certaines réactions anormales, par contre le jeune médecin Rudyard ne le prend pas comme tel, il s'ouvre d'une manière particulière auprès du Gil, alors pour lui, ce garçon n'est pas fou, il est simplement incompris d'autant plus qu'il se comporte de manière très normale avec lui...

Une écriture naïve comme son narrateur de 8 ans, simple mais très fluide, on suit les épisodes de la vie de Gil sans grande émotion, plutôt on pénètre son univers et on le comprend le plus simplement possible!
Commenter  J’apprécie          460
Gilbert, 8 ans surnommé Gil, est placé dans une résidence spécialisée, un centre psychiatrique pour enfants « Les Pâquerettes » pour avoir fait mal à son amie Jessica.
Dans cette résidence spécialisée, Gil est suivi par le psychiatre Nevele, un thérapeute aux méthodes plutôt désuètes, et également par le jeune médecin Rudyard aux méthodes plus avant-gardistes. Ce dernier prendra en affectation le petit garçon et réfutera les théories de Nevele.
A travers le langage de Gil, nous parcourons son histoire avec ses peurs, ses joies, ses colères, ses jeux d'enfant et surtout sa rencontre avec Jessica. Les circonstances qui l'ont amené au centre « Les Pâquerettes » ne seront jamais évoquées.
Gil, dépourvu de toute culpabilité, ne comprend pas son internement.

Une histoire basée sur un malentendu, une mauvaise interprétation des adultes, les choses sont tellement plus simples chez un enfant. Une mère qui voit dans l'acte d'un petit garçon une perversion mal placée, un psychiatre qui aboutit à la conclusion d'un dysfonctionnement mentale de l'enfant. Et pourtant ce n'est juste qu'un premier grand amour chaste entre deux enfants emportés dans leur univers innocent; une communion entre deux petits êtres pas encore touchés par les consciences morales qui distinguent ce qui est bien de ce qui est mal.
Une jolie histoire d'amour entre deux enfants qui voulaient jouer aux grands car parfois ça fait mal d'être petits...

« Vous n'avez rien compris docteur, et comme vous n'avez rien compris, vous n'êtes pas en mesure de l'aider à comprendre. Vous ne pouvez rien pour lui. Laissez-le rentrer chez lui. Il n'est pas fou, il n'est même pas bizarre. Nous avons trouvé l'ennemi, c'est nous ».

A trop vouloir analyser, on finit peut-être par perdre de son âme et de sa sensibilité.

Ce roman est une douceur qu'il était bon de pouvoir replonger dans l'insouciance de l'enfance à travers ce petit bonhomme tel que Gil, se balader dans son imaginaire héroïque, s'imprégner de sa délicate pureté et de retrouver cette âme enfantine le temps d'un livre.
Commenter  J’apprécie          440
Comme à son habitude, Howard Buten nous livre une oeuvre décalée, extrêmement sensible vu de l'enfance, avec les mots de l'enfance, les phrases de l'enfance. Et surtout la vision du monde d'un petit Gilbert de cinq ans.
Celui-ci est injustement accusé d'un acte dont il n'a même pas conscience sur son amie Jessica. Acte que les adultes avec leurs références d'adultes ont bien identifié comme étant inacceptable. Avec cela il sera pris en charge par un vieux psy un peu réac qui décide que de toutes façons il a des problèmes, ce qui le conduit en résidence au home d'enfant "les Pâquerettes". En prison, comme il dit.
Il ne comprend pas tout, voire pas grand chose et il va regarder le monde, éducateurs, médecins, copains, ennemis, parents, avec ses yeux purs et étonnés.
On alterne dans nos sentiments.
Faut-il rire ou pleurer à la lecture de ce roman ?
A chacun de répondre à la question, et de regarder peut-être les enfants autrement, c'est à dire comme des êtres pas encore adultes, donc aux règles de vie différentes des nôtres.
Commenter  J’apprécie          374
Qu'est-il arrivé de si grave à la petite Jessica pour que Gil, huit ans, se retrouve interné dans la Résidence Home d'Enfants les Pâquerettes, un centre médical pour mineurs présentant des troubles psychologiques? Pour le découvrir, il vous faudra aller jusqu'au dernier chapitre (gare à ceux qui commencent par la fin!) car, avant ça, c'est tout l'univers dans lequel évolue Gil que nous allons découvrir: l'école, la famille, les copains, les relations parfois compliquées avec les autres, les jeux foisonnant d'imagination...

Dans une langue mâtinée de fautes, propre au langage enfantin (en témoigne ce titre pour le moins intrigant), Gil joue avec les temporalités, alternant les chapitres liés à son internement en clinique avec ceux consacrés à sa vie d'avant le drame. Il nous ouvre ainsi les portes de son univers dans lequel sa naïveté d'enfant et son regard tendre et innocent sur le monde se mêlent parfois à une lucidité terrifiante et nous permettent de découvrir les évènements sous un autre angle que celui, purement rationnel, pragmatique et bien souvent étriqué des adultes…

Le texte d'Howard Buten est paru en 1981, à une époque où il ne devait pas être si fréquent de donner ainsi la parole à un enfant et c'est justement ça qui le rend terriblement touchant et immersif! Un ton certes particulier mais qui sonne juste et provoque une empathie immédiate avec le jeune narrateur. J'en profite pour saluer le travail remarquable du traducteur, Jean-Pierre Carasso pour mon édition, car ça n'a pas dû être une tâche aisée de traduire un tel roman!

Cette justesse dans le ton est probablement due au fait que Howard Buten, avant d'être écrivain, ait été psychologue clinicien et se soit consacré en partie aux enfants autistes. Il sait de quoi il parle et ça se sent. Peut-être d'ailleurs est-il un peu incarné derrière les traits de Rudyard Walton, ce docteur bienveillant qui tente de comprendre le comportement des enfants en se mettant dans leur tête, en opposition au docteur Nevele dont les certitudes et l'étroitesse d'esprit sont complètement à côté de la plaque… Deux façons de penser et de traiter un même cas médical qui montrent bien que la médecine est toujours en perpétuelle évolution et nécessite de savoir se remettre en question!

Bref un texte poignant, d'une grande sensibilité et qui peut difficilement laisser le lecteur indifférent!
Commenter  J’apprécie          323
Ce livre, je l'avais adoré à sa sortie en 1981. C'est l'histoire du narrateur, Gil, 8 ans, petit garçon qui depuis trois ans est suivi dans un hôpital par les docteurs Nevele et Rudyard. Il nous raconte son vécu dans cette institution psychiatrique et des éléments antérieurs à son hospitalisation. Ce n'est qu'à la fin que le lecteur comprend les raisons de l'internement de Gil, et qu'au vu de ce qu'il sait, il ne s'agit que d'un gigantesque et monstrueux malentendu entre les adultes et cet enfant. Les adultes fonctionnent presque tous sur des a priori : pour la mère Gil est un enfant pervers, pour le docteur Nevele il souffre de troubles autistiques et relève de la psychiatrie. le docteur Rudyard est plus à l'écoute de Gil et comprend mieux l'enfant, tout simplement parce qu'il cherche à le comprendre. le style d'écriture de ce roman est très particulier, à hauteur d'enfant. C'est ce style qui permet d'adhérer à l'histoire, qui la rend particulièrement touchante, mais en même temps j'ai trouvé que cette écriture supportait mal ou la relecture, ou l'épreuve du temps. A la relecture j'ai trouvé que cela enfonçait un peu trop le clou ! D'un autre côté on ne redira jamais assez que c'est aux adultes ne se mettre à la hauteur des enfants pour les comprendre. C'est un livre nécessaire et fondamental pour cela. J'ajouterai que si on ne doit pas juger les actes d'un enfant avec un regard d'adulte, il ne faut pas non plus faire l'inverse en n'attachant de signification à rien, ce qui est aussi une autre façon de ne pas les écouter et les comprendre.
Commenter  J’apprécie          223
J'avais déjà, il y a longtemps, lu cette histoire d'un petit garçon de huit ans. Précoce? névrosé? C'est assez surprenant et l'histoire de cet enfant nous dérange sans aucun doute: l'incohérence des adultes apparaît nettement, même si nous savons qu'il est impossible d'agir autrement quand on est "une grande personne". le rêve est omniprésent dans le récit de Gil.
Commenter  J’apprécie          200
La syntaxe écorchée peu rebuter mais c'est une belle histoire qui se cache derrière. C'est celle de Gil, un petit garçon qui se retrouve ne hôpital psychiatrique pour enfants après avoir fait quelque chose à Jessica, je ne vous dirais pas quoi pour ne pas gâcher la surprise, moment important dans ce roman qui marque le passage de la tendresse à la révolte. Non pas contre le petit Gilbert mais bien contre les adultes qui l'entourent, qui ne comprennent pas l'innocence qu'il y a dans ce geste, qui le juge avec des yeux d'adultes alors que c'est bien pour faire « comme les grands » qu'il a été puni. Ce jeune garçon apprend à ses dépend et bien trop tôt la morale des adultes, il va étouffer sous le jugement de ces derniers et perdre son innocence pourtant si chère.
Son plus gros défaut, selon moi, sont les divagations de Gil qui sont un peu trop nombreuses, j'ai parfois perdu le fil du roman mais j'avais toujours cette envie de découvrir ce qu'il a fait exactement à sa copine Jessica. Une fois su c'est la fin que je voulais découvrir. Ce livre est bouleversant, mature malgré un héros très jeune, et si le style rempli de fautes de syntaxes ne vous gène pas, vous découvrirez une histoire qui changera votre vision sur l'enfance.
Commenter  J’apprécie          180




Lecteurs (2591) Voir plus



Quiz Voir plus

Quiz : Quand j´avais cinq ans. je m´ai tué

Comment s´appelle le héros ?

Shubs
Gilbert
Jefffrey
Marty

10 questions
43 lecteurs ont répondu
Thème : Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué de Howard ButenCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..