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ISBN : 2882535031
Éditeur : Luce Wilquin (23/03/2015)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Lorsque la famille du brillant philosophe Egault Lévy apprend qu’il est atteint d’une maladie de démence, le monde manque de s’écrouler. Shirley, sa femme soumise, ainsi que ses trois enfants sortent alors de leurs retranchements. Subir ou ne pas subir ? Accepter ou se révolter ? Chacun va être invité à modifier sa façon de voir la vie face à cette descente dans les entrailles de la mémoire et du langage. La maladie cache dans ses souffrances des portes de sortie ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
hcdahlem
  05 mai 2015
On pourrait résumer ce livre en disant qu'il raconte le parcours d'un homme atteint d'une maladie dégénérative de type Alzheimer, mais voilà qui serait bien trop réducteur. Car Véronique Emmenegger est bien trop subtile pour ne pas s'arrêter à cette seule dimension. Elle choisit certes de nous livrer la chronique d'une déchéance annoncée, mais décide d'emblée de confronter tous ses personnages à une réalité qui est loin d'être manichéenne. Comme nous l'annonce le titre: « Loin de Shirley, l'espoir de trouver une oreille pour entendre sa voix, elle aussi boitillante. Il faut déguster ce sorbet d'abysses avec une cuillère en argent, qui laisse sur la langue le goût des mauvais jours. »
Voici donc Shirley, l'épouse soumise qui n'avait que dix huit quand le professeur Égault Lévy l'a remarquée dans les couloirs de l'Université londonienne avant de lui proposer de devenir sa traductrice. « Dans la foulée, il lui proposa de l'épouser, ce serait plus simple.»
Son mari occupe la place centrale du récit. C'est du reste devenu une habitude pour l'intellectuel qui voyage de conférences en séminaires : il est partout la vedette. C'est du reste ce qui va donner à ce roman toute sa force tragique. Car Égault refuse d'admettre son «problème». Il va même dans un premier temps, faire comme si de rien n'était, avant de devoir petit à petit abdiquer.
La galerie de personnages ne serait pas complète sans les trois enfants du couple : Sixtine, Donatien et Olga.
Sixtine, la «Japonaise», est admirative de son père et mettra elle aussi longtemps à admettre sa maladie. Donatien est assez effacé. Il regarde les femmes agir et suit le mouvement, y compris dans leur formidable initiative finale, qu'il serait dommage de dévoiler ici. Olga, la petite dernière que son frère et sa soeur ont surnommé « la punkette», déteste cette étiquette qui remonte à ses treize ans, période de sa « révolte XXL, les vêtements teints en noir dans la machine familiale, les ongles mal vernis, les cheveux courts d'un côté et plus longs de l'autre, un vrai poème gothique.» C'est avant tout la force vive. Son énergie va être bien utile à tous, surtout depuis que Shirley a abdiqué et pris la fuite : « Quand le leader devient fardeau, rien ne sert d'attendre ou de maudire, il faut agir. Fuir la combustion ramassée de la rancoeur pour prendre la tangente. Là se trouvent les fleurs ressuscitées. Il n'y a pas de prescription, il faut les cueillir toutes. »
La force de ce livre tient, on l'aura compris, non pas à la maladie, mais aux remises en question qu'elle peut entraîner. Pour chacun des protagonistes, mais bien entendu aussi pour le lecteur qui, par ricochet, se pose les mêmes questions que Shirley, Sixtine, Donatien et Olga.
Certains critiques aiment utiliser la formule « lisez et vous n'en sortirez pas indemnes ». Je crois qu'elle ne s'est jamais mieux appliquée qu'ici.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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nathavh
  16 août 2015
Egault (Ego car centré sur lui-même) est la vedette, orateur hors pair, philosophe donnant des conférences partout dans le monde. Il a l'habitude qu'on l'écoute et c'est pareil à la maison. Il y règne en dictateur, tyrannique, handicapé du coeur.
Shirley sa femme de quinze ans sa cadette, était âgée de 18 ans lorsqu'elle a croisé son chemin à l'université. Elle est devenue son assistante et sa femme, c'était plus pratique. Elle est soumise, sous son emprise, elle est la protectrice de leurs trois enfants.
Donatien : 26 ans, effacé, irrécupérable de la société pour son père car il préférait lire des bd plutôt que les livres de philo achetés par son père. Il est prof de français.
Sixtine : 24 ans, fait des études de médecine. C'est la sacrifiée, celle qui a appris à vivre par l'injustice (méthode d'éducation d'Egault)
Olga : 18 ans, la préférée, la confidente de son père mais aussi devenue l'insoumise, attirée par l'Afrique et les Beaux- Arts.
Voilà le portrait de la famille mais tout va basculer.
D'entrée de jeu sans ménagement, le docteur Crohn annonce à Shirley et Egault qu'il est atteint d'une maladie dégénérative de la mémoire et du langage, du type Alzheimer ou Parkinson.
Shirley collationne ses souvenirs qui malheureusement corroborent ces dires.
Egault réfute la situation, il est dans le déni le plus grand. Ce n'est pas possible, il a une mémoire d'acier, un QI élevé, c'est une erreur et continue ses activités comme si de rien n'était …mais petit à petit arrivent des incidents.
Shirley doit prévenir ses enfants de la situation. C'est là que cela devient intéressant car Véronique Emmenegeer axe son récit non pas sur la maladie mais surtout sur les conséquences de celle-ci sans l'entourage familial. Sur la façon dont chacun va vivre la situation, se remettre en question et sa prise de conscience.
Shirley se remettra en question en comprenant qu'au final le bonheur n'était pas toujours au rendez-vous. Comment réagira-t-elle ? Et les enfants ?, comment réagir face à ce père qui a toujours été égoïste, centré sur lui-même, froid.
L'écriture de Véronique Emmenegeer n'est pas non plus sans humour, certaines situations devenant carrément drôles. le récit est bien documenté sur l'évolution de la maladie, il projette chacun dans les réactions que nous pourrions avoir, pas pathos du tout, il décrit simplement la vrai vie. Un récit sur le deuil des mots, touchant, mordant, féroce aussi.

Un livre marquant sur un sujet universel.

Ma note 8.5/10
Lien : http://nathavh49.blogspot.be..
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Shabanou
  17 juillet 2017
Belle découverte que ce roman ( merci à Nathalie d'en avoir parlé il y a longtemps !!!!).
Lorsque la famille du brillant philosophe Égault Lévy apprend qu'il est atteint d'une maladie de démence, le monde manque de s'écrouler.
Shirley, sa femme soumise, ainsi que ses trois enfants vont chacun réagir à leur façon face à ce cataclysme.
La famille subit, se révolte face à la maladie, face à la perte des mots, règle ses compte, mais elle parvient aussi à sourire et à se remettre en question.
Le livre n'est pas centralisé sur la maladie mais sur le ressenti de chacun.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   05 mai 2015
La nouvelle vénéneuse vient de fendre la réalité de ses airs de fiction. Un cumulus noir passe, une main gantée tire la chaîne, une coulée de poix s’abat.
Le docteur Crohn n’est pas là pour emballer la réalité, ce n’est pas le Père Noël, et Shirley se prend la tête dans les mains. Panique à neurones-city, elle a l’impression que son cerveau rétrécit. À sa gauche, un peu penché dans une chaise Louis XVI, se tient Égault. Cela fait trente ans que ce philosophe au caractère d’ouragan est l’homme de sa vie. En face d’eux, on devine le cynisme du neurologue habitué à ces diagnostics, bien barricadé derrière son bureau, affublé d’un regard qui se voudrait compatissant, mais en tant que sadique, cela ne lui pose pas trop de problèmes. Bientôt, la partie de golf rituelle viendra aérer tout ce brouillard cérébral et lui redonnera son sourire narquois de gagneur.
– L’oubli est un animal sauvage qui dévore tout sur son passage, prône-t-il en s’éclaircissant la gorge. Il commence par mordre ce qu’il a de plus proche, les membres de sa famille…
Pourquoi attendre d’un neurologue qu’il manie la psychologie ? Ce technicien de nos mécaniques infimes n’a que faire de la face cachée de la force : le sentiment. Pire, ça n’est pas son boulot de consoler, d’accompagner, d’ailleurs comment pourrait-il rassurer cette femme puisqu’il le sait mieux que quiconque, les maladies de démence ne sont qu’une lente chute programmée, une descente aux enfers avec des escaliers lustrés de savon noir, une balade au pays de la soumission et de la dégradation.
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hcdahlemhcdahlem   05 mai 2015
« Il a été convenu par téléphone de commencer le Grand Mensonge. Impossible de traîner Monsieur Lévy chez un docteur en hallucinations afin de gober toute une série de pastilles aussi joliment colorées que les poissons. Il faut lui prescrire des banalités pour simples trous de mémoire. Le Professeur prévient qu’il faudra revenir dans un mois, car le dosage est approximatif. Il y a tout de même trois sortes de médicaments et Égault se demande bien pourquoi, avec tout l’argent qu’on met dans la recherche, ces fantômes en blouse blanche n’ont toujours pas réussi à trouve run modèle unique.
L’ordonnance griffonnée, quelqu’un frappe à la porte. Il s’agit du psychiatre du département de psycho-gériatrie adjacent, lequel passait par là. Il propose à Égault de discuter un moment, invitation refusée tout net. Monsieur Lévy lui rappelle qu’il n’est pas égrotant et qu’il a assez fait mumuse pour aujourd’hui. Il a toute sa tête ! » (p.53)
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nathavhnathavh   16 août 2015
Puisque c'est une souffrance sans espoir de guérison, elle peut être rangée dans les maladies du désespoir. Je suis en train de te perdre et je le sais même si paradoxalement tu ne le sais pas. Tu vas t'éloigner chaque jour. Tu resteras avec nous jusqu'au moment où tu ne le pourras plus. Tu iras dans un hôtel aseptisé où il y a des codes partout pour que tu ne puisses pas t'échapper. Une geôle capitonnée pour que tu ne te fasses pas mal, une prison avec d'autres perdus comme toi, même qu'on les trouvera pires que toi et qu'on pensera naïvement que là-bas n'est pas ta place
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nathavhnathavh   16 août 2015
C'est tout simplement que la maladie avance. Le vêtement endossé par le sujet attaqué s'avère bouffé aux mites. Tranquillement, les mercenaires nanoscopiques grignotent dans l'ombre. Les trous ne se voient pas tout de suite et quand on veut remettre ledit costume, on se rend compte qu'il ressemble à une passoire souple. Le cerveau perd des billes molles, la puissance s'ankylose sans espoir de rémission.
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nathavhnathavh   16 août 2015
La maladie est une éponge à double face, elle emporte dans son écume pâle les bonnes choses comme les mauvaises, Missoula, en premier, qui s'est évanouie dans les limbes, mais aussi la totalité de son savoir.
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