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Critiques sur La note américaine (34)
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Kirzy
  03 mai 2019
«  Pendant que je travaillais sur ce livre, j'eus souvent le sentiment de me lancer à la poursuite de l'Histoire, comme si elle se dérobait » se confie l'auteur, le journaliste-écrivain David Grann.
Mais à lire son époustouflant livre-enquête, tout est limpide tant sa démonstration est éclatante, on avance comme dans un thriller, indice après indice jusqu'à sa résolution finale.

On est dans ce qu'il se fait de meilleur dans la catégorie "True Crime".
Le point de départ, historique, est déjà en soi hors du commun. Les Indiens Osage, d'abord chassés par les colons de leur Kansas natal, sont relégués dans une réserve semi-aride inhospitalière du tout nouvel Etat de l'Oklahoma. Classique dans une histoire américaine. Sauf que le sous-sol de la réserve recèle le plus grand gisement de pétrole américain, les Osage possédant de fait les droits d'exploitation de leur sous-sol, ils deviennent multimillionnaires, vivant dans une opulence difficilement inimaginable.

C'est dans ce contexte que débute une terrible période que la mémoire collective osage qualifie de «  règne de la Terreur ». Officiellement, 24 assassinats de ces riches Osage, par arme à feu ou empoisonnement, dans les années 1920.

En trois parties brillamment articulées, David Grann expose les faits.
Il s'intéresse tout d'abord à nous présenter la famille de Mollie, une des familles osage qui a été le plus décimées.
Puis il décrit pas à pas l'enquête menée par le FBI et plus particulièrement son tout nouveau directeur, Hoover, qui entend faire de cette enquête une vitrine des méthodes révolutionnaires qu'il vient d'instituer.
Enfin dans la dernière partie, il met en scène ses investigations de journaliste pour mettre à jour des failles dans l'enquête du FBI et apporter un nouvel éclairage sur ces crimes. Incroyable ce qu'il a pu découvrir !

Le travail documentaire est impressionnant. David Grann a compulsé des matériaux inédits et de première main ( des milliers de pages de dossiers du FBI, des témoignages secrets de grands jurys, des transcriptions de procès, des déclarations d'informateurs, des registres de détectives privés, des dossiers du conseil de la tribu osage etc ) pour les restituer avec un remarquable sens du récit.
Géniale idée d'avoir inclus au fil des pages les photos des principaux protagonistes ou des lieux. C'est terriblement fort de découvrir les traits des victimes, de leurs bourreaux et de ceux qui cherchent à délivrer la vérité, comme si on cherchait dans un regard la trace d'une perversion, d'une cupidité, d'une naïveté ou d'une dignité.

Ce livre-enquête délivre également une réflexion pertinente sur l'histoire des Etats-Unis, sur l'histoire de la nation américaine dont les fondements reposent aussi sur le meurtre, le racisme et les discriminations. C'est glaçant de découvrir tout ce qu'il s'est tramé autour de la tribu des Osage mise en lambeaux : leur drame est peuplé de personnages inquiétants : époux / épouse blancs attirés par la richesse de ces Indiens ; curateurs malhonnêtes escroquant leur client osage qui n'avait pas le droit juridiquement de disposer à leur gré de leur fortune ; policiers véreux ; notables locaux perfides ... tous agissant en toute impunité.

« L'Histoire est un juge impitoyable. Elle expose au grand jour nos erreurs les plus tragiques, nos imprudences et nos secrets les plus intimes. »
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Sylviegeo
  22 mars 2019
Je n'ose imaginer la tonne de documents, la montagne de dossiers, les archives pratiquement moisies que David Grann a dû consulter pour écrire "La note américaine". Je n'ose pas imaginer l'évolution de son état d'esprit au fil de sa recherche. Si moi lectrice fut outrée, imaginez ce que c'est que de découvrir cet outrage au fur et à mesure de la recherche et surtout l'ampleur de celui-ci.
Car c'est plus qu'un outrage.
Les Indiens Osages se voient attribuer par le gouvernement fédéral des États-Unis une très grande partie du territoire de l'Oklahoma. Ils en deviennent donc propriétaires. Une bonne affaire de régler se dit le gouvernement fédéral, on les a "parqués" dans un territoire aride où pas grand chose ne pousse. Survivront-ils? Bref, on espère ne plus entendre parler de cette nation. Mais oh surprise! On s'aperçoit que le sous-sol des terres Osages regorge de pétrole. Il est nécessaire et primordial d'exploiter cette ressources dans le courant du développement économique du début du 20 e siècle. Et donc, les exploitants des compagnies pétrolifères doivent payer des redevances aux propriétaires des parcelles de terrains: les Osages. On parle ici de millions et de millions de dollars. Les Osages sont devenus un peuple autochtone immensément riche où les blancs étaient à leur service. Le hic c'est qu'un Amérindien à l'époque n'est pas une "vraie" personne, un "vrai" citoyen et c'est par le biais d'un curateur, blanc il va s'en dire, que l'Osage peut bénéficier de son argent
Vous voyez venir ?
Tout le monde veut l'argent des Osages.
Ça commence avec la disparition d'Anna Brown, retrouvée assassinée d'une balle dans la nuque, puis d'un autre homme, puis d'un couple dont la maison explose littéralement au centre ville, puis des Osages qui sont de plus en plus malades et qui finissent par mourir toujours de façon suspecte mais toutefois, indétectable. Les premiers enquêteurs sur ces cas ne trouvent absolument rien, ne prouvent rien et n'accusent personne.
Il y a maintenant 24 meurtres.
Et aucun résultat d'enquête. Entre en scène le FBI , le Bureau, qui en est à ses balbutiements mais qui a déjà à sa tête John Edgar Hoover. Il dépêchera sur le territoire Osage une équipe d'enquêteurs qui finiront par voir la lumière .
Les Osages ont vécu des années sous le règne de la terreur.
Les curateurs ont des Osages sous tutelle qui périssent tous pratiquement de mort violente. Pas une seule famille Osage , semble-t-il qui n'ait pas perdu au moins un membre à cause des droits d'exploitation. Des 24 premiers cas de morts violentes, on peut maintenant les compter par centaines.
De 1907 à 1923, il y a eu 607 morts Osages.
Le taux de mortalité est de 19% annuellement alors que la moyenne nationale , à l'époque, Noirs et Blancs confondus est de 12%. Et tout le monde trouvait ça normal. Personne n'agitait le drapeau. Tous les rouages de la société, du shérif au juge, en passant par les médecins, les avocats, les banquiers, les élus, gouverneurs ou autres étaient complices de ce système meurtrier pour détourner des millions et des millions de dollars. Tous s'arrangeaient pour y trouvaient leur compte, sauf les Osages qui ne savaient plus comment se protéger.
Ce que nous présente "La note américaine" c'est une véritable culture de l'assassinat, du vol et de la spoliation bien établie , avec ses meurtres bien dissimulés, servant la cupidité.
Un documentaire qui se lit comme un roman tellement c'est prenant.
C'est une lecture exigeante, c'est consciencieusement écrit et c'est révélateur de trop de péchés à faire pardonner. À lire.
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Titania
  20 mars 2019
Qui veut la mort des membres de la riche tribu indienne Osage en ce début de 20 ème siècle ? Intriguant, n'est-ce pas ?

Vous le saurez en lisant ce documentaire qui reconstitue minutieusement une des toutes premières enquêtes du FBI, de Edgar J. Hoover .

C'est aussi passionnant que le meilleur des polars, plein de rebondissements et je vous en recommande sincèrement la lecture. La réalité surpasse souvent la fiction pour une affaire complexe qui nous en apprend aussi beaucoup sur la naissance d'un État de droit dans un environnement violent de l'ouest profond .

On est encore imprégné des guerres indiennes avec le racisme ambiant. Les Indiens Osage ont vécu des déplacements successifs de population sous la pression des fermiers blancs jusque dans ce coin perdu de l'Oklahoma, territoire caillouteux où ils espéraient qu'on leur ficherait enfin la paix, jusqu'à ce qu'on y trouve du pétrole.

Les voilà riches à millions eux et leurs héritiers, mais toujours citoyens de seconde zone placés sous tutelles jusqu'en 1931. Cette fortune attire les brigands de toute sorte, escrocs, petits et grands, tuteurs d'Indiens peu scrupuleux, qui épousent pour hériter, volent et disparaissent, ce qu'hypocritement l'on désignait du doux vocable « d'Indian Business »

C'est alors que germa l'idée dans le cerveau de quelques uns de faire disparaître la tribu, et tous ceux qui seraient témoins des meurtres, pour s'accaparer la rente pétrolière. Ça fait subitement beaucoup de gens révolvérisés , empoisonnés, accidentés et la complicité des autorités locales devient flagrante, justifiant l'intervention d'une police nationale déconnectée des intérêts locaux, impliqués dans cette prédation généralisée . C'était une belle occasion pour l'ambitieux Hoover de valoriser son administration.

C'est l'intègre et tenace agent Tom White, un Texan, qui cherche à confondre les meurtriers, tout en perfectionnant une technique scientifique pour amener des preuves solides devant un tribunal . Non seulement l'enquête est longue et éprouvante , mais il est tellement difficile d'obtenir des condamnations sévères d'une justice corrompue et raciste.

De nombreuses photos des protagonistes de l'affaire figurent dans cet ouvrage. Dommage qu'elles soient si sombres et si peu lisibles pour la plupart . Le titre original est plus parlant que ce titre français pas très clair, qui risque de faire tomber ce livre passionnant dans les oubliettes de l'édition. Alors passez outre, et partez avec David Grann dans une page d'histoire sombre et méconnue de l'Amérique .


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Franckync
  12 juillet 2018
Titre : La note américaine
Auteur : David Grann
Editeur : Editions Globe
Année : 2018
Résumé : Acculés sur des terres arides et montagneuses de l'actuel Oklahoma, les derniers rescapés de la tribu Osage survécurent paisiblement sur ces terres inhospitalières jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Lorsque des arcs en ciel apparurent à la surface des ruisseaux les grandes compagnies prirent soudain conscience que ces miséreux était propriétaires du gisement pétrolifère le plus fructueux d'Amérique du nord. Ce fut alors l'opulence pour la tribu, une opulence de courte durée puisque meurtres, disparitions et empoisonnements décimeront ses membres les uns après les autres. le scandale provoquera des remous jusqu'aux plus hautes sphères de l'état et c'est alors qu'un certain J Edgar Hoover profitera de l'affaire pour asseoir son pouvoir au sein de l'administration américaine. Ce furent alors les prémices du FBI et des méthodes d'enquêtes modernes.
Mon humble avis : Une histoire tirée de faits réels, une enquête minutieuse, une prochaine adaptation cinématographique par l'immense Martin Scorcese, autant d'arguments convaincants pour que votre serviteur ne passe pas à côté de cette note américaine. Ajoutez à cela une réputation élogieuse, un roman précédent extrêmement convaincant - The lost city of Z - et vous comprendrez aisément avec quelle impatience je m'attaquais à ce texte. Trop d'attente ? Trop d'avis dithyrambiques ? Mon avis sera malheureusement mitigé et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. Pour commencer Grann est journaliste et cela se sent dès les premières lignes, le style est aussi froid que précis voir méticuleux à l'excès. Si l'on sent un immense travail d'enquête l'auteur reste à la lisière de ses personnages et petit à petit s'installe une distance tenue entre le texte et son lecteur. Certains adoreront ce style, ce n'est pas mon cas et je me suis souvent imaginé ce qu'aurait fait Tom Wolfe d'une histoire pareille. Vraiment désolé d'aller à contre-courant de nombreux lecteurs mais malgré d'évidentes qualités le bouquin de Grann ne me laissera qu'un souvenir tenace, celui d'être passé à côté du grand roman que méritait cette sombre histoire de cupidité, d'injustice et de racisme. Car l'histoire est passionnante, édifiante et l'un des talents principal de l'auteur est d'en dépeindre tous les enjeux avec précision, d'en explorer chaque rouage quitte à négliger l'humanité de ses personnages. Ce n'est que mon humble avis, forcément subjectif, mais j'ai fini ce bouquin avec soulagement et la tête dans les étoiles en imaginant l'adaptation prochaine qu'en fera Scorcese.
J'achète ? : Non et une fois n'est pas coutume je te conseillerais de patienter jusqu'à la sortie prochaine du long métrage. Difficile de faire des comparaisons en matière de littérature mais La note américaine m'a souvent rappelé un autre roman encensé : La serpe de Jaenada. Dans les deux cas je n'ai pas accroché au texte mais visiblement il y a de nombreux amateurs alors je te laisse seul juge...
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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Missjasmin
  12 mai 2019
Présenté comme un thriller, David Grann signe un livre documentaire édifiant sur une partie de l'histoire américaine. La présence de photos du début du XIXème qui essaiment ce livre, donne un caractère véridique et vivant à ce récit. Ces photos des différents protagonistes de ce livre posant pour le photographe et nous regardant, ne nous laissent pas insensibles. Les "méchants", les "gentils", tous semblent y figurés, comme dans un dossier d'enquête !

Oklahomama, 1921.
La réserve de Gray Horse qui parque les indiens Osages se peuple progressivement de blancs attirés par la richesse de ces indiens qui possèdent le territoire minéral dans lequel on ne soupçonnait pas l'existence de ces gisements pétroliers. Ces deux peuples se sont épousés, ont fait des enfants ensemble...
Mais, des disparition insolites, des maladies insolites, des meurtres, des explosions, etc.... se succèdent. David Grann nous entraîne dans un thriller qui ne nous lâche pas... mais qui donne froid dans le dos lorsque l'aspect historique nous rattrape et nous livre un aspect de l'édification de la nation américaine peu glorieux, voire tu.
Voici un récit qui n'est pas près de me quitter !

Challenge USA : Un livre, Un Etat
Challenge Multi-Défis 2019
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kathel
  19 février 2019
Dans les années 20, le peuple Osage, installé ou plutôt relégué par l'état américain cinquante ans auparavant dans un coin aride et reculé de l'Oklahoma, connaît une prospérité inattendue, lorsque du pétrole est trouvé sur leurs terres. Même s'ils ne l'exploitent pas eux-mêmes, une redevance leur est due sur chaque baril tiré du sol. Ils font construire de belles maisons, emploient parfois des domestiques blancs, achètent des voitures somptueuses…
Mais quelques décès pour le moins suspects attirent l'attention des autorités. Mollie Burkhart, une mère de famille Osage, voit ses frères et soeurs mourir tour à tour, et notamment, sa soeur Anna disparaît mystérieusement. Lorsque la police locale se révèle impuissante, des agents du tout nouveau Bureau of Investigation, qui deviendra plus tard le FBI, sont envoyés, certains s'infiltrent même parmi la population en tant que gardien de troupeaux, agent d'assurance ou chaman indien. de plus, de nouvelles techniques d'investigation sont exploitées par l'agent Tom White qui dirige l'enquête.

On retrouve dans ce livre, parmi une foule de personnages réels, l'inamovible John Edgar Hoover, sur lequel j'avais déjà lu La malédiction d'Edgar de Marc Dugain. le livre de Dugain s'intéresse plus au Hoover des années 50 à 70, celui de David Grann évoque le créateur du FBI en 1924, qui prend très à coeur les meurtres des Osages, même s'il s'agit sans doute essentiellement de faire connaître le tout jeune Bureau et de montrer que ses agents sont capables de résoudre des affaires complexes, et d'utiliser des méthodes particulièrement innovantes.
La recherche passionnante menée par David Grann se dévore comme un roman noir, mais de nombreux documents et surtout des photos, permettent de ne pas oublier que tous les protagonistes ont vécu, ont eu une famille, des enfants, des amis, et que certains ont été assassinés de manière odieuse. Et non seulement, c'est la convoitise des autres qui les a conduits vers la mort, mais c'est une autre forme de cupidité qui a empêché les premières enquêtes d'être menées à bien.
Un formidable travail de documentation, mis en forme de manière parfaitement construite, sur un épisode méconnu de l'histoire des États-Unis : à lire, incontestablement.


Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Bazart
  28 août 2018
Déjà auteur de la cité perdue de Z, subliment adapté l'an passé par James Gray, David Grann signe avec La Note américaine un récit à multiples entrées, mêlant les genres.


Cette enquête journalistique sur un épisode oublié de l'Histoire des États-Unis et qui nous mène à la rencontre des Amérindiens est assez effarante et passionnante : David Grann a reconstitué scrupuleusement les faits, se basant sur les archives et les témoignages.

Tout ce qu'il décrit semble en effet être le reflet exact de la réalité de ce “règne de la terreur” qui secoua la tribu des Osages au début des années 1920.

Ouvrage d'enquête historique exemplaire, formidable roman noir et saisissant portrait d'une communauté dans laquelle les liens entre opprimés et oppresseurs s'entremêlent avec effroi, La note américaine est un livre en tous points captivant et salutaire.

On annonce un film tiré du livre avec Martin Scorsese à la réalisation, Robert de Niro et Leonardo DiCaprio dans les rôles titres....


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
  06 janvier 2019
L'Oklahoma est une terre aride, sans perspectives intéressantes, d'ailleurs, ceux qui y firent la première ruée, surveillés par Lucky Luke, quittèrent vite cette terre de misère.

Quoi de plus naturel, alors, pour le Gouvernement Blanc d'y parquer les Osages, peuplade Indienne, qui, comme les autres tribus, gênait ces messieurs dans leurs grands projets d'aménagement du territoire ?

Allez hop, cassez-vous là-bas, bande d'emplumés ! (ceci est la pensée de l'époque et non la mienne, je précise pour ceux/celles qui ne l'auraient pas compris).

Mais si la terre de l'Oklahoma n'est guère propice à la culture, son sous-sol est riche d'une substance noire et puante : le pétrole ! Sortez les derricks et faites revenir Lucky Luke pour s'y balader à l'ombre de ces derniers.

Je plaisante, pourtant, il n'y a rien qui prête à rire dans ce roman mais je me devais d'évacuer la tension et la rage dirigée contre "ma race" (les Blancs) et le gouvernement américain.

Après les avoir retiré de leurs terres, on a balancé les Indiens dans des coins de misère, on leur a enlevé les bisons, la possibilité de les chasser, de vivre dignement, de continuer leurs rites, on les a rationné, le Gouvernement n'a pas payé pas l'argent qu'il leur devait (ou alors, il l'a fait en ration de bouffe merdique), on a voulu les assimiler de force à nos coutumes de Blancs et si des Indiens sont devenus riches grâce au pétrole, on a estimé qu'ils n'étaient pas capables de gérer leur argent et donc, on les a mis sous tutelle de curateurs ultra véreux et voleurs…

Je ne vous dis pas le nombre de fois où j'ai vu rouge… Dans ces pages, la cupidité, le racisme, la mauvaise foi, l'injustice, la jalousie et l'envie de ce que l'autre possède sont légion, comme si toute une partie des salopards de l'Amérique s'étaient donné rendez-vous sur cette terre dont personne ne voulait avant.

Pourtant, les Osages avaient bien négociés les droits de l'exploitation du pétrole, ils avaient été malins car leur vision était sur le long terme et avaient blindé la chose en faisant en sorte que les parts de chaque membre ne soient transmissibles que par héritage.

Trop malins sans doute, ce qui a énervé l'Homme Blanc, obligeant les Osages à avoir des curateurs Blancs. Quand Homme Blanc pas content de voir Or Noir filer entre ses doigts, lui toujours faire ainsi pour spolier l'Autre.

Ce roman qui a tout d'un roman noir n'est pas une fiction, hélas, tout ceci est réel : le pétrole sur leurs terres, ainsi que les meurtres crapuleux qui touchèrent des Osages et les différentes enquêtes qui eurent bien eu lieu mais se soldèrent par un grand point d'interrogation tant on leur mettait des bâtons dans les roues ou des couteaux dans le dos.

À la manière de Truman Capote, pour son roman "De sang-froid", David Grann nous plonge dans l'histoire en temps réel, nous présentant les différents protagonistes, leurs assassinats, les peurs des autres, les enquêteurs qui piétinent ou qui disparaissent mystérieusement, jusqu'à ce qu'on balance un certain J. Edgar Hoover à la tête de l'enquête.

Enfin, pas vraiment lui, mais les hommes de son Bureau Fédéral d'Investigation qui devront autant jouer à Sherlock Holmes qu'a James Bond afin de s'infiltrer sans se faire remarquer. Et dans ce rôle, Tom White fut extrêmement bon enquêteur.

Chaque fois qu'un personnage entre dans la danse, l'auteur nous offre une courte biographie de ce dernier, allant même jusqu'à nous parler de son enfance, de ses parents, de ce qu'il a vécu, le tout au détriment de l'intrigue puisque nous en perdons un peu le fil mais l'avantage est que l'auteur nous y replonge assez vite.

Ce procédé ne m'a pas dérangé, il m'a permis de mieux faire connaissance avec tout le monde et j'ai eu l'impression de découvrir l'Amérique par le petit bout de la lorgnette, mais cela pourrait rebuter les lecteurs qui chercheraient un récit linéaire et dont la bio de chacun serait intégrée au texte, fondue dans l'histoire.

Les recherches qu'a dû faire l'auteur furent colossales, ça se sent bien dans son texte et en plus de la bio du personnage et ses actions, nous avons souvent eu droit à une photo de lui et de sa famille, renforçant encore plus le caractère Historique de cette enquête.

Lorsque j'eus terminé ma lecture, je ne savais plus trop où je me trouvais tant j'avais été abasourdie, dégoûtée, ébranlée, choquée, déroutée par ce que je venais de lire.

Mélange entre le roman noir et historique, entre le récit vrai et le polar whodunit, ce roman inclassable ne laissera sans doute personne indifférent.

Roman saisissant de par le portrait de la communauté Osage qu'il nous offre et cette plongée dans un chapitre de l'Histoire sombre des États-Unis où les oppresseurs américains Blancs spolièrent les oppressés Osages avec une froideur et une mauvaise foi qui donne envie de gerber.

Glaçant, lorsqu'on finit les dernières pages et que l'on se rend compte que tout ne sera jamais vraiment élucidé et que des meurtriers courent toujours. Enfin, non, maintenant, ils ne courent plus, mais ils n'ont jamais été inquiétés.

Un dernier roman fort que j'ai lu avant de basculer en 2019… Si quelqu'un a un "Oui-Oui" à me prêter, je le lirai volontiers !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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encoredunoir
  07 mars 2018
Jusqu'au rachat par les États-Unis de la Louisiane française en 1803, les Osages peuplaient un immense territoire du centre du pays, entre Missouri et montagnes Rocheuses. Peu à peu confinés dans un espace sans cesse plus étriqué, confrontés à l'avancée des colons blancs, ils finirent par acheter au début des années 1870 des terres dans l'actuel Oklahoma. Leur histoire, à partir de ce moment aurait pu se dérouler sans grands bouleversements. Malins – et acculés – les Osages avaient en effet jeté leur dévolu sur des terres peu chères et surtout montagneuses, arides et désolées ; le genre d'endroit dont aucun blanc ne voudrait. Et puis, vers la fin du XIXème siècle, on s'aperçut que de jolis arcs-en-ciel apparaissaient parfois dans les ruisseaux. Quand, au début des années 1900, sous une nouvelle pression gouvernementale, les terres durent être redistribuées en partie, l'avocat des Osages, négocia une clause selon laquelle toutes les ressources du sous-sol appartenaient à la tribu. En pleine seconde Révolution industrielle, les Osages se retrouvaient assis sur d'importantes réserves de pétrole, ils en étaient les propriétaires et, surtout, ils s'étaient organisés pour que les parts de chaque membre ne soient transmissibles que par héritage. Tout cela était un peu frustrant pour le gouvernement qui, donc, obligea cependant chacun des propriétaires osages à avoir un curateur blanc pour gérer sa fortune. C'est que les Indiens, ces grands enfants, pouvaient être tentés de dépenser bêtement cet argent des droits d'exploitations délégués à des compagnies pétrolières qui tombait avec une régularité de métronome, ou plutôt de chevalet de pompage, sur leurs comptes en banque.
Mollie Burkhart avait de la chance. Cet Osage, propriétaire de parts, était tombé amoureuse d'Ernest Burkhart, un blanc, et l'avait épousé. Ernest était son curateur et le couple vivait assez confortablement sans avoir à se soucier de demander à qui que ce soit comment utiliser leur fortune. Mais Mollie avait aussi des soeurs et une mère. En mai 1921, Anna, sa soeur aînée, disparut. On retrouva son cadavre quelques jours plus tard, abandonné dans une ravine, une balle dans la tête. La mort d'Anna inaugurait ce que les Osages allaient appeler le Règne de la terreur. Plusieurs années durant, un nombre conséquent de membres de la tribu, dont une partie de la famille de Mollie, allaient trouver la mort dans des circonstances violentes : exécutions sommaires, empoisonnement et même dynamitage. Avocats ou détectives embauchés pour leur venir en aide n'y couperaient pas non plus, poignardés ou battus à mort sans que personne ne soit capable de retrouver les coupables et jusqu'à ce que, en 1925, l'affaire soit confiée à Tom White, ancien Texas Ranger devenu agent du Bureau of Investigation, futur FBI, sous les ordres d'un jeune fonctionnaire de Washington obsessionnel et ambitieux : J. Edgard Hoover. Avec une équipe d'agents sous couverture infiltrés dans la communauté du comté d'Osage, White allait peu à peu lever le voile sur les responsables du Règne de la terreur.
Tout cela pourrait sans problème constituer un formidable roman noir. On croise en effet dans La note américaine une formidable galerie de personnages ambivalents, du notable ambitieux au médecin douteux, en passant par des gangs de moonshiners, des flics en costard, des détectives qui semblent sortis d'un roman de Hammet et des politiciens plus véreux les uns que les autres. le livre de David Grann, pourtant, n'a rien d'un roman. Aussi oublié soit-il, le Règne de la terreur a bien existé, et Grann entend bien dans cet ouvrage, non seulement le rappeler, mais aussi montrer le sort qui fut réservé aux Osages par le gouvernement américain et enfin, faire la lumière sur tout un système de mise en place de cette terreur et d'exploitation de celle-ci à des degrés divers.
Journaliste et romancier, Grann a donc mis sa plume au service d'une recherche historique exemplaire, et réciproquement. Il donne ainsi naissance à une oeuvre de literary nonfiction de grande qualité divisée en trois grandes parties qui s'articulent parfaitement et viennent, l'une après l'autre, à la manière de poupées russes, dévoiler à chaque fois un nouvel aspect de cette fascinante histoire.
La première, à travers le personnage de Mollie et de sa famille, expose les débuts du Règne de la terreur tout en décrivant méticuleusement la situation des Osages. L'histoire de Mollie, de la manière dont elle est éduquée, arrachée pour cela à sa famille, forcée à la conversion au christianisme, considérée malgré tout par les autorités comme une éternelle mineure, la façon dont est distillée opiniâtrement aux jeunes Osages par les autorités la haine de soi, de sa langue, de ses croyances et de ses traditions… tout cela dresse un édifiant tableau de rapports entre Blancs et Osages d'autant plus inégaux que ceux qui imposent leur culture et leur vision du monde aux autres, sont ici ceux qui ne possèdent pas la supériorité économique. Handicap qu'ils compensent toutefois assez vite par le biais du système des curateurs.
La deuxième tourne autour du personnage éminemment romanesque de Tom White, de sa relation avec Hoover, et, surtout de sa détermination à démasquer et à traduire en justice les coupables dans des lieux gangrénés par la corruption et le mensonge. Il y a – c'est la seule comparaison qui me vient sur le moment – du Mississippi Burning dans cette histoire tragique. En filigrane, c'est aussi la manière dont Hoover crée et met définitivement le grappin sur le FBI qui apparaît.
Dans la troisième et ultime partie, c'est au tour de David Grann de se mettre un peu en scène et, surtout, de donner la parole aux descendants des protagonistes – victimes ou bourreaux – du Règne de la terreur. Il y montre comment cette affaire d'une rare abjection a peu à peu sombré dans l'oubli de la mémoire contemporaine américaine mais est demeurée extrêmement douloureuse au sein de la communauté osage et, par ailleurs, il ouvre de nouvelles pistes et démontre l'étendue véritable du Règne de la terreur et la façon dont un véritable système d'appropriation par la violence et la terreur a pu se mettre en place.
Ouvrage d'enquête historique exemplaire, formidable roman noir et saisissant portrait d'une communauté dans laquelle les liens entre opprimés et oppresseurs s'entremêlent jusqu'à la nausée, La note américaine est un livre captivant.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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jisoonlee
  14 septembre 2018
La note américaine” ou préférez-lui son titre original “The killers of the Flower Moon: the Osage murders and the birth of the FBI”, raconte l'Oklahoma au début du 20è siècle lors de ce qui fut appelé “le règne de la terreur” où une série de meurtres (plus de 600 !) non élucidés furent perpétrés parmi le peuple Osage. Détectives privés, rangers et enquêteurs véreux se succéderont pour tenter de trouver les coupables, ne révélant au final que corruption et complicités de crapules. L'opportuniste et jeune J. Edgar Hoover y verra, quant à lui, l'occasion rêvée de créer son agence fédérale d'enquêteurs.
Au moment où le peuple Osage, chassé de leurs terres par les colons, se retrouve sur un bout de terre réduit, aride et rocailleux, personne ne se doute qu'il est en réalité assis sur le plus grand gisement de pétrole des Etats-Unis. Grâce à une négociation intelligente lors de l'achat de ces terres,les Osages sont non seulement propriétaires des terres en surface mais également des sous-sols. La vente des parts d'exploitation les enrichit au delà de toute espérance, suscitant dès lors une convoitise pour le moins malveillante.
Se basant sur les archives et témoignages qui datent de près d'un siècle, David Grann, retrace l'histoire du peuple Osage et tente de résoudre l'énigme de cet épisode éminemment traumatisant. On retrouve comme dans “La cité perdue de Z”, (roman enquête sur les expéditions de Fawcett en Amazonie) une certaine construction: mise en bouche contextuelle, présentation des personnages, perspective historique, spéculations et apports personnels. Enfin David Grann se rend toujours sur les lieux, il est journaliste reporter après tout ...
On peut aussi le voir comme une histoire de l'Amérique, névrosée et complotiste comme pourrait le voir Don Delillo, grandiloquente et stratégique à l'image de Hoover, construite sur le sang des victimes comme pensée par Howard Zinn, une histoire qui défigure et lacère sa grandeur, révoltante et fascinante.

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Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre