AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 978B08X2S9LSR
190 pages
Libre Expression (18/03/2021)
4.1/5   55 notes
Résumé :
« Michel, l'indien, tu l'as en toi. »

Elle a prononcé ces mots dans un murmure, comme une confidence. Comme on dit un secret. Jeannette, fille d'Almanda et de Thomas Siméon, parlait peu de ses origines innues. Pourtant, cette femme toujours vêtue et coiffée avec soin a vécu le quotidien des chasseurs de la forêt boréale jusqu'à sa rencontre avec celui qui allait transformer son existence.

Dans Atuk, elle et nous, une grand-mère et son p... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  28 avril 2021
Réédition d'un roman paru en 2012, qui raconte l'histoire d'une Hirondelle devenue Jeannette.

Le roman raconte la vie d'Hirondelle, la grand-mère Innue de l'auteur, devenue Jeannette par son mariage avec un homme blanc. C'était une injustice d'alors, une femme qui épousait un Blanc perdait son statut et était exclue de la communauté. La petite fille née sous la tente, habituée aux chasses de l'hiver et aux tâches traditionnelles, devra apprendre à vivre dans une maison et en utiliser les appareils domestiques. Elle élèvera ses enfants à la ville, même si elle n'oubliera jamais son clan.

Le roman c'est aussi l'histoire de l'auteur, ses interrogations sur sa propre identité, et même la confrontation au racisme gratuit. Par exemple, journaliste, une collègue refuse d'inviter un représentant des Premières Nations pour la simple raison « qu'elle n'aime pas les Indiens ». « Que ma simple identité génère le mépris et suscite en moi un mélange de honte et de colère. (Libre expression, p.104) »

Un roman à deux voix, qui apporte de belles réflexions, des émotions et des éclairages sur la condition autochtone.

Une lecture intéressante, même si je n'ai pas eu le même coup de coeur que pour le roman plus récent, Kukum qui traçait le parcours de son arrière-grand-mère. Il aurait peut-être mieux valu laisser passer un peu de temps entre la lecture des deux romans pour éviter un sentiment de répétition.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
nath45
  22 novembre 2022
Quelle bonheur de retrouver la famille de Michel Jean, de comprendre son engagement et ses racines qu'il sait très bien partager et nous les faire ressentir au travers de ses écrits.
J'ai lu dans un article que ce livre sorti initialement en 2012 n'avait pas eu un bel écho et que dix ans après les gens ont beaucoup évolués ce qui a permis à de nombreux Québécois de mesurer toute la déshumanisante violence de l'Histoire des autochtones.
Dans ce livre un chapitre sur deux est dédié à ELLE, Shashuan Pileshish qui veut dire Hirondelle dans sa langue, qui deviendra Jeannette en changeant de monde, sa grand-mère centenaire qui nous conte sa vie passée sur son territoire ancestral, puis le changement de monde en se mariant par Amour à François- Xavier. L'autre chapitre, LUI, Michel, son petit-fils qui s'interroge sur ses origines, son identité entre autre.
L'auteur a l'art de nous faire ressentir l'environnement, la sagesse, la vieillesse, les traditions, le bonheur, la vie quoi !! sous une plume dépourvue de colère, sobre et qui m'a touchée.
J'ai pu de nouveau retourner à Nitassinan lors de cette lecture et retrouver un peu Kukum son arrière grand-mère.
Des livres importants pour comprendre un peu mieux la vie des autochtones, leur Histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Errant
  01 octobre 2021
Dans ce court roman l'auteur alterne les chapitres entre les souvenirs réinventés de sa grand-mère récemment décédée et ses propres réflexions sur son identité d'autochtone métissé. le premier propos nous permet de découvrir la vie traditionnelle itinérante des Innus alors que chasse, pêche et piégeage constituaient le quotidien de leur survie, avec bien sûr, la traite des fourrures. Se déroulant sur plus d'un siècle, cette section documente aussi, de façon discrète et non vindicative, l'impact de la modernisation, certains diraient de la colonisation, sur la vie des Innus , notamment sur les conséquences de leur sédentarisation et de l'exploitation des forêts par les Blancs. L'autre volet du bouquin, plus anecdotique et introspectif, s'attarde au cheminement et questionnements de l'auteur sur son appartenance réelle à son peuple d'origine par son coté maternel. Cette section, moins exotique, expose cependant des questionnements pertinents et d'actualité; on sent que la réflexion de l'auteur est sincère et réussit à nous toucher. Au total une lecture correcte qui alimente la réflexion sur un enjeu de société important au Québec qui évite l'approche manichéenne trop souvent rencontrés dans ce type de lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Grazie1006
  26 septembre 2022
L'auteur raconte l'histoire de sa grand-mère autochtone, elle a été exclue de sa communauté Innue car elle s'est mariée avec un blanc. L'histoire commence par l'enterrement de Jeannette et Michel Jean se livre et se souvient de sa grand-mère. Les chapitres alternent entre lui et Jeannette. C'est l'histoire d'un peuple, la chasse , la scolarisation...et puis la changement de vie en raison du mariage.
C'est l'histoire du Québec, de l'amour des siens. Une vie difficile mais où il y a beaucoup d'amour.
Commenter  J’apprécie          133
Lecturessurordonnances
  28 juin 2021
Le livre débute par l'enterrement de Jeannette, la fille d'Almanda et Thomas, qui n'est autre que la grand-mère de l'auteur.
Ce retour aux sources forcé est le point de départ d'une introspection de celui-ci , à la suite de la réflexion d'une cousine qui lui dit à l'issue de la cérémonie « Michel, l'indien tu l'as en toi »
Véritable mise à nu dans sa quête d'origine, Michel Jean nous révèle sa prise de conscience tardive qui lui fait regretter de ne pas avoir questionné plus sa grand-mère dont il était pourtant si proche. Il distille aussi d'une manière très douce, en convoquant ses propres souvenirs, les différentes formes que prend le racisme envers les autochtones, la médiocrité de l'enseignement qui efface sans gêne tout leur pan de l'histoire, les lois stupides qui déterminent l'appartenance ou non à une communauté... le tout étant écrit dans un ton sobre, digne et extrêmement touchant.
En parallèle, dans une narration en double Je, des chapitres alternés décrivent la vie de Jeannette. de sa petite enfance dans le territoire (nous offrant des passages magnifiques où l'on se sent comme projetés dans le bois, ou sur les bords du lac Pekuakami), à la scolarisation représentant la première étape d'une sédentarisation forcée, c'est encore une fois la mémoire familiale mais aussi celle de son peuple et des premières nations qu'il nous confie.
Jeannette fera le chemin inverse de sa mère, par amour d'un homme dont on a décrété qu'il n'était pas Innu, acceptant elle aussi de changer de vie, de tout quitter, de se fondre dans la masse . Elle en gardera une blessure se traduisant par une réticence à parler de ses origines.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
leonceleonce   26 octobre 2022
ELLE

Dans le bois, la communication , c'est souvent un simple regard. Un mot peut faire fuir le gibier ou signaler notre présence à un ennemi. Parler n'est
pas nécessaire. " Écoute et observe, avait l'habitude de dire ma mère. Goûte ,
touche, sens aussi." C'est ainsi que j'ai grandi. Et ces cinq mots , des mots simples qui représentent les cinq sens et qui incarnent toute la philosophie
de ma mère et des miens, depuis des millénaires, je les porte toujours en moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
nath45nath45   21 novembre 2022
ELLE
On devenait âgé tôt, dans ces années-là. Mais les vieux ne nous dérangeaient pas. Au contraire. Mon grand-père m’avait expliqué dès ma jeunesse qu’il fallait prendre soin des aînés.
- Sois toujours polie, petite. Si tu veux vivre vieille, il fait aider les aînés. Tu comprends cela ? Si tu ne t’occupes pas des vieux de ta communauté et de ta famille, c’est que tu n’es pas une bonne personne. Ça fait partie de la vie. Ne l’oublie jamais. (Page 120)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
bilodohbilodoh   27 avril 2021
« Qu’on le veuille ou non, la vie place des obstacles sur notre chemin […] À force d’essayer de les contourner, on peut s’égarer, et parfois il vaut mieux escalader la montagne plutôt que d’en faire le tour. Du sommet, on distingue mieux sa propre destinée. »

(Libre expression, p.147-8)
Commenter  J’apprécie          90
nath45nath45   21 novembre 2022
Mais enfants et petits-enfants ont grandi dans un monde où les vieux n’ont aucune utilité. Quand j’avais des questions ou besoin d’information, je me tournais vers mes parents ou mon grand-père, qui savaient tout ce qu’il fallait savoir. Aujourd’hui, les jeunes se tournent vers la télévision, la radio et Internet. Les aînés ne sont plus considérés comme des dépositaires du savoir. Une vieille personne pour eux est quelqu’un qui ne travaille pas et dont il faut souvent s’occuper. C’est un poids. (Pages 228-229)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
bilodohbilodoh   28 avril 2021
… j’écoutais notre forêt, je respirais ses parfums. J’avançais en glissant sur l’eau. Je n’étais qu’un bout d’humain, cependant, je me sentais en harmonie avec ce lieu immense, à la fois inquiétant et paisible. J’étais chez moi. C’était en moi, inscrit depuis toujours. Nitassinan.

(Libre expression, p.24)
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Michel Jean (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Jean
La communauté est pour une grande part ce qui forge notre identité. Lorsque celle-ci est menacée, force est de constater que les aînés restent les dépositaires d'un savoir. Ces trois récits explorent comment, pour réparer ce qui a été brisé, il est nécessaire que la trame des liens familiaux, distendue par une volonté d'indépendance, se resserre. Michel Jean, Katherena Vermette et Kawai Strong Washburn
autres livres classés : sédentaritéVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus





Quiz Voir plus

Littérature québécoise

Quel est le titre du premier roman canadien-français?

Les anciens canadiens
La terre paternelle
Les rapaillages
L'influence d'un livre
Maria Chapdelaine

18 questions
197 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature québécoise , québec , québécoisCréer un quiz sur ce livre