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EAN : 9782910386078
123 pages
Editions de l'Encyclopédie des Nuisances (01/01/1998)
3.84/5   48 notes
Résumé :
Le 22 janvier 1998, Theodore Kaczynski a reconnu devant un tribunal californien être le terroriste que la police avait dénommé «Unabomber»; et par là même être l'auteur du manifeste — Industrial Society and Its Future — dont «Unabomber» avait obtenu
la publication dans la presse, en assurant qu'il cesserait en échange les attentats à la bombe qu'il commettait depuis dix-sept ans.
Ce texte existe en version numérique gratuite, et à qui voudra le lire a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Parce que les conséquences de la révolution industrielle ont été désastreuses pour l ‘humanité, Theodore Kaczynski préconise une révolution contre le système industriel en s'attaquant aux bases économiques et technologiques de la société actuelle.
(...)
Nous nous attarderons peu sur la personnalité et le destin de l'auteur qui n'ont que trop occulté le contenu de son texte pour laisser le lecteur seul, en tête à tête, avec celui-ci. Radical !

Compte-rendu de lecture complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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On ne peut que condamner les attentats terroristes de Théodore Kaczynski. Pourtant, à la lecture de son manifeste, impossible de nier une certaine lucidité quant à sa perception du monde industriel et de son évolution désastreuse pour l'homme. Divisé en de nombreux paragraphes (plus de 200), cette oeuvre brève mais particulièrement dense, aborde de nombreux points, qui parfois auraient nécessité plus amples développements. Un défaut toutefois quasi inévitable dans le cadre des essais et en particulier des manifestes.

Par contre, si Kaczynski excelle dans la dénonciation des maux minant la société moderne, il échoue assurément à proposer des solutions crédibles. Par conséquent, le dernier tiers du manifeste se limite à des ébauches de solutions de remplacement particulièrement évasives, comme si l'apparente clairvoyance du début de l'ouvrage laissait soudainement place à un tâtonnement dans l'obscurité la plus totale.
Du coup, on ressort de la lecture avec une certaine déception, un sentiment d'inachevé. Je ne peux dès lors m'empêcher de rapprocher l'auteur à certains politiciens brillants dans l'opposition, et complètement inefficaces une fois au pouvoir.

Ce manifeste a-t-il simplement servi de prétexte aux actes criminels de son auteur ? On pourrait le suggérer car Kaczynski n'a jamais caché qu'il avait entamé sa croisade sanglante par vengeance. Il s'était retiré du monde industriel pour rejoindre un coin sauvage du Montana et quand, après plusieurs années d'exil, il a constaté la construction d'une route sur un de ses sites naturels favoris, sa quiétude fut brisée et il a décidé de prendre les armes.

Je crois cependant qu'il faut séparer ses actes forcenés de sa pensée.
Le manifeste consiste moins en une exhortation à la violence qu'en une analyse posée, rationnelle de la société moderne, de ses nombreux moyens d'instrumentalisation et de coercition de l'individu pour assurer sa propre pérennité.
C'est pourquoi, le lecteur curieux d'une vision originale et probablement pas si éloignée de la réalité, devrait pouvoir surmonter ses préjugés sous peine de passer à côté d'une lecture enrichissante et passionnante à bien des égards.



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Théodore Kaczynski est un terroriste suffisamment instruit pour écrire des brochures propagandistes sur ses motivations. Pour résumer sa façon de penser, on pourrait la qualifier d'anarchisme anti-progressiste nietzschéen.
Il commence et termine son opuscule en s'attaquant au gauchisme (le socialisme, le collectivisme, le politiquement correct, le féminisme, les défenseurs des minorités, des animaux, etc.) qui, sous ses faux airs de rébellion, contribue à accentuer la mainmise de l'industrie et de la technologie sur l'homme. Et il faut avouer qu'il assène quelques vérités sur cette idéologie gauchiste qui plairont forcément à ceux qui n'en sont pas dupes. Quant aux gauchistes patentés qui se complaisent si souvent à être des caricatures d'eux-mêmes, ils seraient bien avisés de lire ces lignes pour avoir une petite idée de l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes.
Il assène des vérités mais les causes qu'il donne ne valent guère mieux qu'un article dans les pages psy d'un magazine féminin. D'ailleurs, on peut se demander s'il y a un quelconque intérêt à lire des analyses psychologiques de collectivités faites par un assassin psychopathe. Et on aurait probablement plus de raisons d'utiliser les mêmes ficelles que lui pour dresser son portrait psychologique en asocial, frustré, incapable d'empathie et d'humanité.
Mais ce livre au constat lucide (la complète dépendance de l'humanité au système techno-industriel) est tellement bourré de choses idiotes (j'ose à peine évoquer sa manière de justifier ses meurtres comme moyen de publicité) que je préfère abandonner toute tentative de commentaire de ce qu'il conviendrait d'appeler une « instruction déviante » ou une « raison perdue ». Simplement, il aurait mieux fait de se concentrer sur l'éternel conflit entre l'individu et la société (car c'est bien son gros problème) et ne pas chercher la liberté individuelle là où elle n'a jamais été et ne sera jamais, dans sa négation même.
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Cet homme trouvait bien de tuer et encore mieux de provoquer des famines et autres désastres humanitaires pourvu que la société industrielle s'effondre.
Un exemple typique de l'impasse d'une certaine radicalité anti-industrielle, qui confond les symptômes et la cause, et reproduit en fin de compte l'inhumanité.

Logiquement, la dégradation, dévastation et la destruction de la nature sont faciles à percevoir, non seulement du fait de leur importance, mais d'abord par l'illusion qu'elles seraient extérieures à l'humain.
Par contre, l'aliénation, la falsification, l'appauvrissement de l'humain et des relations humaines sont moins perçus, d'une part parce qu'ont disparu les points de comparaison, avec la disparition des anciennes communautés, mais surtout parce que cette dégradation touche directement l'intériorité, qui n'est pas visible.
On continue ainsi à appeler humain ce qui risque de n'en avoir bientôt plus que l'apparence.
La dissolution de l'humanité dans le monde de la marchandise est masquée par l'apparence humaine des comportements les plus marchands.
La falsification tend à devenir le mode d'être universel que chacun doit produire et entretenir envers les autres comme envers soi.
La disparition de l'humain est l'opération secrète de la guerre que le dieu argent mène partout.
𝘊𝘦𝘵𝘵𝘦 guerre est la cause de tous les maux qui affectent la vie sur terre.
L'industrialisation démente, la dénaturation de tout qui s'ensuit, ne sont que les symptômes les plus visibles de cette guerre.
L'urgence vitale est la redécouverte et le rétablissement de relations humaines justes et vraies, belles et authentiques.
Toute révolte collective peut en être l'occasion, quelles que soient par ailleurs ses motivations et revendications déclarées.
À l'inverse, la perpétuation de relations de pouvoir, de manipulation, de nuisance, sous couvert de "critique", de révolte, fût-elle "radicale" enfonce encore un peu plus l'humain dans l'obscurité de sa misère existentielle.
Contre l'éclat aveugle et destructeur du dieu argent, il n'y a d'autre issue et combat que le rayonnement du meilleur de l'humain.
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Ce livre a été publié pour deux raisons : l'auteur (surnommé 'Unabomber' par le FBI est un brillant mathématicien devenu survivaliste-terroriste) et son chantage (il promit de cesser l'envoi de colis piégés si son essai était publié).
Cela a suffit à attiser ma curiosité....et puis 120 pages c'est vite lu.
Theodore Kaczynski propose sa vision de la société moderne, totalement soumise à l'industrie-technologique, et souhaite rallier le lecteur à sa cause qui est tout simplement l'éradication de toute technologie collective. C'est à dire un retour, qui ne peut se faire que par une révolution, à des technologies individuelles, relevant de l'artisanat.
Theodore Kaczynski se dresse contre le gauchisme, qu'il définit comme une volonté d'imposer le multiculturalisme et émanant de personnes souffrant de manque de confiance en soi mais nourries par un appétit du pouvoir insatiable et débordant.
L'essai est une succession de plus de 200 chapitres très courts, partant du constat jusqu'à la solution finale en passant par les explications aussi diverses que farfelues. Certaines idées sont justes, notamment sur l'utilisation de la génétique et du 'big data'.
Le but étant pour lui de nous convaincre sur la nécessité de 'de renverser non des gouvernements, mais la base économique et technologique de la société actuelle.' Non sans humour (?), ou tout simplement honnêteté intellectuelle, l'auteur avoue que 'Partout dans cet article nous avons fait des déclarations imprécises et des déclarations auxquelles auraient dû être attachées des restrictions et des réserves; et certaines de nos déclarations sont peut être catégoriquement fausses.'. N'en jetez plus...
Le seul intérêt de ce livre est de pénétrer dans la pensée d'schizophrène paranoïde, pour lequel le FBI dépensa des millions de dollars afin de le capturer.
Cela relève de la simple curiosité, donc ;-).
Je conseillerai de lire la page wikipedia de Theodore Kaczynski, destinée tragique d'une personne hors-norme, plus douée en maths que pour construire des explosifs (heureusement).

Lien : https://fr.wikipedia.org/wik..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Les êtres humains ont un besoin (probablement d’ordre biologique) pour quelque chose que nous appellerons le « processus de pouvoir ». Il est apparenté au besoin de pouvoir (qui est bien connu) mais qui n’est pas exactement la même chose. le processus de pouvoir comprend 4 éléments. Parmi les 3 les plus facilement identifiables, nous citerons le but, l’effort et la réalisation du but (tout le monde a besoin de buts dont la réalisation demande des efforts et a besoin de réaliser au moins quelques uns de ces buts). Le quatrième élément est plus difficile à définir et n’est pas nécessaire à tout le monde. Nous appellerons l’autonomie et nous en discuterons plus loin
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Prenons comme hypothèse le cas d’un homme qui obtiendrait tout ce qu’il veut simplement en le désirant. Cet homme a du pouvoir, mais il va aussi avoir de sérieux problèmes psychologiques. Au début, cela l’amusera beaucoup, mais au fur et à mesure, il finira par s’ennuyer et par être démoralisé. Eventuellement, il peut devenir dépressif, au sens clinique du terme. L’histoire nous montre que les aristocraties sybarites ont fini par devenir décadentes. Ce n’est pas vrai pour les aristocraties combatives qui avaient à se battre pour conserver leur pouvoir. Mais les aristocraties indolentes et bien installées qui n’avaient pas besoin de défendre leurs prérogatives sont souvent devenues blasées, hédonistes, et démoralisées, quant bien même elles détenaient le pouvoir. Ceci montre que le pouvoir n’est pas tout. On doit avoir des buts permettant d’exercer ce pouvoir.
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Tout le monde a des buts ; au moins acquérir le minimum vital : nourriture, eau, de quoi se vêtir et s’abriter. Mais l’aristocratie désœuvrée obtient tout cela sans effort. D’où son ennui et sa démoralisation.
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L’échec à réaliser des buts importants amène à la mort s’ils concernent des besoins vitaux, et à la frustration s’ils ne mettent pas en danger la vie du sujet. Des échecs graves pour parvenir aux buts d’une vie conduisent au défaitisme, à la faible estime de soi, et à la dépression.
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Ainsi, pour éviter de graves problèmes psychologiques, un être humain a besoin de buts qui nécessitent un effort, et il doit avoir une chance raisonnable d’aboutir à ses fins.
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La révolution industrielle et ses conséquences ont été un désastre pour la race humaine. Elle a accru la durée de vie dans les pays « avancés », mais a déstabilisé la société, a rendu la vie aliénante, a soumis les êtres humains a des humiliations, a permis l’extension de la souffrance mentale (et de la souffrance physique dans les pays du Tiers-Monde) et a infligé des dommages terribles à la biosphère. Le développement constant de la Technologie ne fera qu’aggraver la situation. Ce qu’auront à subir les hommes et la biosphère sera de pire en pire ; le chaos social et les souffrances mentales s’accroîtront, et il est possible qu’il en aille de même pour les souffrances physiques, y compris dans les pays « avancés ».
(…)
Par conséquent, nous préconisons une révolution contre le système industriel. Cette révolution peut user de violence ou pas ; elle peut-être brève et radicale ou s’étaler sur plusieurs décades en tant que processus graduel.
(…)
Pratiquement tout le monde s’accorde à reconnaître que nous vivons dans un monde chaotique. Une des manifestations les plus répandues de la folie de notre monde en est le « gauchisme » [leftism] ; une discussion sur le « gauchisme » peut servir d’introduction à une discussion des problèmes de la société moderne en général.
(…)
Les philosophes « gauchistes » modernes ont tendance à repousser raison, science, réalité objective et à préférer le relativisme culturel.
(…)
Pour les sociétés primitives, la nature (qui n’évolue que très lentement) fournissait un cadre stable et par conséquent un sentiment de sécurité. Dans le monde moderne, c’est l’homme qui domine la nature plutôt que l’inverse, et la société moderne évolue très rapidement pour suivre le progrès technique. Il n’y a plus de cadre stable.
(...)
Aujourd’hui les gens vivent plus en fonction de ce que le système fait pour eux ou à leur place qu’en fonction de ce qu’il font pour eux-mêmes. Et ce qu’ils font est de plus en plus canalisé par le système.
(…)
Comme nous l’avons expliqué dans les paragraphes 65-67 et 70-73, l’homme moderne est englué dans un réseau de lois et réglementations, et ce fait est du aux manœuvres de personnes inaccessibles qu’il ne peut influencer.
(...)
Un adolescent normal doit se dépenser en se colletant avec le monde réel. Parmi les sociétés primitives, les enfants apprenaient des choses en harmonie avec les pulsions naturelles de l’homme. Chez les amérindiens, par exemple, les garçons s’entraînaient à des occupations de plein air — le genre de choses qu’aiment les garçons. Mais dans notre société les enfants sont poussés vers les matières techniques, ce qu’ils font en rechignant.
(…)
Du point de vue de la stratégie révolutionnaire, le seul point sur lequel nous devons absolument insister, c’est le fait que l’unique but doit être l’élimination de la technologie moderne, et qu’aucun autre ne doit interférer avec celui-ci. Pour le reste, les révolutionnaires doivent rester pragmatiques. Si l’expérience montre que certains conseils indiqués plus haut ne donnent pas de bons résultats, il ne faut pas hésiter à s’en débarrasser. (n° 1, 4, 6, 18, 49, 66, 114, 116, 206)
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Dans la société industrielle moderne, la satisfaction des besoins matériels ne requiert qu’un minimum d’efforts. Il suffit de suivre une formation qui dispense un petit savoir-faire technique, puis d’arriver à l’heure au travail et de déployer le peu d’effort nécessaire pour conserve ce travail. Une intelligence moyenne et, par-dessus tout, la soumission : voilà tout ce que la société demande, ensuite de quoi elle prendra soin de vous, depuis le berceau jusqu’à la tombe. 
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Imaginons un alcoolique assis devant un tonneau de vin. Supposons qu’il se dise : « le vin n’est pas mauvais s’il est consommé avec modération. On dit même que de petites quantités de vin sont bonnes pour la santé… ça ne me fera pas de mal d’en boire un petit coup… ». Bien sûr, vous savez ce qui arrive. N’oubliez jamais que vis à vis de la technologie, la race humaine est comme un alcoolique devant un tonneau de vin.
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Les gens parviendront-ils à résister victorieusement à l'introduction d'un tel contrôle ? Ce serait certainement le cas si on tentait de l'instaurer brusquement. Mais parce qu'il sera installé très progressivement, il n'y aura aucune résistance rationnelle et efficace.

A tous ceux qui pensent que cela relève de la science-fiction, nous répondons que la science-fiction d'hier est la réalité d'aujourd'hui. La révolution industrielle a radicalement changé l'environnement et le mode de vie de l'homme, et comme la technologie s'attaque désormais au corps humain et à son esprit, il faut s'attendre à ce que l'homme lui-même soit changé tout aussi radicalement que le furent son environnement et son mode de vie.
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Vidéo de Theodore John Kaczynski
Rémi Tell _Kaczynski et la société industrielle
>Culture et normes de comportement>Pratiques culturelles>Sociologie de la technique (28)
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