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1925. le narrateur est embauché par son ami d'enfance Pierre Garin ( Garine ) à Canton, comme secrétaire et traducteur, au sein du Kuomintang de feu Sun Yat Sen, dirigé par Borodine ( qui a vraiment existé ). Canton est en guerre contre Hong Kong aux mains des Anglais.
Tchang KaÏ Chek et l'Armée Rouge de Gallen se battent contre les troupes chinoises des Anglais. le récit est ponctué des attentats de Hong, anarchiste, mais aussi des fusillades isolées contre les Cantonnais. le sage Tcheng Daï, au pouvoir ( ? ) essaye de modérer les deux factions. Il se suicide ou est assassiné. Hong Kong en profite pour coller des affiches contre Canton, et Garine, chef de la Propagande du Kumintang, les fait rapidement recouvrir d'affiches accusant Hong Kong.
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Je ne connais pas assez André Malraux. Il est prouvé biographiquement qu'il ne peut pas être physiquement le narrateur de ce livre. Il a qualifié plus tard ce roman de 1928 de création d'adolescent.
Le style utilisé est celui d'un journal de guerre, comme celui de Mussolini. On s'y croirait. le narrateur est en admiration devant Borodine, communiste, et surtout Garine.
Malraux était-il communiste à cette époque ?
Etant contre les conquêtes territoriales ou financières, je ne peux cautionner ce livre, surtout avec Borodine, un Russe qui vient exporter sa révolution en Chine ; Hong le dit bien : nous n'avons pas eu besoin d'eux auparavent ! Cependant, ce roman est bien écrit, même s'il y a des éléments laissés dans le flou.
Il est aussi possible que Malraux ait fait ce roman contre la guerre, mais aucun élément ne le laisse supposer.
A t-il changé plus tard ?
Dans la postface écrite en 1948, il fait une conférence. Il condamne nettement ce qu'il appelle les psychotechniques, la propagande, quelles soient américaines pour inciter à consommer, ou staliniennes pour adhérer au parti ; et il pose la question :

"Comment empêcher les techniques psychologiques de détruire la qualité de l'esprit ?"
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Je ne reviendrai pas ici sur une analyse « littéraire » des Conquérants. Elle serait pour moi une redite de ma critique de la Condition Humaine, en moins fouillée. Je propose plutôt ici d'aborder cette oeuvre par une réflexion personnelle sur son thème principal, posé en titre.

Un film, un poème parnassien, une bande dessinée, un numéro spécial d'une revue d'Histoire… voilà tout… tout ce que nos puissants moteurs de recherche modernes offrent en réponse au mot-clé « Les Conquérants »… quelques rapides mentions du roman d'un certain André Malraux, et une analyse semble-t-il fouillée de leur rôle dans l'Histoire, d'un auteur inconnu, Muhamyankaka Damien Bambanza… indisponible à la vente. Rares sont donc les références de fond que j'ai pu trouver pour introduire cette interrogation : « qu'est ce qui fait courir les conquérants ? »

Pourtant, ils sont partout. Depuis les conquérants de l'espace, des pôles ou du nouveau monde, aux conquérants de l'inutile, de l'impossible, ou de l'accord parfait. Plus prosaïquement, chacun d'entre nous s'emploie chaque jour à conquérir… plus de parts de marchés, pouvoir et reconnaissance, l'amour de ses proches, la félicité, ou simplement plus de temps pour se ressourcer ; certains (et certaines) se spécialisent dans la conquête amoureuse et d'autres dans celle du jardinage (référence à la nouvelle plante crée par semis successifs).

L'esprit de conquête est tellement ancré dans l'adn de l'être humain que l'étymologie n'offre que des variations sur la « conquista » ; le « conquaere » est resté ce qu'il était du temps de César, ne faisant que se décliner dans toutes les activités sociales.

Et pourtant, qu'on oublie un instant le con- englobant, saisissant, totalisant, créant propriété et subordination –et donc historiquement et philosophiquement le plus souvent par la force-, et la « queste » du vieux françois, la quaesita latine se trouve révélée… mais que cherche donc ce conquérant de tout acabit ?

Au-delà du roman reportage sur la Chine révolutionnaire de 1929 et de ses qualités littéraires certaines et marquant son temps, au-delà de réflexions sur l'impact et les techniques de propagande au service d'un « cause », la question de fond que pose Malraux dans Les Conquérants, comme dans la Condition Humaine, reste bien celle-ci : qu'est-ce qui pousse ces « conquérants » à l'action ? En quoi cela participe-t-il de leur « condition humaine » ? Quelle est le sens de cette quête ?

On pourrait répondre qu'elle n'en a pas : la folle chevauchée d'Alexandre jusqu'à l'Indus et son exigence que lui soit rendu un culte divin pour cela l'aura-t-elle empêché de mourir jeune d'une crise de palu comme le dernier des touristes imprudents ?

Et même si les conquêtes laissent dans l'Histoire des traces importantes, souvent hors de la volonté de leurs initiateurs, à commencer par les « brassages » ethniques, culturels et religieux, peut-on oublier les destructions et la mort qui les accompagnent ? synonyme de succès aux yeux du peuple ou de la postérité lorsque la propagande est efficace, la conquête passe souvent par un travail de l'ombre sale et qui n'a rien d'épique.

Alors pourquoi les Conquérants ? S'il n'y a pas de succès durable et sans souffrance, si seule perdure la roue de la vie et de la mort, pourquoi cette énergie à aller au-delà, au-delà de soi, du « je », vers cet autre qui m'anime, m'émeut, m'attire, vers cet ailleurs que mon premier regard de découvreur déjà embrasse, possède secrètement… tandis que mes poings déjà se ferment pour en défendre l'accès à l'étranger.

Malraux répond « l'action ». Si l'homme ne se contente pas de cultiver son jardin, c'est qu'il lui faut l' « actio ». Mais comme l'écrit très justement Dorian Astor, le « deviens ce que tu es » de Nietzche et Pindare n'a rien à voir avec le slogan moderne de nos armées et autres détournements dont les grandes enseignes de vente ont le secret pour caresser notre désir infini d'être et de s'affirmer comme individu à des fins marketing.

Malraux, comme Nietzche, considère la volonté de puissance comme le moteur fondamental mais n'allègue pas de valeur en soi à l'individu : c'est le processus d'individuation lui-même qui compte et fait exister. Penser, parler, agir : tel serait donc la conquête dont nous parle Malraux –comme bien d'autres-, sans apporter de réponse toute faite.

Ainsi, chacun pourra continuer de chercher la transcendance dans une action pensée, consciente qu'au-delà d'une fuite devant nos peurs personnelles et collectives, l'être « agissant » est, par l'action même, plus que par son résultat ; et chacun pourra également s'employer à penser l'action juste, question sans fin elle aussi, depuis l'antiquité, d'autant qu'elle aussi ne se dénoue que dans le rapport complexe entre l'intention, l'action et l'effet.
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Une première publication en feuilleton dans « La Nouvelle Revue Française » suivie d'une sortie en librairie en 1928, voilà « Les conquérants », un roman de jeunesse d'André Malraux. Et quel roman ! Nous voilà plongés dans la Chine révolutionnaire de 1925 qui verra la prise de pouvoir de Tchang Kaï-chek.

Dans le but de faire échec à l'Angleterre, puissance coloniale, Borodine et Garine, en dignes représentants de l'obédience soviétique fomentent une grève générale à Canton et à Hong Kong …

Un beau livre militant comme on n'en écrit plus guère ; tantôt journal, tantôt roman, tantôt reportage… Mais ne nous y trompons pas, c'est Malraux avec son tempérament de baroudeur passionné d'Asie qui parle à travers le narrateur…

Et puis quand on lit ce livre à quinze ans, l'aphorisme le plus célèbre de l'auteur vous saute à la figure : « J'ai appris qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie ».


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Avec re roman, récit primordial dans l'oeuvre de l'écrivain, Malraux s'attaque au problème de la mort et veut en saisir enfin le sens. La mort constitue en effet le thème central de ce récit ; son écrasante obsession se manifeste à toutes les pages.
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"Qu'ai-je fait de ma vie moi? Mais bon Dieu que peut-on en faire à la fin?"
Cette question existentielle, celle du sens à donner à sa vie, posée dans Les conquérants par Garine "commissaire de la propagande" révolutionnaire du type conquérant, homme puissant et dur qui a désiré le pouvoir et se remet en cause, se retrouve dans les principaux romans d'André Malraux (écrivain de génie et homme politique). Ainsi dans La condition humaine (prix Goncourt), il traite du thème "comment s'affranchir de sa condition d'homme?" et dans La voie royale, il aborde également la solitude du héros qui n'échappe pas à son destin.
Les conquérants a d'abord été publié en feuilletons. André Malraux, sur place au moment des faits, prend la parole à travers son narrateur (ami de Pierre Ganin dit Garine) venu d'Europe en paquebot (une escale à Saïgon, une à Hong-Kong) qui relate les évènements historiques (de juin 1925 à aout) lors des grèves visant à la cessation de travail des ouvriers d'Hong-Kong (aux richesses mal acquises dues "à l'impérialisme anglais") alors que le gouvernement de Canton rêve de "restituer l'unité de la Chine" et donc d' atteindre l'Angleterre dans "son prestige".
Fanatisme,idéal,haine....l'angoisse et la violence montent crescendo. "Guerre latente contre l'Angleterre immobile", interventions militaires, arrestations,tueries,tortures...absurdité de la vie.
Garine, l'anarchiste ambitieux qui veut une révolution culturelle, est ici opposé à Borodine, le corrompu qui souhaite une révolution sociale. Hong, qui a été le secrétaire de Garine, est le chef des terroristes. Tcheng-Daï le "chef spirituel de la droite du parti". Les forces s'opposent, les manipulations de tout genre et les enjeux financiers survolent la politique.
Un excellent livre, un peu trop intellectuel à mon goût, qui interpelle le lecteur à travers Garine mourant: j'éprouvais "le sentiment de la vanité de toute vie, d'une humanité de forces absurdes".
La volonté de puissance entraine-telle la chute des conquérants?
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Voici donc un roman agréable de Malraux, bien que présenter à mon goût de façon inutilement pompeuse par le quatrième de couverture extrait d'un article sur ce livre. Malgré un texte largement moins magistral que "La condition humaine" où Malraux avait su allier réflexion politique et evolées épiques, cet ouvrage reste un livre intéressant.

Et à mon sens, intéressant sur au moins trois points. D'une, il donne un éclairage sur une secousse de l'histoire peu médiatique car noyée dans une époque troublée et pour la Chine et pour le monde. Ensuite, les réflexions de Malraux, à travers ses personnages, sur la révolution son sens, ses dérives potentielles et ses interactions avec la société civile qu'elle prétend défendre autant que combattre sont instructives ; en effet, elles éclairent sur un mode d'activisme alliant endoctrinement politique, vision historique et volonté nihiliste, utile pour comprendre leurs héritiers contemporains. Enfin, par sa réflexion appuyée sur l'absurde de la vie et la révolte de l'homme face à cela, ce roman renvoie très fortement au Meursault de Camus qui près de quinze ans plus tard ancrera définitivement cette vision dans la littérature.
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Quel livre ! quel roman ! l'histoire importe peu, ce sont les réflexions de Malraux sur la vie, le sens, les hommes, le monde qui jaillissent. C'est fort. Et la postface est encore meilleure, sur la force, la renaissance, la métamorphose des cultures qui transmet l'élan du créateur Égyptien à l'homme d'aujourd'hui quand il admire son oeuvre. A lire et à relire.
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Emportant le lecteur dans les méandres de la Chine révolutionnaire des années 20, Les Conquérants intrigue, tient en haleine, et perd son lecteur qui navigue entre les personnages, les factions, les trahisons et les espoirs individuels.
Le fond est intéressant par l'esquisse qu'il fait des hommes et de leur nature, mais la lecture n'est pas aisée, et pas aussi prenante que la célèbre Condition humaine.
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Livre accès sur l'évolution de l'homme à travers celui de la révolution. Cela donne à connaître une facette poignante de ces périodes de transition.
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Mon premier roman de Malraux de mon côté un tres bon roman,une histoire poignante et engagée, écrite avec un talent fou.Le roman n'a pour moi pas pris une ride.Un delice de lecture !
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