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4,02

sur 230 notes
nadejda
  27 août 2015
« La petite lumière » est un texte au pouvoir magique qui envoûte le lecteur pour le laisser à la fin pris entre enchantement et étouffement, émerveillé comme cet homme devant la beauté fragile de la vie, les lucioles, trois lys odorants, un vol d’hirondelle mais aussi sa prolifération destructrice.

Cet homme seul nous dit dès le début : « Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant.»

Il va nous entraîner entre la vieillesse du monde et sa renaissance éternelle, au sein de la lutte pour la vie dans un enchevêtrement monstrueux :
« un furieux enchevêtrement muet de formes nées des graines portées par le vent ou par d’autres bombes qui pullulent dans le ventre pourri du monde, et qui entament leur lutte pour grimper vers le haut, vers la lumière. »

Mais à l’inquiétude et l’angoisse des moments où il se dit :
« Il n’y a rien ! Il n’y a rien ! », je me disais en rentrant en voiture au long de ces lacets de plus en plus serrés et déserts au fur et à mesure que je m’approchais de l’endroit où je vis.
« Il n’y a, en tous lieux, que cette pullulation désespérée de vie et de mort à travers le temps, l’espace, que cette imagination désespérée… »

va répondre « la lucina », la petite lumière dont il ne sait d’où elle vient, qui le fait se questionner :
« quand le soleil disparaît à derrière la ligne de crête et qu'il commence à faire nuit, et que tout ce monde végétal devient invisible et noir comme une grande éponge nocturne, de l'autre côté, là-bas, au loin, chaque nuit, chaque nuit, toujours à la même heure, s'allume soudain cette petite lumière. »

Entre pulsion de vie et de mort cet homme solitaire va aller, de questionnement en questionnement, à la rencontre de son enfance retrouvée.
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diablotin0
  10 avril 2021
Intrigant mais aussi apaisant.
"La petite lumière" qui scintille dès la nuit tombée aiguise la curiosité du narrateur qui est venu s'isoler dans un hameau où il est le seul habitant.
D'où vient cette petite lumière ? Qu'est-ce que c'est ? Nous sommes, nous aussi, avides de savoir et nous suivons avec attention le cheminement du narrateur. Ce n'est pas une recherche dans la précipitation, nous prenons le temps de découvrir la nature, de parler aux lucioles, d'observer les renards, les grenouilles...
La nature est ici omniprésente, fascinante et bien vivante.
Et puis nous rencontrons un petit garçon et là encore nous prenons le temps de comprendre qui il est d'où il vient. Je ne suis pas sûr qu'il faille absolument trouver une réponse il est sans doute préférable de se laisser aller à cette solitude poétique, reposante.
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berni_29
  25 avril 2020
La petite lumière est un récit très court d'un auteur italien que je ne connaissais pas, Antonio Moresco, et qui m'a touché.
Pour l'anecdote, je l'ai découvert à l'occasion d'une émission de La Grande Librairie où Daniel Pennac était l'invité et indiquait quel serait le livre qu'il emporterait sur son île déserte...
Difficile de décrire ce roman, commençons peut-être par le début, le côté narratif.
On entre dans ce récit comme dans une histoire ordinaire.
Le narrateur est un homme qui éprouve l'envie de disparaître, se retire dans un hameau désert dont il devient le seul habitant, une terre ancienne qui est la sienne et en même temps il l'aborde de manière détachée. On ne sait pas pourquoi et sans doute ce n'est pas important.
Il est usé, abîmé physiquement, semble perdu, ne sachant peut-être plus qui il est vraiment.
« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant ». Ainsi commence ce roman.
Lorsqu'il se pose dans la maison qu'il habite, il est intrigué par une petite lumière qu'il perçoit au loin tous les soirs. Elle s'allume comme un phare, comme un réverbère, comme un rendez-vous.
C'est une lumière au loin de l'autre côté du paysage, sur l'autre versant.
C'est une lumière qui devient obsessionnelle, à tel point que le narrateur veut en savoir plus, n'aura de cesse que d'aller retrouver cette petite lumière, savoir son origine.
Cette lumière, elle pourrait peut-être sortir tout droit de l'imaginaire du narrateur. Il n'en est rien, cette lumière est bien réelle.
Alors il décide d'aller chercher la source de cette lumière. Il n'y a pas de route pour y parvenir. Mais il va trouver un chemin.
Il part en quête de cette lueur, il traverse alors le paysage par les chemins, les futaies, les broussailles...
Il parvient à une maison, cette maison où brille la lumière. Une fenêtre est accrochée à la nuit. Il s'en approche, il voit un garçon qui fait ses devoirs. Tout semble normal, à part le décor, les vêtements de l'enfant, les cahiers, tout semble venir de l'autrefois. L'enfant semble vivre seul. Cet enfant, qui est-il ? Pourquoi vit-il tout seul ?
Voilà pour l'intrigue. Pour le reste, il faudra se fier à notre capacité et envie de cheminer plus loin...
Et puis, c'est là qu'est notre richesse de lecteur, nous avons une capacité énorme à imaginer la suite, ou même pas forcément la suite, mais peut-être ce qui était avant ou ailleurs...
C'est une écriture singulière, concise, à l'épure.
Il y a quelque chose qui tient de la grâce, du mystère absolu, d'une respiration suspendue à la fenêtre de la nuit.
Cette lumière, d'où vient-elle si ce n'est de l'autre côté d'un horizon improbable qui ne mènera à rien, si ce n'est à nos propres existences, à notre enfance, à un pays perdu dont les séismes de la vie ont fait dériver nos souvenirs comme des plaques tectoniques ?
Ce livre appelle, égare, deroute...
Oui, je me suis fait une réponse en traversant moi aussi le paysage, je me suis fait une idée sur cette petite lumière, mais je vous laisse deviner et cheminer aussi vers l'autre côté du versant...
Alors, comment revenir en arrière après ce texte ? Éteindre la lumière, la petite lumière, et puis se retirer des pages... Refermer le livre. Continuer notre chemin...
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isabelleisapure
  09 septembre 2019
« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. »

Qui est cet homme ? veut il en finir où simplement se faire oublier quelques temps ?

Que représente cette petite lumière qui apparaît toujours à la même heure et semble l'attirer comme un aimant ?

Qui est ce petit garçon qui vit seul, se débrouille comme un grand et va à l'école du soir, alors qu'il semble déjà en savoir plus que beaucoup d'adultes ?

Ce roman est incroyable, une expérience hors norme dans ma vie de lectrice.
Je suis restée scotchée à ces pages avalées en deux petites heures et je vais vous faire un aveu, je n'ai pas les réponses, simplement mon interprétation.
Est-elle la bonne ?
Je n'en suis pas sûre et au fond, quelle importance !

Si vous acceptez les mystères, les questions sans réponse, les non-dits, alors foncez, ce livre est un bijou.

Si vous aimez la belle littérature où chaque mot est posé au bon endroit, au bon moment, alors foncez, ce livre est fait pour vous.

Bref, quelques soient vos attente en ouvrant un livre, ne passez pas à côté de ce … Je ne sais plus que dire pour vous convaincre de suivre « La petite lumière ».
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bobfutur
  14 février 2021
Fable de la vie et de la mort, où la vie n'est qu'un court passage qui porte déjà en elle cette mort. Un venin tranquille qui s'insinue en toute chose.
Livre du silence, de l'obscurité, de la solitude, perturbés seulement par cette petite lumière, ce vague espoir. La vie y apparait comme une force destructrice, calmée seulement par la persistante imminence de la fin.
Un sixième sens qui nous chuchote à l'oreille "I see dead people"...
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motspourmots
  19 novembre 2014
"La petite lumière" est un texte qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent. Court roman, entre fable et récit. On ne sait jamais réellement où l'on est ni qui est le narrateur ou plutôt ce qui a pu se passer dans sa vie pour qu'il choisisse de s'isoler dans ce hameau en ruine, inhabité, en pleine nature.

"Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. le soleil vient tout juste de s'effacer derrière la ligne de crête. La lumière s'éteint. En ce moment je suis assis à quelques mètres de ma petite maison, face à un abrupt végétal. Je regarde le monde sur le point d'être englouti par l'obscurité."

Avec un tel début, difficile de ne pas être intrigué. Mais nous ne saurons rien des sentiments qui habitent cet homme, tout juste serons-nous témoin de ses interrogations sur le monde qui nous entoure. Est-ce que la vie n'est qu'un infini recommencement ? A travers son observation de la nature qui l'entoure, végétale, animale mais également toute puissante et imprévisible. Ici, l'observation des arbres et des volées d'hirondelles remplace aisément la télévision. le spectacle du feu craquant dans la cheminée fait office de grand écran. Notre homme vit seul, se rend simplement une fois par semaine dans un village proche, l'un des rares villages habités de la région pour acheter de quoi manger. Un soir pourtant, il est intrigué par une petite lumière émanant d'une zone a priori déserte et décide d'aller voir sur place quelle en est la source. Il trouve un enfant, seul comme lui, dans une petite maison.

Qui est cet enfant ? Comment s'est-il retrouvé ici ? le narrateur va tenter de comprendre mais l'auteur n'a aucune intention de donner des explications toutes faites. Pourquoi ce garçon a-t-il des culottes courtes et un cartable comme on n'en fait plus ? Quelle est cette école du soir où il dit se rendre pour étudier mais que personne dans le village ne semble connaître ? Autour d'eux, la nature s'affole, les insectes se cachent, les oiseaux fuient, signes annonciateurs d'un séisme...

C'est un texte très fort, qui mérite certainement une ou deux relectures parce que lors de la première, on a tendance à se concentrer sur l'intrigue et la recherche de réponses au lieu de se contenter de savourer les mots, cette ambiance qui monte et vous emprisonne. Il faut s'isoler, au calme, sans interruptions intempestives... Disons que ce n'est pas une lecture pour le métro. Il mérite d'être reçu dans de bonnes conditions.

En ce qui me concerne, une bien jolie découverte, encore une fois grâce à ma libraire préférée chez Chantelivre, rue de Sèvres.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Fleitour
  17 avril 2017
Antonio Moresco est un auteur à découvrir, d'une écriture singulière qui vous charme, tel un sortilège il vous distille une portion d'imaginaire, avant de vous entraîner avec ses mots vers des paysages insolites ou inquiétants et le monde ne sera plus le même, « Pas un signe de vie Humaine ».p9

La mise en scène des secousses sismiques, ajoute une inquiétude charnelle, palpable, « On entend aucun bruit, pas un seul cri d'animal nocturne, de terre, d'air. Ils doivent tous être immobiles qui sait où, pétrifiés, après que le tremblement de terre a fait vibrer la terre et le ciel sous leurs pattes et sous leurs ailes. »


Où sommes nous ? dans un décors titanesque où « les châtaigniers se découpent sur la forêt dans leur évidence spectrale », « ces troncs fossiles, des arbres mourants étouffés par les surgeons ou par le nuage du lierre », où plus loin p15, «  des mousses ou des lichens emmaillotent de leurs linceuls de velours des bois et de grosses pierres affleurantes. 


»L'histoire est banale dans ses premières pages, mais elle va vite glisser, le récit, la langue l'ambiance, se cristallisent autour de la présence d'une petite lumière, qui chaque soir s'allume à la même heure. Pourtant sur l'autre crête en face il n'y a aucune activité humaine, plus troublant encore aucune route n'y mène, un chemin ? Mais lequel.

L'obsession du conteur n'a pas faibli, « Il faut que j'aille là-bas..., je me dis encore, en continuant à regarder cette petite lumière, la couverture sur les épaules, face à un abrupt végétal, il doit bien y avoir une route, un chemin pour arriver là-bas.

Il découvre un enfant qui est seul et apprend ses leçons. Il établit peu à peu une relation. le narrateur venu pour disparaître, est maintenant pris dans le mystère absolu de sa présence, entre son regard sur le monde et cet enfant, ce mystère fait exploser sa mémoire, comme ses certitudes.

Rien ne ressemble à ce récit, il faut suivre le narrateur se laisser porter et goûter ce langage poétique et envoûtant, et s'il avoue « Je regarde le monde sur le point d'être englouti par l'obscurité. ». IL nous prend « par la main pour nous dire, tout est prêt, il fait nuit maintenant ».

Magique et lumineux


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PetiteBalabolka
  26 décembre 2016
Un livre-épure qui tient à la fois du conte poétique et philosophique. Comme à chaque fois que je lis ce genre de livres (et je m'aperçois que c'est souvent du côté de la littérature italienne), j'ai le sentiment de chausser des gros sabots pour en parler. Pourquoi ? Parce que l'histoire est simple, facile à résumer mais la symbolique, immense. D'emblée, je sais que je n'ai pas tout perçu, pas tout compris. Est-ce important ? Pas tant que ça, en fait.
Le narrateur dont on ne saura rien est venu habiter un hameau abandonné, à l'écart de tout, quelque part dans une zone sismique, certainement en Italie. Partout la végétation reprend ses droits, sur les façades des maisons, dans les potagers délaissés. La nature est très présente dans ce livre et l'auteur en donne une analyse fine, à mi-chemin entre la description et l'admiration parfois mêlée de crainte à moins que ce ne soit de respect pour cette vitalité renouvelée.
La petite lumière, face à sa maison, sur le versant de montagne recouvert de forêts, intrigue le narrateur. Est-ce une présence extra-terrestre comme le suggère un fermier qui s'applique à répertorier leurs manifestations ? Est-ce une présence humaine ? le narrateur qui ne semble avoir aucune occupation particulière s'approche et découvre une petite maison cachée dans les bois. C'est là que vit un enfant, habillé un peu à la mode d'autrefois. le roman comporte très peu d'indications temporelles mais on comprend tout de même qu'il n'est plus d'usage de s'habiller en culottes courtes. le narrateur s'inquiète de le savoir seul, isolé de tout mais l'enfant lui prouve, par ses petits gestes appliqués qu'il est autonome et responsable. Mais qui est cet enfant mystérieux ?
L'auteur, par plusieurs scènes singulières, un peu comme de petites touches nous immerge doucement dans un univers mi-philosophique ou mi-onirique (ah, que je sens mes gros sabots...) servi par une écriture dont l'épure époustoufle. Un roman qui imprègne, qui perturbe et laisse parfois pantois, un roman que chacun lira et recevra à sa façon, peut-être comme un matériau modulable.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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nath45
  22 mars 2020
L'histoire est simple, facile à résumer, un homme vit seul, reclus dans un petit hameau inhabité, il vit simplement, il observe la nature, parle avec les hirondelles, il mène une vie extrêmement solitaire.
Il remarque un soir un petit point lumineux de l'autre côté de la vallée, cette petite lumière au départ l'intrigue puis elle devient obsédante, tous les soirs à la même heure elle s'illumine. Il décide de partir à la recherche de cette lueur...
Un roman d'une grande beauté, à l'écriture épurée, gracieuse, une réflexion intime liée à la fragilité de l'existence, un texte délicat et lumineux.
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Moglug
  25 juillet 2015
de l'autre côté de la vallée, au milieu des arbres, une petite lumière lui tient compagnie chaque soir. Il entreprend alors de découvrir son origine. Mêlé de descriptions merveilleuses du monde naturel qui l'entoure, de dialogues intérieurs avec les animaux, avec lui-même, ou avec « la petite lumière », frisant le fantastique, ce court roman est une vraie pépite, une réussite littéraire par les questions qu'il soulève et par les perspectives qu'il déploie pour le lecteur contemplatif.

Je ne sais pas encore ce que j'en garde réellement. C'est un récit qui me travaille. Il parle de solitude incontestablement, et de mort, mais d'une manière si douce qu'il mériterait sans doute le qualificatif de « rédempteur ». Cela dit ce n'est pas tant la mort qui m'interpelle, mais cet isolement souhaité, non expliqué et finalement pas aussi bien vécu que le protagoniste l'aurait voulu. Je ne vais pas me lancer dans une analyse que je suis incapable de faire. Finalement, ce livre me renvoie au Mur invisible par les thématiques abordées, avec un goût d'achevé toutefois que ne nous propose par Marlen Haushofer. La petite lumière offre une réponse fine et sensible à l'éternelle solitude humaine, fantastique et par conséquent inaccessible et hypothétique, mais sans être tout à fait impossible. Sur le fil du rasoir, ce livre interroge insidieusement…
Lien : https://synchroniciteetseren..
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