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ISBN : 2870038658
Éditeur : Couleur Livres (12/01/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Le droit à la richesse individuelle est aujourd’hui sans limites. Et si ce droit à la propriété sans borne était au cœur de nos problèmes, surtout depuis la mondialisation et la financiarisation de l’économie qui procurent un immense pouvoir aux plus fortunés ? Alors qu’aucune autre solution ne semble à la hauteur pour combattre l’accroissement des inégalités, le délitement de notre socle social et la destruction de l’environnement.

Philippe Richard ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  08 juin 2017
Contre le droit effectif et sans limite d'accumuler une fortune
Les divergences d'analyses ne doivent pas empêcher de regarder de près des propositions ou des solutions politiques pour aujourd'hui ou demain.
Philippe Richard part d'une certaine appréhension des inégalités pour mettre en avant l'abolition du « droit à la fortune ». Certes, les réponses au constat des inégalités ont quelque chose à voir avec l'analyse de ces mêmes inégalités – je reviendrai sur ce point en fin de note. Mais ici aussi, au delà des appréciations divergentes, il est possible que des mesures sont communes ou possiblement convergentes à des projets forts éloignés.
L'auteur me semble parler du point de vue des hypothétiques classes moyennes, ou classe intermédiaire, en défense de la « pensée libérale » contre son dévoiement… Je reviendrai plus loin sur cela.
Quoi qu'il en soit, une invitation à vérifier que l'on peut marcher un peu ensemble, malgré des divergences.
Philippe Richard commence par des descriptions de la richesse croissante pour une minorité, la place des inégalités de patrimoine – dont « le patrimoine individuel accumulé par héritage », la forte disparité de richesses entre pays et au sein de chaque pays, la croissance des inégalités, les « excès » grandissants de l'économie dérégulée, la concentration du capital… Il interroge « le droit à la fortune est-il encore pertinent ? Et que signifierait un plafonnement de la richesse individuelle ? » tout en précisant qu'il ne veut pas « remettre en cause le modèle d'économie marchande dans son ensemble ».
L'auteur analyse différentes théories économiques dont la critique de l'économie politique présentée de manière caricaturale et parle de nouveau libéralisme décomplexé, du néolibéralisme et de ses excès, de la mondialisation et de la sphère financière, de rente de situations – mais le plus souvent en termes de situations individuelles -, de concurrence fiscale et sociale entre pays, des contre-réformes fiscales, des allégements fiscaux aux entreprises, de « violence sournoise et terrible »… Il souligne qu'en absence de cadre fixé institutionnellement, le droit à la fortune est « un droit effectif sans limite ».
L'auteur aborde aussi le bien-être versus la fortune, le sentiment de supériorité, l'égoïsme méprisant, le narcissisme, l'insatiabilité de la richesse, la défense des privilèges d'une minorité…
Il aborde la crise écologique, le gaspillage des ressources, la dette écologique, les limites de notre environnement… et discute aussi de propositions comme l'augmentation de l'impôt sur le revenu ou sur le patrimoine, le plafonnement des successions, d'allègement du « fardeau de la dette publique » (mais sans audit de celle-ci)… pour en souligner les limites et proposer ses idées comme « une rupture salvatrice » qui irait dans le « sens de l'histoire » !.
Philippe Richard explique en détail sa « proposition structurelle » et son opérationnalité, le plafonnement du patrimoine individuel proportionnel au salaire médian, les conditions de réalisation, les mesures complémentaires, la distinction entre divers types de propriété, le plafonnement des revenus…
Il propose le transfert de propriété dans une structure dite AID (la référence à un Fonds souverain reste cependant inquiétante !) qui serait « autonome » (bien dans la pensée libérale !) pilotée par un « Conseil national composé de représentants issus de la vie politique et économique, de la société civile et de spécialistes reconnus dans différents domaines ». Les membres seraient élus au sein de leur « corps d'appartenance »… Nous sommes loin d'une chambre autogestion ou d'une chambre sociale !!!.
L'auteur détaille à quoi et comment pourrait servir les fonds gérés (investissements, développement, aides à un plan quinquennal, etc.), en insistant sur les spécialistes du privé, les acteurs privés, les partenariat public-privé…
Si les notions de « cercle vertueux », de « choc de compétitivité (« notre » compétitivité) » restent plus que discutables, Philippe Richard argumente sérieusement et examine des éventuelles répercutions négatives.
Il s'agit bien d'une proposition construite à discuter.
Des inégalités réelles analysées par Philippe Richard – les inégalités de patrimoine et de revenus – peuvent être en partie combattues par ce qu'il propose. Je suis cependant surpris qu'il n'articule pas sa proposition à d'autres propositions, en particulier sur les divers volets d'une nécessaire réforme fiscale radicale ou la forte limitation du droit à l'héritage.
Mais la divergence principale concerne les causes des inégalités, non les excès du capitalisme comme l'écrit l'auteur (dans l'oubli de l'exploitation et des dominations) mais le capitalisme lui-même, la division sociale du travail (dont la division sexuelle du travail), l'absence de contrôle direct des salarié-e-s sur la production, l'absence de contrôle démocratique institutionnalisé pour l'ensemble des citoyen-ne-s, le pouvoir des « entrepreneurs » et non l'autogestion généralisée…
Et si l'auteur indique « l'égalité devant la droit reste une égalité de principe et non une égalité de fait », « l'égalité représente pourtant une qualité démocratique fondamentale, incontournable », « l'égalité dépasse la seule notion de l'égalité de droit ou même de l'égalité des chances », il n'évite pas cependant les notions d'« égalité des chances », d'« équité », d' « inégalités injustes », d'« inégalités de positions », de « gagnant-gagnant », la valorisation du « mérite individuel », de la « récompense », du « talent »… soit une véritable défense des inégalités…
Parler des excès du capitalisme et non du capitalisme comme excès ne permet ni de comprendre ses fonctionnements en tant que système, ni ses contradictions – dont les crises – ni l'appropriation privée des productions sociales…
Reste aussi des articulations très discutables et pour certaines nettement plus réactionnaires, la naturalisation de phénomènes sociaux, la survalorisation de l'économie artisanale et du « libre entrepreneur » (entreprenariat) ou de l'économie « participative », la défense du droit à la propriété privée des moyens de production, la valorisation des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la confusion entre travail et force de travail, la défense de la nation « La France » – « la nation des Droits de l'homme » – dans l'oubli de l'impérialisme et des politiques de colonisation ou des divisions et des intérêts sociaux divergents, les valeurs « de dépassement de soi », les moulins à vent des « extrêmes » ou du « communautarisme » dans le silence du communautarisme réellement existant des dominants… Sans oublier la « troisième voie » aux relents douteux.
De ce point de vue finir par une citation de Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier, en oubliant ses relations avec les mouvements fascistes, ne me semble pas appropriée…
Abolir le droit à la fortune, réduire le temps de travail, développer les biens communs (« l'usage des biens au coeur des enjeux face à la propriété individuelle »), construire la transition énergétique… Nous pouvons peut-être faire quelques pas, ensemble. Et, en tout cas, discuter de mesures immédiatement applicables modifiant les conditions de vie matérielle du plus grand nombre.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
HevalHeval   11 mai 2017
Derrière l'idéologie libérale, chantre de la liberté, se cache en réalité la promotion des valeurs de compétition de l' "affirmation de soi" et le rejet des valeurs humanistes de "dépassement de soi". Ce système s'auto-entretient mécaniquement puisqu'il valorise les individus adhérant à ces valeurs, et a tendance à l'inverse à évincer les autres. Il encourage les personnalités centrées sur elles-mêmes, ayant pour priorité leur réussite et leur pouvoir personnels, et peu le soucis du collectif. Ceux qui useront de narcissisme et de cynisme pour réussir auront toutes leurs chances, tandis que les personnalités privilégiant le "dépassement de soi" seront marginalisées. Les premières sont glorifiées, tandis que les secondes sont déconsidérées. Le modèle s'avère ainsi bien verrouillé, servant une minorité en l'érigeant, et c'est toute la force de la pensée, néolibérale, en personnalités respectables, bienfaitrices et talentueuses.

Dans un tel contexte de compétition agressive et d'effets de marginalisation, il ne faut donc pas s'étonner de la recrudescence de la violence et du sentiment d'insécurité qui mine nos sociétés modernes. Et il semble totalement vain de lutter contre les antagonismes croissants entre citoyens, si le modèle de société ne connaît pas de transformations profondes. Tous les programmes de lutte contre la violence et l'insécurité, dans une société qui ne promeut que l'affirmation de soi, ne peuvent représenter que des soins palliatifs, qui ne déboucheront jamais sur une guérison: pour réussir, il nous faut combattre l'origine du mal et pas seulement ses maux.

Entre les économistes hétérodoxes et libéraux, nous sommes finalement surtout dans un combat de valeurs, au-delà des discours d'experts, les premiers privilégiant les valeurs de "dépassement de soi" et les seconds "d'affirmation de soi". La réussite du néolibéralisme comme modèle de croissance économique est d'ailleurs intimement liée à cette promotion des valeurs "d'affirmation de soi" car celles-ci ont l'avantage de pousser à l'enrichissement personnel et à une consommation de masse qui dépassera les besoins d'usage en leur donnant une forte valeur sociale: les marques et produits de luxe sont ainsi davantage désirés pour leur image sociale que pour leurs qualités intrinsèques. Tout ceci est certes un atout pour la croissance économique, mais ne représente pas pour autant un gage de prospérité puisque son moteur repose uniquement sur l'individu et pas sur le collectif. Cette idéologie concède donc logiquement une place privilégiée à tous les individus répondant à ces caractéristiques, et ces derniers s'y sentent bien puisqu'ils peuvent s'exprimer pleinement dans un tel modèle.

La réussite professionnelle, dans notre modèle libéral, apparaît donc comme le résultat d'une nature individuelle en bonne adéquation avec ce système: qualités de communication, d'organisation et de rigueur, ainsi que d'opportunisme, d'audace, de séduction, voire de cynisme. Le niveau de capital professionnel sera fortement lié à ces composantes. A l'inverse, d'autres qualités ne sont pas ou que très peu valorisées, comme l'ouverture d'esprit, l'écoute, l'honnêteté, la bienveillance, la serviabilité, contribuant à un gâchis pour les personnes plus proches de cette nature et portées par ces valeurs, mais également pour l'ensemble du collectif qui se retrouve dans une société empreinte de peurs et non de confiance. Ce déséquilibre dans la hiérarchie des valeurs a pour inconvénient d'accentuer l'agressivité au sein de toute la société, par un manque de considération de l'autre et des biens communs et biens publics, générant des coûts induits non négligeables: gaspillages et destructions, qui exigent alors de renforcer divers services, de lutte contre la violence, le vol, le cambriolage ou le vandalisme, tout comme le maintien et la protection de l'environnement, ou encore un accompagnement médical et social des personnes en échec, dans une grande solitude, en souffrance au travail, marginalisées, sans perspectives, exclues. Étonnamment, cette inefficacité du système, liée à ce déséquilibre des valeurs, n'est jamais évoquée par les libéraux. La seule réponse trouvée est le dénigrement et la répression, ce qui ne fait qu'exacerber les frustrations et les peurs, un processus en totale contradiction avec notre besoin de confiance.
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HevalHeval   03 mai 2017
(...) nous percevons surtout une opposition dans l'approche de la société, entre les libéraux privilégiant une démarche centrée sur l'individu et la notion d'efficacité, tandis que les hétérodoxes y ajoutent une dimension plus collective, y intégrant la notion d'équité. Si les libéraux entendent que, dans une concurrence ni pure ni parfaite, le capitalisme devient générateur d'inégalités, ils estiment que l'efficacité du système élève suffisamment l'ensemble pour que les moins biens lotis bénéficient également de la croissance économique. Les hétérodoxes considèrent en revanche, qu'au-delà de l'efficacité globale d'un système, la pertinence de l'efficacité d'un modèle s'appréhende par une équité à en bénéficier : un système qui générait une forte croissance économique globale mais qui ne profiterait qu'à une minorité des acteurs ne peut être considérée comme efficace. D'autant que la brutalité des marchés s'avère trop forte pour toute une partie de la population, notamment les plus fragiles: les plus pauvres, les moins formés, les plus jeunes ou plus anciens, les plus éloignés des services collectifs, etc. Les modes de régulation fondés sur l'équité viennent réduire cette brutalité des marchés, quitte à limiter la croissance économique par une moindre compétitivité, mais en privilégiant le bien-être collectif, qui dépasse la seule agrégation des "maximisations" individuelles.
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HevalHeval   03 mai 2017
" Pardoxalement, les coûts d'ajustement pèsent lourdement sur les personnes dont les sources de revenu sont peu diversifiées, comme les salariés, puisque le travail est un facteur peu diversifiable par nature, et les petits entrepreneurs qui misent une grande partie de leurs moyens disponibles dans leur affaire. En revanche, les détenteurs de capitaux importants peuvent se prémunir de ces coûts d'ajustement en diversifiant leurs investissements et placements, une diversification largement facilitée par l'informatique qui permet d'acheter et de vendre en un clic selon les évolutions du marché."(...)" L'optimum économique bénéficiera ainsi bien davantage aux mieux lotis, ceux qui disposent d'un capital - patrimonial, professionnel et de notoriété - car il leur offre une mobilité aisée - mobilité dans l'emploi (géographiquement mais aussi en termes de postes et d'entreprises), ainsi et surtout que dans leurs investissements et placements - garantie d'une facilité d'adaptation face aux ajustements à réaliser, et d'une facilité à saisir les opportunités; tandis que les moins avantagés, par nature moins mobiles, hériteront surtout des aspects négatifs des ajustements, et très peu des opportunités qui se présentent à eux. Ce modèle conduit mécaniquement à des cercles vertueux pour les mieux lotis et des cercles vicieux pour les moins bien lotis (...)."
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HevalHeval   03 mai 2017
Une personne disposant de capital, surtout patrimonial, aura l'occasion de saisir dans les meilleurs conditions les opportunités offertes par les marchés; dans le même temps, elle connaîtra peu de déconvenues puisque les ressources que lui procure son capital forment, en partie du moins, des rentes de situation; et si néanmoins elle rencontre des difficultés, elle bénéficiera de moyens pour rebondir, d'un filet de sécurité pour ne pas sombrer. A l'inverse, toute personne démunie en capital sera confrontée à une dure réalité de la vie, semée d'embûches, alors même qu'elle dispose de peu de filets de sécurité pour rebondir. La réussite de tous les enfants de riches sera donc bien plus aisée que celle d'enfants de pauvres. Tant mieux pour ces chanceux, et effectivement le but n'est pas de rendre la vie difficile à ceux qui ont la chance de disposer de moyens, mais plutôt de soutenir l'ensemble de la population dans ses projets, en atténuant les barrières à l'entrée et donc les rentes de situation qui protègent et enrichissent une minorité au détriment des autres, tout en rompant avec le discours paradoxal de valorisation du talent des plus riches alors que leur réussite est davantage le ferment d'un contexte favorable, leur capital, plutôt que celui de leurs seules compétences personnelles.
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HevalHeval   04 mai 2017
Le pouvoir des grandes fortunes semble aujourd'hui sans borne, tout simplement car les frontières n'existent plus, pour eux et pour leurs avoirs financiers. Ils sont en effet capables de s'affranchir des Etats et de leurs règles. Les plus riches se retrouvent ainsi dans une position extrêmement favorable, sans aucunes contraintes qu'eux-mêmes. Ainsi, non seulement ils sont les mieux placés pour profiter pleinement de la sphère financière, généralement très lucrative à moyen terme, mais ils sont également en capacité d'outrepasser les règles des Etats, grâce à des optimisations fiscales mondialisées, à des dissimulations facilitées par les paradis fiscaux, à des changements de leur lieu d'installation ou à défaut, à des négociations de remises d'impôts ou de taxes, ou encore d'obtention de subventions grâce au facile chantage à l'expatriation.
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