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Citations sur L'oreille interne (40)

(David Selig est un marginal qui a le pouvoir de lire dans l’esprit des autres, hommes ou femmes)

Le pouvoir apporte l’extase (...). Les mortels viennent au monde dans une vallée des larmes et ils se distraient comme ils peuvent. Certains, à la recherche du plaisir, se tournent vers le sexe, la drogue ou la télévision. D’autres ont recours au cinoche, à l’ivresse, au rami, à la bourse, au tiercé, à la roulette, aux chaînes et au martinet à pointes, aux éditions originales, aux croisières dans les Caraïbes (…) et je ne sais quoi encore.
Mais pas lui. Pas David Selig le maudit. Tout ce qu’il avait à faire, c’était de s’installer tranquillement n’importe où, les écoutes bien ouvertes, et de boire les pensées portées par la brise télépathique. Sans se fouler, il menait une centaine de vies par personnes interposées. Il accumulait dans son coffre à trésor les trophées de mille âmes dépouillées. L’extase. Mais bien sûr, tout ça c’était il y a longtemps. (page 108)
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Celui qui regarde par le trou de la serrure s'expose à voir des choses déplaisantes pour lui.
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Je tenais ma main en l'air avec les doigts recourbés en V en signe de paix, et je hurlais des slogans idiots avec les autres. Je fuyais le long des couloirs de Furnald Hall devant la marée dévastatrice des uniformes bleus au bidule brandi. Je discutais stratégie avec un gauleiter barbu du SDS, qui finit par me cracher à la figure en me traitant de sale indicateur bourgeois. Je regardais les douces filles de Barnard déchirer leur corsage et agiter leurs seins nus devant des flics à la libido exaspérée, tout en hurlant de féroces expressions anglo-saxonnes que les filles de Barnard de mon époque reculée n’avaient jamais entendues. Je regardais un groupe de jeunes étudiants chevelus de Columbia pisser rituellement sur une pile de documents qu’ils venaient de tirer de l’armoire d’un malheureux assistant qui préparait son doctorat. C’est à ce moment-là que je compris qu’il ne pouvait plus y avoir d’espoir pour l’humanité, quand les meilleurs d’entre nous étaient capables de perdre la tête pour la cause de l’amour et de la paix et de l’égalité des hommes. Ces soirs-là, j'entrai dans beaucoup de pensées, et je n'y trouvai rien d'autre que folie et hystérie. Une fois, de désespoir, après avoir réalisé que je vivais dans un monde où deux factions de fous se livraient bataille pour prendre le contrôle de l'asile, j'allai vomir à Riverside Park après une échauffourée particulièrement sanglante et je me laissai prendre par surprise (imaginez un peu, moi, me laisser prendre par surprise !) par un jeune voyou noir de quatorze ans qui me soulagea avec le sourire des vingt-deux dollars que j'avais dans la poche.
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Pardonner, c'est bien ;
Oublier, c'est mieux !
Vivants, nous nous tracassons ;
Morts, nous vivons.
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Axiome: C'est un péché contre l'amour que d'essayer de remodeler l'âme de quelqu'un que vous aimez, même si vous croyez que vous l'aimerez davantage quand vous l'aurez transformé en quelque chose d'autre.
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Les gens se fâchent toujours quand on leur dit des vérités qu'ils ne veulent pas entendre.
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Voyez ces paperbacks introuvables des années 40 et 50, dans des formats de toutes sortes, avec des couvertures de plastique laminé ! Voyez ce que vous pouviez acheter alors avec 25 cents ! Voyez les couvertures lascives, les caractères agressifs ! Ces livres de science-fiction datent de la même époque. Je les gobais tout crus, espérant trouver quelques indices sur la nature de mon pauvre moi disloqué dans les univers fantastiques de Bradbury, Heinlein, Asimov, Sturgeon, Clarke.
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Mais d'un autre côté, sans ton pouvoir, qu'est-ce que tu es ? Sans cet unique, sans ce faible, sans ce périssable, sans cet inconsistant moyen de contact avec eux, comment pourras-tu les atteindre ? Ton pouvoir te relie à l'humanité, pour le meilleur et pour le pire, et c'est la seule attache que tu aies. Avoue-le. Tu ne peux pas te permettre de le laisser filer. Tu l'aimes et tu le méprises en même temps, ce don que tu possèdes. Tu as peur de le perdre, malgré tout le mal qu'il t'a causé. Tu es prêt à te battre pour te raccrocher à ses derniers lambeaux, même si tu sais d'avance que le combat est perdu. Lutte donc.
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Silence entre mes deux oreilles. Le vide noir résonne. Aujourd'hui, je n'ai absolument rien. Tout est parti. Je ne capte même pas la clameur des Portoricains d'à côté. Novembre est le mois le plus cruel, qui fait pousser des oignons sur l'esprit trépassé. Je suis en train de vivre un poème d'Eliot. Je me transforme en mots sur une page. Vais-je rester comme ça à m'apitoyer sur moi-même . Non. Non. Non. Non. Je me défendrai. Exercices spirituels destinés à me restaurer mon pouvoir. À genoux, Selig. Baisse la tête. Concentre-toi. Transforme-toi en une fine aiguille de pensée, un rayon laser télépathique, partant de cette pièce pour gagner le voisinage de la magnifique étoile Bételgeuse. Tu y es ? Parfait. Le rayon mental effilé et pur perce l'univers. Attends une seconde. Tiens bon. Ne laisse pas s'épaissir. Bon. Grimpe maintenant. L'ascension de l'échelle de Jacob. C'est une expérience hors-du-corps, David. Grimpe, grimpe toujours ! Transperce le plafond, transperce le toit, transperce l'atmosphère, l'ionosphère, la stratosphère. Plus haut. Dans les espaces interstellaires. Oh, noir noir noir. Froid le sens et perdu le motif de l'action. Non, arête ! Seules les pensées positives sont autorisées dans ce voyage. Élève-toi ! Élève-toi ! Vers les petits hommes verts de Bételgeuse IX. Pénètre leur esprit, Selig. Effectue le contact. Effectue... le contact. Grimpe, bordel de yid ! Pourquoi ne grimpes-tu pas ? Grimpe !
Et alors ?
- Rien. Nada. Niente. Nulle part. Nulla. Nichts.
La redescente sur terre. Dans les funérailles silencieuses. D'accord, abandonne, si c'est ça que tu veux. D'accord, repose-toi un peu. Repose-toi et prie, Selig. Prie.
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Ses hésitations à la guimauve m'exaspèrent. Je ne comprends pas pourquoi quelqu'un qui a l'âge de raison se marie, de toute façon. Pourquoi l'amour aurait-il besoin d'un contrat ? Pourquoi se fourrer dans les griffes de l’État et lui donner barre sur vous ? Inviter les hommes de loi à fourrer le nez dans vos affaires ? Le mariage est pour les instables, les inquiets, les ignorants.
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