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Par luocine, le 20/07/2009
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Abrégeons les préliminaires qui constituent, pour cette activité, le moment le plus pénible. Aucune douceur, aucune excitation, aucun frisson d’extase à espérer quand la première vague glacée vient lécher vos orteils. Elle semble plutôt là pour vous faire renoncer, en vous rappelant que, même par beau temps, la mer reste toujours aussi fraîche, très inférieure à la température du corps…… Certains courent aveuglément sur les galets, ils descendent la pente en poussant des cris et entrent dans l’eau comme des soldats de 14 se jetant sous la mitraille ; d’autres hésitent longuement et progressent, pas à pas, dans une relation masochiste avec l’élément
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Par luocine, le 20/07/2009
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Chaque dimanche, après déjeuner, les paysans cauchois s’engouffrent dans leur voiture pour aller regarder la mer …tout le reste à changer : les cultivateurs habitent des maisons modernes, reconstruites à l’intérieur des anciennes cours plantées ; leurs bêtes engraissent dans des hangars en parpaings et leur fourrage est protégé par des bâches en plastique sous des piles de pneus
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Par kathel, le 17/08/2010
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Le bleu des flots est animé de minces crêtes blanches entre lesquelles glissent les périssoires. Ces élégants canots de bois blanc conduits par des estivants en maillots de bain se croisent partout sur la mer. Un couple d’amoureux longe la côte sans se presser ; ils se laissent dériver assis l’un derrière l’autre, le dos de la fille appuyé contre le torse du garçon qui, parfois, donne un bref coup de pagaie. En face d’eux, sur la plage, les corps dénudés ne semblent pas trop ressentir le petit vent du nord. Ils profitent du soleil comme dans un pays chaud. Et ce mélange d’air frais, de cailloux brûlants, de corps alanguis, de canots pagayant, de voix et de cris, résonne en moi tandis que nous nous apprêtons, avec ma mère et ma soeur, à descendre l’escalier qui relie la promenade à la plage.
Soudain, comme nous posons nos pieds sur les galets en tournant instinctivement vers la gauche, je vois se dresser tout un groupe de jeunes femmes en maillots de bain une pièce qui s’approchent avec de larges sourires, embrassent ma mère, nous dévisagent ma soeur et moi et poussent des exclamations joyeuses, comme s’il s’agissait d’une bonne surprise…
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Service clientèle de
Benoît Duteurtre
Je méprise ces machines grossières qui remplacent un peu partout les humains. L'emploi de standardiste n'est certes pas des plus joyeux mais il assure, dans les services, une forme de contact moins pénible que cette marche à tâtons parmi les vois synthétiques.
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Par luocine, le 31/05/2010
Le Retour du Général de
Benoît Duteurtre
J’aurais dû me le rappeler : nos maladies ennuient ceux qui ne souffrent pas
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Par ChezLo, le 18/12/2010
Chemins de fer de
Benoît Duteurtre
Samedi 26
Quitter la gare en taxi, filer sur la nationale en direction du col ; tourner dans la vallée encaissée où les noms de hameaux se succèdent dans un ordre précis... Quand s'égrènent les derniers kilomètres, je retrouve chaque détail des voyages de mon enfance. Aujourd'hui, comme nous remontions le long de la rivière, le chauffeur m'a parlé de pêche à la ligne. Le cours d'eau sinuait parmi les grandes herbes de la prairie. Une lumière dorée d'automne éclairait les sapinières accrochées aux pentes rocheuses. Là-haut, sur la montagne, j'ai reconnu la ferme de Paul dont la cheminée fumait au milieu de sa clairière. Soudain, par la vitre baissée, j'ai aspiré une bouffée plus âcre et plus noire ; celle du camion de marchandises polonais qui, depuis dix minutes, ralentissais notre avancée.
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Par luocine, le 31/05/2010
Le Retour du Général de
Benoît Duteurtre
le football est sans doute l’un des derniers terrains où s’exprime un relent de nationalisme
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Par luocine, le 31/05/2010
Le Retour du Général de
Benoît Duteurtre
D’un côté ? Paris n’avait jamais été aussi radieux ; de l’autre, cette mise en scène de la beauté, arpentée par une foule en casquettes Nike, entretenait des rapports toujours plus lointains avec la ville radieuse qui m’avait fait rêver.
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Par Musikant, le 17/06/2010
Le Retour du Général de
Benoît Duteurtre
Or, depuis quelques années, cet édifice semblait sur le point de perdre toute valeur. Je l'avais senti une première fois lorsqu'un bon camarade, féru d'informatique, avait entrepris de copier sur internet les enregistrements des musiciens qui m'intéressaient. Chaque fois que je lui citais un chanteur, un compositeur, un interprète, il m'envoyait illico l'œuvre intégral de l'artiste en question -me procurant en un clin d'œil ce qu'il m'aurait fallu des années et beaucoup de moyens pour glaner dans les magasins.Le coût et la patience qu'avaient requis mes collections paraissaient soudain dérisoires.
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Par Musikant, le 05/09/2011
L'été 76 de
Benoît Duteurtre
Au cours de l'hiver 1977, à la Maison de la Culture, j'avais également découvert une pièce pour deux pianos de Luciano Berio, jouée par Katia et Marielle Labèque dans un spectacle chorégraphique de Félix Blaska. Subjugué par cette trame sonore liquide et mystérieuse, parcourue d'infimes nuances, je m’efforçais d'en retrouver les couleurs sur mon vieux Gaveau. Je manquais d'interlocuteurs pour partager ces découvertes ; mais la rareté même d'un tel répertoire en ville faisait de moi une sorte de pionnier local, réinventant l'Histoire pour son propre usage, et cultivant les plaisirs solitaires qui vont de pair avec l'exigence avant-gardiste.
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