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Par carre, le 11/11/2012
Drôle de temps de
Benoît Duteurtre
Il me semble parfois que, malgré mes efforts, je n'existe pas encore en tant qu'individu, maitre de son destin. Mes crises d'adolescence ont fait place au grand vide de l'âge adulte.Mon corps, mon cerveau montrent chaque jours leurs limites.
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Par Hermane, le 22/10/2012
A nous deux, Paris ! de
Benoît Duteurtre
-Salut, tu te souviens de moi, c'est Micheline...Tu sais, en classe de seconde,
Il ne se rappelait pas. D'ailleurs il n'avait jamais été en classe de seconde dans cet établissement. Mais depuis qu'il était célèbre, tout le monde était allé à l'école avec lui.
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Par luocine, le 20/07/2009
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Abrégeons les préliminaires qui constituent, pour cette activité, le moment le plus pénible. Aucune douceur, aucune excitation, aucun frisson d’extase à espérer quand la première vague glacée vient lécher vos orteils. Elle semble plutôt là pour vous faire renoncer, en vous rappelant que, même par beau temps, la mer reste toujours aussi fraîche, très inférieure à la température du corps…… Certains courent aveuglément sur les galets, ils descendent la pente en poussant des cris et entrent dans l’eau comme des soldats de 14 se jetant sous la mitraille ; d’autres hésitent longuement et progressent, pas à pas, dans une relation masochiste avec l’élément
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Par luocine, le 20/07/2009
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Chaque dimanche, après déjeuner, les paysans cauchois s’engouffrent dans leur voiture pour aller regarder la mer …tout le reste à changer : les cultivateurs habitent des maisons modernes, reconstruites à l’intérieur des anciennes cours plantées ; leurs bêtes engraissent dans des hangars en parpaings et leur fourrage est protégé par des bâches en plastique sous des piles de pneus
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Par Lolokili, le 16/05/2012
L'été 76 de
Benoît Duteurtre
En ce lundi de Pentecôte, sous un ciel gris et une mer agacée, l’agitation du bateau me causa d’affreuses nausées. Trois jours de grand calme m’avaient bercé d’illusions ; un seul coup de vent suffit à me faire comprendre que je ne serai jamais navigateur.
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Par kathel, le 17/08/2010
Les pieds dans l'eau de
Benoît Duteurtre
Le bleu des flots est animé de minces crêtes blanches entre lesquelles glissent les périssoires. Ces élégants canots de bois blanc conduits par des estivants en maillots de bain se croisent partout sur la mer. Un couple d’amoureux longe la côte sans se presser ; ils se laissent dériver assis l’un derrière l’autre, le dos de la fille appuyé contre le torse du garçon qui, parfois, donne un bref coup de pagaie. En face d’eux, sur la plage, les corps dénudés ne semblent pas trop ressentir le petit vent du nord. Ils profitent du soleil comme dans un pays chaud. Et ce mélange d’air frais, de cailloux brûlants, de corps alanguis, de canots pagayant, de voix et de cris, résonne en moi tandis que nous nous apprêtons, avec ma mère et ma soeur, à descendre l’escalier qui relie la promenade à la plage.
Soudain, comme nous posons nos pieds sur les galets en tournant instinctivement vers la gauche, je vois se dresser tout un groupe de jeunes femmes en maillots de bain une pièce qui s’approchent avec de larges sourires, embrassent ma mère, nous dévisagent ma soeur et moi et poussent des exclamations joyeuses, comme s’il s’agissait d’une bonne surprise…
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Par Lolokili, le 16/05/2012
L'été 76 de
Benoît Duteurtre
L’oncle de mon père avait fait fortune comme architecte au lendemain de la guerre. La « modernisation du logement » recouvrait alors de juteux échanges avec le monde politique et les entreprises de construction. De nouvelles cités poussaient d’un seul jet dans les espaces froids, morts, excentrés, qui deviendraient plus tard les fameux « quartiers sensibles ». Nul n’y songeait, pour l’heure, et toute une génération de « Grand Prix de Rome » s’était tournée vers cette lucrative activité qui prolongeait, sans trop y croire, les utopies de Le Corbusier. Leur rêve d’artistes s’était transformé en trafic de cages à lapin ; ce qui ne les empêchait pas de retrouver tout leur talent pour construire leurs propres demeures.
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Service clientèle de
Benoît Duteurtre
Je méprise ces machines grossières qui remplacent un peu partout les humains. L'emploi de standardiste n'est certes pas des plus joyeux mais il assure, dans les services, une forme de contact moins pénible que cette marche à tâtons parmi les vois synthétiques.
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Par luocine, le 31/05/2010
Le Retour du Général de
Benoît Duteurtre
J’aurais dû me le rappeler : nos maladies ennuient ceux qui ne souffrent pas
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La petite fille et la cigarette de
Benoît Duteurtre
Non, c'est juste une question de rigueur. Pour moi, les enfants sont des êtres inachevés aux réactions très sommaires ; ils ne pensent qu'à manger, à pleurer, à dominer d'une façon presque mécanique. Quant aux vieillards, la mort leur est déjà familière et ils en attendent le repos. Ne parlons pas des femmes : elles ont conquis l'égalité et je ne vois plus au nom de quoi leur octroyer un quelconque privilège... Non, à mon sens, c'est bien l'homme adulte, l'homme de quarante ou de cinquante ans qui a le plus besoin de soutien, en raison de la façon dont tout le monde le méprise. Il aime encore la vie mais il sent la mort qui s'approche ; par ses facultés intellectuelles, il se croit au meilleur de lui-même, mais son patron songe déjà à s'en débarrasser ; partout, des êtres plus jeunes attendent de prendre sa place. Son ex-femme le regarde comme un gêneur, tout juste bon à payer la pension alimentaire. Ses propres enfants le trouvent complètement dépassé. Quant à sa secrétaire, elle guette le premier sourire de travers pour l'accuser de « harcèlement sexuel » et le faire payer... Dans sa vie, tout culmine et tout s'effondre. Je ne vois pas de symbole plus fragile de la condition moderne.
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