(Billet écrit en mai 2011)
Chronique autobiographique sur les années d'adolescence de l'auteur avec une douce nostalgie de cette époque où les jeunes croyaient à un avenir meilleur, et s'emballaient pour des idées ou des œuvres d'art.
L'histoire se déroule au Havre au milieu des années 70, après mai 68 et le choc pétrolier, dans un climat de fin des trente glorieuses.
Benoît est issu d'une famille de classe moyenne, chrétienne et progressiste. A quatorze ans, il est fasciné par Hélène une jeune fille un peu plus âgée qui lit Bakounine dans la cour de récréation. Une relation privilégiée, mais platonique, se nouera entre les deux jeunes gens et de cette amitié naîtra l'éveil politique puis artistique de l'adolescent. Benoît porte des cheveux longs et à l'instar d'Hélène se veut anarchiste, mais avec un petit côté frileux, apeuré à l'idée des violences révolutionnaires. Il va finalement se tourner vers un combat tout aussi passionné mais qui lui correspond davantage, celui de la révolution artistique. Il dresse d'ailleurs ce constat lucide : «Nous étions des bourgeois ; et puisque refusions cette idée trop simple, la solution la plus courante pour échapper au dilemme consistait à tenter de devenir artistes».
L’été 76 est émaillé des références littéraires, picturales et musicales qui forgent la personnalité et le référentiel du jeune garçon.
J'ai beaucoup aimé.
Benoit Duteurtre retranscrit avec finesse cette époque, l'atmosphère provinciale et par contraste le mythe de la capitale. Il dépeint en couleur sépia les enthousiasmes fondateurs de l'auteur-narrateur et la naissance de sa sensibilité artistique.
J'ai pensé que les émois de l'adolescent auraient gagné à être un peu moins intellectualisés, et que le roman aurait pu faire un peu plus de place à l'éveil des sens (enfin cela n'engage que moi et ce n'était pas clairement pas le propos de l'auteur qui affirme d'ailleurs que les choses du sexe ne l'intéressaient pas à cette époque).
Mais j'ai beaucoup aimé.