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Par brigetoun, le 03/10/2010
L'Arbre de vies de
Bernard Chambaz
D'autres finissent à l'hôpital (un grand mot), une tente, une auberge, un carré de fourgons où tu entends hurler les pauvres bougres et où la nuit ampute, hurler l'infirmier, les bras à droite les jambes à gauche, hurler l'aide-chirurgien (un gamin de vingt ans) brandissant sa quincaillerie, hémorragie, avant d'aviser qu'il ne voit plus la croix de craie où il faut couper, bon dieu, pas de linge, hurler encore, un soldat s'évanouissant sur Vive l'Empereur quand les dents de la scie touchent l'os.
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Par brigetoun, le 03/10/2010
L'Arbre de vies de
Bernard Chambaz
Dans l'ordre : mes cuisses, amaigries, je le sens bien sous mon pantalon de serge qui fabrique toute un géométrie de mauvais plis ; ma main droite, ravinée, que j'a placée devant mes yeux pou les protéger d'un rayon de soleil entré dans ma ligne de mire et devenu plus ardent avec l'heure, la paume lui fait face, et mes veines, rendues saillantes par la position renversée du bras et de la main, m'apparaissent mauves comme à l'automne la Loire en aval de chez nous , le soleil donc égal à lui-même ; le cône oblique de lumière dorée où se suspendent les molécules de poussière qui flottent comme des navires sur la mer quand je les dissipe de la main ; le rectangle de dentelle à la fenêtre et le ruban d'étoffe verte qui lui permet de décrire une hypothénuse (géométrie deuxième année chapitre IV, vous avez le bonjour d'oncle Pierre) ; le ciel avec un seul nuage ; le dôme du chêne centenaire ; les arbres alignés sous le ciel le plus lointain à l'aplomb du nuage, un peu de guingois ; la cime qui frémit grâce à la brise (mouvement harmonieux qui compense l'amertume du premier plan) ; le mur du jardin ; le muret ; le jardin.
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Par brigetoun, le 03/10/2010
L'Arbre de vies de
Bernard Chambaz
Grand-père poursuivait, imperturbable, passait du père au fils comme il aimait que la plupart de ses récits pût se dérouler, Pantagruel donc, lequel pissait encore, une urine chaude qui donnerait moult sources, à Néris, Bourbon-Lancy (future Saône-et-Loire), en Italie, et ne guérirait qu'après avoir avalé - entre autres remèdes - cinq tonnes de rhubarbe. Stupéfait par l'intrigue et les chiffres, je ne remarquais pas qu'il fût question d'une maladie, Grand-père esquivait avec discrétion cet aspect di sujet, nous en resterons là.
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Par brigetoun, le 03/10/2010
L'Arbre de vies de
Bernard Chambaz
Alors quoi ? Écrire, écrire quand même, que peuvent-ils faire d'autre, écrire une fois de plus, un appel, Saint-Just hausse les épaules, ce ne sera qu'un bout de papier inutile, il eût fallu se battre, mon père prétend que l'on se bat aussi avec des mots. Armand Aimable ne se rappelle plus qui prit la plume pour activer le cours des choses, "la liberté triomphe. Déjà ceux que la fermeté a rendus formidables aux traîtres.." mon père trouve que "formidables" et "triomphe" sont sans doute excessifs, se dit que l'heure n'est pas à discuter du style, n'entend pas la voix en lui qui soufflerait que les mots n'ont pas d'heure, oui ou non "triomphe" convient-il, écrire donc..
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Par lanard, le 29/07/2010
Sur la route du sel & du savoir de
Bernard Chambaz
Islam
"Le caravanier observe les cinq piliers de l'islam. La prière canonique a lieu cinq fois par jour, à heures fixes, réglées par des attitudes strictes, et le sable peut se substituer à l'eau pour les ablutions. Allah est Celui par qui tout subsiste et à qui tout retourne. Transcendant et immanent, il est "plus près de vous que votre veine jugulaire" et l'égarement frappe celui qui ne se fie pas à sa loi. Les sourates du Coran donnent le ton. Elles inclinent au mysticisme. Parfois elles conduisent à en découdre avec la raison. Abou Ostmân al-Makki osait: "La moitié de la Connaissance est la question, l'autre moitié la réponse."
p. 76
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Par brigetoun, le 03/10/2010
L'Arbre de vies de
Bernard Chambaz
Nuits blanches, troublées par le trop-plein d'images. J'essayais de rédiger un récit, sans grand succès ; j'installais la table devant la fenêtre, m'asseyais, me levais, les mots hésitaient, me glissaient des mains comme les couleuvres de mon enfance, la neige fondait ; j'amoncelais les repentirs et les points de suspension. Je voyais peu de monde