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Par Luniver, le 30/08/2012
American Vertigo de
Bernard-Henri Lévy
Et puis le nom enfin. Ce nom de mont Rushmore qui semble aller de soi et dont j’ai toujours pensé, comme tout le monde, qu’il était immémorial. Eh bien justement non. Rien de moins immémorial que ce nom de mont Rushmore. Car voici le plus énorme, que je vais découvrir, plus tard, en surfant sur les sites internet consacrés au tourisme dans la région. C'est le nom de Charles E. Rushmore, un avocat qui, en 1885, en pleine ruée vers l’or, au moment où l’on cherchait tous les moyens militaires et légaux d’exproprier les derniers Indiens, sillonnait les Black Hills pour le compte de compagnies aurifères américaines. Comment s’appelle cette belle et riche montagne ? aurait-il demandé à son guide. Pas de nom, lui aurait répondu celui-ci. C'est une vieille montagne indienne sans nom. Donnez-lui donc le vôtre et cet acte de nomination vaudra expropriation.
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Par Lalynx, le 25/03/2011
Les derniers jours de Charles Baudelaire de
Bernard-Henri Lévy
Il pense à Bruxelles, à Paris. Une fois de plus, il se demande ce qu'il fait ici, dans cette ville odieuse, quand c'est là-bas, Poulet l'a dit, que se jouent sa gloire, sa fortune.
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
Méfions-nous des pensées faibles. Ce sont souvent - et paradoxalement - les plus chargées d'ambiguïtés. (p.58)
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
Les communistes sont des salauds, des criminels, parfois des monstres; ce sont des gens dont les forfaits sont d'autant plus inexcusables qu'ils se sont parés le plus souvent du nom si beau de liberté; mais si loin que je sois de ces gens, si étrangers que je me sente de leurs mensonges et leurs valeurs, il reste entre eux et moi un lien que si je n'étais pas écrivain, je qualifierais de lien de chair et que, comme je suis écrivain, je préfère appeler un lien de langue. (p.110)
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Blocs-notes de
Bernard-Henri Lévy
Imperturbable, Gallimard poursuit la publication des Cahiers de Valéry. Un journal ? Non. Plus qu'un journal. Ou, en tout cas, bien autre chose. On y trouve des calculs mathématiques. Des diagrammes et des équations. Une théorie de la connaissance. Des fragments de pensée. Des idées de phrase. Des faux poèmes. Des réflexions, énigmatiques, sur le fils des jours et de leurs travaux. Des ébauches de recherche. Des assertions. Un mot, parfois. Un demi-mot. Des éclats aussi, des moment de ferveur ou d'enthousiasme - mais pour dire : " Je sens avec délices que je pense." Bref la chronique d'un esprit. Le roman d'une intelligence en train de fonctionner. Un journal, si l'on y tient. Mais le plus impudique de tous. Celui que, d'habitude, les écrivains se gardent de tenir et, encore moins, de publier. Leur vrai journal intime - bien plus intime que celui de ces ébats, émois, effrois ou affects qu'ils feignent de confier alors qu'ils n'ont, bien souvent, que le poids des ombres ou des leurres. Le journal de leur pensée, en somme. Le journal d'une âme, oui, saisie en plein exercice de la pensée.
Le Livre de Poche n° 4216, p. 185/186
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
C'est toujours la même idée d'une jeunesse qui, qu'elle soit oubliée ou pas encore née, en amont ou en aval, incarne de toute façon les valeurs du Juste et du Vrai. Au point que je me demande s'il n'y aurait pas dans ce juvénisme, plus encore que dans "la volonté de pureté", l'essence ultime de ces phénomènes que le siècle a appelé "totalitaires". La barbarie à visage juvéniste? (p.325)
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
Un écrivain politisé c'est toujours un irrégulier qui éprouve soudai le besoin d'une cure de positivité. (p.142)
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
On parle beaucoup de Berlin - et on a raison de le faire puisque c'est un peu le symbole de la mort de l'idée communiste. Mais on devrait aussi parler de Phnom Penh. Car, c'est là, dans ce laboratoire parfait, qu'est morte cette autre idée, presque plus meurtrière, qu'était l'idée de révolution. (p.384)
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
La France est un drôle de pays où l'égarement fait la légende, où la proximité du mal contribue à la mythologie et où le fait de trahir un peu vous donne une pointure et une stature supplémentaire. (p.52)
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Les aventures de la liberté de
Bernard-Henri Lévy
Force est de constater que là, à cette ultime minute, [Sartre] porte à son paroxysme cette étrange passion qu'aura été, chez les penseurs, la haine de la pensée. (p.355)