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Par lecassin, le 11/04/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
Un bon écrivain est toujours plus ou moins le reporter de ce que nous ne savons pas voir de la vie.
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Par nadejda, le 20/02/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
... un livre inconnu d'un écrivain que l'on admire, c'est toujours un peu l'adolescence retrouvée : ces moments enchantés des années de guerre où, ayant déniché chez un libraire complice tel ouvrage, pour moi encore inédit et désiré, qui me parvenait à travers la pénurie de papier, les oukases du pouvoir et les prix gonflés par un primitif marché noir, j'emportais ma conquête et me hâtais vers la maison, vers les quelques heures d'appétit, de ravissement ou de colère qui, pour la vie, mériteront seules, à mon goût le nom de lecture... p 201
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Par lecassin, le 25/02/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
Peu nous importe qui parle, et s'il s'agit de souvenirs ou de fiction : les souvenirs à demi imaginaires sont les plus savoureux.
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Par lecassin, le 20/03/2013
Prince des berlingots de
François Nourissier
Vous aurez beau constituer à la maladie des réserves de gravité, de dignité, d'innocence, vous ne ferz jamais oublier qu'elle est d'abord humiliation et solitude.
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Par carre, le 24/03/2012
Eau-de-feu de
François Nourissier
Parce que le vrai alcool n’est pas convivial, n’est pas affaire de compagnie, de mondanité ; il est solitude et silence.
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Par lecassin, le 12/02/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
La critique littéraire a ceci de commun avec la voile ou l'alpinisme qu'il n'est pas nécessaire d'administrer la preuve de sa compétence pour s'y exercer. Il est vrai qu'on y risque guère sa paeu. A peine celle des autres.
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Par nadejda, le 17/02/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
Ce n’est pas un roman-fleuve, c’est un roman-fourmilière, ou termitière. Le pullulement qu’on découvre en soulevant une pierre sur les sous-sols ombreux de la vie. A peine une histoire, mais qui fermente, grouille, pue, suinte, prolifère comme une anarchie de cellules, un paquet de serpents ou de larves, les fantasmes d’un cauchemar.
(...) Ce n’est pas d’un stylo qu’il parait avoir usé dans son livre, mais d’une mitrailleuse à images, à souvenirs, à cruautés. Il nous maintient sous son feu cinq cents pages durant, et il semble se moquer de raconter selon les douteuses lois d’un genre.
p 72 (A propos de Lucien Bodard, Monsieur le consul)
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Par lecassin, le 05/02/2013
A défaut de génie de
François Nourissier
Vous ne comprenez pas qu'on vous a assez vu? Quarante huit ans et des poussières que vous saluez les styles capricants, les ferveurs inquiètes, la fidélité aux disciplines classiques. marre, on vous dit ! vous avez fait votre temps. On vous a applaudi - vous vous rappelez ? -, on vous a un peu malmené, juste assez pour que vous vous sentiez vivant. Mais maintenant, c'est assez joué, cassez-vous. Du balai, du vent, ouste ! Si vous faites vite, on vous regrettera peut-être.
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Par lecassin, le 02/02/2013
La Creve de
François Nourissier
Certains conducteurs ont étalé sur leur volant un journal. La plupart, l’œil vigilant et triste, rencontrent d'autres regards vigilants et tristes.
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Par carre, le 21/03/2012
Eau-de-feu de
François Nourissier
Miss Ecchymoses vous salue bien. Moi qui est le sang fluide-une étreinte passionnée, autrefois, me laissait couverte d'hématomes : j'ai l'air d'avoir été aimé par un gorille.
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Par carre, le 19/03/2012
Eau-de-feu de
François Nourissier
Un couple, c'est comme la bicyclette : ça ne tient en équilibre qu'en avançant, par la vitesse.
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Par Sly, le 17/02/2011
Le Musée de l'Homme de
François Nourissier
Quand on met le pied dans les idées générales, on glisse.
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Par lecassin, le 02/02/2013
A défaut de génie de
François Nourissier
La frime est une manière de politesse. Barthes disait qu'entre la pose et la posture on trouve vite l'imposture.
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Par Bibalice, le 19/12/2012
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
Je m'aperçois, et suis le premier à en sourire, rassurez-vous, qu'insensiblement ma chronique a pris le ton d'une "défense de Louis Aragon"... Comme s'il avait besoin de moi, ce persifleur, ce duelliste aux bottes imprévisibles ! Si j'ai glissé à cette facilité, c'est que tel article m'avait exaspéré, et qu'en moi, s'agissant de cet écrivain, l'affection le dispute toujours à la solennité de rigueur.
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Par Trissotin, le 31/05/2011
Le Musée de l'Homme de
François Nourissier
Je m’aperçois alors que le vrai drame de mon enfance a été de manquer aussi radicalement d’amour. L’amour, ses signes, ses élans, ses excès, sa chaleur, ses soudaines folies : rien de tout cela ne se portait chez nous. À force d’aller sans dire, les sentiments étaient non seulement devenus muets mais ils s’étaient évaporés.
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Par Bibalice, le 19/12/2012
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
Maintenant il va falloir leur expliquer Drieu. Ils vont tous se jeter dessus. Les petits racoleurs de l'extrême-droite, les hôtesses fatiguées du 16ème arrondissement qui se souviennent de son "charme". Les critiques de gauche qui déjà bégayent leur sévérité (...), des éditeurs soudain pressés de réimprimer et gratter de l'inédit après tout ce silence, les journalistes à la botte de l'actualité qui vont méditer à très haute voix sur le romantisme, les entre-deux-guerres et la jeunesse, sans parler de nous, le dernier carré des fragiles caïds de 50-55, les survivants des premiers amis posthumes de Drieu, auxquels on reconnaîtra au moins le mérite d'avoir désigné ce fantôme avec une certaine insistance voilà dis bonnes années.
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Par Trissotin, le 31/05/2011
Le Musée de l'Homme de
François Nourissier
Notre histoire de non-amour dure depuis quarante ans. Non que ma mère ne m’ait pas aimé : elle m’a aimé comme ont fait certaines femmes, d’une tendresse ombrageuse et niaise, préférant mes faiblesses à ma liberté, m’encourageant aux accommodements, toujours prêtes aux excuses, à la connivence, à condition que je ne cesse pas, moi, de fournir des signes extérieurs de bonté filiale, de manifester un sentiment dont il importait peu, je finis par le comprendre, qu’il fût sincère ou non, du moment que les rites et les apparences en étaient respectés.
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Par Trissotin, le 31/05/2011
Le Musée de l'Homme de
François Nourissier
À force de ne jamais prendre de coups - et j’étais si fier de cette invulnérabilité ! - je suis devenu pour la souffrance une proie fraîche. J’irai demain à la souffrance comme une bête à l’abattoir.
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Par Trissotin, le 31/05/2011
Le Musée de l'Homme de
François Nourissier
On repousse de soir en matin, d’année en année ce qui est trop difficile : il sera toujours temps. Toujours temps de déclarer aux gens qu’on les aime, d’entreprendre des voyages, d’écrire un gros roman multicolore. La mort saisi des humains aux carnets pleins de rendez-vous notés un quart de siècle auparavant.
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Par lecassin, le 11/04/2013
Le Cycliste du Lundi de
François Nourissier
C’est le drame de la France d’être toujours au bord de la cassure, de la haine ou de la guerre civile.