La démocratie a organisé la surveillance et l'éventuelle réprimande des opérations financières de l'exécutif par le législatif et des magistratures appropriées. Dés lors que cette surveillance devient symbolique et que le pouvoir n'a cure des réprimandes, c'est que l'on est tombé de la démocratie dans la présidentocratie. (p.99)
La logique de la Vè République déresponsabilise, puisque le pouvoir y est imparti par un omnipotent irresponsable à des créatures qui ne sont que des émanations de son essence et participent en conséquence de son privilège d'irresponsabilité. (p. 78)
La présidence de la cinquième République illustre cette loi éternelle que trop monopoliser le pouvoir empêche de l'exercer. L'excès de pouvoir tue le pouvoir ou, pour être plus précis, l'action. (p. 52)
Le "domaine réservé" est un mythe forgé en harmonie avec la pratique gaullienne de "l'exercice solitaire du pouvoir", mais il ne figure pas dans les textes. (p. 134)
C'est parce que le pouvoir a besoin en permanence d'un aiguillon et d'une crainte que l'humanité a finalement avancé à tâtons vers la démocratie. Et c'est pourquoi la démocratie libérale a été une réussite, contrastant avec les naufrages des régimes totalitaires et des dictatures du tiers monde. (p 41)