> Aline Schulman (Traducteur)
> Jean-Claude Chevalier (Préfacier, etc.)

ISBN : 2020222124
Éditeur : Editions du Seuil (2001)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.11/5 (sur 126 notes) Ajouter à mes livres
Parce qu'il a lu trop de romans de chevalerie, don Quichotte a perdu la raison : il est persuadé que le monde est peuplé de chevaliers errants et d'enchanteurs maléfiques. Comme dans ses livres préférés, il veut rendre la justice et combattre pour l'honneur de sa dame. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 01 avril 2012

    nastasiabuergo
    J'ai longuement hésité avant d'écrire une critique sur le tome 1 du Quichotte. Quoi écrire que vous ne sachiez déjà ? Quoi écrire, du haut de mon insignifiance, qui puisse vous enjoindre ou vous dissuader de lire cette œuvre après que des très grands l'ont commentée, analysée, décortiquée, pris appuis dessus ou, au contraire, lui ont volontairement tourné le dos, preuve s'il en est de son importance ?
    De simples impressions de lecture, c'est tout ce que je sais faire, et encore, pas des plus fraîches ces impressions car je ne l'ai pas relu tout à fait récemment. Tout d'abord, Don Quichotte, c'est l'exemple parfait de l'incarnation d'un portrait type, un personnage qui est rentré dans la culture collective de l'humanité, comme dans l'expression populaire de tout un chacun « se battre contre des moulins ». Ils ne sont pas si nombreux les romans (ou toute autre forme d'écrit) ayant marqué d'une telle empreinte l'inconscient collectif. Il y a probablement le Gargantua de Rabelais, le Don juan de Molière, le Faust de Goethe, le Frankenstein de Mary Shelley, le Quasimodo d'Hugo, le capitaine Nemo de Verne, le père Ubu de Jarry, lequel tient sûrement beaucoup de son grand frère espagnol. Je sais qu'on pourrait encore en citer quelques uns, voire quelques dizaines au grand maximum, dont bon nombre issus de la BD franco-belge d'après guerre, mais dans l'ensemble, ils ne sont pas très nombreux, et celui-ci, sans être nécessairement le premier (Ulysse aurait sûrement plus d'arguments pour revendiquer ce titre), marque un tournant dans l'histoire mondiale de la littérature. Un peu comme après la basilique de Saint-Denis, on ne construira plus jamais exactement de la même façon, une porte s'est ouverte, un passage s'est offert. Ce n'est pas nécessairement la plus grande réalisation de ce style, mais c'est celle sans laquelle rien ne serait arrivé. Don Quichotte (on devrait d'ailleurs écrire Don Quichotte et Sancho Pança, car c'est le couple qui est génial, pas de Laurel sans Hardy, pas de Quichotte sans écuyer) est donc un symbole, symbole d'un monde en mutation en sa qualité autoproclamée de chevalier errant, vestige des temps révolus du moyen âge, symbole d'un renouveau de l'écriture qui ose se gausser des chansons de gestes et autres œuvres passées de mode, symbole de l'Espagne et de ses emblématiques moulins qui tournent et qui tournent sans forcément avoir grand chose à moudre, symbole d'une Espagne elle aussi vestige, celle qui dominait le monde et qui va très bientôt entamer son déclin. Miguel de Cervantès a donc eu, certes ce génie de la création littéraire, mais aussi, et peut-être, surtout, ce génie de trouver un étonnant baromètre pour annoncer les temps à venir. Voilà, en gros, en très gros, les impressions que m'ont laissées Don Quichotte. J'ai souvenir également d'une lecture particulièrement drôle et efficace au début, peut-être jusqu'au premier tiers, d'un milieu de roman qui, sans être désagréable, m'a semblé un peu lassant à la longue et redondant par ses situations toujours un peu téléphonées, mais d'une fin qui retrouve un élan magistral. Mais, quelle incorrigible insatisfaite suis-je pour m'exprimer ainsi, rassurez-vous, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Skarn-sha, le 30 octobre 2011

    Skarn-sha
    Le roman narre les aventures (ou plutôt les mésaventures) de Alonso Quichano, auto-nommé Don Quichotte de la Manche.
    don quichotte est un noble espagnol aimant plus que de raison les romans de chevalerie et qui, du jour au lendemain, se prend pour un chevalier errant et sitôt son armure, aussi factice que sa nouvelle identité, assemblée, part sur les routes pour éradiquer le mal en ce monde.
    Il rencontrera Sancho Panza, paysan de son état, qui bien que sachant son nouveau maitre fou à lier, le suivra dans sa quête et son délire dans le seul but de manger à sa faim.
    Peu importe la réalité à don quichotte. Un homme le rosse et le lendemain, il narre son prodigieux combat face à la multitude.
    De plus, son œil interprétant le monde autour de lui, les auberges deviennent des châteaux, les paysannes deviennent des princesses, les moulins deviennent des géants aux nombreux bras.
    Il se croit aussi persécuté par de puissants magiciens et amoureux d'une dulcinée irréelle.
    Que dire de ce grand classique ?
    Moderne, en tout cas pour son époque, tant dans le genre que dans la forme (Cela m'a d'ailleurs grandement facilité la lecture).
    Drôle, de par les actions du héros et ses réflexions entrainés par sa vision empreinte de folie sur le monde extérieur.
    Magnifique, car même si le fond est soigné, la forme n'est pas laissée pour compte, et ce malgré le passage de la traduction :
    "Belle et noble dame, j'aimerais pouvoir payer de retour l'insigne faveur que vous me faites en dévoilant à mes yeux votre beauté sans égale. Mais la Fortune, qui jamais ne se lasse de persécuter les gens de bien, m'a jeté dans ce lit, moulu et brisé, de sorte qu'il me sera impossible, malgré tout le désir que j'en ai, de satisfaire le vôtre. A cette impossibilité s'en ajoute une autre plus grande encore: c'est la fidélité que j'ai promise et jurée à l'incomparable Dulcinée du Toboso, unique dame de mes plus secrètes pensées. Sans cet obstacle majeur, je ne serais pas assez sot pour laisser passer cette heureuse occasion, que dans votre immense bonté vous avez daigné m'offrir".
    J'imagine qu'il doit être certainement plus plaisant de le lire en VO mais ma maitrise de la langue de Cervantes ne me permet pas d'en profiter.
    Profond, car au travers du regard du héros, l'auteur se livre à un véritable étude sociologique.
    En effet, la position décalé du personnage lui offre certainement une place privilégié pour analyser ses contemporains.
    Il est curieux aussi de voir que si le personnage de Sancho évolue, du paysan assez basique au gentilhomme cultivé, don quichotte, lui, ne dévie pas d'un iota de sa trajectoire, restant fidèle à lui même jusqu'à son brutal retour à la réalité.
    Au final, ce fut pour moi une excellente découverte et un tout aussi excellent moment de lecture.

    Lien : http://lombredeskarnsha.blogspot.com/2011/10/don-quichotte-de-la-man..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Philippe67, le 16 octobre 2011

    Philippe67
    Il y a déjà longtemps que j'ai lu ce livre mais j'en garde un très bon souvenir, c'est un roman, un conte, une aventure initiatique. c'est facile à lire, on est entrainé par cette histoire aux multiples rebondissements et on suit avec grand plaisir les aventures de ce "chevalier à la triste figure"
    Un grand classique à ne pas rater.
    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Sly, le 12 février 2011

    Sly
    TOME 1
    La construction est assez déroutante. Au début l'histoire se met en place, et on prend plaisir à suivre les péripétie de ce chevalier à la triste figure. Certaines scènes sont comiques et m'ont fait sourire.
    Mais au file de la lecture quelques petites anecdotes racontées par d'autres personnages viennent se greffer. Ce qui est assez déroutant, c'est que hormis relancé la trame principale du livre en donnant à don quichotte de nouvelles missions, elles viennent combler une grosse partie des aventures de celui-ci.
    D'un côté il y donc l'histoire de ce chevalier qui veut refaire le monde à sa convenance et déforme la réalité pour y parvenir et de l'autre de longs passages d'histoires d'amour plus ou moins tragiques.
    TOME 2
    Je me suis lancé dans la lecture du second tome après avoir moyennement apprécié le premier.
    Dans cette seconde partie, sans doute parce que l'auteur a appris l'existence d'une suite apocryphe dans laquelle Sancho Panza et don quichotte sont très dévalorisés, il donne beaucoup plus d'esprit et de sagesse aux deux personnages principaux.
    D'ailleurs il ne manque pas une occasion au cours de l'histoire pour rendre ses comptes avec l'auteur du plagiat. Plusieurs fois il fait intervenir les personnages pour rendre un avis très critique sur la suite des aventures du chevalier à la triste figure.
    A mon avis, il n'est pas judicieux de faire la critique de l'autre version dans le livre car cela dénature l'histoire. de plus en voulant aller à contrepied de ce qu'a fait paraître l'auteur de l'apocryphe, il s'éloigne du même coup de l'essence même de ce qu'était les Sancho et don quichotte dans le tome 1.
    Je ne compte plus le nombre incalculable de proverbes enchaînés les uns après les autres par Sancho et quelque fois don quichotte.
    L'histoire prend dans cette suite une tournure plus sérieuse, et je me suis mis à regretter les situations cocasses que l'on avait pu trouver dans la première partie. du coup, j'ai trouvé la lecture ennuyeuse.
    Le bilan de mon aventure avec Miguel de CERVANTES reste mitigé. Un premier tome plus ou moins intéressant et original. Un second, loin de tenir ses promesses qui n'apporte absolument rien et s'éloigne inexorablement de l'essence même de ce qu'était nos deux personnages principaux dans la version précédente.
    J'ai dû mal à comprendre l'engouement pour ce livre.
    J'ai apprécié la lecture mais j'ai tout de même été perturbé par ces passages qui à mon avis prennent trop de place dans l'oeuvre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 26 mai 2012

    patatipatata
    Je suis tout à fait d'accord avec Philipe67.
    Un grand classique facile à lire, grâce à l'excellente traduction d'Aline Schulman, sortie en 2001, qui rend au texte son oralité, car à l'époque, peu de gens savaient lire, et l'on se rassemblait pour écouter les aventures du Seigneur de la Mancha. Fait important dont l'ancienne traduction ne tenait pas compte, et dont l'approche trop littéraire rendait ce texte ennuyeux à vous tomber des mains.
    Merci donc à Aline Schulman, sans elle, nous serions passés à côté d'un grand plaisir de lecture.

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Citations et extraits

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  • Par cathcor, le 18 mai 2012

    Car je veux que tu saches, Sancho, que tous ou la plupart des chevaliers errants du temps passé étaient grands troubadours et grands musiciens; ces deux talents, ou pour mieux dire grâces, sont essentiels aux amoureux errants.
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  • Par Sly, le 04 décembre 2011

    Amour, quand je pense au mal terrible que tu me fais souffrir, je vais en courant à la mort, pensant terminer ainsi mon mal immense.
    Mais quand j'arrive à ce passage, qui est un port dans la mer de mes tourments, je sens une telle joie que la vie se ranime, et je ne passe point.
    Ainsi, vivre, me tue, et mourir me rend la vie. Oh dans quelle situation inouïe me jettent la vie et la mort.
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  • Par Sly, le 06 février 2011

    Cette défense de nous voir ne fit qu'ajouter un désir au désir, une flamme à la flamme; car, bien qu’elle imposât silence à nos lèvres, elle ne put l'imposer à nos plumes, lesquelles savent, plus librement que la langue, faire entendre à qui l'on veut les sentiments que l'âme renferme, puisque souvent la présence de l'objet aimé trouble la résolution la mieux arrêté et rend muette la langue la plus hardie.
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  • Par Sly, le 06 février 2011

    N'est-ce point une chose avérée que, lorsque le malheur nous vient d'une fatale étoile, comme il se précipite de haut en bas avec une irrésistible violence, il n'y a nulle force sur la terre qui puisse l’arrêter, nulle prudence humaine qui puisse le prévenir ?
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Sly, le 06 février 2011

    L'unique manière de vaincre l'amour, c'est de le fuir, et que personne ne doit se prendre corps à corps avec un si puissant ennemi; car, pour résister à ses efforts humains, il faudrait des forces divines.
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