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Par totom, le 25/03/2010
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Ouvrez-le à n'importe quelle page, et lisez-en un passage à haute voix...
Céline ne mâche pas ses mots, il les mastique jusqu'à en extraire le suc.
Ca claque, ça grouille, ça pète, ça chie, ça pleure, car "l'existence, ça vous tord et ça vous écrase la face"
Il y a un avant et un après avoir lu ce livre.
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Par Cath36, le 16/06/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Immense coup de coeur ! On a tellement dit du mal de Céline que j'ai longtemps renâclé à le lire, et puis j'ai voulu me faire moi-même ma propre idée. Haineux, Céline ? Pas dans "Voyage au bout de la nuit" en tous cas , où il démonte au contraire un par un les mécanismes qui conduisent à la haine, et ce avec une lucidité impitoyable. Pas d'illusions sur la nature humaine, pas de fioritures, pas de complaisances sur une pseudo-fraternité, mais des tentatives pour prendre du recul face à ce qui détruit l'être humain et tenter d'apprendre à vivre malgré cela ou plutôt avec. Il y a chez Céline un mélange contradictoire entre désespoir et désir de vivre envers et contre tout que je trouve magnifique et qui pourrait aider la plupart d'entre nous. Car ce n'est pas de se voiler les yeux qui fait avancer, mais de regarder les choses en face et d'en rire si on le peut. Ainsi que le disait Pascal, l'homme est plus grand que ce qui l'écrase parce qu'il est doué de conscience. Je pense que le regard de Céline sur la vie m'accompagnera longtemps, comme celui d'un ami qui aura eu le courage de dire tout haut ce que je pensais tout bas.
Et tant pis pour le "politiquement correct" ! C'est la vérité qui nous aide, pas le mensonge.
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Par chartel, le 29/01/2012
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
A quoi ça sert d’ajouter une ânerie de plus, alors que tant d’autres y ont bavé dessus, sur le Voyage au bout de la nuit ? Peut-être que c’est plus fort que nous ? Que quand y a des conneries à déblatérer on y peut rien, on veut afficher sa sale gloriole pour pas déjà sentir la charogne. Mais y a rien à faire. On se putréfie quand même. C’est sûrement pour ça que j’en rajoute une croûte. Parce que c’est joué quoi qu’on dise ou qu’on fasse.
Mais y a pas à dire, même si le monde de Bardamu est jaune-pipi, on a jamais si mal parlé pour bien dire les choses.
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Par brigittelascombe, le 06/07/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Un parcours de vie chaotique pour Louis Ferdinand Destouches dit Céline né en 1894. Placements, déménagements,engagement volontaire en 1912, blessure en 14, départ pour l'Afrique coloniale entre 16 et 18, études de médecine, mariage,divorce, il commencera "Voyage au bout de la nuit" en 1929, mais ce livre qui obtiendra le Prix Renaudot ne sera édité qu'en 1932.
Connu par la suite pour ses violents pamphlets antisémites, sur la liste des écrivains collaborateurs, il deviendra après la deuxième guerre mondiale un homme à abattre, fuira en Allemagne avec sa deuxième femme Lucette, sera emprisonné au Danemark durant deux ans et demi puis écrira à Meudon ses derniers ouvrages qui lui donneront une place primordiale dans la littérature française.
Délirant? Paranoäque? Difficile à dire, son écriture fut qualifiée de psychotique car il passe de la réalité à la fiction de manière continue.
Celà s'expliquerait par son clivage, Destouches(le médecin)- Céline(l'écrivain).
Voyage au bout de la nuit, écrit dans un style imité de la langue parlée mélé d'argot, parsemée de bons mots, sa pâte inimitable, dénonce l'absurdité du monde, les horreurs de la guerre de 14, puis de l'après guerre.
Son personnage principal,Ferdinand Bardamu, a, comme l'auteur, une image négative de ses origines et de sa condition: "La race, ce que tu appelles comme ça c'est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux,puceux, transis qui ont échoué ici poursuivis par la faim,la peste,et le froid,venus vaincus des quatre coins du monde".
Engagé volontaire, pris dans l'étau infernal de la mort (inspiré du vécu de l'auteur), hostile à l'héroïsme,lâche, il hurle sa hargne:"Bandes de charognes, c'est la guerre!", essaye de résister à la folie ambiante, perd ses illusions, "les hommes sont des pourritures en suspens", méprise les autres.
Il se méfie de tout, même des arbres et de leurs embuscades où la mort peut se cacher.
Son intermède avec Lola, infirmière américaine "au coeur et au corps tendres" , aux yeux de chat sauvage,panse un peu ses plaies d'angoisses saignantes, car il est fou de peur.
Puis c'est Musyne, la violoniste.
Jaloux il se sent exclu:"récapitulons,les aviateurs m'avaient pris Lola,les Argentins Musyne et cet harmonieux inverti enfin venait me souffler ma superbe comédienne".Persécuté, il sent que l'on chuchote derrière son dos.
Bardamu veut rester maître de son destin (comme Céline). "On m'avait possédé une fois à l'impression, on ne m'aurait plus"
Réformé, il part en Afrique où anticolonialiste, il s'insurge contre l'enfer et l'exploitation de l'homme par l'homme,il étouffe et souffre.
Il continue sa route en Amérique où, anticapitaliste, de petit boulot en petit boulot,il refuse toute morale et se perd dans le fond du gouffre des bordels. Molly, la prostituée généreuse, l'intime, le repêche.
Il revient en France pour exercer son métier dans une banlieue de misère.Au départ, il "promet la santé, aux malades puis perd petit à petit sa mauvaise habitude".Et c'est les Henrouille,Madelon l'amante de Robinson et parfois la sienne, Angéline.....
Mais ce Bardamu, mu par son barda, émergera t il, un jour ou peut être une nuit, de son voyage?
D'emblée les dés sont pipés car "l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches".
Il faut d'abord chercher à devenir soi même avant de mourir, prone Céline.
Pessimiste, communiste, désespéré, noir, mais brillant!
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Par Luniver, le 18/10/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
"Voyage au bout de la nuit" est un livre bouleversant. Je l'ai acheté en lisant un commentaire de Beigbeder, qui décrivait l'ouvrage comme un "dépucelage mental". Cette réflexion m'avait amusé sur le coup, mais finalement, ça décrit très bien ce que j'ai ressenti.
Les premières pages sur la guerre m'ont littéralement scotché : c'est sombre, mais ça sonne tellement vrai. La suite des tribulations de Bardamu provoque le même effet : toutes les petitesses des humains, aux quatre coins du monde, y sont décrites avec un réalisme et un cynisme saisissants. On sort un peu hébété de cette lecture. Parfois, je me demande si je n'ai pas lu l'entièreté du livre la bouche ouverte et les yeux écarquillés.
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Par yann-frat, le 16/08/2009
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Voyage au bout de la nuit
Louis - Ferdinand Céline
1932
Histoire: Ferdinand Bardamu n'est pas de ce monde, il doit pourtant le traverser. Des tranchées de 1914 aux rues de New-York, en passant par l'Afrique hideuse et les caveaux de Toulouse il avance les mains vides et ouvertes regardant défiler devant lui par le menu tous les raffinements possibles dont use l'homme pour écraser et humilier ses semblables.
Style : Oubliez ce que vous avez entendu dire. Ce style est sublime en étant lisible. Des fois je ne sais pas dire pourquoi je considère tel livre comme n'étant pas de la littérature, voici un contre exemple...
Oui: Ce livre est comme une pierre froide que vous vous attachez autour du coup avant de plonger dans une mare profonde. Une fois parti il n'y aura pas de retour, pas de fin dans la contemplation de la saleté humaine.
Pourtant, étrangement, au dernier tiers c'est comme si la pierre vous quittait et vous laissait en plan. Vous avez alors deux solutions: soit arrêter et remonter à la nage en abandonnant le livre au risque de rester avec vos questions, soit courir après la pierre pour la rattraper et finir le chemin, pour arrêter d'en parler... Il y a un vrai combat dans la lecture de ce livre qui vous travaille en profondeur et je pense qu'on ne peut pas le finir sans renoncer à quelque chose…
Une fois fini par contre je ne pense pas qu'on puisse l'oublier, et comment l'oublier quand nos contemporains répètent encore à l'infini la lâcheté, la bêtise, la haine que vomit ce texte.
Non: A lire sans réserve évidemment... Mais à éviter cependant si vous êtes déjà en dépression, si vous ne supportez pas la façon dont on vous écrase innocemment la gueule, ou que vous êtes un professionnel de santé dont le cabinet est en difficulté... Dire qu'il y a peu d'espoir dans ce livre est un doux euphémisme...
Conclusion : Je me suis offert ce livre pour mon anniversaire et c'est drôle comme il a tapé exactement là où j'ai mal. Pour ne rien vous cacher j'ai dû l'arrêter un moment avant de le reprendre tant l'identification avec Bardamu était forte... et douloureuse. Je sentais que ce texte voletait autour de moi depuis quelques temps et maintenant je sais pourquoi. Et il me reste à vivre avec tout ça...
Oui ou non: OUI!!!!!!!!!!! (même si je ne le relirais certainement pas ;)) )
"Quant aux malades, aux clients, je n'avais point d'illusion sur leur compte... Ils seraient dans un autre quartier ni moins rapace, ni moins bouchés, ni moins lâches que ceux d'ici. Le même pinard, le même cinéma, les mêmes ragots sportifs, la même soumission enthousiaste aux besoins naturels, de la gueule et du cul, en referaient comme là-bas comme ici la même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques."
Lien : http://xannadu.canalblog.com
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Par Cath36, le 27/09/2011
Mort à crédit
de
Louis-Ferdinand Céline
Autant que Balzac, Céline aurait pu appeler l’ensemble de son oeuvre "La comédie humaine". Y 'en a pour tout le monde, braves gens ne vous battez pas : parents hystériques,bourgeois mesquins,commerçants malhonnêtes,cantatrice psychédélique (avant l'heure), inventeurs mythos, directeurs d'école ratés, anglaises aux dents longues, et j'en passe. Heureusement qu'au bout du compte le tonton sauve l'affaire et nous réconcilierait presque avec le genre humain.
Et fichtre, quelle margoulette, quelle richesse de vocabulaire ! Il m'aurait fallu un dico à certains moments, genre "la méthode à Mimile".... Emporté par un rythme dément, on ressort ahuri, époumonné, bluffé, confondu, au bout de 600 pages qu'on n'a pas vu passer.
Un bémol toutefois : on a parfois l'impression que Céline s'auto-parodie tellement il en fait, et ce surtout dans les quarante premières pages. Si j'osais je comparerai à... Proust (si si) : c'est le début qui est dur, une fois rentré dedans on ne peut plus lâcher. J'ai beaucoup aimé, même si j'ai préféré "Voyage au bout de la nuit" que je trouve plus analytique sur cette fameuse condition humaine justement.
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Par david-dupere, le 06/10/2010
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Oubliez tout ce que vous avez entendu sur la vie de CELINE. Mon livre référence , une peinture réaliste de l'être humain et de ses comportements les plus noirs : de plus en plus d'actualité !!!!
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Par meyeleb, le 31/07/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Le personnage principal traverse la première guerre mondiale, la colonisation, les épreuves de la vie avec un regard sans voile. Il n'est pas le héros qu'on attend dans un roman, il est vous, moi. C'est d'autant plus déstabilisant qu'il montre une société minée, corrompue, foncièrement bâtie sur les bas instincts de l'homme, sur sa misère.
Je l'ai lu avec peine d'abord. Pris quelques repères critiques. Relu, dévoré. Relu encore. Depuis, il est de ces romans vers lesquels je retourne régulièrement. Un chef-d'oeuvre par le regard que pose l'auteur sur notre société et par le style, unique.
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Par attila, le 30/06/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Nietzche disait : " il faut avoir un chaos à l'intérieur de soi pour accoucher d'une étoile qui danse" Le Voyage est une étoile (noire) qui danse !!
Céline disait qu'il avait mis sa peau sur la table pour écrire. Comment en douter ? impossible de faire une critique de ce livre qui est l'oeuvre d'un grand fauve. ce livre est comme la pomme qu'Eve a tendu à Adam : une fois croquée, rien ne peut plus être comme avant. Inutile d'essayer de dire ou de décrire ce qu'est Le Voyage, il faut le lire, rien d'autre.
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Par Alcapone, le 18/11/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Le Voyage au bout de la nuit, est pour Céline, une définition de la vie. Ainsi, remontant le fil de sa propre histoire, l'auteur réputé pour son pessimisme, célèbre t-il dans ce roman, l'imagination. Sa façon de dénoncer l'absurdité du monde et son dégoût de l'humanité est unique (Quand le moment du monde à l'envers est venu et que c'est être fou que de demander pourquoi on vous assassine, il devient évident qu'on passe pour fou pour peu de frais. p.64). Céline est l'écrivain de l'argot et du langage parlé. S'exprimant par aphorismes à travers le récit de Bardamu, l'auteur, pourtant montré du doigt en raison de ses textes antisémites et son engagement collaborationniste, n'en finit pas de marquer ses lecteurs. Inspiré de son expérience personnelle, ce roman est le récit d'un homme vaincu, celui d'un homme dont l'espoir dans la nature humaine a disparu. Voyage au bout de la nuit est un roman initiatique dont chaque chapitre est une dénonciation : celle de l'absurdité de la condition humaine... Guerre et colonialisme n'ont semé que mensonge et lâcheté (La guerre, c’était en somme tout ce qu’on ne pouvait pas comprendre. Ca ne pouvait pas continuer. p.12). Chacun se mure dans son égoisme avec toutes les préoccupations qui l'accompagnent : misère, errances, humiliations, maladie, mort... Seule, l'imagination semble une bonne piste car "Quand on n’a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose, quand on en a, mourir c’est trop. Voilà mon avis. Jamais je n’avais compris tant de choses à la fois." p.19.
Symbole du anti-héros par excellence, Bardamu m'a à la fois interpellée et énervée. Ce qui m'a d'abord plu dans l'écriture de Céline a fini par me lasser sur 500 pages. La manie de l'auteur de s'exprimer par aphorismes m'a donné l'impression que l'auteur misait un peu trop sur sa facilité à balancer des évidences enveloppées dans des phrases bien tournées. Oui, c'est son style mais voilà : ça m'a un peu fatiguée. J'ai lu ce roman il y a maintenant quelques années, et il ne m'avait pas marquée plus que ça. J'ai voulu y revenir en pensant que j'étais passée à côté d'un chef d'oeuvre. Pourtant, si ce roman est marquant (peut-être pourrais-je dire pour son époque?), je persiste à penser malgré quelques passages délicieusement pertinents et impertinents, qu'il n'est pas pour moi une révélation. Il faut le lire évidemment, mais après tout, on ne peut pas toujours être d'accord avec tout le monde ! "Donc, on ne se méfie jamais assez des mots, c'est ma conclusion." p.487
Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/voyage-au-bout-de-la-...
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Par toto, le 23/06/2008
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Roman de plus de 510 pages difficiles à lire car nécessitant une attention perpétuelle, chaque mot ayant son importance, et les phrases étant particulièrement longues malgré un style tranchant comme une guillotine.
On en sort un peu nauséeux après la lecture de tant de pessimisme, ou de réalisme.
Mais à lire et à relire.
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Par Hicchi, le 16/10/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Tout le pessimisme de Céline est dans ce livre. C'est avec une écriture argotique, "du français parlé" qui peut sembler indigeste au premier abord, que ce célèbre auteur du XXème siècle nous fait découvrir sa vision de la vie. Pour Céline, la vie est paradoxalement synonyme de mort, une mort inévitable, qu'elle soit à la guerre, ou sur d'autres continents comme en Afrique. Il nous décrit un univers malsain, où le héros, Bardamu, semble toujours traîner dans la boue, au ras du sol, sans jamais avoir l'espoir de pouvoir se relever un jour. Tout au long du roman, on remarquera qu'il n'avance jamais, et qu'il rencontre une succession d'échecs, qui le rendent au final malade de vivre. Tout le dégoûte, que se soit la guerre, la pauvreté, la richesse, la maladie, la société américaine et son capitalisme, les femmes (sauf Molly, la seule qui s'intéresse sincèrement à lui), et on ressent clairement son désintéressement vis-à-vis de la vraie valeur de la vie. En grandissant, Bardamu a compris que tout le monde perd son innocence et sa pureté (représenter par le personnage de Bébert, "une pomme qui ne mûrira jamais"), c'est une forme "de dépucelage", qui rend l'homme mauvais et pourri, comme dirait Céline. Pour moi ce livre est une grande oeuvre, la première que j'ai lu de Céline, et sûrement loin d'être la dernière. J'ai beaucoup apprécié la lucidité du narrateur, ainsi que l'univers dépréciatif qui y est décrit. Un roman qu'il faut lire plusieurs fois pour bien y déceler toutes les finesses qu'a pu employer l'écrivain.
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Par Melopee, le 11/06/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Avant d'en faire la lecture je savais que ce livre était sujet à des opinions très contrastées dues aux tendances antisémites de Céline qui ont fortement entaché ses écrits. Mais ce livre mérite une appréciation toute personnelle, une réflexion bien en amont du qu'en-dira-t-on, des rumeurs et autres préjugés véhiculés jusque-là.
Ferdinand Bardamu c'est notre anti-héros, c'est l'incarnation du vice et de la faiblesse mais c'est surtout un bien digne représentant de l'espèce humaine. Lâche quand il s'agit de se battre pour la Nation, d'humeur renfrognée quand il s'agit de partir en "exil". Loin du front, il fuit sa mère avec qui il entretient des rapports conflictuels et s'engage pour l'Afrique dont l'exotisme lui laisse à penser à une échappatoire au soleil.
D'aventure en aventure, les péripéties s'enchainent et Ferdinand est un intrus partout. Il gagne le nouveau continent porteur de l'American dream et se laisse transbahuté dans une vie de débauche et de petit pauvre des bas quartiers.
Mais le pain est toujours meilleur ailleurs alors la nuit s'étire jusqu'en France où notre héros exerce maintenant l'enviable métier de médecin. Peu respecté, en tâtonnement dans sa vie sociale, Ferdinand s'emploie à se faire un nom et une clientèle. Son périple s'étend à Toulouse et la quête d'une installation sereine s'éloigne car tous lieux semblent évocateurs d'une certaine représentation de la bassesse de population.
Et les femmes valsent dans sa vie comme des oiseaux de mauvais augure : Lola, Musyne, Molly... qui ne sont que des apparitions fugitives, des réhausseurs de dignité.
Enfin, il y a le fameux Léon, surnommé Robinson, qui est un compagnon de virée, un confrère d'infortune qui semble lié comme un aimant à une destinée funeste.
Quel œuvre magistrale ! C'est splendide de descriptions finement ciselées et originales. Point d'ennui, tout est bon pour rire sur les petits travers du quotidien : des femmes rondelettes hantant les pâtisseries à celles vénales et profiteuses. C'est un bel exercice qu'a réalisé Céline, un portrait truculent du genre humain dans tout son égoïsme et sa noirceur.
Il est des âmes qu'il est bon d'exposer au grand jour et c'est en fomentant une échappée dans la nuit profonde que les êtres paraissent plus petits et miséreux.
Qu'ai-je aimé? D'alterner entre sourires et tristesse, d'être surprise par les tournures, par les images et autres figures de style toutes aussi renversantes les unes que les autres. Je ne suis pas d'accord pour qualifier ce livre de vulgaire classique empli de stéréotypes, car la dimension est bien au-delà et on remercierait volontiers Céline de nous terrasser sous cet obus.
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Par Nicofig, le 01/11/2010
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Oui, on connait tous les critiques habituelles sur l'auteur et son antisémitisme, oui certains propos du livre peuvent choquer aujourd'hui mais il serait dommage de passer à côté de ce chef d'œuvre.
Je n'ai rencontré que deux types de personnes à son sujet : ceux qui détestent et ceux qui adorent. Je fais partie de la seconde catégorie.
Je l'ai lu et relu à des ages différents et je ne sais si cela en est la raison mais à chaque fois j'y trouve quelque chose de nouveau et de touchant, de dur et malheureusement de tellement vrai.
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Par wictoria, le 15/03/2009
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Survivant d'une guerre absurde, un homme, Ferdinand Bardamu, recherche dans le monde une chose capable de le réconcilier avec la nature humaine. De l'Europe à l'Afrique, puis l'Amérique, et de retour en France, il ne trouve rien de tout cela. L'amour même lui échappe à maintes occasions. Devenu médecin pour se donner une certaine conscience d'être, il affronte encore le déni de bonheur et poursuit sa vie en "marge" des autres, comme un obervateur.
lire la suite
Lien : http://monbiblioblog.blogspot.com/2009/01/voyage-au-bout-de-la-nuit.html
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Par vincentf, le 26/06/2010
Mort à crédit
de
Louis-Ferdinand Céline
Céline, ça vous en fout plein la gueule, ça vous submerge par un flot ininterrompu de mots et de ponctuation et ça vous prend aux tripes parce que tout est déballé dans ce style si particulier qui pourrait prodigieusement énerver et qui fascine par son exubérance, sa luxuriance, sa peinture on ne peut plus pittoresque de personnages qui, comme le narrateur, se lancent dans d'interminables et éberluées diatribes, celles du père qui se plaint du malheur que son fils propage dans toute la maisonnée par son comportement, celles de l'oncle qui accueille l'enfant quand il tente d'étrangler son père, et celles de ce personnage grotesque et sublime, au nom (faux, parce qu'il est plus escroc que scientifique) impayable de Jean Marin Courtial Des Pereires, chez qui Ferdinand trouve enfin, parce qu'il est à la fois un génie (complètement dépassé, très dix-neuvième, positiviste à l'extrême) et un margoulin, une nouvelle famille. Mort à crédit, c'est un flot ininterrompu de mots, disais-je, mais ce déluge, et c'est là que Céline est extraordinaire, subit parfois des accélérations proprement renversantes aux moments-clés, ceux qui sont préparés par tout ce qui précède mais qui éclatent furieusement, le personnage se trouvant soudain hors de lui, les événements se déroulant dans un délire que rien ne saurait freiner, comme lors de sa dernière nuit en Angleterre lorsque la femme qu'il reluque amoureusement et silencieusement depuis plusieurs mois saute dans son lit avant de se suicider, comme lorsque Ferdinand tente de tuer son père, ou comme lorsque Des Pereires, lui aussi, se suicide. A chaque fois que sa vie prend un chemin plutôt calme, presque heureux, ça se déglingue peu à peu, l'argent fout le camp, les hommes deviennent fous et, soudain, ça pète, la mort se pointe et il faut partir, car Mort à crédit, c'est une fuite sans fin qui ne se termine pas, car à la fin Ferdinand n'a qu'une idée en tête, partir, faire son voyage au bout de la nuit.
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Par gwendal845, le 16/08/2007
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Pérégrination d'un homme français durant l'entre deux guerres. Un style un peu déroutant au début, des phrases longues mais finalement sublime. Une vision très noire de l'humanité, souvent très juste. Sublime!
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Par luocine, le 24/08/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Voici la raison de mon relatif silence littéraire sur mon blog : j’ai entrepris de relire très attentivement « le Voyage » comme il faut dire, pour faire bien dans les salons branchés !
J’ai mis du temps à découvrir Céline, je n’arrivais pas à passer au-delà de son antisémitisme virulent ni de ses positions pro-nazi Quand j’ai , il y a bien vingt ans, lu « le Voyage » (à mon avis le seul livre de Céline qui vaille vraiment la peine) , j’avais ressenti une très forte émotion. Un profond désespoir d’abord devant tant de misère et de petitesses humaines, j’ai cru y lire la pente naturelle pour la détestation de toute l’humanité. Et en même temps une admiration sans limite pour son style.
J’ai retrouvé intacte ces deux sentiments, mais, comme ma lecture a été plus attentive, je me suis régalée de petits moments qui semblent comme des croquis pris sur le vif des comportements humains.
Si vous voulez sourire, relisez la discussion sur la constipation, c’est gratiné !!
Mais il y a aussi de grands moments, par exemple, l’absurdité de la guerre 14 /18, cela n’a jamais été aussi bien racontée.
La dénonciation du colonialisme est extraordinaire, nous sommes en 1931, je pense que personne n’était aussi clairvoyant que lui à cette époque ». C’est d’autant plus étonnant que Céline n’est pas dans une position humaniste « pro-noirs », il décrit simplement la turpitude des uns et des autres. Mais on comprend que c’était impossible qu’une telle exploitation et un tel mépris des populations africaines puissent continuer éternellement.
La misère des pauvres gens du Rancy est terrible également, j’avoue que je trouve un peu long la fin du roman et je supprimerais bien le passage dans la clinique psychiatrique.
Au milieu des peintures de gens aigris, mauvais, calculateurs, intéressés, cruels vis des faibles, sentant mauvais, pervers … et j’en passe, deux beaux portraits d’être sensibles : Aristide qui laisse sa santé en Afrique pour offrir à une petite nièce une éducation convenable et Molly la prostituée intelligente et sensible que Ferdinand n’a pas eu le courage d’aimer.
Bref un roman qu’il faut lire et relire, et je ne comprends toujours pas pourquoi cet homme si génial est devenu antisémite, raciste et pro-nazi.
Alors voilà, on peut détester un homme et qu’il soit un très grand écrivain, même si, pour moi, il n’est l’écrivain que d’un livre.
Je vais mettre beaucoup de citations certaines sont dans ma tête pour toute la vie, d’autres me font sourire où me rendent triste c’est selon. Dans tous les cas, il a un art de dire les choses qui , souvent, fait mouche. Ma préférée à cette relecture : " Les femmes des riches, bien nourries, bien menties, bien reposées, elles deviennent jolies. Ça c’est vrai. Après tout ça suffit peut-être. On ne sait pas. Ça serait au moins une raison pour exister."
Lien : http://luocine.over-blog.com/
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Par Beatrice64, le 26/02/2011
Voyage au bout de la nuit
de
Louis-Ferdinand Céline
Encore plus que la noirceur, l'amertume, la méchanceté du propos, c'est le travail sur la langue (qui n'en semble pas un), cette torsion, cette épure, cette brutalité, qui confèrent aux textes de Céline ce style si particulier, si percutant, bouleversant, cette musique unique qui en font pour moi une expérience jubilatoire, et assez unique