> France Meyer (Traducteur)

ISBN : 2742795162
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres

Le Caire, vers le milieu des années 1960. Au café Al-Karnak que gère une ancienne danseuse, le narrateur fait connaissance avec trois étudiants, Hilmi, Ismaïl et Zaynab. Le premier est l'amant de la gérante, et les deux autres, a... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par moustafette, le 23 mai 2012

    moustafette
    Au détour d'une promenade dans le centre du Caire, les pas du narrateur le mènent au Karnak Café tenu par la très belle Qurunfula.
    Il reconnaît en elle une célèbre danseuse des années 40 qui a enchanté son adolescence et révolutionné la danse orientale.
    Le narrateur prend ses habitudes parmi les joueurs de trictrac et les étudiants qui s'y retrouvent quotidiennement.
    "L'autre secret, c'est qu'il rassemblait - et rassemble encore - un groupe de voix pertinentes dont les murmures et les exclamations épelaient les vérités de l'actualité."
    Nous sommes dans le milieu des années soixante et si la révolution nassérienne de 1952 a rétabli la fierté de tout un peuple, des scissions apparaissent, la police politique est à l'oeuvre, traquant communistes et Frères musulmans, des étudiants disparaissent, réapparaissent, les commentaires se font plus prudents, l'atmosphère du Karnac Café devientde plus en plus lourde, jusqu'au coup de tonnerre de Juin 1967 qui signe la défaite des nations arabes contre Israël lors de la Guerre des Six jours.
    En témoin de son temps, l'auteur nous livre ici non pas un roman foisonnant, comme il sait si bien le faire, mais un court texte dont l'unique décor est la scène de ce petit café sur laquelle défilent les différents acteurs qui permettent à l'auteur de nous livrer une réflexion synthétique sur le pouvoir, la corruption, et les dérives du président Nasser.
    Le livre prend sur la fin des allures de conte philosophique, entre sagesse des anciens et engouements de la jeunesse, et laisse ouverte la porte sur l'avenir.
    "Ils attendaient.
    Mais qui n'attend pas ?"
    L'auteur, prix Nobel de littérature, est décédé en 2006 et nous ne saurons jamais ce que lui auraient inspiré la récente révolution en Egypte et le printemps arabe.
    Mais une chose est certaine, c'est toujours au fond des cafés qu'on refait le monde et que s'y réfugient les amoureux...


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2012/05/23/index.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Cath36, le 17 avril 2011

    Cath36
    J' ai été un peu décontenancée par ce livre qui s'achève au moment où il commençait à me passionner vraiment, d'autant qu'il m' a fallu me replonger dans l'histoire de l'Egypte moderne pour en comprendre vraiment toutes les implications. L'auteur, qui fut par ailleurs victime d'un attentat au moment de son engagement en faveur de la paix egypto-israélienne, dénonce avec acuité les méfaits du gouvernement Nasser ; sa plume acérée et sa capacité à cibler de façon assez foudroyante ce qu'il met en cause, les sources de la révolution et ses excès, (mais comme dirait Jean d'Ormesson on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs...), font de ce court texte un manifeste assez virulent contre toute forme de violence et un témoignage des difficultés de l'Egypte à s'adapter au monde moderne. J'ai beaucoup aimé l'idée aussi de situer l'action dans un café, lieu public par excellence et donc témoin de toutes sortes d'existences, qui donne à la violence politique une sorte d'anonymat qui la rend universelle.
    J'ai regretté toutefois au niveau de la forme que les idées énoncées et les différents récits ne s'imbriquent pas toujours très bien les unes aux autres donnant par moments une impression d'incohérence.
    Cela dit je lirai certainement d'autres livres de Mahfouz, que j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt.
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    • Livres 2.00/5
    Par ygounin, le 30 octobre 2011

    ygounin
    Égypte oblige, j'étais parti sur le Nil avec ce petit livre de Naguib Mahfouz, le grand-auteur-égyptien couronné-par-le-prix-Nobel-de-littérature - dont je n'avais jamais rien lu.
    Karnak Café date de 1914. Surfant sur l'immense popularité acquise par le Prix Nobel, Actes Sud l'a republié récemment.
    L'action de ce court roman se passe dans un café typique de la capitale égyptienne. Cette unité de lieu révèle le riche potentiel cinématographique de cette œuvre qui fut adaptée à l'écran et y connut un vif succès (il me semble que le film n'est jamais sorti hors d'Égypte)
    La patronne est une vedette de danse orientale. Autour d'elle gravitent une série de caractères : des vieux qui jouent au backgammon, des jeunes qui parlent de politique. Ces fervents défenseurs du nassérisme seront bientôt arrêtés et persécutés par la police du régime dont ils croyaient être les enfants bienaimés. Chacun réagira à sa façon à la prison et à la torture. Ismail deviendra indic, Zeinab sera contrainte à la prostitution, Hilmi y laissera la vie. paradoxalement, la morale de cette courte histoire arrive quelques années plus tard, après la défaite de 1967, de la bouche même du tortionnaire des trois jeunes gens.
    Ce court roman n'a semble-t-il pas l'ampleur des autres œuvres de Mahfouz. Il porte un regard désabusé et pessimiste sur l'échec de la révolution nassérienne.Il m'a donné envie de partir à la découverte d'autres livres de Mahfouz.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 28 décembre 2010

    mimipinson
    Ce court roman est paru dans sa langue originale, l'arabe, en 1974,bien avant que ne lui soit attribué son Prix Nobel, mais ça n'est qu'en 2010 qu'il n'a été traduit et édité en français.
    Au regard de certains, il peu paraître court, trop court, et à ce titre pas digne d'intérêt. Ne nous trompons pas, les auteurs savent très bien ce qu'ils font et pourquoi ils le font. Naguib Mahfouz, a voulu ainsi donner une impression de lourdeur, et d'étouffement au lecteur. Il a voulu, de ce fait aller à l'essentiel.
    Karnak Café est le lieu où l'on cause, librement, nonchalamment, sous le regard bienveillant et amoureux Qurunfula, ancienne danseuse orientale.
    Trois jeunes y passent de longues heures, refont le monde, s'aiment. L'Egypte est devenue socialiste, et s'apprête à perdre une guerre éphémère contre les Israéliens. Il s'instaure alors un climat de suspicion, de répression. La torture est utilisée.
    La jeunesse y perd ses repères, ses illusions.
    L'écriture de Naghib Mahfouz traduit bien cette atmosphère là.
    « Que nous est –il arrivé ? J'ai l'impression que nous sommes un peuple à la dérive. Les aléas de la vie et l'impact de la défaite nous ont fait perdre tout sens des valeurs…… »
    Quatre parties constituent ce roman, la plus importante, celle consacrée à Qurunfula est la plus conséquente, comme pour mieux signifier le rôle pivot de cette femme pour ces jeune et ce café, lui aussi personnage, en quelque sorte de ce livre. Celle mettant en scène le bourreau est des plus réduite. Peut-être pour illustrer sa pensée ?
    « Nous sommes tous à la fois victimes et assassins, qui ne comprend pas ça, ne comprend rien du tout. »
    Voilà un auteur, dont cette lecture a été appréciée, que j'ai envie de découvrir à nouveau. Il y a dans son écriture une sensualité qui me parait intéressante à approfondir.
    Autre détail qui a son importance, comme toujours les éditions Actes Sud ont mis un soin particulier à ce livre: papier ivoire épais, et jolie couverture pleine de mystère.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2010/12/karnak-cafe.html
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    • Livres 5.00/5
    Par agathe10000, le 08 décembre 2011

    agathe10000
    Ce petit roman est un coup de coeur pour moi.
    L'histoire se déroule en Egypte, dans un café, où se retrouvent aussi bien les anciens pour jouer aux cartes, que plusieurs étudiants aux idées révolutionnaires.
    C'est d'ailleurs de trois d'entre eux dont il s'agit.
    Après une première disparition, il réapparaissent amaigris, tristes et beaucoup moins virulents quant à leurs idées. Cela ne fait aucun doute, ils ont été enlevés par les renseignements égyptiens et interrogés, voire intimidés.
    Et des disparitions, il y en aura d'autres par la suite...
    Le récit se compose de quatre parties.
    La première est la version des faits vues de l'extérieure : les disparitions, es quetionnements, l'attente au café de leur retour, les angoisses...
    Les trois dernières partie concernent la version de chacun des trois étudiants enlevés.
    L'écriture de ce roman est superbe (comme tous les romans de Mahfouz), douce, juste, poétique et délicate, parfaite pour traiter d'un sujet si dur que la liberté d'expression et la censure en Egypte.
    Les thèmes de l'humanité, de la liberté, de la construction de soi dans un pays en révolution sont au centre de ce roman.
    J'ai vraiment adoré cet ouvrage qui ne peut qu'interpeller et pose les questions suivantes:
    "La violence et la torture pour défendre la liberté sont-elles acceptables?"
    " Jusqu'où peut-on aller sous prétexte que l'on défend la révolution de son pays?"

    Un livre à ne pas manquer!

    Lien : http://leslivresdagathe.over-blog.com/article-karnak-cafe-naguib-mah..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    Dans le dernier roman de Naguiib Mahfouz, trois étudiants habitués du Karnak Café - qui donne son titre au livre - sont victimes des dérives dictatoriales de la révolution socialiste nassérienne. Premier, et ... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 16 avril 2011

    Du coin où se réunissaient les jeunes, montait une clameur exaltée. Pour la majorité d'entre eux, l'histoire commençait à la révolution, celle-ci ayant mis fin à une longue période d'obscurantisme. Ils s'en sentaient les véritables héritiers, et, sans elle, la plupart auraient fini dans la rue, sans vision ni avenir... Ils chantaient, malgré l'âpre vie qu'ils enduraient, comme si la victoire, l'espoir, et l'honneur retrouvé soulageaient leur misère. En réalité, chacun voulait participer à ce bel élan de ferveur, même ceux qui ruminaient leur rancœur et leur jalousie. Tous portaient en eux la lie de la disgrâce, de la défaite ou de l'échec ; la soif qui les dévorait les jetait vers la dive bouteille, les verres pleins ranimant la haine de l'ennemi d'hier. Ils y buvaient jusqu'à l'ivresse, dansaient au rythme fou de leur jubilation. Or à quoi bon argumenter avec des ivrognes ?
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  • Par Cath36, le 16 avril 2011

    Mon pays me fascinait. Malgré ses digressions, il se développait, s'affirmait, gagnait en puissance et en influence, produisait toutes sortes de choses, des aiguilles aux missiles, et avançait à grands pas vers un bel humanisme. Pourquoi l'homme y avait-il perdu toute valeur, réduit à la plus abjecte insignifiance, pourquoi y était-il privé de droits, de respect, de tout soutien, pourquoi ployait-il sous le joug de la lâcheté, de l'hypocrisie et de la solitude ?
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  • Par mimipinson, le 28 décembre 2010

    « Nous sommes tous à la fois victimes et assassins, qui ne comprend pas ça, ne comprend rien du tout. »
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Vidéo de Naguib Mahfouz

Souffles d'Olivier Föllmi .
Sixième tome de la collection des Sagesses de l?humanité, Souffles révèle les richesses philosophiques et culturelles d?une aire géographique qui s?étend de l?Afghanistan au Yémen en passant par le Maghreb, l?Egypte, le Proche-Orient et la péninsule arabique. La Turquie et l?Iran, dernier témoin des fastes de la Perse antique complètent ce nouveau voyage d?Olivier Föllmi. Les pensées et paroles des écrivains Naguib Mahfouz ou Tahar Ben Jelloun, des poètes Yunus Emre ou Khalil Gibran ou encore du conteur Nacer Khémir en regard des photographies, portent ce livre et lui donnent toute sa profondeur.








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