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Christine Le Boeuf (Traducteur)
ISBN : 2868698921
Éditeur : Actes Sud (1993)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 900 notes)
Résumé :
"Rien ne saurait étonner un Américain." Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses erra... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
LiliGalipette16 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Orphelin de mère et abandonné par son père, M. S. Fogg a été élevé par son oncle Victor. Quand M. S. est suffisamment grand pour vivre seul, Victor part sur les routes avec un groupe de musique, léguant de son vivant tous ses livres à son neveu, soit 1492 ouvrages. Seul à New York dans un appartement minable, sans ressource et refusant de travailler, M. S. vend tous les livres de son oncle après les avoir lus. le jeune homme décide d'atteindre un niveau de conscience supérieur en laissant sa vie se dérouler sans rien tenter pour enrayer sa chute. « Je ferais de ma vie une oeuvre d'art, me sacrifiant à ce paradoxe raffiné : chaque souffle de vie me préparerait à mieux savourer ma propre fin. » (p. 42) Seul, pauvre et sublimement désespéré, M. S. attend l'éclipse de lui-même.
Pendant des semaines, il erre dans Central Park, se nourrissant de ce qu'il trouve dans les poubelles et de ce que lui offre la générosité des passants. « J'étais la preuve vivante que le système avait échoué, que le pays béat et suralimenté de l'abondance se lézardait enfin. » (p. 103) Arrivé aux portes de la vie, l'expérience de Fogg s'achève grâce à l'aide de son ami Zimmer et de la jolie Kitty. Une fois remis, M. S. trouve un emploi d'homme de compagnie pour un vieillard aveugle, infirme et fantasque. Au service de Thomas Effing, M. S. apprend à se servir des mots pour dire les choses vraies. « Les mots ont plus d'exigences que cela, on rencontre trop d'échecs pour se réjouir d'un succès occasionnel. » (p. 195) Au-delà des mots qu'il lit et des choses qu'il décrit, le jeune homme doit aussi apprendre à écouter. le vieux Effing souhaite écrire sa nécrologie avant sa mort. Mais pour ce faire, il entreprend le récit de ses jeunes années et raconte comment il est devenu ce vieil homme aveugle et paralytique. Finalement, dans la troisième partie du roman, M. S. Fogg retrouve son père et retrace toute l'histoire familiale.
Pas facile de se retrouver dans ce roman polymorphe. Ce qui semble d'abord être le récit initiatique de Fogg devient la métamorphose d'Effing qui aboutit à l'éclosion finale de Fogg. Au gré des récits enchâssés, la mythologie familiale dont est issu M. S. Fogg se dessine et le hasard en est bien absent. Des années 1960 aux années 1970, le jeune homme accomplit plusieurs révolutions, mais pas autour du soleil : autour de la lune. L'astre de nuit est omniprésent, qu'il s'agisse d'une enseigne lumineuse ou du message contenu dans un biscuit chinois. J'ai assez peu compris cette obsession pour la lune, mais il est certain qu'elle influence sans fin l'existence de M. S. Fogg.
Même si beaucoup d'éléments m'ont échappé, j'ai aimé cette lecture et l'écriture de Paul Auster. Voilà un texte assez tordu qui devrait plaire aux adeptes du genre.
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latina
latina11 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Paul Auster frappe fort !
Il fait subir à ses personnages des dommages irréversibles et à la fois catalyseurs de leur (re)construction : la paternité manquée, la mère manquante, l'orphelin branlant ou démoli aidé par l'oncle ou la tante compatissant, le tout sous le signe de la Lune, récurrente…
Oui, Paul Auster n'y va pas par quatre chemins. le héros, Marcus Stanley Fogg connaît des expériences qui vont le conduire à l'extrême limite de ses capacités humaines, physiques ou mentales. Il rencontre des gens qui marquent sa vie à jamais, car complètement extraordinaires, dérangeants, aussi bien physiquement que mentalement.
Dans quelles situations inhabituelles plonge-t-il ses personnages! La famine, l'obésité monstrueuse, la solitude effroyable, la réclusion volontaire dans une grotte, les comportements marginaux frôlant l'asociabilité, le dévouement intense…Je les ai suivis avec exultation (mais dans certains cas, je me suis sentie abandonnée, mise complètement de côté, et là, c'est l'ennui total).
« On n'a pas souvent l'occasion de se conduire de façon aussi extravagante, et je suis content de n'avoir pas laissé échapper celle-là. » Cette phrase prononcée par un des personnages résume tout à fait le propos de ce roman !
Et pour couronner le tout, très souvent, je me suis laissé emporter par la jubilation intellectuelle, provoquée par l'esprit fin, spirituel, intelligent et iconoclaste de l'auteur. La vie, telle qu'elle est, lui est prétexte à développements pénétrants auxquels je ne peux qu'adhérer.
La connexion, la stupéfaction, l'essoufflement, l'euphorie…Tout cela, je l'ai ressenti avec « Moon Palace ». Oui, Paul Auster a frappé fort !
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ibon
ibon23 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
Marco Stanley Fogg porte déjà un nom révélateur, comme destiné à l'errance ( son nom est un assemblage de trois noms d'explorateurs). Si on ajoute qu'il est né de père inconnu, un second thème , la quête d'identité, se greffe au premier.
Auster dès la première page dévoile malicieusement le résumé de la vie de son héros. On découvre qu'il va se retrouver clochard à Central Park, qu'un ami nommé Zimmer va l'aider, qu'une jeune femme nommée Kitty va l'aimer, qu'un vieil homme acariâtre nommé Effing va l'employer, lui raconter sa vie et enfin qu'il va retrouver son père.
Mais malgré cela, l'intérêt est pourtant toujours là et on dira que l'auteur manie l'anticipation narrative avec brio parce que le récit, très bien écrit de surcroît, devient passionnant à mesure que l'on approche de la fin.
De plus, du New York de la fin des années 60 (Central Park, China town) aux décors de l'Utah, c'est un cadre immense qui s'offre à vous pour un roman qui l'est tout autant.
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Gwen21
Gwen2105 avril 2016
  • Livres 1.00/5
C'est officiel, je suis une extra-terrestre !
Avec un titre au nom aussi évocateur que « Moon Palace » j'attendais peut-être trop de dépaysement pour, au final, récolter une insupportable sensation de stagnation. C'est sans doute dommage mais le fait est que je n'ai pas du tout apprécié cette première rencontre avec Paul Auster ; or quand je vois la note globale sur la fiche du roman, j'ai clairement l'impression d'être une Martienne qui aurait manqué son alunissage quand tant de Terriens semblent l'avoir réussi.
A dire vrai, je ne m'attendais pas à cette introspection de presque 500 pages, celle d'un gars paumé en quête de son identité et dont le fonctionnement psychologique semble bloqué en mode SUBIR, ce qui a rapidement eu le don de m'énerver et m'a ôté tout élan d'empathie à son endroit.
Je ne m'étendrai pas davantage sur cet échec, je me suis juste mortellement ennuyée. J'ai beau avoir reconnu la marque d'un écrivain de talent, il n'en demeure pas moins vrai que je n'ai pas été charmée une seule seconde par le style de Paul Auster.

Challenge MULTI-DÉFIS 2016
PIOCHE dans ma PAL - Mars 2016
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Luniver
Luniver02 décembre 2012
  • Livres 4.00/5
L'enfance de Marco Stanley Fogg a été troublée : fils d'une mère célibataire, et devant supporter les réprobations muettes qui en découle, il devient orphelin à onze ans. Il est alors élevé par son oncle Victor, personnage un peu fantasque et insouciant, amoureux des livres et de la musique.
Son oncle meurt à son tour pendant ses études. Il lui laisse des dizaines de cartons de livres dont Marco se servira comme meuble, et un peu d'argent, mais pas suffisamment pour mener ses études à terme. Plutôt que d'essayer de trouver une solution pour s'en sortir, Marco décide de se laisser aller, et de supporter son destin sans broncher. Ses repas se font de plus en plus rares, et il termine comme sans-abris dans Central Park.
Sauvé de justesse par ses amis, et après quelques mois de récupération, il trouve un travail chez Effing, un vieil homme en chaise roulante, tyrannique et lunatique, qui lui raconte sa vie. Commence alors pour Marco un récit de voyage qui viendra s'entremêler avec sa propre quête d'identité.
Ce livre est difficile à décrire : on suit plusieurs vies, qui se croisent, s'influencent, sans avoir l'air d'y toucher. Un roman déconcertant, mais d'une grande humanité.
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Citations & extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
PEG67PEG6716 juin 2016
Il travaillait désormais pour lui-même, la menace de l'opinion d'autrui ne pesait plus sur lui, et cela seul suffit à provoquer une modification fondamentale dans sa façon d'envisager son art. Pour la première fois de sa vie, il cessa de se préoccuper des résultats, et par conséquent les termes "succès" ou "échec" perdirent soudain pour lui leur signification.
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latinalatina04 novembre 2012
Dans les rues, tout n'est que corps et commotions et, qu'on le veuille ou non, on ne peut y pénétrer sans adhérer à un protocole rigoureux. Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain.
Si on se conforme à ce jeu, les gens ont tendance à vous ignorer. Un vernis particulier ternit les yeux des New-Yorkais quand ils circulent dans les rues, une forme naturelle, peut-être nécessaire, d'indifférence à autrui.
Par exemple, l'apparence ne compte pas. Tenues extravagantes, coiffures bizarres, T-shirts imprimés de slogans obscènes - personne n'y fait attention.
En revanche, quelque accoutrement qu'on arbore, la façon dont on se comporte est capitale. Le moindre geste étrange est immédiatement ressenti comme une menace. Parler seul à voix haute, se gratter le corps, fixer quelqu'un droit dans les yeux : de tels écarts de conduite peuvent déclencher dans l'entourage des réactions hostiles et parfois violentes.
On ne peut ni trébucher ni tituber, il ne faut pas se tenir aux murs, ni chanter, car toute attitude spontanée ou involontaire provoque à coup sûr des regards durs, des remarques caustiques, et même à l'occasion une bourrade ou un coup de pied dans les tibias.
Par contraste, (dans un parc), personne se s'y étonnait qu'on s'étende sur l'herbe pour s'endormir en plein midi. Personne ne tiquait si l'on restait assis sous un arbre à ne rien faire, si l'on jouait de la clarinette, si l'on hurlait à tue-tête.
Les mêmes choses qui auraient inquiété les gens dans la rue n'étaient ici considérées qu'avec une indifférence amusée. Les gens se souriaient et se tenaient par la main, pliaient leurs corps en postures inhabituelles, s'embrassaient.
C'était vivre et laisser vivre, et du moment qu'on n'intervenait pas directement dans l'existence des autres, on était libre d'agir à sa guise.
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latinalatina06 novembre 2012
- Elle a une immense discrétion, une réelle délicatesse de sentiment.
- Elle m'a embrassé la première fois que je l'ai vue, tu le savais? Juste au moment où je partais, elle m'a rattrapé sur le seuil, m'a jeté les bras autour du cou, et m'a planté un énorme baiser sur les lèvres. Ce n'est pas exactement ce que j'appellerais de la délicatesse ou de la discrétion.
- Non. Kitty savait ce qu'elle faisait. C'est quelqu'un qui se fie à ses élans, mais ces élans sont aussi une sorte de sagesse.
- Tu as l'air bien sûr de toi.
- Mets-toi à sa place. Elle tombe amoureuse de toi, elle t'embrasse sur la bouche, elle laisse tout tomber pour se lancer à ta recherche. Et qu'est-ce que tu as fait pour elle? Rien. Même pas l'ombre d'un rien.
La différence entre Kitty et les gens, c'est qu'elle est disposée à accepter ça. Imagine, Fogg. Elle te sauve la vie, et tu ne lui dois rien. Elle n'attend de toi aucune gratitude. Elle n'attend même pas ton amitié. Elle les souhaite peut-être, mais elle ne les demandera jamais. Elle respecte trop les autres pour les obliger à agir contre leurs désirs. Elle est ouverte et spontanée, mais en même temps elle préférerait mourir que de te donner l'impression qu'elle s'impose à toi.
C'est là qu'intervient sa discrétion. Elle est allée assez loin, à présent elle n'a plus le choix : elle reste où elle est, et elle attend.
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LuniverLuniver24 novembre 2012
Comme me l'avait un jour lointain expliqué oncle Victor, une conversation ressemble à un échange de balles. Un bon partenaire vous envoie la balle droit dans le gant, de sorte qu'il vous est presque impossible de la rater ; quand c'est à lui de recevoir, il rattrape tout ce qui arrive de son côté, même les coups les plus erratiques et les plus incompétents. C'est ainsi que faisait Kitty. Elle relançait sans cesse la balle juste au creux de mon gant, et quand je la lui retournais, elle ramenait tout ce qui parvenait peu ou prou à sa portée, sautant vers les chandelles qui lui passaient au-dessus de la tête, plongeant avec agilité de gauche à droite , se précipitant pour réussir des prises acrobatiques. Mieux encore, son talent était tel qu'elle me donnait toujours l'impression que j'avais fait exprès de mal lancer, comme si mon seul objectif avait été de rendre la partie plus amusante. Elle me faisait paraître meilleur que je n'étais et cela me donnait confiance, et m'aidait ensuite à lui envoyer des balles moins difficiles à recevoir. En d'autres mots, je commençai à lui à parler à elle, plutôt qu'à moi-même, et le plaisir en était plus grand que tout ce que j'avais connu depuis longtemps.
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latinalatina09 novembre 2012
Il y avait le fait que personne ne verrait jamais ce qu'il peignait.
Loin d'être tourmenté par un sentiment de futilité, Effing éprouvait l'impression d'une libération.
Il travaillait désormais pour lui-même, la menace de l'opinion d'autrui ne pesait plus sur lui, et cela seul suffit à provoquer une modification fondamentale dans sa façon d'envisager l'art. Pour la première fois de sa vie, il cessa de se préoccuper des résultats, et par conséquent les termes "succès" ou "échec" perdirent soudain pour lui leur signification.
Il découvrit que le vrai but de l'art n'était pas de créer de beaux objets. C'était une méthode de réflexion, un moyen d'appréhender l'univers et d'y trouver sa place, et les éventuelles qualités esthétiques que pouvait offrir une toile individuelle n'étaient que le sous-produit presque accidentel de l'effort accompli pour s'engager dans cette quête, pour pénétrer au coeur des choses.
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For "Invisible" author Paul Auster, writing novels never gets easier, yet he no longer dreads the blank page. Big Think
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