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Christine Le Boeuf (Traducteur)
ISBN : 2868698921
Éditeur : Actes Sud (1993)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 883 notes)
Résumé :
"Rien ne saurait étonner un Américain." Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses erra... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Endymion_
Endymion_20 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
« Rien ne saurait étonner un américain », avertit l'auteur en préambule, citant Jules Verne. Mais alors quid d'un pauvre petit français comme moi ? Serai-je surpris, époustouflé, abasourdi ou alors indifférent, blasé? Une chose est certaine, avec Moon palace, on tient un livre typiquement américain. Un livre, ou plutôt des livres tant les mises en abyme sont nombreuses dans ce récit.
le narrateur porte un regard lointain et amusé sur ses mémoires, nous ouvrant les tiroirs de sa vie, de son destin. Il est des destins qui sont tout tracés, alors, quand on s'appelle Marco Stanley Fogg, l'héritage se fait terriblement pesant. L'aventure résonne dans votre tête, vous invitant incessamment au voyage. Pourtant, Auster ne nous emmènera pas faire un, mais trois voyages. Sans bouger, Fogg vivra de nombreux cheminements, de multiples vies. Personnage hors norme, ce jeune étudiant nous entrainera aux fins fonds de son être, dans une introspection viscérale, aux confins de l'altération, entre folie et imaginaire, seul, affamé , au bout de ses idées, alors que la mort lui tend ses bras, c'est finalement la vie qui sortira victorieuse de cette lutte entre l'homme et la nature, contre la solitude et l'indifférence, entre la folie et la raison. Comme beaucoup d'entre nous, Fogg crée son néant, s'obligeant à y vivre, on finit alors par s'enfouir dans notre solitude, s'en remettant au hasard, à la fatalité, à l'inexorabilité de la vie. Si Fogg en ressort grandit, ce n'est pas toujours le cas pour tous ces Fogg qui parfois se perdent dans les dédales de Central Park, dans les méandres de leur âme, de leur vie, dans ces profondeurs abyssales, ces interrogations.
Moon palace c'est aussi le livre des contraires, des conflits, des jeux de miroir et des mises en abyme, des quêtes identitaires ou initiatiques. C'est une opposition permanente entre lumière naturelle (la Lune), lumière artificielle (Edison/ Tesla). le roman débute et se clôt avec l'astre lunaire, le cycle de la lune qui revient inlassablement, de façon identique, tandis que la vie et l'histoire bougent, changent constamment. Un livre remplit de pistes et d'interrogations, de hasards, de coïncidences. C'est la vie de trois reclus, Fogg, prisonnier de sa pauvreté, abandonné dans Central Park, dans sa vacuité, Effing, le vieillard, immobile dans sa chaise, prisonnier dans ses souvenirs, ses identités, ses meurtres et de Barber, séquestré par son corps difforme, et par un amour de jeunesse. Trois solitudes, trois itinéraires qui se répètent à des périodes différentes. Trois récits labyrinthiques entre rêve et réalité, trois quêtes où hasard, nihilisme et anéantissement tissent leur toile et se défont au fil du temps.
On est soumis à des sentiments contraires, on se prend à détester à tour de rôle, Effing, l'impotent despote au passé tumultueux, Barber, le libidineux nonchalant et apathique, Fogg l'étudiant insouciant et irréfléchi, pour finalement éprouver de l'empathie pour ces hommes brisés par le destin, la déréliction. On ne peut que se reconnaitre dans un Effing, un Barber, ou un Fogg, dans ces protagonistes éperdus, isolés mais généreux, à la recherche de leur but, de leur vie. On ne peut réfuter le parallèle avec une autre oeuvre de Paul Auster, L'Invention de la solitude. Alors, austère le Paul ? Au final un livre magistral, à la lecture duquel plus rien ne saurait nous étonner. Alors si comme moi, vous vous sentez une âme de Fogg, naufragé solitaire de la vie, en constante interrogation, laissez-vous tenter par le talent incroyable de conteur de l'auteur. Embarquez dans ces paysages ensorcelants, ces déserts mortifères, dans ce New-York extravagant et intrigant, mystérieux et captivant, capable de vous porter aux nues un jour et de vous lapider dans la foulée.
Pour Paul Auster écrire est une question de survie, d'obsession. Obsession et survie, deux thèmes qui se retrouvent justement dans Moon Palace.
Lien : https://chroniquescelestes.wordpress.com/2015/10..
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LiliGalipette
LiliGalipette16 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Orphelin de mère et abandonné par son père, M. S. Fogg a été élevé par son oncle Victor. Quand M. S. est suffisamment grand pour vivre seul, Victor part sur les routes avec un groupe de musique, léguant de son vivant tous ses livres à son neveu, soit 1492 ouvrages. Seul à New York dans un appartement minable, sans ressource et refusant de travailler, M. S. vend tous les livres de son oncle après les avoir lus. le jeune homme décide d'atteindre un niveau de conscience supérieur en laissant sa vie se dérouler sans rien tenter pour enrayer sa chute. « Je ferais de ma vie une oeuvre d'art, me sacrifiant à ce paradoxe raffiné : chaque souffle de vie me préparerait à mieux savourer ma propre fin. » (p. 42) Seul, pauvre et sublimement désespéré, M. S. attend l'éclipse de lui-même.
Pendant des semaines, il erre dans Central Park, se nourrissant de ce qu'il trouve dans les poubelles et de ce que lui offre la générosité des passants. « J'étais la preuve vivante que le système avait échoué, que le pays béat et suralimenté de l'abondance se lézardait enfin. » (p. 103) Arrivé aux portes de la vie, l'expérience de Fogg s'achève grâce à l'aide de son ami Zimmer et de la jolie Kitty. Une fois remis, M. S. trouve un emploi d'homme de compagnie pour un vieillard aveugle, infirme et fantasque. Au service de Thomas Effing, M. S. apprend à se servir des mots pour dire les choses vraies. « Les mots ont plus d'exigences que cela, on rencontre trop d'échecs pour se réjouir d'un succès occasionnel. » (p. 195) Au-delà des mots qu'il lit et des choses qu'il décrit, le jeune homme doit aussi apprendre à écouter. le vieux Effing souhaite écrire sa nécrologie avant sa mort. Mais pour ce faire, il entreprend le récit de ses jeunes années et raconte comment il est devenu ce vieil homme aveugle et paralytique. Finalement, dans la troisième partie du roman, M. S. Fogg retrouve son père et retrace toute l'histoire familiale.
Pas facile de se retrouver dans ce roman polymorphe. Ce qui semble d'abord être le récit initiatique de Fogg devient la métamorphose d'Effing qui aboutit à l'éclosion finale de Fogg. Au gré des récits enchâssés, la mythologie familiale dont est issu M. S. Fogg se dessine et le hasard en est bien absent. Des années 1960 aux années 1970, le jeune homme accomplit plusieurs révolutions, mais pas autour du soleil : autour de la lune. L'astre de nuit est omniprésent, qu'il s'agisse d'une enseigne lumineuse ou du message contenu dans un biscuit chinois. J'ai assez peu compris cette obsession pour la lune, mais il est certain qu'elle influence sans fin l'existence de M. S. Fogg.
Même si beaucoup d'éléments m'ont échappé, j'ai aimé cette lecture et l'écriture de Paul Auster. Voilà un texte assez tordu qui devrait plaire aux adeptes du genre.
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latina
latina11 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Paul Auster frappe fort !
Il fait subir à ses personnages des dommages irréversibles et à la fois catalyseurs de leur (re)construction : la paternité manquée, la mère manquante, l'orphelin branlant ou démoli aidé par l'oncle ou la tante compatissant, le tout sous le signe de la Lune, récurrente…
Oui, Paul Auster n'y va pas par quatre chemins. le héros, Marcus Stanley Fogg connaît des expériences qui vont le conduire à l'extrême limite de ses capacités humaines, physiques ou mentales. Il rencontre des gens qui marquent sa vie à jamais, car complètement extraordinaires, dérangeants, aussi bien physiquement que mentalement.
Dans quelles situations inhabituelles plonge-t-il ses personnages! La famine, l'obésité monstrueuse, la solitude effroyable, la réclusion volontaire dans une grotte, les comportements marginaux frôlant l'asociabilité, le dévouement intense…Je les ai suivis avec exultation (mais dans certains cas, je me suis sentie abandonnée, mise complètement de côté, et là, c'est l'ennui total).
« On n'a pas souvent l'occasion de se conduire de façon aussi extravagante, et je suis content de n'avoir pas laissé échapper celle-là. » Cette phrase prononcée par un des personnages résume tout à fait le propos de ce roman !
Et pour couronner le tout, très souvent, je me suis laissé emporter par la jubilation intellectuelle, provoquée par l'esprit fin, spirituel, intelligent et iconoclaste de l'auteur. La vie, telle qu'elle est, lui est prétexte à développements pénétrants auxquels je ne peux qu'adhérer.
La connexion, la stupéfaction, l'essoufflement, l'euphorie…Tout cela, je l'ai ressenti avec « Moon Palace ». Oui, Paul Auster a frappé fort !
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ibon
ibon23 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
Marco Stanley Fogg porte déjà un nom révélateur, comme destiné à l'errance ( son nom est un assemblage de trois noms d'explorateurs). Si on ajoute qu'il est né de père inconnu, un second thème , la quête d'identité, se greffe au premier.
Auster dès la première page dévoile malicieusement le résumé de la vie de son héros. On découvre qu'il va se retrouver clochard à Central Park, qu'un ami nommé Zimmer va l'aider, qu'une jeune femme nommée Kitty va l'aimer, qu'un vieil homme acariâtre nommé Effing va l'employer, lui raconter sa vie et enfin qu'il va retrouver son père.
Mais malgré cela, l'intérêt est pourtant toujours là et on dira que l'auteur manie l'anticipation narrative avec brio parce que le récit, très bien écrit de surcroît, devient passionnant à mesure que l'on approche de la fin.
De plus, du New York de la fin des années 60 (Central Park, China town) aux décors de l'Utah, c'est un cadre immense qui s'offre à vous pour un roman qui l'est tout autant.
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Gwen21
Gwen2105 avril 2016
  • Livres 1.00/5
C'est officiel, je suis une extra-terrestre !
Avec un titre au nom aussi évocateur que « Moon Palace » j'attendais peut-être trop de dépaysement pour, au final, récolter une insupportable sensation de stagnation. C'est sans doute dommage mais le fait est que je n'ai pas du tout apprécié cette première rencontre avec Paul Auster ; or quand je vois la note globale sur la fiche du roman, j'ai clairement l'impression d'être une Martienne qui aurait manqué son alunissage quand tant de Terriens semblent l'avoir réussi.
A dire vrai, je ne m'attendais pas à cette introspection de presque 500 pages, celle d'un gars paumé en quête de son identité et dont le fonctionnement psychologique semble bloqué en mode SUBIR, ce qui a rapidement eu le don de m'énerver et m'a ôté tout élan d'empathie à son endroit.
Je ne m'étendrai pas davantage sur cet échec, je me suis juste mortellement ennuyée. J'ai beau avoir reconnu la marque d'un écrivain de talent, il n'en demeure pas moins vrai que je n'ai pas été charmée une seule seconde par le style de Paul Auster.

Challenge MULTI-DÉFIS 2016
PIOCHE dans ma PAL - Mars 2016
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Citations & extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
fredhofredho23 mai 2016
Si les hommes peuvent vivre confortablement dans leur environnement, s'ils peuvent apprendre à sentir qu'ils font partie de ce qui les entoure, la vie sur terre peut alors s'empreindre d'un sentiment de sainteté.
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fredhofredho22 mai 2016
C'était l'imagination sous sa forme la plus pure: l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là.
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fredhofredho21 mai 2016
Ici n'existe qu'en fonction de là; si nous ne regardons pas en haut, nous ne saurons jamais ce qui se trouve en bas. Méditez ça mon garçon. Nous ne découvrons qu'en nous tournant vers ce que nous ne sommes pas.
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fredhofredho21 mai 2016
Avoir un enfant, cela revient à appartenir à quelque chose de plus grand que soi.
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fredhofredho19 mai 2016
C'est là que sont tournés tous les films de cow-boys et d'Indiens, cet imbécile de bonhomme Malboro y galope tous les soirs à la télévision. Mais ces images ne vous en disent rien, Fogg. Tout cela est bien trop énorme pour être peint ou dessiné; même la photographie n'arrive à le rendre. Tout est déformé, c'est comme si on essayait de reproduire les distances des espaces interstellaires: plus on voit, moins le crayon y arrive. Le voir, c'est le faire disparaître.
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Videos de Paul Auster (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Auster
For "Invisible" author Paul Auster, writing novels never gets easier, yet he no longer dreads the blank page. Big Think
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