> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2868698921
Éditeur : Actes Sud (1993)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 188 notes) Ajouter à mes livres
Dans un monde qui se lit à travers le prisme des correspondances et des signes secrets, il n'est point de hasards ni de coïncidences. Pour qui sait les interpréter, ces messages qui s'imposent d'eux-mêmes sont la marque du destin. Ainsi, lorsque l'on... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 10 décembre 2010

    sentinelle
    Quelques commentaires après me relecture de Moon Palace. J'y ai retrouvé tout ce qui m'avait initialement charmé lors de mes premières lectures du roman : le road movie avec le temps qui passe, les rencontres et les séparations au fil des errances, les rites de passage, les quêtes initiatiques et l'exploration de nouveaux territoires, les mises en abymes, la récursivité via les notices biographiques et la présence d'un roman dans le roman mais aussi le sentiment de solitude, la mort, la question de la subsistance et de l'argent pour y subvenir, la quête de l'identité, l'usurpation d'identité, la paternité et la filiation, la transmission, la fuite et la rupture, le hasard et les coïncidences, la manque de repères, enfin bref toutes les thématiques habituelles de Paul Auster condensées avec bonheur dans ce roman qui représente toujours à mes yeux la quintessence de son œuvre.
    Mais aussi présents que soit la lune ou ce sentiment d'étrangeté et de singularité dont ne se départissent jamais ces personnages principaux, Paul Auster nous convie avant tout à un road movie typiquement américain. Aussi nous amène-t-il, en quelques coups de pinceaux à peine ébauchés, vers quelques hauts faits historiques américains tels que l'expédition Donner, les Palmer raids, le lynchage des Wooblies, la colonie perdue de Roanoke etc etc
    Mais il y a surtout un personnage historique essentiel dont l'ombre plane constamment au-dessus du roman qui n'est autre que Nikola Tesla, cet inventeur un peu fou tant par son intelligence que par ses particularités et son originalité. Comment ai-je pu passer à côté de Tesla au cours de mes lectures précédentes ? Ce personnage romanesque à souhait hante ce roman à plusieurs reprises, mais comment aurait-il pu en être autrement tant Tesla représente le personnage austérien par excellence s'il n'avait réellement existé ? En évoquant le médiocre Julian Hawthorne (le fils de Nathaniel Hawthorne), Paul Auster rappelle que de nombreux contemporains de Tesla voyaient en lui un extra-terrestre chargé d'une mission divine de communication avec les humains. Référence une nouvelle fois à l'étrangeté, à l'incommunicabilité, à la solitude d'un homme pas comme les autres, totalement en marge de la société consumériste et scientifique, Paul Auster ne pouvait pas passer à côté d'une telle figure mythique américaine.
    Moon Palace est un roman qui peut se lire et se relire sans fin tant de nombreuses références historiques, symboliques et philosophiques jalonnent toute l'œuvre. On est certain d'y découvrir à chaque fois un nouvel élément qui nous avait avait échappé, un clin d'œil, une référence. Je n'en ai décidément pas encore terminé avec ce roman
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Avant de connaître le succès, Paul Auster a vu pas mal de ses manuscrits lui revenir, notamment celui d'un roman policier qu'il voulait publier sous le pseudonyme de "Paul Benjamin." De lui, j'ai lu jadis - et il faudrait donc que je la relise - sa "Trilogie new-yorkaise." Mais je me suis tout d'abord replongée dans "Moon Palace", livre étrange et quasi hypnotique (comme nombre de romans de l'auteur) où le thème du voyage, ou plutôt de l'errance, se conjugue avec la quête de l'identité.
    Le héros, qui est né de père inconnu, a reçu à la naissance le nom de Marco Stanley Fogg. Et même si son patronyme fut en fait imposé à ses grands-parents lorsqu'ils abordèrent à Ellis Island, il n'en reste pas moins vrai qu'il est aussi celui du personnage principal du "tour du monde en 80 jours" de Jules Verne. Avec Marco (Polo) et Stanley ("Dr Livinstone, I suppose ?") en attelage, on comprend dès le début que notre héros va se déplacer pas mal.
    Plus précisément, il erre. Non seulement par la ville de New-York, lorsque la mort de son oncle Victor, le clarinettiste, le prive de sa dernière source sûre de ressources mais aussi dans sa tête. Car Marco Fogg, brillant mais solitaire dans l'âme, est loin d'être une âme simple. C'est un rêveur qui, dès le premier ou deuxième chapitre, nous confie son amour pour Cyrano de Bergerac, à qui l'on doit un "Voyage sur la Lune" littéraire aussi fantastique que le sera, bien plus tard, la version du même sujet, revue et corrigée par Georges Méliès. Pas étonnant, dans ces conditions, qu'il soit frappé par cet hôtel nommé "Moon Palace" dont il voit l'enseigne clignoter non loin de chez lui. Ou encore par une phrase sibylline, mêlant Soleil, Lune et Terre, dénichée dans un beignet chinois.
    Il y a du suicidaire qui ne s'avoue pas chez Marco Fogg - ou alors si brièvement qu'on a à peine le temps de s'en apercevoir. Un enfant désespéré et assoiffé qui cherche, qui cherche ... on ne sait trop quoi, on ne sait trop qui mais certainement ses racines et l'image du Père.
    Par un concours de circonstances purement romanesque, il va faire la connaissance du riche Thomas Effing, vieillard fortuné et à demi-aveugle, qui se déplace en fauteuil roulant et recherche un secrétaire pour lui lire livres et journaux et pour, un jour, écouter le récit de sa vie et en faire une "notice nécrologique." Et à partir de là, Fogg finira par retrouver son propre père pour le perdre cette fois définitivement.
    L'univers de Paul Auster a quelque chose de glacé, d'hypnotique et, malgré les paysages urbains récurrents qu'on y retrouve, de profondément introverti. Il traque la plus menue de ses émotions et de celles de ses personnages, toutes liées à sa Quête - oui, on est tenté d'y mettre la majuscule. C'est ainsi que, dans la "Cité de verre", on ne sait plus très bien qui est qui. Et bien que cela ne soit pas le cas dans "Moon Palace", il y a tout de même là-dedans quelque chose d'angoissant et aussi de désespéré, quelque chose qui tremblote et se dérobe dès qu'on tente de mettre le doigt dessus.
    Personnellement, j'aime assez. En tous cas dans "Moon Palace." ;o)
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  • Par Zum, le 07 février 2012

    Zum
    Un roman passionnant, foisonnant on pourrait dire. Qui tient dans la poche et qui se lit vite mais dans lequel on a l'impression de sans cesse changer de lieu, de temps, d'état d'esprit, d'y rester des années sans jamais s'ennuyer. Et on n'est même pas triste quand arrive la fin, parce qu'elle arrive au bon moment. Une qualité rare!
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    • Livres 5.00/5
    Par foxofthelibrary, le 12 août 2010

    foxofthelibrary
    M.S. Fogg a toujours vécu seul, seul avec sa mère, seul avec son oncle Victor. Toujours enfermé dans son décalage, dans sa marginalité, Fogg décidera de mettre sa "fin" en place. Il deviendra sdf. Pui sil travaillera chez un certain Thomas Effing, un aveugle paralysé de ses deux jambes qui va révolutionner sa vie.
    Effing le fera voyager mentalement, à l'intérieur de lui même pour l'aider à trouver qui est il vraiment. Après une cette période heureuse de sa vie, Fogg fera la rencontre de Barber, le fils d'Effing, qui se trouve également être son propre père... Après de longues épreuves, la recherche de la caverne d'Effing dans le désert, sa rupture avec Kitty, la mort de Barber,
    Fogg se retrouvera une fois de plus seul. Sans logement, son argent compté, et seul. A marcher dans l'Ouest amércain pendant des semaines, il arrivera aux portes de l'Asie.
    Tout ce chemin parcouru pour se retrouver une fois de plus seul avec lui même. Prêt à démarrer une nouvelle vie.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par cbajot, le 02 novembre 2010

    cbajot
    Un bon roman dans l'univers d'Auster, entre réalisme et étrangeté, quête d'identité et de père. Des personnages attachants avec des personnalités hors-norme, et descente dans New York, Central Park...où le héros survit tant bien que mal.
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 05 décembre 2010

    Une borne à incendie, un taxi, une bouffée de vapeur surgissait d'un trottoir - ils m'étaient familiers, il me semblait les connaître par coeur. Mais c'était compter sans leur mutabilité, leur manière de se transformer selon la force et l'angle de la lumière, la façon dont leur aspect pouvait être modifié par ce qui arrivait autour d'eux : un passant, un coup de vent soudain, un reflet inattendu. Tout se mouvait en un flux constant, et si deux briques, dans un mur, pouvaient se ressembler très fort, à l'analyse elles ne se révéleraient jamais identiques. Mieux, une même brique n'était jamais la même, en vérité. Elle s'usait, se délabrait imperceptiblement sous les effets de l'atmosphère, du froid, de la chaleur, des orages qui l'agressaient, et à la longue, si on pouvait l'observer au-delà des siècles, elle disparaîtrait. Tout objet inanimé était en train de se désintégrer, tout être vivant de mourir. Mon cerveau se prenait de palpitations lorsque je pensais à tout cela et me représentais les mouvements furieux et désordonnés des molécules, les incessantes explosions de la matière, les collisions, le chaos en ébullition sous la surface de toutes choses.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2010

    On ne peut pas savoir où l'on est sur cette terre, sinon par rapport à la Lune ou à une étoile. L'astronomie vient d'abord ; les cartes du territoire en découlent. Juste le contraire de ce qu'on attendrait. Si on y pense assez longtemps, on en a l'esprit chamboulé. Ici n'existe qu'en fonction de là ; si nous ne regardons pas en haut, ne ne saurons jamais ce qui se trouve en bas. Méditez ça, mon garçon. Nous ne nous découvrons qu'en nous tournant vers ce que nous ne sommes pas. On ne peut poser les pieds sur le sol tant qu'on n'a pas touché le ciel.
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  • Par sentinelle, le 29 novembre 2010

    Nos vies sont déterminées pas de multiples contingences, déclarai-je, en essayant d'être aussi succinct que possible, et nous luttons chaque jour contre ces chocs, ces accidents, afin de conserver notre équilibre. Il y a deux ans, pour des raisons philosophiques et personnelles, j'ai décidé de renoncer à cette lutte. Ce n'était pas par envie de me tuer - n'allez pas croire ça - mais parce qu'il me semblait que si je m'abandonnais au chaos de l'univers, l'univers me révèlerait peut-être en dernier ressort une harmonie secrète, une forme, un plan, qui m'aideraient à pénétrer en moi-même. La condition était d'accepter les choses telles qu'elles se présentaient, de se laisser flotter dans le courant de l'univers. Je ne prétends pas y avoir très bien réussi. En fait, j'ai échoué lamentablement.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2010

    Quand un homme se sent parvenu au bout du rouleau, il est parfaitement naturel qu'il ait envie de crier. L'air s'accumule dans ses poumons, et il ne peut plus respirer s'il n'arrive à l'expulser, à le chasser de toutes ses forces, au moyen de ses hurlements. Sinon, son propre souffle le suffoquera, le ciel lui-même l'étouffera.
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  • Par Rabanet, le 20 juin 2009

    Il contemplait la tombe de ma mère en pleurant, sous l'immensité bleue du ciel, comme s'il avait été le dernier survivant de l'univers.
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François Busnel rencontre des écrivains new-yorkais, d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.
François Busnel propose de découvrir les Etats-Unis à travers le regard de ses écrivains. Il débute son périple par New York, ville la plus européenne du continent, qui n'en est pas moins un reflet de l'Amérique. Reflet de son immensité, de ses contrastes et de sa mixité. C'est aussi le lieu où s'épanouit une scène artistique foisonnante. François Busnel rencontre certains de ces New-yorkais d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.








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