> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742789200
Éditeur : Actes Sud (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.49/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS:

New York, 1967 : un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir ch... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par tilly, le 30 mars 2010

    tilly
    "Invisible" est le titre énigmatique et étrange du dernier roman de Paul Auster.
    Comme est étrange et formidablement romanesque, l'attirance morbide des personnages du roman pour un monstre séducteur et indéchiffrable, véritable Deus ex machina.
    Invisible raconte comment sur quarante années, cet ogre (fantasmé ?) va faire se croiser des deux côtés de l'Atlantique entre New-York et Paris, les destins de ceux qui tenteront vainement d'échapper à son influence fatale.
    En bref, mes mots-clé : brillant, fascinant, intriguant et passionnant, pas ennuyeux du tout
    (auteur barbant : c'est l'a priori que j'avais après avoir “lâché” Auster dans les années 1990... et jamais "retenté" jusqu'ici !)
    Dès le début de la deuxième partie du roman (page 75), le lecteur comprend que la première partie qu'il vient de lire, c'est aussi... du roman ! La mise en abyme ne fait que commencer. La construction de Invisible se complexifie au fur et à mesure avec l'emboîtement des récits et les changements de perspective. Ainsi de suite. A la fin il deviendra impossible de distinguer ce qui fait partie de l'imaginaire d'un personnage, d'un autre, de celui du lecteur, ou de Paul Auster. Vertiges. Plaisirs.
    Première partie, 1967, New-York
    Le narrateur est Adam Walker, étudiant en littérature, passionné de poésie classique. Il raconte à la première personne les circonstances de sa chute dans les rais de Rudolph Born et de sa compagne Margot : comment il est attiré, manipulé, comment il se débat, et finalement succombe.
    “Born m'avait eu. Il m'avait fait voir en moi quelque chose qui me remplissait de dégoût et, pour la première fois de ma vie, je compris ce que c'était de haïr quelqu'un. Jamais je ne pourrais lui pardonner - et jamais, je ne pourrais me pardonner, à moi.”
    Deuxième partie, 2007, New-York
    Changement de narrateur : James (Jim), est un auteur à succès qui a perdu de vue Adam depuis leurs années communes en faculté. Adam est l'initiateur d'une correspondance avec Jim. Il lui fait lire le début d'un roman qu'il est en train d'écrire (c'est la première partie que le lecteur vient de lire, “Printemps”). Après avoir prévenu Jim que le second chapitre pourrait le choquer, Adam finit par lui envoyer une suite à ses mémoires de l'année 1967.
    Dans ce texte intitulé “Eté”, Adam écrit à la seconde personne (il s'adresse à lui-même, tutoiement). On retrouve Adam, Margot, le temps d'un été poisseux à Brooklyn. On fait connaissance avec Gwyn la soeur d'Adam. On apprend leur histoire familiale douloureuse. Born est absent, disparu, Invisible, mais son influence maléfique sur Adam est pesante. le désarroi dans lequel il plonge peut expliquer ses débordements affectifs et sensuels avec Margot d'abord, et avec Gwyn, sa sœur, ensuite.
    Cette partie du roman, étouffante et belle, parfois torride m'a rappelé l'ambiance du roman Ada de Nabokov.
    Troisième partie, 2007, Californie
    Jim n'aura pas l'occasion de discuter avec Adam de son projet littéraire. Adam meurt. Avant de disparaître il a confié son manuscrit inachevé à Jim et le laisse libre de rédiger le chapitre manquant “Automne” à partir de notes très détaillées.
 Jim écrit à la troisième personne et au présent ce dernier volet des mémoires de l'année 1967 d'Adam Walker.
    Venu à Paris à l'automne 1967 pour y poursuivre ses études, Adam a retrouvé Margot, mais aussi, malencontreusement, son âme damnée : Rudolph Born. Toujours inquiétant et machiavélique, Born met en présence Adam et deux françaises : Hélène Juin et sa fille Cécile, lycéenne.
    La première partie "Printemps" s'achevait sur la disparition de Born, quittant précipitamment les Etats-Unis pour échapper à une enquête policière. A la fin d'"Automne", c'est au tour d'Adam de disparaître brutalement de la vie de Cécile, expulsé du territoire français suite à ce qui ressemble à un coup monté par la police. Mystères et symétries.
    Quatrième partie, 2007, Paris
    A la demande de Gwyn, la soeur d'Adam, Jim reprend le manuscrit d'Adam (Printemps, Eté, Automne), l'Adapte, et le publie sous son propre nom.
    Plus tard, à Paris, Jim retrouve Cécile qui lui confie à son tour une partie de son journal intime. Elle y raconte son face à face avec Born, en 2002, pour une ultime rencontre. Cécile la française est la seule qui aura eu le courage d'affronter Born pour l'amener au bout de quarante ans à se trahir. Elle le punit en ne cédant pas à son ultime tyrannie. Elle est ainsi celle qui venge Adam.
    Sur le titre...
    Invisible ? Visible ? Je me rends cet après-midi au Salon du Livre, où j'espère, Paul Auster sera... visible !
    Se rendre visible : c'est (aussi) la leçon d'écriture que Paul Auster fait donner au milieu de son roman, par un auteur (Jim) à un autre auteur (Adam).
    "En parlant de moi-même à la première personne je m'étais étouffé, rendu Invisible, mis dans l'impossibilité de trouver ce que je cherchais. Il fallait que je me sépare de moi-même, que je libère un espace entre moi et mon sujet (moi-même en l'occurrence) [...]. Je devient il, et la distance créée par ce léger déplacement me permit d'achever le livre."
    Paul Auster est un formidable virtuose des déplacements romanesques !
    Dans Invisible cela ne nuit en rien, au contraire, au plaisir du lecteur.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 15 janvier 2012

    JeanLouisBOIS

    Invisible, est, semble-t-il, l'histoire troublante d'Adam Walker, jeune étudiant de la Columbia, poète et traducteur de sombres œuvres. Alors qu'il somnole à moitié dans une soirée dans laquelle il a été invité, il fait la rencontre de deux étranges énergumènes : Margot, une fille silencieuse mais très attirante, malgré son « "regard perdu dans le vide, comme si sa principale mission dans la vie consistait à avoir l'air de s'ennuyer" », et Born, un homme qui semble n'avoir peur de rien. Tous deux, formant un couple incongru, lui laissent une drôle d'impression, qui sera bien vite confirmée lorsque Born lui propose, alors qu'ils ne se connaissent que depuis quelques jours, de gérer un magazine littéraire que Walker pourra diriger – et Born le financera intégralement. Un mécénat dont la finalité lui échappe.
    Mais bien vite, Walker prend conscience de la tournure que prennent les événements : Margot et Born projetteraient-ils de l'intégrer dans un ménage à trois ? Et puis, au-delà de cette ambiance un peu malsaine à la Les Liaisons Dangereuses, un meurtre imprévu vient sceller cette « "communauté de destins placés sous le signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice" » (cf. 4ème de couv'). En effet, lors d'une promenade près de Riverside Park, Born blesse de sang froid un jeune noir qui tente de les racketter. Lorsque Walker revient sur les lieux de l'incident alors qu'il est parti chercher des secours, Born a disparu, ainsi que l'agresseur agressé. L'étudiant reste alors convaincu que son mécène a assassiné le racketteur sans autre forme de procès.
    L'histoire commençait à vous plaire ? Vous aviez l'impression d'être plongé au début d'un bon thriller inquiétant ? Alors, vous tournez la page, pour vous rendre compte que tout ça n'était que foutaise. En réalité, il s'agit du premier chapitre d'une autobiographie d'Adam Walker, que ce dernier a transmis à Freeman, un ami d'université de longue date, devenu un romancier reconnu. Ce chapitre est reproduit, c'est celui qu'on lit en première partie d'Invisible. Il ouvre la voie à la deuxième, qui traite en fait du lien d'amitié qui s'installe entre le vieil Adam Walker (car entre l'histoire de la première partie et celle de la deuxième, 40 ans ont passé et Walker est très malade) et Freeman, ce dernier le conseillant quant à la deuxième partie de l'autobiographie qu'Adam écrit, et sur laquelle il bloque. Grâce à ce soutien, Walker parvient finalement à la mettre en forme, en se rendant « Invisible » à lui-même, c'est-à-dire en prohibant le « je » pour parler de lui, et en lui préférant le « tu », marquant ainsi une distance avec lui-même qui lui permet de débloquer ses peurs et inhibitions. Ce second chapitre, reproduit dans le récit, narre les terribles relations d'Adam avec sa sœur Gwyn…
    L'histoire commençait à vous plaire ? Vous aviez l'impression… bref, on ne va pas vous la refaire, mais là encore, bouleversement : on croyait qu'Auster nous emmenait quelque part, eh bien non, on rebrousse chemin, et on en revient à ce meurtre commis quarante ans plus tôt, avec une histoire cette fois rédigée par Freeman, à la troisième personne (Walker), à partir des notes que ce dernier lui aura confié avant sa mort.
    Et puis, on apprend que l'histoire n'est pas à cent pour cent vraie, Walker n'est pas Walker, Born n'est pas Born, Freeman n'est même pas Freeman. Il faut bien protéger les individus impliqués dans cette sombre affaire. Et puis Gwyn dément les propos tenus par son frère. Dès lors, quelle valeur accorder à la certitude d'Adam de la culpabilité de Born dans le meurtre de Cédric Williams, le jeune noir qui les avait racketté quarante ans plus tôt ? Est-ce une invention, son autobiographie est-elle à ce point romancée ? Freeman enquête alors, et on croit avoir le fin mot de l'histoire en lisant le journal intime de Cécile, la fille d'Hélène, qui fut très proche de Born pendant les années qui suivirent l'incident de Riverside Park… Born a-t-il VRAIMENT assassiné quelqu'un ?
    C'est peut-être la question essentielle du livre. Mais au-delà même de la trame, il y a la construction du roman. Ou la déconstruction. En tous cas, une structure dont l'intérêt dépasse la trame même.
    Auster joue avec nos nerfs dans son laboratoire des mots. Journal intime, lettres, extraits d'autobiographie, de poèmes sont autant de tubes à essais que le docteur ès lettres Auster distille et mélange afin de parvenir à des composés chimiques pour le moins explosifs – mais stables. Car au final, tout tient parfaitement, l'expérience est réussie. Il faut dire que le brevet était déposé depuis le tome 2 de la Trilogie new-yorkaise, « Revenants » (1988), alors notre docteur a eu le temps de s'entraîner. Avec Seul dans le Noir, Auster avait également imbriqué dans son récit deux histoires, et mis en abîme le roman, mais Invisible est un exercice de style qui transcende ses tentatives passées.

    Auster nous manipule jusqu'au bout, nous tient par la main, nous lâche quelques instants, nous laisse faire nos premiers pas dans le livre, nous laisse croire qu'on arrivera à marcher seuls, et puis on s'effondre au bout de quelques enjambées, et voilà qu'il nous reprend par la main, et nous emmène ailleurs, et cela recommence encore et encore…
    Un roman qui se met en abîme, des histoires qui partent dans tous les sens mais finement imbriquées les unes dans les autres, et les obsessions d'Auster exacerbées (la relation de l'auteur à son œuvre, la solitude, New York…). Tout y est pour faire de ce nouveau roman un véritable page-turner.
    Le globe-lecteur.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par gilles3822, le 20 mars 2010

    gilles3822
    C'est toujours compliqué avec Paul Auster. Cet écrivain américain contemporain est tellement européen dans sa manière d'être et d'écrire qu'on ne peut s'empêcher de lui pardonner certaines faiblesses dans l'inspiration. C'était le cas dans son précédent roman, Seul dans le Noir, inabouti, à mon humble avis. Ce n'est pas le cas ici. Il joue avec le temps, le temps qui passe, il joue à saute-moutons. Un évènement survenu à vingt ans reprend forme à soixante chez le personnage principal, raconté par une tierce personne. Ce livre raconte l'histoire d'une vie entre parenthèses. Ce qui a compté s'est déroulé il y a longtemps et à l'heure de sa fin prochaine, il doit, comme on dit, solder les comptes et dans son cas, l'écrire. Il ne raconte pas sa vie, juste l'évènement qui a mis sa vie entre parenthèses, un fait divers.
    Ce fait divers, vécu à 20 ans, a ouvert la boîte de Pandore de ses illusions sur la nature humaine. Sa naïveté a été balayée et lui a ôté toute envie de poursuivre ce pour quoi il se sentait fait: écrire.
    Les protagonistes de son histoire sont des gens qui n'appartiennent pas à son monde, lui, jeune américain, rencontre des français, représentés ici sous les traits d'intellectuels à double face, que Paul Auster a dû rencontrer lors de ses séjours en France. La part autobiographique est présente dans le personnage principal, la question est, dans quelles proportions?
    On sent l'incompréhension, liée à une certaine fascination, à un désir d'en savoir plus sur cet univers qu'il veut faire sien. Partir à Paris à vingt ans dans les années 60, pour un américain épris de culture européenne, c'est la quête du Graal.Il y laissera toutes ses illusions.
    La fin du roman est particulièrement réussie, poignante à souhait sans jamais tomber dans le larmoyant. Plusieurs tiroirs ont été ouverts au fil du récit, certains ont été refermés, d'autres non, au lecteur de deviner lesquels.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 16 janvier 2012

    JeanLouisBOIS
    Ma première impression globale à la lecture de Invisible de Paul Auster fut une grande perplexité : soit l'auteur avait eu du mal à exprimer sa pensée et à composer son texte, ce qui est peu probable vue son expérience littéraire, soit que la recherche de l'originalité ne l'ait égaré dans une sorte d'impasse esthétique. Ce fut donc une certaine déception pour un auteur dont j'admire en général le style et la façon d'utiliser la forme romanesque pour livrer des réflexions pertinentes sur l'évolution des sociétés occidentales.
    Ce livre est divisé en quatre chapitres. le premier, où le narrateur dit « je » est une histoire presque banale en flashback qui se passe en 1967. Auster est alors égal à lui-même : sans avoir l'air d'y toucher, il nous conduit avec fluidité par un déroulement narratif bien maîtrisé (merci aussi à la traductrice !) à une bonne caractérisation des situations et des personnages, le tout agrémenté de réflexions et d'analyses qui participent au charme de la lecture.
    C'est à partir du deuxième chapitre que tout se gâte. En effet, le narrateur choisit de dire « tu » et de surcroit pour des raisons propres au déroulement romanesque, l'auteur fait appel à un « sur-narrateur » qui va servir de lien et de liant à l'ensemble du livre. On arrive ainsi à une mise en abyme en créant un livre dans le livre. Malheureusement, cette partie laisse trop apparaitre la charpente, la structure, la construction du texte sans que cette conception para-littéraire n'apporte un bénéfice au récit ou à la réflexion, bien au contraire, on se trouve très vite avec l'impression d'avoir affaire à un texte en cours d'élaboration, en chantier avec ses ébauches et ses indécisions, donc un texte artificiel, mal maîtrisé et inabouti. de plus, l'expression des fantasmes ou des souvenirs du premier narrateur permet à l'auteur une sorte d'approche racoleuse et complaisante de scènes pédopornographiques sans grand intérêt (je sais qu'on est en 1967, à New-York, à l'université de Columbia ; mais là encore on observe cette accumulation de clichés qui renforcent l'impression de livre en chantier ou démonstratif et qui globalement nous apporte peu de chose).
    Ces errances se reproduisent pratiquement à l'identique dans le troisième chapitre où le narrateur utilise cette fois-ci le « il ». L'impression lancinante que l'aspect artificiel du texte prend le pas sur une narration qui, bon gré, mal gré, continue à se dérouler de façon autonome, s'accroit de façon inquiétante
    Heureusement, le dernier chapitre vient conclure le récit logiquement et l'on retrouve le style et l'aisance apparemment facile et limpide de L'auteur américain qui s'emploie à donner l'impression que ses personnages ont une vie avant et surtout après la fin du roman.
    Bien sûr, ce livre apparaît avant tout comme une réflexion personnelle sur la composition des romans et la déconstruction de cette composition avec les changements de narrateurs, les changements de point de vue, les mises en abyme et autres réécritures. le résultat me semble assez artificiel, démonstratif et purement contreproductif tant pour l'intérêt romanesque que pour la profondeur du propos. Peut-être aurait-il fallu choisir plus nettement entre faire un roman et faire un essai pour parler de la difficulté de la création littéraire et de ses rapports avec le passé et la vie quotidienne de l'écrivain?
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 20 avril 2010

    Nina
    Jim est maintenant un auteur reconnu, sa vie d'étudiant fait partie d'un passé un peu lointain. Un jour, il reçoit le brouillon inachevé du premier chapitre d'un manuscrit envoyé par un certain Adam Walter. Des souvenirs reviennent à sa mémoire. Il se souvient d' Adam Walker, un très beau jeune homme brillant, passionné de poésie, mais d'une très grande timidité. Un peu intrigué par cet envoi, il lit la lettre qui l'accompagne. Adam Walker lui demande de l'aide pour terminer ce premier chapitre. Et c'est ainsi que Jim en croyant lire les premières pages d'un roman va devenir le confident d'une étrange rencontre qu'aurait vécu Adam Walter au printemps 1967 à l'époque où ils étaient tous les deux étudiants à l'université Colombia.Cette rencontre va changer le parcours de sa vie.
    Paul Auster nous entraîne ici dans un roman à tiroir terriblement excitant. La vérité semble se perdre dans les histoires de personnages à la personnalité complexe. Qui ment, qui dit vrai ? Jim va se laisser emporter par le récit d'Adam Walter. Premières émotions charnelles, expérience interdites, manipulation, meurtre, fuite….Les fils de cette jeunesse tourmentée sont terriblement embrouillés.
    Intimiste, complexe et déroutant ce roman confirme les qualités d'écrivain de Paul Auster et enchantera les passionnés de littérature.
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 15 septembre 2010

    C’est au printemps 1967 que je lui ai serré la main pour la première fois. J’étais alors étudiant en deuxième année à Columbia, gamin ignorant affamé de livres et pétri de la conviction (ou de l’illusion) que je deviendrais un jour assez bon pour me dire poète et, parce que je lisais de la poésie, j’avais déjà rencontré dans l’enfer de Dante son homonyme, un mort qui traîne ses basques dans les derniers vers du vingt-huitième chant de L’Enfer : Bertran de Born, poète provençal du XIIe siècle, tenant par les cheveux sa tête coupée qu’il balance d’avant en arrière comme une lanterne – assurément l’une des images les plus monstrueuses de ce livre qui est, d’un bout à l’autre, un catalogue d’hallucinations et de tourments. Défenseur convaincu de l’écrivain qu’avait été de Born, Dante l’a néanmoins voué à la damnation éternelle pour avoir conseillé au prince Henri Plantagenêt de se révolter contre son père, le roi Henri II, et puisque de Born avait provoqué la séparation entre père et fils, faisant d’eux des ennemis, l’ingénieux châtiment imaginé par Dante consistait à séparer de Born de lui-même. D’où le corps décapité gémissant dans l’au-delà, qui demande au voyageur florentin s’il peut exister douleur plus terrible que la sienne.
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  • Par parmifil, le 11 avril 2010

    La peur est ce qui nous incite à prendre des risques et à nous pousser au-delà de nos limites normales, et un écrivain qui se croit en terrain sûr a peu de chances de produire quoi que ce soit de valeur.
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  • Par JeanLouisBOIS, le 14 janvier 2012

    Il se demande si les mots ne constituent pas un élément essentiel de la relation sexuelle, si la parole n'est pas finalement une forme plus subtil du toucher, si les images qui nous dansent en tête n'ont pas tout autant d'importance que les corps que nous tenons dans nos bras. (p.173).
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  • Par Corboland78, le 05 octobre 2011

    Berkeley, Californie. Trois ans d’études de droit. L’idée était de faire le bien, de travailler pour les pauvres, les opprimés, de m’engager en faveur des humiliés et des invisibles et de voir si je ne pourrais pas les défendre contre les cruautés et l’indifférence de la société américaine. Encore des fadaises exaltées ? On pourrait le penser, mais je n’ai jamais eu cette impression. De la poésie à la justice, alors. Justice poétique si tu veux. Car la triste réalité demeure : il y a beaucoup plus de poésie en ce monde que de justice.
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  • Par tamara29, le 14 avril 2012

    Elle est de nature plus libre que toi, plus heureuse que toi et, chaque fois que tu es en sa compagnie, le monde te paraît plus lumineux et plus accueillant, un endroit où ton ego maussade et introverti peut presque commencer à se sentir chez lui.
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François Busnel propose de découvrir les Etats-Unis à travers le regard de ses écrivains. Il débute son périple par New York, ville la plus européenne du continent, qui n'en est pas moins un reflet de l'Amérique. Reflet de son immensité, de ses contrastes et de sa mixité. C'est aussi le lieu où s'épanouit une scène artistique foisonnante. François Busnel rencontre certains de ces New-yorkais d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.








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