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> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2253139076
Éditeur : Le Livre de Poche (1996)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 439 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Comment et pourquoi Benjamin Sachs, jeune écrivain talentueux des années Reagan, est-il devenu le poseur de bombes qui plastique l'une après l'autre les multiples statues de la Liberté ornant les villes américaines ? C'est à cette question que cherche à répondre son ami... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par petitegenisse, le 24 juin 2010

    petitegenisse
    (Cette critique met en parallèle Leviathan de Paul Auster et la tache de Philippe Roth).
    A environ dix ans d'intervalle, Auster précédant Roth, la proximité entre ces deux romans me semble saisissante.

    Léviathan est mon premier Paul Auster. Il fallait bien que je lise quelque chose de lui un jour et on m'a offert Léviathan. Il est resté un moment sur mon étagère, la quatrième de couverture me donnant peu envie de me plonger dans une intrigue que je pensais, à tort, politico-terroriste. Et puis je l'ai ouvert. J'ai commencé à remonter la vie de Benjamin Sachs, écrivain, qui meurt dès le début dans l'explosion d'une bombe artisanale. C'est Peter Aaron, un de ses amis, écrivain également, qui me sert de guide dans la vie de Sachs. La narration est faite de va-et-vient, d'incursions et de digressions, et tente de saisir l'insaisissable Sachs.

    la tache est également le récit de la vie de Coleman Silk, universitaire, mis au ban de l'Université pour propos racistes, au ban de la société pour sortir avec une femme de ménage de la fac, de 40 plus jeune que lui, un peu paumée, un peu analphabète, mais très sexuelle. C'est son voisin, écrivain, qui est ici le narrateur.

    Des points communs entre ces deux romans, il y en a - je ne les aurais pas rassemblées sinon : deux oeuvres majeures de la littérature américaine, milieux intellectuels, un narrateur écrivain qui retrace la vie d'un personnage charismatique, un titre qui est aussi celui du roman qu'écrivent ces narrateurs, une narration sur le mode de l'exhumation des souvenirs, du puzzle à reconstituer, une galerie de personnages secondaires...
    Mais là où Auster déroule une quête assez égale et sans véritable sursaut littéraire - c'est-à-dire cette émotion de l'écriture qui soudain vous happe et vous fait lâcher un "Waouh!" ou plutôt dans mon cas un "putain!" - Roth écrit quelques pages sublimes, où on sent soudain que les mots disent plus qu'une histoire. Je pense notamment au premier monologue de Les Farley (l'ex mari de la copine de Coleman et ancien du Vietnam), texte d'une beauté violente, qui coupe le souffle par sa puissance, la page qui devient rage. Beaucoup d'humour également chez Roth ; les pages sur Delphine, l'universitaire française sont un régal.
    Chez Auster, c'est un personnage, que j'ai particulièrement apprécié, celui de Maria, photographe, qui côtoie d'abord le narrateur puis Sachs. Artiste électron libre, qui vit la vie et la création comme une série d'expériences, se perdant pour mieux se trouver, attachante et horripilante. Je me disais que c'était elle la vraie création d'Auster. Jusqu'à ce matin, où j'ai appris que ce personnage était directement inspiré par Sophie Calle.
    Vous hésitez entre les deux ? Lequel lire en premier... Je dirai la tache, si vous n'êtes pas rebuté par une énième histoire en milieu universitaire (pour le début en tout cas). Pour Auster, ce ne fut pas une révélation, mais ça ne m'a pas non plus fermé les portes de cet auteur. Et c'est un drôle de bilan : j'ai préféré la tache sans forcément avoir envie de lire autre chose de Philip Roth, Léviathan m'a un peu ennuyé mais m'a donné envie de lire autre chose de Paul Auster. Cherchez l'erreur.
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    • Livres 3.00/5
    Par Dosamuse, le 05 juillet 2013

    Dosamuse
    C'est fin, c'est bien écrit, c'est tordu à souhait ! Les personnages sont complètement barrés. On aime ou on n'aime pas mais on ne peut s'empêcher de se demander 'Comment a-t-il pu imaginer un personnage pareil?' (et on se pose la question plusieurs fois vu qu'il y a plusieurs personnages).
    Et puis dans ce roman, Paul Auster va jusqu'au bout de ses idées aussi bizarres soient-elles. Il ne nous laisse pas planté au milieu d'une impasse avec un de ses personnages ne sachant quoi en faire (La nuit de l'oracle m'avait laissé un gout d'inachevé). La réconciliation est réussie !
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    • Livres 5.00/5
    Par EosMayonnaise, le 01 mars 2013

    EosMayonnaise
    Passé la colère des fins en queue de poisson de la trilogie newyorkaise, j'ai finalement racheté quelques romans d'Auster, par curiosité, parce que malgré tout la plume de cet homme m'a vraiment fascinée.
    Parce que j'aime son écriture, j'aime ses histoires, l'atmosphère particulière dans laquelle il nous plonge.
    Et cette histoire a une fin, et c'est absolument magnifique! Très bon signe cette fois, ça me fait mal au coeur de le refermer.
    Je ne vais rien dire sur l'histoire. J'avais à peine lu la quatrième de couverture, et j'avoue que c'est un vrai bonheur de découvrir ces personnages au fur et à mesure. Donc je ne dirai rien, si ce n'est que cet auteur est mon nouveau coup de coeur!
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  • Par renodig, le 29 mars 2011

    renodig
    Sans vouloir taper dans l'humour facile, "Leviathan"commence par une explosion prometteuse et finit en pétard mouillé après nous avoir balancé son lot de poudre aux yeux.
    La construction qui paraît audacieuse dans un premier temps va faire long feu alors que le récit avance. Auster qui nous la joue racolleur (attendez, un peu, vous allez voir ce que vous allez voir!) va, dans le dernier tiers du récit,évacuer à la hussarde ce qui paraît au final l'encombrer. Les personnages s'effacent les uns après les autres, après avoir été alourdis d'un profil psychologique des plus stéréotypé, ou alors n'ont droit qu'à une vague ébauche ne débouchant sur rien de consistant, comme des mèches mal allumées :
    La palme pour Benjamin Sachs, intellectuel ténébreux qui vire, suite à une gamelle dans l'escalier en une sorte de repenti new-age aux propos abscons et pénibles...avant de se retrouver après un épisode forestier en assassin culpabilisant qui travaille à sa rédemption, tout en s'exitant sur la veuve du type qu'il a tué (et qu'il soumet à un jeu pervers du genre "j'te donne, j'te donne pas l'argent"). Après avoir laché l'affaire suite à un épisode dont l'intensité dramatique fait bailler, le voilà qui s'improvise justicier-artificier du dimanche, revendiquant des causes perdues à peine évoquées jusqu'ici.
    Il finira éparpillé façon puzzle sur une route paumée, nous laissant désemparés à l'idée que le livre va s'achever ainsi,en nous laissant plein de perplexité et d'amertume.
    Il y a bien sûr un tas d'effets de style que Paul Auster sort de son chapeau tout au long du récit pour pimenter la sauce. Mais sa belle écriture ne fait qu'ajouter à notre colère d'avoir été leurré pendant 300 pages.
    Un roman qui fait long feu!!
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    • Livres 5.00/5
    Par yokai, le 14 juillet 2010

    yokai
    En lisant un article du New York Times relatant la mort d'un homme suite à l'explosion d'une bombe, Peter Aaron réalise avec effroi que c'est de son ami Ben Sachs qu'il s'agit. Avant que la police ne parvienne à identifier la victime et à comprendre l'affaire, il entreprend la rédaction de l'histoire de son ami inextricablement liée à la sienne. Comment un écrivain reconnu comme Benjamin Sachs a pu finir en miettes, littéralement soufflé par une explosion ?
    Le narrateur est donc un protagoniste du roman mais en est aussi l'auteur. C'est d'ailleurs le narrateur, Peter Aaron, qui donne, pour une raison bien précise, le titre de Léviathan à ce récit d'une plongée vertigineuse dans les abymes. Nous sommes donc dans une métafiction, sujet que j'avais déjà évoqué et qui a été commenté dans l'article consacré à La caverne des idées. Habitué du genre, Paul Auster ne s'est pas arrêté là et a souhaité brouiller encore un peu plus les pistes en s'identifiant au narrateur:
    - Il s'appelle Peter Aaron et porte donc les mêmes initiales que Paul Auster,
    - Sa femme se prénomme Iris, anagramme du prénom que porte la femme de Paul Auster Siri,
    - Peter Aaron est écrivain et traducteur tout comme son créateur,
    - Celui-ci dit avoir passé, comme Paul Auster, plusieurs années en France à vivre au jour le jour de quelques traductions.
    Cette fragilité de la frontière entre réalité et fiction est soulignée par Paul Auster dans un curieux remerciement figurant au début du livre:
    "L'auteur remercie tout spécialement Sophie Calle de l'avoir autorisé à mêler la réalité à la fiction".
    Paul Auster s'adresse ici à l'artiste du monde réel Sophie Calle, qui lui a servi de modèle pour le personnage de Maria. L'artiste s'est prêtée au jeu et lui a habilement renvoyé la balle en s'inspirant du livre pour réaliser une série de photos à la manière de Maria (le personnage du livre) ! Reste à savoir si la liaison entre Peter et Maria est ou non une pure invention de l'auteur ...
    On retrouve encore une fois chez cet auteur la thématique du hasard dans la démonstration qu'un enchaînement d'évènements mineurs peut avoir des conséquences dramatiques. le hasard devient même le personnage principal du livre tant sa cruauté aveugle est mise en avant. L'écriture, simple au premier abord, se révèle extrêmement efficace. le schéma narratif parait décousu et s'apparente à une suite de digressions et autres anecdotes. le récit de ces évènements semblant naviguer au gré des pensées du narrateur est en fait savamment étudié et parfaitement orchestré. Il produit les effets escomptés, une impression de réalisme saisissante et un intérêt sans cesse ravivé tant l'on progresse dans l'histoire de manière non linéaire. La prose de Paul Auster sonne tellement juste que l'on ne peut s'empêcher de penser que l'on a un trait de caractère ou une anecdote en commun avec l'un ou l'autre des personnages. Que dire de plus de ce merveilleux livre si ce n'est qu'il est très fort, passionnant, intelligent et qu'il faut le lire absolument. Paul Auster confirme avec ce roman - prix Médicis étranger 1993 - qu'il est l'un des plus grands écrivains de sa génération.

    Lien : http://aubonroman.blogspot.com/2008/01/lviathan-par-paul-auster.html
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Citations et extraits

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  • Par Dosamuse, le 24 juin 2013

    Le pénitencier fédéral de Danbury, Connecticut. J'ai résidé dans cet hôtel pendant dix-sept mois (...) Vous n'avez aucun souci à vous faire là-dedans. On vous sert trois repas par jour, vous n'avez pas besoin de vous occuper de votre lessive, toute votre vie est planifiée d'office. Vous seriez étonné par la liberté que ça procure.

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  • Par clarinette, le 22 mai 2012

    L'époque Reagan commençait. Sachs continuait de faire ce qu'il avait toujours fait, mais dans le nouvel ordre américain des années quatre-vingt, sa position tendait à se marginaliser. S'il ne manquait pas de lecteurs, leur nombre se réduisait néanmoins et les revues qui le publiaient devenaient de plus en plus obscures. De façon presque imperceptible, il en vint à être considéré comme dépassé, comme décalé par rapport à l'esprit du temps. Le monde autour de lui avait changé, et dans le climat ambiant d'égoïsme et d'intolérance, d'américanisme débile et triomphant, ses opinions rendaient un son étrange de raideur et de moralisme. Il était déjà assez inquiétant que la droite fût partout en pleine progression ; l'écroulement de toute réelle opposition à cette droite paraissait à Sachs plus inquiétante encore. Le parti démocrate s'était effondré ; la gauche avait pratiquement disparu ; la presse était muette. L'autre bord s'était soudain approprié tout les arguments, et élever la voix contre lui passait pour de mauvaises manières. Sachs continuait à exprimer ses idées, à affirmer haut et fort ce qu'il avait toujours cru vrai, mais de moins en moins de gens prenait la peine de l'écouter. Il prétendait que cela lui était égal, mais je voyais bien que le combat l'épuisait et qu'alors même il tentait de trouver un réconfort dans la conviction d'avoir raison, il perdait peu à peu confiance en lui.
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  • Par EosMayonnaise, le 26 février 2013

    Je les admirais depuis trop d'années pour ne pas me sentir déçu de ce que j'avais appris, mais je n'étais pas seulement déçu par eux. J'étais déçu par moi-même, j'étais déçu par la vie. Même les plus forts sont faibles, me disais-je; même les plus braves manquent de courage; même les plus sages sont ignorants.

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  • Par Ganamera, le 08 mai 2012

    - C'est bizarre, remarqua-t-il, mais les deux fois que je me suis attelé à l'écriture d'un roman, j'étais coupé du reste du monde. La première fois en prison, quand je n'étais qu'un gosse, et maintenant ici, dans le Vermont, où je vis comme un ermite dans les bois. Je me demande ce que ça peut bien vouloir dire.
    - Ça veut dire que tu ne peux pas vivre sans les autres. Quand ils sont à ta portée en chair et en os, le monde réel te suffit. Quand tu es seul, tu es obligé d'inventer des personnages imaginaires. Tu en as besoin pour leur compagnie.
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  • Par Dosamuse, le 26 juin 2013

    Certaines semaines, elle s'imposait ce qu'elle appelait "le régime chromatique", se limitant à des aliments d'une seule couleur par jour. Orange le lundi : carottes, melon, crevettes bouillies. Rouge le mardi : tomates, grenades, steak tartare. Blanc le mercredi : turbot, pommes de terre, fromage frais. Vert le jeudi : concombres, brocolis, épinards - et ainsi de suite.

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