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Par folivier, le 01/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
A quel instant situer le changement de climat culturel : le passage du social au sociétal, de qui est juste à ce qui se dit moderne, de l'égalité à l'équité, de l'élan de solidarité au crime humanitaire, de la culture pour tous à la culture pour chacun, du fraternel au compassionnel, du "changer la vie" au "changer de cantine" ? Quand le prolo est-il devenu le beauf de Cabu, Le militant, supporter; le courant de pensée, écurie; la classe, réseau; et le bobo, boussole ? Quand l'adresse des raout a t-elle glissée de la Maison des Métallos à la Maison d'Amérique latine et le lieu de pèlerinage de Latché à Marrakech? Je constate simplement qu'au réchauffement global de l'atmosphère terrestre a correspondu au niveau de la mer un net refroidissement des passions civiques" (pg 17)
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Par GabyH, le 29/10/2012
Eloge des frontières de
Régis Debray
Renoncer à soi-même est un effort assez vain : pour se dépasser, mieux vaut commencer par s’assumer.
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Par GabyH, le 29/10/2012
Eloge des frontières de
Régis Debray
C’est au jointif, aux interfaces, que l’on trouve les plus débrouillards. Les villes frontières font lever la lourde pâte : Tanger, Trieste, Salonique, Alexandrie, Istanbul. Accueillantes aux créateurs et aux entreprenants. Aux passeurs de drogues et d’idées. Aux accélérateurs de flux. Profil du frontalier : loustic, tire-au-flanc inventif, plus éveillé que les engourdis de l’hinterland. Nous avons tous, nous autres les poussifs, une dette à leur égard.
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Un candide en Terre sainte de
Régis Debray
Un maximum de haine dans un minimum de territoire.
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Par folivier, le 01/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Les urnes sont des boîtes à double fond, électoral et funéraire : elles recueillent, avec un léger décalage, nos rêves et nos cendres. Quand les rêves d’une génération tombent en cendres, en arrive une autre pour ranimer la flamme. Cela est bel et bon. Aussi la liesse sera-t-elle du meilleur aloi, place de la Bastille, quand un autre « on a gagné » envahira grands et petits écrans. Un joli mai, en République, cela se fête, après cinq années où la vulgarité friquée nous aura tant fait honte. Le refus de l’humiliation par tous les moyens, légaux y compris, fait partie des droits de l’homme et du citoyen. Un blouson doré de Neuilly dans le fauteuil du général de Gaulle, c’était plus qu’une faute de goût, une atteinte à ce minimum d’estime de soi dont a besoin un républicain du rang pour ne pas baisser les yeux devant son voisin de palier.
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Par GabyH, le 29/10/2012
Eloge des frontières de
Régis Debray
Toute frontière, comme le médicament, est remède et poison. Et donc affaire de dosage.
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Par Trissotin, le 11/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Nul besoin d’avoir un grand sens de l’État ni un sens excessif de votre dignité pour ne pas voir sans malaise, côté à côte, au « Grand Journal », le président du Conseil constitutionnel et le président de l’Assemblée nationale se tortiller sur leur chaise pour se faire applaudir par des gamins fonctionnant au sifflet. Embarrassés, patauds, piquant des fards devant une Bimbo, humiliés par les lazzi d’un trio de montreurs d’ours auxquels ne manquent plus que la chambrière et le cerceau pour mettre leurs invités à quatre pattes et les faire sauter au travers (prochaine étape). Le politique ne se cabre même plus, il rampe.
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Par GabyH, le 29/10/2012
Eloge des frontières de
Régis Debray
Un peuple, c’est une population, des contours et des conteurs
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Modernes catacombes: Hommages à la France littéraire de
Régis Debray
La relation épistolaire exige 1) de ne pas être trop dérangé du matin au soir, 2) d'avoir de quoi boucler ses fins de mois. [...] L'exercice est bénévole. Flaubert, le veinard (quatre cent lettres entre lui et George Sand), avait une cuisinière et des rentes. La fin des "bonnes" à domicile, dans la moyenne bourgeoisie intellectuelle, 'est pas étrangère à l'épuisement de cette générosité de coeur et d'esprit qui consiste à prendre son temps et une feuille blanche pour prendre des nouvelles d'un tiers. Quand il faut faire chaque matin ses courses et son frichti, soutenir une longue correspondance relève d'une sorte de sainteté, aux limites de la névrose.
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Par Trissotin, le 12/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Jamais la politique en France n’a été aussi « déshistorisée » qu’aujourd’hui. À se demander si une certaine négligence pour le peuple et une certaine indifférence pour l’histoire n’entretiennent pas quelque secret rapport.