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Par folivier, le 01/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
A quel instant situer le changement de climat culturel : le passage du social au sociétal, de qui est juste à ce qui se dit moderne, de l'égalité à l'équité, de l'élan de solidarité au crime humanitaire, de la culture pour tous à la culture pour chacun, du fraternel au compassionnel, du "changer la vie" au "changer de cantine" ? Quand le prolo est-il devenu le beauf de Cabu, Le militant, supporter; le courant de pensée, écurie; la classe, réseau; et le bobo, boussole ? Quand l'adresse des raout a t-elle glissée de la Maison des Métallos à la Maison d'Amérique latine et le lieu de pèlerinage de Latché à Marrakech? Je constate simplement qu'au réchauffement global de l'atmosphère terrestre a correspondu au niveau de la mer un net refroidissement des passions civiques" (pg 17)
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Par Trissotin, le 12/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Jamais la politique en France n’a été aussi « déshistorisée » qu’aujourd’hui. À se demander si une certaine négligence pour le peuple et une certaine indifférence pour l’histoire n’entretiennent pas quelque secret rapport.
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Par Trissotin, le 11/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Nul besoin d’avoir un grand sens de l’État ni un sens excessif de votre dignité pour ne pas voir sans malaise, côté à côte, au « Grand Journal », le président du Conseil constitutionnel et le président de l’Assemblée nationale se tortiller sur leur chaise pour se faire applaudir par des gamins fonctionnant au sifflet. Embarrassés, patauds, piquant des fards devant une Bimbo, humiliés par les lazzi d’un trio de montreurs d’ours auxquels ne manquent plus que la chambrière et le cerceau pour mettre leurs invités à quatre pattes et les faire sauter au travers (prochaine étape). Le politique ne se cabre même plus, il rampe.
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Par folivier, le 01/04/2012
Rêverie de gauche de
Régis Debray
Les urnes sont des boîtes à double fond, électoral et funéraire : elles recueillent, avec un léger décalage, nos rêves et nos cendres. Quand les rêves d’une génération tombent en cendres, en arrive une autre pour ranimer la flamme. Cela est bel et bon. Aussi la liesse sera-t-elle du meilleur aloi, place de la Bastille, quand un autre « on a gagné » envahira grands et petits écrans. Un joli mai, en République, cela se fête, après cinq années où la vulgarité friquée nous aura tant fait honte. Le refus de l’humiliation par tous les moyens, légaux y compris, fait partie des droits de l’homme et du citoyen. Un blouson doré de Neuilly dans le fauteuil du général de Gaulle, c’était plus qu’une faute de goût, une atteinte à ce minimum d’estime de soi dont a besoin un républicain du rang pour ne pas baisser les yeux devant son voisin de palier.
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Un candide en Terre sainte de
Régis Debray
Une oeuvre vaut autant parce qu'elle éclaire en nous que parce qu'elle laisse dans l'ombre ; et les questions embarassantes dont elle nous exonère la rendent souvent plus attractive que les réponses qu'elle nous suggère.
Je n'aime pas les identités. Je n'aime que les appartenances.
Pas de bonheur d'un jour qui ne tourne au mallheur pour demain. La catastrophe comme rebond et la victoire se retournant en défaite.