> René-Noël Raimbault (Autre)
> Henri Delgove (Autre)

ISBN : 207036920X
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Pour pénétrer dans l'univers du vieux Sud qui hante l'oeuvre de Faulkner, prix Nobel, la meilleure introduction est sans doute "Sartoris". On y trouve le grand thème social de la décadence, après la guerre de Sécession. Dans une atmosphère lourde de cauchemars, pleine d... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Madamedub, le 03 février 2012

    Madamedub
    Dans l'Amérique du sud qui lui est familière, William Faulkner narre une nouvelle fois les thèmes qui lui sont chers: les grandes familles du Sud déchues par la guerre de Sécession, les communautés et la ségrégation, les drames familiaux et leurs lots de confusion, la passion des hommes qui leur donne ardeur et ambition, et leur folie, qui les en éloigne. Pour beaucoup, « Sartoris » est le roman le plus « représentatif » de Faulkner, s'il n'est pas son plus brillant.
    A côté d'un « Tandis que j'agonise« , d'un « Absalon!Absalon! » ou d'un « Lumière d'août« , « Sartoris » est un roman certes plus discret, mais il n'en n'est pas moins aussi fort et intense que les autres titres de l'écrivain. « Sartoris » est d'ailleurs son troisième roman, écrit en 1929, on dit que Faulkner eut du mal à le faire publier et reconnaître, alors qu'il le présentait comme « le » roman qui présageait tous les autres. Et pour cause. Matrice même de la conception familiale de la vieille Amérique aristocratique, les Sartoris sont le type de la famille réputée, renommée, mais au destin tragique, turbulant et surtout poussiéreux.
    Descendant de soldats héroïques, les Sartoris sont des braves, des travailleurs, des valeureux…mais on dit qu'aucun d'eux n'est mort de fin naturelle. Dans cette confusion des générations qui est propre à Faulkner, les hommes se prénomment John et Bayard de père en fils, et ainsi semble descendre d'enfant, en petit-enfant, ce goût du risque et de la démesure. Car l'ubris est bien le propre de ces héros d'une autre époque, des héros qui ne seraient plus d'une réalité nouvelle, qui les rejette, et les fait paraître désuet.
    Le vieux colonel Sartoris voit son petit-fils Bayard revenir après la guerre en Europe. Ce dernier, passionné d'aviation (comme Faulkner lui-même) fait face au deuil de son frère John, avec une attitude désinvolte et dangereuse, notamment en s'enivrant de la vitesse des nouvelles automobiles alors disponibles. Dans un engrenage douloureux, Bayard essaie de s'auto-détruire pour noyer sa culpabilité, entraînant malgré lui le colonel, et ceux qu'il aime.
    Telle la Cassandre de la famille, Miss Jenny, la tante des Sartoris, prévoit avec pessimisme et rancune la fin de cette lignée de garçons d'un autre temps. Mais alors qu'une nouvelle ère s'ouvre, elle s'attache malgré elle à parler à ces fantômes, des hommes que l'on n'aime finalement mieux sur les portraits que l'on chérit, sur leurs tombes que l'on fleurit, que dans une réalité où ils sont finalement insupportables.
    Faulkner dépeint avec intensité cette époque de mutation pour l'Amérique, qui peine à se dessiner une nouvelle cohérence sociale après la guerre de Sécession, et qui entre en guerre de l'autre côté de l'Atlantique. Les rapports entre les différentes communautés Noires et Blanches sont encore terriblement marqués par les ravages de l'esclavage, et la cohésion sera effectivement plus lente dans les Etats du Sud.
    Figure d'une Amérique vieillissante, hésitante, « Sartoris » est la poussière d'une époque, la nostalgie poétique de grandes figures devenues détestables, la déchéance d'une classe qui n'en n'a pas moins marqué l'imaginaire américain.
    « Sartoris » est donc sans conteste le roman d'un déclin douloureux, une fresque sociale juste et puissante, qui nous rappelle que bien souvent, la société préfère ses héros lorsqu'ils sont morts, sans quoi elle ne les assumerait pas.

    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 12 septembre 2007

    chartel
    William Faulkner est l'un de mes auteurs favoris. Je suis extrêmement sensible à sa façon de retranscrire les paysages qui entourent ses personnages. Il s'agit toujours de la même région, le sud des Etats-Unis et plus particulièrement l'Etat du Tennessee. William Faulkner est particulièrement prolixe dans l'analyse des rapports sociaux entre les blancs et les noirs, entre les pauvres et les riches, les paysans encore accrochés à l'ancien système économique d'avant la révolution industrielle et les citadins acquis aux systèmes salarial et industriel. J'y pioche aussi des informations sur la faune et la flore de cette région : savez-vous ce qu'est un opossum et un oiseau-moqueur ? Sauriez-vous définir ce qu'est le chèvrefeuille et le caroubier ? Ce décor très rural dans cette Amérique de la culture du coton s'identifie remarquablement bien aux personnages de William Faulkner. Ce sont des gens qui ne sont tendre ni envers les autres ni envers eux même. Renfermés, austères, brutaux, alcooliques, racistes et colériques, ils contiennent en eux une violence diffuse terriblement angoissante et l'on s'attend à tout moment à ce quelle éclate d'une manière ou d'une autre au cours de notre lecture.
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 12 septembre 2007

    Stuart cria après lui, mais Sartoris leva la main d'un geste insouciant et obstiné et fila à toute bride. Le général allait faire tourner son cheval pour courir après lui, lorsque, du bord de la route, une patrouille yankee ouvrit le feu, puis se jeta dans le bois en appelant aux armes. Immédiatement, d'autres coups de feu éclatèrent de toutes parts. De la forêt, sur la droite, parvint le bruit d'une troupe considérable qui se mettait en branle, et, derrière eux, dans la direction du mamelon invisible, une salve crépita. Un officier éperonna son cheval et saisit la bride de Stuart.
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Vidéo de William Faulkner

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Dean Faulkner Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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