ISBN : 2879295696
Éditeur : Editions de l'Olivier (2007)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque David lui apparaît en rêve, Raj se retrouve projeté dans son enfance : les champs de canne, un père à la violence prévisible, la tendresse maternelle, les jeux près de la rivière avec ses frères, le soleil brûlant, les pluies diluviennes. Un bonheur précaire bal... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Clochette44, le 09 décembre 2010

    Clochette44
    L'histoire
    Au soir de sa vie, Raj se souvient : tout se passe dans les années 1940, dans l'Ile Maurice où Raj vit dans un bidonville près d'une exploitation de canne à sucre, entouré de ses deux frères qui l'adorent parce que le plus chétif de la famille, et peut être le moins malin, de sa mère aimante, et de son père porté sur la violence et l'alcool.
    Et puis un jour, c'est le drame. Un cyclone détruit l'île et le bonheur de Raj s'envole en fume.
    Sa famille décide de quitter ce lieu maudit et son père va trouver un emploi dans la prison de l'ïle.
    A l'intérieur de cette prison, Raj va y faire une rencontre qui va changer sa vie d'homme. David, un petit juif, échoué sur cet île en tentant de gagner Israël, et interné comme des centaines d'autres juifs. David va vouer une amitié sans faille à Raj et jouer pour une dernière fois son rôle de frère.
    Comment ne pas être touchée par l'écriture de Natacha Appanah. Je ne connaissais pas du tout cette auteur, et bien c'est une sacrée rencontre.
    Elle a une écriture à la fois simple mais toute en finesse, et pleine de sensibilité. Elle nous décrit si bien l'amitié intense entre ses deux enfants que la vie n'a pas épargné qui se soutiennent face à l'adversité et à la mort. Elle a su si mettre en parallèle la laideur et la mort, et le courage et la fraternité.
    Et puis, par ce roman, Natacha Appanah nous fait découvrir le sort d'une centaine de juifs qui, parce qu'ils voulaient regagner leur terre promise, se sont retrouvés échoués et humiliés sur cet île, alors qu'ils avaient déjà échappé aux camps de la mort.
    Bref, un grand moment d'émotion pour moi, et je ne compte pas en rester là.
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    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 06 août 2008

    annie
    Editions de l'Olivier
    Lorsque David lui apparaît en rêve, Raj se retrouve projeté dans son enfance : les champs de canne, un père à la violence prévisible, la tendresse maternelle, les jeux près de la rivière avec ses frères, le soleil brûlant, les pluies diluviennes.
    Un bonheur précaire balayé par un cyclone, et l'installation de la famille près de la prison où vivent de mystérieux réfugiés.
    Le 26 décembre 1940, l'Atlantic accoste à Port-Louis avec, à bord, quelque 1500 Juifs, refoulés de Palestine et déportés à l'île Maurice, alors colonie britannique.
    À cette époque Raj ignore tout du monde et des tragédies qui s'y déroulent. Au soir de sa vie, il est rattrapé par le souvenir de ces événements qui l'ont marqué au fer rouge. Et par la honte d'être un homme.
    Biographie de l'auteur
    Nathacha Appanah est née en 1973 à Mahébourg (île Maurice). Elle vit à Paris et travaille pour une ONG.En trois romans parus chez Gallimard - Les rochers de Poudre d'Or (2003, prix RFO 2003) ; Blue Bay Palace (2004, grand prix littéraire des océans Indien et Pacifique) ; La noce d'Anna (2005, prix grand public du Salon du livre) - Nathacha Appanah a imposé une œuvre puissante, proche d'Arundhati Roy et de J.M. Coetzee.
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    • Livres 4.00/5
    Par kikou114, le 28 octobre 2011

    kikou114
    Raj est le benjamin d'une fratrie. Il a 8 ans et vit pauvrement à l'île Maurice entre ses deux frères, sa mère aimante et un père violent et alcoolique. L'histoire se déroule dans les années 40. Lui, le plus frêle et maladif, survivra à ses frères bien aimés qui périront lors du passage d'un cyclone. Il restera donc seul entre sa tendre mère et son père violent qui travaille à la prison. Raj ignore tout de ce qui se passe dans le monde comme la seconde guerre mondiale. Au soir de sa vie, il se souvient : sa rencontre avec David, un petit juif, malade et qui fait partie des réfugiés, internés à la prison. Entre eux, une histoire d'amitié va voir le jour jusqu'à la mort de David... C'est un très beau roman, triste et émouvant. Il est à lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par oops, le 20 novembre 2010

    oops
    Au soir de sa vie Raj, 70ans empli de honte et de culpabilité se souvient de son enfance à l'île Maurice dans les années 40. Un père violent et alcoolique, ses deux frères emportés sous ses yeux par un cyclone, chétif et tentant de survivre à une vie de misère, il fait la rencontre de David dans un camp de déportés. Âgé de 10 ans comme lui, ce David est un enfant juif réfugié après le naufrage du bateau qui le transportait lui et les 1500 autres dont ses parents. A cette époque Raj ignorait la guerre et la déportation des Juifs. Une très forte amitié se lie entre eux, lorsque David réussi a s'évader, tous les deux décident de partir, Raj est persuadé qu'un de ces frères est encore vivant, il veut le retrouver et reformer le trio de frères. A bout de force David succombe à la malaria. Cette perte à marquer Raj pour la vie, c'est dans les années 70 qu'il va apprendre dans journal, comment David a atterri dans le camp. Un roman à l'émotion pure, qui relate une partie de l'histoire Mauricienne que j'ignorais, une force intense se dégage de l'écriture de Natacha Appanah.
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 27 juillet 2010

    claracambry
    Un homme âgé, Raj, demande à son fils de le conduire sur la tombe d'un enfant, David mort à l'âge de 10 ans. Les souvenirs de Raj remontent et il nous raconte sa vie.
    Un père alcoolique et violent, une vie miséreuse dans un village en Martinique, les jeux avec ses deux frères, une mère aimante. Un drame survient, ses deux frères meurent à cause d'un cyclone. Peu de temps après, la famille déménage, son père devint gardien de prison et Raj, neuf ans, observe derrière la grille un enfant blond aux yeux bleus : David. Raj en manque cruel de l'amour de ses frères va tout faire pour se lier d'amitié avec David, le juif de Pragues. Nous sommes en 1945 et Raj ignore ce qui se passe dans le monde...
    Un livre fort où l'on se retrouve face à un homme rongé par la culpabilité et ses remords.Pourquoi ses deux frères sont morts et pas lui? C'est lui qui aurait dû mourir, lui, le plus faible et le maladif. A travers l'amitié qui va naitre entre Raj et David, Raj essaie de retrouver un frère. Sentiment qui sera fatal à David.
    Nathacha Appanah explore la palette des sentiments : Raj animé d'un sentiment d'amour fraternel pour David et qui essaie de remplacer ses deux frères, la crainte et la peur devant un père alcoolique et violent, la douceur de la mère. le fardeau de la culpabilité ne s'est jamais allégé pour Raj et Nathacha Appanah nous le décrit avec pudeur et force. Les descriptions de la nature luxuriante sont magnifiques.
    L'auteure nous relate un événement peu connu de l'histoire de la seconde Guerre Mondiale : la déportation de juifs essayant de rejoindre le Palestine pour fuir le Nazisme et refoulés en Martinique.
    L'écriture est toujours aussi belle que dans La noce d'Anna mais les thèmes sont incomparables.

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/07/nathacha-appanah-le-dernier-f..
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Citations et extraits

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  • Par ManaLa-x, le 23 mai 2012

    *
    A l'école, j'apprenais également la culpabilité. Cette chose insidieuse qui m'empêchait d'être simplement un gosse, de rire à gorge déployée, de jouer avec les autres, de m'asseoir tranquillement pour regarder devant moi. Quand j'étais en classe, ce sentiment me quittait. Mais une fois le cours fini, je redevenais Raj, l'unique frère qui est à l'école. Pourquoi moi ? Ne cessais-je de me demander. Je cachais toujours dans mon sac de feuilles de palme séchées ; la poire séchée distribuée à la pause de la matinée, mais j'étais obligé de boire le lait de vache qu'on nous servait à ce moment-là. Je le buvais lentement, en fermant les yeux, pensant très fort à Anil, à Vinod, les imaginant nettoyant la maison, coupant du bois, attachant les feuilles de canne, courbés, fatigués. Eux n'avaient, pour grandir, que de l'eau sucrée.
    Je souhaitais que mon père choisisse un autre de ses fils pour l'éduquer. Mais Anil, bientôt, irait tous les matins avec lui couper les cannes à sucre, il était fort, il avait déjà des muscles qui saillaient sous sa peau, il ne se plaignait jamais et avec sa volonté et sa force de travail, il ramènerait de l'argent, des sous qu'il ne noierait pas dans l'arack et qu'il donnerait cérémonieusement à ma mère.

    *
    Nous étions deux enfants du malheur accolés l'un à l'autre par miracle.
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  • Par claracambry, le 27 juillet 2010

    Je ne sais pas si je dois avoir honte de le dire mais c'es ainsi : je ne savais pas qu'il y avait une guerre mondiale qui durait depuis quatre ans, quand David m'a demandé, à l'hôpital, si j'étais juif, j'ai dit non parce que j'avais la vague impression que juif désignait une maladie puisque j'étais dans un hôpital, je n'avais jamais entendu parler de l'Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité. J'avais trouvé David, un ami inespéré, un cadeau tombé du ciel et en ce début d'année 1945, c'est tout ce qui comptait pour moi.
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  • Par Amaya, le 09 mars 2012

    Il avait commencé à pédaler assez vite, j'entendais ma femme et ma mère qui riaient et encourageait mon fils derrière moi, et je l'ai lâché car il se débrouillait bien sans moi. Quelques mètres plus tard, mon fils s'est retourné et le regard choqué qu'il a lancé derrière lui, ce cri d'enfant apeuré d'être seul soudain et, bien que sachant que j'avais eu raison de le laisser pédaler seul, que c'était comme cela qu'on apprenait à monter à vélo, je me rappelle ce sentiment de culpabilité qui m'a étreint...
    Si je l'imagine un instant dans l'état où j'étais ce 26 décembre 1944 alors que je n'avais que 9 ans, j'ai envie de hurler.
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  • Par oops, le 19 novembre 2010

    Je pensais qu'à mon grand âge je regarderais ma vie avec indulgence, car je sais que regretter ne sert à rien, qu'il faut beaucoup de chance pour accomplir ses rêves, que la meilleur façon de vivre est de faire du mieux qu'on peut à chaque instant, et qu'il y a tellement de choses qui se font sans nous quand bien même nous passons notre temps à courir comme des fous, à croire que nous pouvons y changer quoi que ce soit.
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Interview de Nathacha Appanah, auteur du roman "Le Dernier Frère". Elle vient de remporter le Prix du Roman fnac, le 28 août 2007








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