> Liliane Sztajn (Traducteur)
> Corinne Julve (Traducteur)

ISBN : 2207258947
Éditeur : Denoël (2006)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Secrets de famille, déchirures cachées, enfance gothique, anxiétés sexuelles et grande littérature... Une autobiographie familiale à l'humour sombre et à la lucidité éblouissante... Bruce Bechdel enseigne l'anglais dans une petite ville de Pennsylvanie tout en dirigeant... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Bruce Bechdel, 44 ans, de Beach Creek, est décédé de ses blessures après avoir été renversé par un semi-remorque sur la Route 150. Figure connue dans sa petite ville de Pennsylvanie, il avait repris l'entreprise de pompes funèbres familiale, activité qui complétait ses émoluments de professeur de littérature anglaise au collège. Il était marié à Helen avec qui il avait eu trois enfants, Alison, Christian et John. Tous vivaient dans un vieux manoir de la fin du XIXe siècle qu'il retapait à ses heures perdues. Une famille bien sous tout rapport brisée par le sort… du moins en apparence.
    Car la vie de Bruce Bechdel n'est que façade. Ses airs de bon père de famille cachent un despote obsédé par la restauration méticuleuse de sa maison, qui ne s'intéresse à ses enfants que lorsqu'il a besoin de bras supplémentaires. Un homme qui ne laisse s'exprimer sa sensibilité et son raffinement que dans sa passion des livres, du jardinage et de la décoration de son intérieur.
    Simulacre également, cet accident fatal. Alison, dix-neuf ans, en est persuadée : son père s'est suicidé. En outre, à cette occasion, Alison apprend de la bouche de sa mère la dissimulation suprême : son père entretenait des liaisons homosexuelles avec de jeunes hommes. Cette révélation trouble d'autant plus la jeune fille qu'elle avait annoncé peu de temps auparavant ses penchants lesbiens à sa famille. Désormais, pour elle, son père "«s'est tué parce que c'était un pédé honteux maniaco-dépressif qui ne supportait pas de vivre une seconde de plus dans cette petite ville bornée.»"
    Le titre à double sens de ce roman graphique est à l'image de son propos : il ne faut pas se fier aux apparences. Effectivement, il n'y a rien de drôle dans ce Fun(eral) Home. Alison Bechdel, dans une série de flash back, y analyse sa relation complexe avec son père. Chaque retour en arrière est l'occasion pour elle de creuser plus profond encore pour percer la personnalité de cet homme affectivement distant mais avec lequel elle se trouvait en parfaite harmonie dès qu'il s'agissait de littérature. Ce sont d'ailleurs sur des références littéraires à Camus, Joyce, Fitzgerald, Wilde ou Proust qu'elle s'appuie pour bâtir son récit. S'il n'est pas besoin de connaître toutes les œuvres auxquelles il est fait référence pour suivre le cours de la démonstration, c'est sûrement préférable si l'on veut en saisir toutes les subtilités et ne pas ressentir, comme moi, une certaine pesanteur.
    Aux Etats-Unis, Fun home a été comparé au Maus d'Art Spiegelman et au persepolis de Marjane Satrapi, deux autres récits autobiographiques célèbres. Si avec le second, Bechdel présente certaines similitudes au niveau du dessin (trait graphique, usage du noir et blanc, rehaussé de gris/bleu chez Bechdel), je n'ai pas retrouvé dans Fun Home l'universalité de Maus. Fun Home est avant tout un récit très (trop ?) personnel, analytique et cérébral qui manque cruellement de chaleur. Bechdel dit d'ailleurs qu'à la mort de son père, elle se plaisait à "«détecter chez l'autre le tressaillement du chagrin qui se dérobait à (elle).»"
    Autant de raisons qui font certainement que je suis resté très extérieur à cette histoire qui est pourtant intéressante pour sa peinture d'une société américaine des années 1960-70 en pleine mutation et son parallèle sur les parcours opposés vers l'homosexualité que vont emprunter Alison et son père. "« Prendre parti(e) est héroïque, et je n'ai rien d'un héros. Qu'est-ce qui en vaut réellement la peine ?"
    "Il m'est quelquefois arrivé de penser que j'aurais préféré prendre position. Mais je n'ai jamais envisagé ça étant jeune. Je crois que je n'y ai vraiment pensé qu'après la trentaine. Regardons les choses en face, tout paraît différent passé cet âge. A 43ans, j'ai du mal à voir quels avantages j'en aurais tiré, même si j'avais fait mon choix quand j'étais jeune. »"
    Avec Fun Home, Alison Bechdel réhabilite ce père qui se révélera plus proche d'elle qu'elle ne le croyait, et lui exprime (trop tard) tout son amour.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Fun%20Home
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    • Livres 5.00/5
    Par IzaBzh, le 21 octobre 2010

    IzaBzh
    Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, il ne s'agit pas d'une maison où l'on s'amuse, mais de l'abréviation de "funeral home". Ce récit autobiographique retrace avec quelques flash-backs l'enfance de l'auteure, sa relation avec son père, le mal-être entre ses parents, les aspirations refoulées, son coming-out en tant que lesbienne, les secrets de famille...
    C'est un récit personnel très attachant, parfois drôle, bourré de références littéraires (son père était professeur), une vraie découverte en ce qui me concerne.
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 17 janvier 2011

    ChezLo
    Fun Home : Une tragicomédie familiale. Tragique oui. Comique ? S'il y a de l'humour dans cette histoire, alors il est vraiment très sombre. Jusque dans le choix de ce titre, "Fun Home", qui n'est que le diminutif de "Funeral Home", désignant le salon familial qui servait de chambre funéraire pour les embaumements des corps. Car le père, Bruce, travaillait pour les pompes funèbres...
    Les dessins en noir & blanc & gris bleuté sont remarquables et souvent, les regards et les visages peuvent rappeler ceux de Marjane Satrapi dans persepolis, une autobiographie là encore.
    Alison Bechdel ne se contente pas de raconter ses souvenirs. Dans un récit construit de façon complexe, elle analyse inlassablement ce dont elle se rappelle, pour plonger dans les non-dits du passé, dompter les douleurs étouffées. De son père elle garde l'amour pour la littérature et fait souvent des parallèles avec des oeuvres de James Joyce, Camus, Colette...
    Fun Home, c'est du lourd. Mêlant complexe d'Oedipe inversé, complicité inédite avec un père aussi proche que distant, Alison Bechdel parvient avec une immense lucidité à sonder son passé en faisant remonter à la surface deux secrets croisés entre un père et sa fille aux identités sexuelles difficilement vécues. Brillant.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2007/10/fun-home.html
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    • Livres 5.00/5
    Par liratouva2, le 26 janvier 2011

    liratouva2
    (...)
    Fun Home, fait référence au nom de la maison de famille qui est un Funeral Home ,une maison de pompes funèbres,reçue en héritage et que Bruce Bechdel, le père tient de main de maître et ,redécore avec passion. . le récit tourne surtout autour des relations père-fille d'autant plus complexes que celui-ci cache une double vie et qu'elle se découvrira et se déclarera résolument lesbienne à la fin de son adolescence.
    Le père qui a été son professeur de français vers ses quinze ans mourra très tôt d'un accident de la route mais elle restera toujours persuadée qu'il s'agit d'un suicide. Il faut dire qu'il était menacé d'un procès pour sa conduite sexuelle ,que sa femme entamait une procédure de divorce après une vingtaine d'années de mariage et que sa fille révélait sa propre homosexualité
    Leurs auteurs préférés et leurs recherches universitaires les portaient vers Oscar Wilde, Joyce, Marcel Proust et Colette qu'ils connaissaient à fond mais malgré leurs goûts communs dans bien des domaines, leurs rapports demeuraient pleins de froideur et de non dits. Jamais ils n'ont réussi à se parler vraiment. Ce n'est qu'après sa mort qu'elle découvre que derrière l'apparente froideur de son père et malgré toutes ses fautes ,il éprouvait de l'amour pour elle et ses frères mais cette révélation arrive trop tard.
    Trop riche pour être bien résumé,ce roman est à ce jour une de mes plus belles découvertes graphiques de ces derniers mois. Un pur bonheur

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/01/fun-home-une-tragicomedie-fam..
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    • Livres 4.00/5
    Par xgalaup, le 01 juin 2008

    xgalaup
    Dans ce roman graphique, A. Bechdel raconte les premières années de sa vie dont le personnage omniprésent est son père. Ce dernier est pour elle à la fois fascinant, incompréhensible et effrayant. A. Bechdel raconte ses premiers émois homosexuels et le glissement de sa vie dans ce milieu. Cette bande-dessinée délivre de passionnantes tranches de vie. C'est une réussite.
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    «Dans un sens, on peut dire que la fin de mon père fut mon commencement. Ou plus précisément, que la fin de son mensonge coïncida avec le commencement de ma vérité.»
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